Archive for January 10th, 2017

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La proposition d’un revenu universel défendue par Benoît Hamon et Jean-Luc Bennahmias est au cœur des débats à gauche. Cette question divise car elle touche à la conception du travail et à sa raréfaction.

C’est l’un des sujets qui divisent le plus actuellement les socialistes et apparentés. Le revenu universel devrait tenir une place de choix lors du premier débat de la primaire de la gauche jeudi 12 janvier. Chacun des sept candidats a son opinion sur cette mesure, que ce soit pour l’encenser ou pour la vouer aux gémonies. Même l’ancien ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, candidat à la présidentielle sans passer par la case primaire, a jugé utile de mettre son grain de sel dans le débat pour préciser qu’il n’y croyait pas.

Tout le monde en parle mais ils ne sont en réalité que deux – Benoît Hamon et Jean-Luc Bennahmias – à proposer son instauration. Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Sylvia Pinel (Parti radical), François de Rugy (Europe Ecologie-Les Verts) sont contre. Manuel Valls entretient à ce sujet un flou très politique. D’un côté il critique la proposition de Benoît Hamon qui favoriserait, d’après lui, une société “d’assistanat”. De l’autre, il défend un “revenu décent” qui a des faux airs de revenu universel.

Entre 750 et 800 euros



L’actuel Premier ministre est, en réalité, résolument dans le camp des opposants à ce “dernier truc à la mode”, d’après les mots de François de Rugy. Car encore faut-il s’entendre sur ce qu’est le revenu universel, si ce n’est de verser une somme à tous. Le vrai revenu universel “doit être inconditionnel, individuel et automatique”, explique Guillaume Allègre, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), contacté par France 24. Le “revenu décent” de Manuel Valls ne remplit pas les critères : il ne serait versé qu’aux plus démunis qui résident depuis au moins quatre ans sur le territoire national.

Sa proposition revient, en fait, “à fusionner les minima sociaux existants”, explique l’économiste. Il ne veut pas instaurer une nouvelle allocation, mais plutôt remplacer toutes celles qui existent. Une approche très différente de celles des deux tenants à gauche d’un vrai revenu universel qui proposent de verser – après une période progressive de mise en place – à tous les Français de plus de 18 ans entre 750 et 800 euros, tout en conservant la plupart des aides sociales.

Le montant avancé par Benoît Hamon et Jean-Luc Bennahmias “est généreux car tout ce qui est au-dessus de 450 euros est considéré en théorie comme étant dans le haut de la fourchette du revenu universel”, souligne Guillaume Allègre. Généreux et financièrement irréaliste ? La mesure coûterait 450 milliards d’euros si elle est réservée aux plus de 18 ans et “presque 700 milliards d’euros si le revenu est vraiment versé à tous les Français sans condition d’âge”, précise à France 24 Jean-Marie Harribey, membre des Économistes atterrés et coprésident du comité scientifique d’Attac, une ONG altermondialiste.

Deux visions du travail à gauche



Pour ses détracteurs, la France n’a pas les moyens d’instaurer un revenu universel. Il “est dans le champ stratosphérique de l’irréalisme“, affirme ainsi Arnaud Montebourg, qui a pourtant défendu l’idée par le passé. Guillaume Allègre juge qu’il faudrait, pour le financer, “multiplier par six environ l’imposition du capital, ce qui semble en effet peu réaliste”. Benoît Hamon a certes prévu d’y allouer des ressources issues de la lutte contre l’évasion fiscale et la suppression de niches fiscales “mais ça ne permettra de dégager que quelques dizaines de milliards d’euros, ce qui est loin d’être suffisant”, ajoute Jean-Marie Harribey qui se dit “farouchement opposé au revenu universel”.

Malgré cet obstacle, la mesure phare de Benoît Hamon n’en finit pas de tenir le haut du pavé médiatique. Son succès tient au fait qu’il est présenté à la fois comme une solution pour éradiquer la pauvreté et comme une réponse “à la montée de l’automatisation qui pose la question de la fin du travail”, résume Guillaume Allègre. Benoît Hamon préconise d’ailleurs de taxer les robots – sans préciser comment – pour aider à financer l’application du revenu universel.

Pour une partie de la gauche, le revenu universel représente un remplaçant bienvenu à la réduction du temps de travail pour en combattre la raréfaction. La réforme des 35 heures, très critiquée à droite et dans le monde de l’entreprise, est devenue un héritage de plus en plus lourd à porter à gauche, et certains sont devenus, d’après Jean-Marie Harribey, “trop frileux” pour reprendre en 2017 le flambeau de la réduction du temps de travail.

Derrière la polémique sur le revenu universel, “c’est en fait la question de la place du travail à gauche qui est posée”, estime Jean-Marie Harribey. Manuel Valls, Vincent Peillon et les autres soutiennent que le travail demeure le “principal créateur de valeur et d’insertion sociale”, résume l’économiste, tandis que Benoît Hamon et Jean-Luc Bennahmias jugent qu’il faut se préparer à une société où le travail ne serait qu’accessoire à l’épanouissement.

Première publication : 11/01/2017

Une des missions de la Croix-Rouge vise à réunir les familles séparées par les conflits. En 2016, elle a créé le site Trace the Face, pour permettre aux personnes ayant perdu un proche sur la route migratoire de le retrouver.

Ils sont irakiens, afghans, somaliens ou encore sénégalais et sont à la recherche d’un proche disparu sur les routes migratoires. Depuis un an, grâce au site Internet Trace the Face (littéralement suivre un visage) mis en place par La Croix-Rouge et édité en 4 langues (français, anglais, arabe et espagnol), des familles ont la possibilité de retrouver la trace d’un proche disparu.

Rétablir les liens familiaux

Les demandes ne faiblissent pas. Au total, elles “ont progressé de près de 30 % par rapport à 2015, on gère entre 900 et 1 000 dossiers par an et on reçoit entre huit et 10 nouvelles demandes par jour, explique Aurélie de Gorostarzu, responsable du service Rétablissement des liens familiaux (RLF) de la Croix-Rouge française. On arrive à retrouver la trace de la personne dans 40 % des cas.” La responsable du projet en est convaincue : “La plateforme est un outil incontournable et nécessaire.”

Plus de 2 500 photos sont consultables sur le site Trace the Face, alimentées par les Croix-Rouge européennes. Les clichés, anonymes, représentent les demandeurs, ceux qui recherchent un proche. En dessous des portraits, se trouve la mention “je recherche ma famille” ou je “recherche ma mère”. Si la personne recherchée reconnaît un de ses proches, elle contacte la Croix-Rouge qui met ensuite les familles en relation. “Cela permet aussi de donner un visage à ceux qui recherchent quelqu’un”, souligne Aurélie de Gorostarzu, car “la séparation et l’absence de nouvelles des proches est une souffrance invisible mais réelle. Elle est malheureusement sous-estimée” renchérit-elle.

En plus de la plateforme en ligne, chaque mois, les photos sont éditées sur des posters, et affichées dans plus de 200 lieux de passage, tels que les espaces de distribution de nourriture et de vêtements ou les centres d’accueil. L’ONG compte également sur les partenaires associatifs et sociaux pour faire connaitre le site. Mais pas seulement. “On mise aussi sur un effort de diffusion dans les communautés avec du bouche-à-oreille”, explique Aurélie de Gorostarzu. C’est ainsi qu’une femme afghane et sa belle-mère, réfugiées à Lyon, ont retrouvé la trace de leur mari et fils qui vivaient en Inde. Aujourd’hui, ils sont réunis en France.

Un service de 40 personnes et un réseau de 28 pays

La Croix-Rouge va encore plus loin et organise des maraudes dans le Nord-Pas-de-Calais. Munis de tablettes et de smartphones, trois membres de l’association vont à la rencontre des migrants pour leur présenter le site. Grâce à ce dispositif itinérant, trois femmes soudanaises présentes dans la “Jungle” de Calais avant son démantèlement ont pu retrouver leurs maris. “La première avait perdu la trace de son conjoint en Libye, l’autre en Italie et la troisième dans un train entre Paris et Calais, développe la responsable du projet. Elles ont posté leur photo sur le site et à quelques semaines d’intervalle, les maris se sont présentés dans nos locaux. Nous avons vérifié les informations et nous les avons mis en contact.”

Pour réussir au mieux sa mission, la Croix-Rouge française peut compter sur un réseau de 28 pays. Elle travaille ainsi en étroite collaboration avec ses homologues dans le monde entier, plus particulièrement en Europe et dans les pays touchés par des conflits comme l’Afghanistan ou le Sénégal. En France, une quarantaine de personnes enquête sur les disparus et le service dispose de sept antennes dans les grandes villes du pays.

Pour faciliter le travail de la Croix-Rouge française, une loi a été adoptée à l’unanimité le 29 décembre par l’Assemblée nationale et le Sénat. Elle va permettre à l’ONG de contacter les services de l’État pour leur soumettre des demandes de recherche. L’association pourra par exemple obtenir des copies intégrales et des extraits d’actes d’état civil, savoir si une personne a été hébergée ou naturalisée, si elle est inscrite sur une liste électorale. Les informations et coordonnées de la personne retrouvée ne sont transmises qu’avec son accord à sa famille. “Ça lève un obstacle juridique pour permettre de faire des recherches dans les meilleures conditions”, note Aurélie de Gorostarzu. Mais la responsable du projet l’assure : “La recherche d’un disparu prend du temps, on se donne deux à trois ans pour exploiter toutes les pistes mais le dossier n’est jamais fermé.”

Première publication : 11/01/2017

Les candidats à la primaire de la gauche ont tardé à parler de culture durant la campagne, donnant presque l’impression d’avoir oublié cette thématique pourtant si chère à la gauche, provoquant une profonde lassitude du monde culturel.

“Au prochain débat télévisé, j’ai besoin d’entendre parler de la culture.” En une phrase, la metteuse en scène Barbara Bouley a exprimé, lundi 9 janvier, lors d’une discussion sur la politique culturelle organisée en présence d’Arnaud Montebourg à la Maison de la poésie, à Paris, l’exaspération de l’ensemble du monde culturel français face au traitement réservé à la culture dans la campagne de la primaire de la gauche.

Thème particulièrement fédérateur au sein de cette famille politique, la culture a pourtant longtemps été absente des débats des candidats de la gauche. Avant le 10 janvier, le site de campagne de Benoît Hamon n’affichait ainsi que deux propositions dans ce domaine, tandis que ceux de François de Rugy et de Jean-Luc Bennahmias n’offraient que de vagues propositions, et que la politique culturelle était même totalement absente des programmes d’Arnaud Montebourg, de Vincent Peillon et de Sylvia Pinel.

>> À lire : Manuel Valls met le cap à gauche

“C’est plus qu’inquiétant car dans les conditions de vitalité de ce domaine aujourd’hui, alors qu’on est tous à déplorer un monde de barbarie, on n’entend que des slogans. La culture est totalement absente des débats”, regrette encore Barbara Bouley, contactée par France 24.

La présentation du programme de Manuel Valls, mardi 3 janvier, a-t-elle changé la donne ? L’ancien Premier ministre a affirmé vouloir faire de la culture un thème majeur, soulignant l’importance de la culture pour rendre “notre nation plus puissante, plus solide, plus solidaire” et pour renforcer “tout ce qui donne le sentiment de participer à une aventure collective”. Selon lui, cela doit passer par la défense du patrimoine français et la relance d’une politique de grands travaux culturels, notamment dans les régions.

Augmentation du budget de la culture de 500 millions d’euros par an pour Montebourg

Depuis ces annonces, ses principaux concurrents lui ont emboîté le pas. Il y avait d’ailleurs comme un parfum de surenchère, lundi soir, à la Maison de la poésie. Arnaud Montebourg, qui présentait à cette occasion son “manifeste culturel”, a voulu frapper fort. “Il n’existe pas de transformation de la société sans que les artistes s’en mêlent, s’en occupent, et fassent parler cette société”, a-t-il déclaré, promettant d’augmenter le budget du ministère de la culture de 500 millions d’euros par an sur l’ensemble du prochain quinquennat. Une hausse considérable pour un budget qui se situe à l’heure actuelle à 3,5 milliards d’euros.

Ces 2,5 milliards d’euros supplémentaires en cinq ans serviront notamment à “lutter contre les déserts culturels”, a-t-il expliqué. “Beaucoup de collectivités locales dans la suppression et la crise des dotations budgétaires ont décidé de procéder à des coupures, un certain nombre de festivals ont été mis en difficulté, des lieux (…) ont dû ralentir ou réduire leur action. Je dois dire que lorsque nous imaginons de réinvestir dans la culture, ce serait pour moi un nouvel investissement dans les territoires, pour amener les collectivités locales à reprendre l’investissement culturel”, a ajouté Arnaud Montebourg.

Le candidat socialiste entend également créer une “agence nationale de l’éducation artistique et culturelle”, sous l’autorité directe des ministères de la Culture et de l’Éducation nationale, qui aurait vocation à développer l’éducation artistique et culturelle à l’école et à ses portes.

>> À lire : “La primaire sera un succès si on mobilise au moins 1,5 million d’électeurs”

Un peu plus tôt dans la journée, c’est Vincent Peillon qui avait eu l’idée de présenter lui aussi ses propositions culturelles. Ce dernier, devenu auteur de polars depuis sa sortie du gouvernement en 2014, s’est rendu lundi après-midi à l’Espace Albatros de Montreuil, qui abritait autrefois les studios de Charles Pathé et qui accueille désormais des plasticiens, des cinéastes, des danseurs, des musiciens, des comédiens et des metteurs en scène.

En terme de propositions, pas d’annonce d’augmentation de budget spectaculaire, mais quelques pistes. L’ancien ministre de l’Éducation nationale veut notamment renforcer l’éducation artistique et culturelle en agissant sur la complémentarité entre temps scolaire et temps périscolaire et en développant les résidences d’artistes dans les établissements scolaires. Il propose aussi de rendre effectif l’égal accès de tous à la culture et d’élargir aux artistes indépendants la politique de soutien à l’emploi culturel.

“Une lassitude générale dans le milieu culturel”

De son côté, Benoît Hamon, qui a détaillé ses propositions mardi après-midi lors d’une conférence de presse, propose de porter le budget culturel à 1 % du PIB. Il veut par ailleurs créer sur tout le territoire des “fabriques de culture” qui seraient des lieux artistiques pluridisciplinaires avec une gestion partagée et participative. “Les Maisons de la Culture de Malraux et les Maisons des Jeunes et de la Culture sont aujourd’hui fortement précarisées. Ce nouveau modèle de lieu culturel portera des projets artistiques en co-construction entre pouvoirs publics, secteur culturel, associations et fondations”, explique-t-il.

>> À voir : Quand Manuel Valls fait la girouette sur l’assistanat

À défaut d’avoir fait de la culture un sujet majeur, les candidats de la gauche se sont donc contentés du service minimum en ayant tous, désormais, une rubrique “culture” dans leur programme. Au risque de donner une fois de plus l’impression d’instrumentaliser tout un secteur.

“C’est vrai qu’il y a une lassitude générale dans le milieu culturel, reconnaît Barbara Bouley. On trouve souvent le slogan ‘l’art et la culture au cœur d’un projet commun’ chez les candidats, mais nous artistes, on n’entend pas ce cœur battre. Ce sont des phrases qu’on reçoit mais qui ne sont pas incarnées. On est très nombreux à être plus que déçus de cet oubli car une fois de plus, il n’y a pas de politique culturelle proposée qui serait réellement innovante.”


Première publication : 11/01/2017

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Lee Jae-yong, héritier présomptif de l’empire Samsung, est, depuis mercredi, considéré comme un suspect dans le cadre de l’enquête sur un scandale politico-financier qui secoue la Corée du Sud et a déjà contraint la présidente à démissionner.

Lee Jae-yong préfèrerait qu’on lui parle de smartphone ou de nouveaux téléviseurs présentés au salon tech du CES à Las Vegas. Mais l’héritier présomptif de l’empire Samsung est au centre de l’attention médiatique pour sa possible implication dans le gigantesque scandale de corruption qui secoue la Corée du Sud depuis des mois et a déjà coûté son poste à l‘ex-présidente Park Geun-Hye.

“Nous avons décidé d’interroger Lee Jae-yong en qualité de suspect”, a déclaré Lee Kyu-chul, le porte-parole de l’équipe d’enquêteurs assignés à cette affaire tentaculaire, mercredi 11 janvier. Le vice-président de Samsung, et dirigeant de facto depuis que son père et PDG du groupe a souffert une crise cardiaque (2014), est soupçonné d’avoir eu connaissance de versements illégaux, par Samsung, d’un montant de 2,8 millions d’euros à des fondations détenues par Choi Soon-sil, la confidente de Park Geun-Hye qui est au cœur et à l’origine du scandale.

Un cheval à prix d’or

En retour, le gouvernement aurait soutenu un projet de fusion entre deux entités de Samsung qui permettait à la famille fondatrice, dont Lee Jae-yong fait partie, de renforcer son emprise sur le groupe.

En décembre, Lee Jae-yong avait admis le versement de près de 6 millions d’euros à deux fondations contrôlées par Choi Soon-sil. Mais il avait alors soutenu que ces paiements étaient légaux. Il a aussi expliqué que l’achat à prix d’or, pour la fille de celle qui est surnommée la “Raspoutine sud-coréenne”, d’un cheval de compétition rentrait dans le cadre de la politique de sponsoring du groupe.

Samsung n’est pas le seul conglomérat du pays à être dans le viseur des enquêteurs. Au total, 52 groupes ont versé 62,5 millions d’euros aux fondations de Choi Soon-sil. Mais l’importance du géant de l’électronique, dont l’activité représente environ 20 % du PIB du pays, et son rayonnement à l’international font de Lee Jae-yong la personnalité la plus importante à être inquiétée par les autorités… après l’ex-présidente Park Geun-Hye.

Première publication : 11/01/2017

Le président du Comité national d’organisation de la primaire élargie du Parti socialiste Christophe Borgel espère que les primaires citoyennes vont créer une dynamique auprès des électeurs de gauche en vue de l’élection présidentielle. Entretien.

France 24 : Le site des primaires citoyennes a publié, lundi 9 janvier, la carte des 7 530 bureaux de vote de la primaire du PS. C’est moins que les 9 400 lors de la primaire du PS en 2011 ou que les 10 228 de la primaire de la droite en novembre dernier. Est-ce que cela signifie que le parti s’attend à une mobilisation plus faible qu’il y a quatre ans ?

Christophe Borgel : Regardez la carte, vous ne verrez pas de zone blanche. Il n’y a pas de désert de bureaux de vote et je ne pense pas, de toute façon, que leur nombre influera sur la participation des électeurs.

Comme la gauche est aujourd’hui divisée, c’est sûr que nos attentes ne sont pas aussi grandes qu’en 2011 (2,7 millions d’électeurs au premier tour et 2,9 au second). Cette primaire sera un succès si on arrive à mobiliser au moins 1,5 million d’électeurs. Au-delà de deux millions, ce sera un très grand succès. Cela dépendra notamment de la qualité des débats.

Selon un sondage Odoxa publié la semaine dernière, 73 % des Français ne connaissaient pas les dates de la primaire, qui se tient les 22 et 29 janvier. Cela vous inquiète–t-il ?

Pas le moins du monde. Le même institut de sondage avait révélé cette même tendance quelques semaines avant la primaire de la droite. Il faut savoir que depuis que la carte des bureaux de vote est disponible sur le site des primaires citoyennes, la fréquentation a été multipliée par 20 ! Si cette tendance perdure les prochains jours, on peut s’attendre à une forte mobilisation.

Selon ce même sondage, 42 % des Français et les deux tiers (64 %) des électeurs de gauche disent s’intéresser à la primaire, comme cela a été le cas pour la droite. Le chiffre de 73 % signifie aussi que 27 % des Français connaissent les dates. Or, la primaire ne concerne que 6 à 9 % des électeurs. Et nous constatons une volonté de rassemblement de la part des électeurs de gauche.

Le Parti socialiste joue-t-il sa survie dans cette élection ?

Au vue des sondages, pas un candidat socialiste n’est pour le moment qualifié pour le second tour de l’élection présidentielle. Pour remédier à cela, il faut créer une dynamique en mobilisant l’électorat. Cette élection est un moyen d’y parvenir. Le candidat socialiste désigné pourra ainsi rassembler au-delà du parti.

Si la mobilisation n’est pas à la hauteur de nos espérances, le PS sera en difficulté mais tous les partis politiques connaissent des temps difficiles. Cela ne signifiera pas pour autant la fin du PS car il continuera à vivre avec les centaines de maires, les dizaines de députés et les dizaines de milliers de militants. Pour moi, la primaire est une étape qui doit servir de point d’appui pour rebondir.


Première publication : 11/01/2017