Archive for January 12th, 2017

On le dit saturé, mal organisé, inadapté. Depuis plusieurs semaines, le centre humanitaire de La Chapelle, destiné à l’accueil des migrants, est sous le feu des critiques. À tort, se défend la Ville de Paris qui parle, elle, de “réussite”.

Ils sont désormais de plus en plus visibles dans le nord de la capitale et les Parisiens du 18e arrondissement peuvent difficilement les ignorer : entre deux artères de circulation, sous le périphérique, à quelques mètres du centre humanitaire de La Chapelle, ou vers la Halle Pajol, des mini-campements de migrants ont refait leur apparition. Leur nombre est encore anecdotique en comparaison de ceux qui avaient essaimé sur les trottoirs de Stalingrad et Jaurès, à l’automne dernier, mais leur présence interroge.

Au mois de septembre 2016, la mairie de Paris n’avait-elle pas promis la fin des campements informels dans la capitale française ? Et Anne Hidalgo avait été très claire : Paris s’était engagée à créer une structure d’accueil pour migrants respectant les normes internationales du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) afin d’enrayer définitivement la prolifération des camps de rue. En novembre, parole tenue : le centre humanitaire de La Chapelle ouvre ses portes.

#LaChapelle#migrants La police les réveille chaque matin pour partir mais ne prend pas leurs couvertures, disent-ils. pic.twitter.com/R3f25zfmr8

— Charlotte Boitiaux (@chaboite) 10 janvier 2017

Mais moins de trois mois après sa mise en place, force est de constater que les ennuis s’accumulent et que les promesses de l’édile de Paris sont mises à mal : le centre de 400 places est saturé, les entrées se font au compte-goutte, forçant des centaines de migrants à patienter dans le froid et dans d’interminables files d’attente. Conséquence de l’incapacité du camp humanitaire à absorber les nouveaux arrivants, des petits campements sauvages réapparaissent sous les fenêtres des Parisiens.

“Durcissement policier”

La mairie reconnaît des difficultés mais défend un bilan globalement positif. Hors de question de parler d’échec. “Nous savons que le centre ne peut répondre à lui tout seul” à la crise migratoire en France, reconnaît un membre du service de presse de la municipalité, contacté par France 24. “Mais nous ne sommes plus dans la même situation qu’au mois de novembre, où plus de 3 000 personnes dormaient dehors” sur les trottoirs de Jaurès et Stalingrad. “Nous voulions éviter la reformation de campements massifs et cette fonction a été remplie, c’est une réussite”.

Et la Ville de Paris d’énumérer tous ses efforts pour améliorer la bonne marche du centre d’accueil. Face à l’affluence, le camp de La Chapelle ouvrira désormais ses portes le samedi matin (jusqu’ici, il ouvrait du lundi au vendredi). Près de 200 places d’hébergement supplémentaires vont bientôt voir le jour, des rendez-vous nominatifs sont organisés depuis le début de l’année pour éviter l’attente dans le froid, et une nouvelle équipe chargée exclusivement de s’occuper des mineurs isolés vient d’être créée.

Des efforts salués mais jugés insuffisants par plusieurs associations. Médecins sans Frontières (MSF), par exemple, ne s’en prend pas au fonctionnement du camp mais déplore les conséquences engendrées par sa saturation. L’ONG dénonce des violences policières à l’encontre des migrants à ses abords, des vols de couvertures et de tentes, en plein hiver, avec des températures négatives la nuit.

Pour Antoine Decourcelle, chargé des questions sur le droit d’asile à la Cimade, une association qui aide les réfugiés à défendre leurs droits, cette répression des forces de l’ordre n’a rien d’étonnant : “L’ouverture de La Chapelle a servi à justifier un durcissement policier”, estime-t-il. “Le message des forces de l’ordre est clair : ‘Ne dormez pas dehors puisqu’un centre humanitaire a ouvert’”.

Après destruction tentes, #police confisque couvertures des #migrants des rues de #Paris, en plein hiver @prefpolice@ndemorand@ChTaubira

— MSF France (@MSF_france) 8 janvier 2017

Là encore, la mairie reste prudente face à ces allégations. “Nous avons été alertés par ce problème de violences, mais nous n’avons pas eu les mêmes retours. Nous vérifions en ce moment ces assertions”, a déclaré son service de presse. “Si ces vols [de couvertures] sont avérés, nous demanderons des sanctions”.

“C’est l’anarchie là-bas”

Autre problème : la délinquance qui sévit autour du camp. “C’est l’anarchie là-bas. Il n’y a aucune discipline, aucune vraie file d’attente. Tout n’est que tricherie”, explique Sham, un jeune Pakistanais de 21 ans, qui refuse de retourner à La Chapelle. Le jeune homme s’est fait voler son sac de couchage par des jeunes migrants, un matin de janvier. “Ils sont en bande, ils volent nos affaires”, s’est-il plaint. “C’est terminé, je n’irai plus”.

Comme Sham, de nombreux migrants refusent de se présenter à La Chapelle, mais pas toujours pour les mêmes raisons. Pour Bereket et David, 16 et 18 ans, par exemple, le centre d’accueil est synonyme d’expulsion. “Des amis sont rentrés à l’intérieur et nous ont dit qu’ils vérifiaient nos empreintes digitales”, explique David.

Ces craintes de vérification n’étonnent pas vraiment la Cimade. “Aujourd’hui, le centre est devenu un sas de tri administratif”, explique Antoine Decourcelle. “Quand un migrant entre dans la ‘bulle’ [l’espace d’accueil du centre humanitaire], il doit s’engager à se rendre à la préfecture”, plus précisément au Centre d’examen de situation administrative (Cesa) situé dans les locaux de la préfecture de police, explique-t-il. C’est là, en effet, que les autorités vérifient si un migrant est “dubliné” ou non, en prenant ses empreintes digitales.

Selon les accords de Dublin, un migrant doit faire sa demande d’asile dans l’État par lequel il est entré dans l’UE. De nombreux migrants “dublinés” refusent donc de se présenter au centre humanitaire par peur d’un renvoi vers un autre pays.

“Nous n’avons jamais menti sur la vocation du centre humanitaire”

Pour David et Bereket, qui veulent rejoindre l’Angleterre, le centre de La Chapelle n’est pas une option, plutôt un obstacle. Les deux garçons sont passés par l’Italie. Ils ont peur d’y retourner. En attendant de savoir comment rejoindre l’eldorado anglais, ils ont planté leurs tentes Quechua à moins de 50 mètres de la porte d’entrée du centre pour profiter de l’aide des associations. “Presque tous les matins, la police nous réveille et nous demande de partir, d’aller faire la queue devant le centre”, explique Bereket. “Mais nous refusons”.

>> À lire sur France 24 : “Héberger un migrant chez soi : que dit la loi ?”

“Face à ce constat, je ne pense pas qu’on puisse dire que ce centre est une réussite”, ajoute Antoine Decourcelle. Selon lui, le centre humanitaire a failli à sa mission première : accueillir de manière inconditionelle les migrants.

Le tableau est-il si noir que cela ? Là encore, la mairie de Paris s’inscrit en faux. Elle explique que l’accord passé entre la Ville et l’État a toujours stipulé que le centre humanitaire accueillerait les “primo-arrivants”, c’est-à-dire ceux qui sont arrivés directement en France sans passer par un autre pays de l’UE. “Nous n’avons jamais menti sur la vocation du centre, nous avons toujours dit que l’accueil dans la ‘bulle’ était inconditionnel, mais que le dortoir de 400 places était réservé aux primo-arrivants”, précise-t-on à la mairie de Paris.

Un modèle qui fonctionne, malgré tout ?

Malgré ces nombreuses critiques, plusieurs ONG reconnaissent les points positifs du centre d’accueil. Dans un communiqué publié jeudi 12 janvier, Médecins du Monde (MDM) a tenu à souligner ses bienfaits. “Au sein du pôle santé [mis en place dans la ‘bulle’], 1 086 bilans infirmiers, 909 consultations médicales et 161 consultations psy ont été réalisées. Cette réponse d’urgence a été conforme à nos attentes aussi bien en termes d’accueil et de protection que de prise en charge médicale”.

L’association Utopia 56, qui apporte une aide juridique et alimentaire aux migrants autour du centre, met, elle, la balle au centre. La Chapelle n’est pas la panacée, c’est vrai, explique Yvan, coordinateur de l’association à Paris : “Le centre n’a pas une capacité d’accueil suffisante par rapport au nombre d’arrivées sur Paris”. Mais, ajoute le militant, “il a le mérite d’être un modèle qui fonctionne quand même. Des milliers de personnes ont été mises à l’abri”.

Selon les chiffres d’Emmaüs solidarité, gestionnaire du camp, près de 3 500 personnes ont déjà été réorientées (vers des structures d’accueil, CAO, CHU….) dont 800 mineurs isolés et 300 familles. Médecins du Monde et Utopia 56 réclament tous deux l’ouverture de centres similaires dans d’autres régions en France. “Il n’est pas parfait mais ce centre parisien mérite vraiment d’être copié”, conclut Yvan d’Utopia 56.

Première publication : 13/01/2017

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Le rapport sur la robotique adopté par une commission du Parlement européen évoque pour la première fois des pistes pour taxer les utilisateurs robots. Une proposition défendue en France par le candidat à la primaire de gauche Benoît Hamon.

Benoît Hamon peut remercier la commission juridique du Parlement européen. Elle a adopté, jeudi 12 janvier, un rapport sur la robotique évoquant le principe d’un revenu universel et l’instauration d’une taxe sur les robots. Deux points qui se retrouvent dans le programme défendu par le candidat à la primaire de gauche, en vue de la présidentielle.

Bruxelles conforte ainsi Benoît Hamon dans ces deux propositions, pourtant très critiquées par la majorité de ces adversaires à gauche (à l’exception de Jean-Luc Bennahmias). Toutefois, sur le revenu universel, le rapport, qui va être soumis au vote du Parlement européen en séance plénière en février, ne va pas plus loin que de suggérer la nécessité d’y “réfléchir”.

Un amendement d’un député grec d’Aube Dorée

Mais il est, en revanche, beaucoup plus précis sur la taxe robot, grâce à un amendement (le 25e) au rapport déposé par le député grec du parti néo-nazi Aube Dorée Eleftherios Synadinos et adopté par la commission juridique. Il stipule que “l’éventuelle application d’un impôt sur le travail réalisé par des robots ou d’une redevance d’utilisation et d’entretien par robot doit être examinée dans le contexte d’un financement visant au soutien et à la reconversion des chômeurs dont les emplois ont été réduits ou supprimés, afin de maintenir la cohésion sociale et le bien-être social”.

“C’est la première fois que la notion de travail des robots et leur fiscalité est évoquée dans un document officiel de l’Union européenne”, constate Anthony Bem, avocat spécialiste des nouvelles technologies, contacté par France 24.

Pour cet expert, “c’est un bon début” dans le contexte actuel d’automatisation de l’économie. La réflexion sur la taxation des robots est essentiel car “de nombreux postes vont être supprimés et remplacés par du travail robotisé et il est nécessaire, dès maintenant, de réfléchir à la manière de couvrir les pertes de revenus pour l’État qu’entraînera la raréfaction du travail humain, comme la baisse des cotisations sociales ou des impôts sur le revenu”, estime l’avocat.

Le rapport européen ajoute un objectif de solidarité à cette considération purement fiscale. Le fruit de la taxe robot est aussi censé financer les efforts de reconversion de ceux ayant dû céder leur place professionnelle à des 0 et des 1. C’est aussi l’argument retenu par Benoît Hamon pour justifier sa proposition.



Qu’est-ce que le travail d’un robot ?

Anthony Bem lui déconseille, en revanche, de reprendre mot pour mot l’amendement sur cette taxe qui, dans l’état actuel, comporte plusieurs failles. Il évoque deux pistes de fiscalité sur les machines : un impôt sur le travail réalisé par les machines et une redevance sur leur utilisation et leur entretien. Ce dernier point laisse la porte ouverte à une sorte de redevance télé pour tous les possesseurs d’un robot, qu’il s’agisse d’une machine industrielle ou d’une simple cafetière. “C’est essayer de ratisser vraiment large, alors que dans l’idéal seuls ceux dont les robots détruisent des emplois devraient verser la taxe”, note Anthony Bem.

L’autre souci provient de la définition juridique du travail d’un robot. “Elle n’existe pas encore et on veut déjà l’imposer”, souligne l’avocat. En effet, les machines ne sont pas rémunérées pour leur activité et on ne peut donc pas leur appliquer la même définition que pour le travail humain. Le plus simple serait alors de ne considérer que les cas où une machine a remplacé un être de chair et de sang à un poste. “Mais pour que cela fonctionne, il faudrait que les employeurs acceptent de jouer le jeu et déclarent à chaque fois qu’ils automatisent une tâche auparavant effectuée par un être humain”, remarque, dubitatif, Anthony Bem. Pour lui, le rapport, qui part d’une bonne idée, a pêché en mettant les robots avant les bœufs.

Première publication : 13/01/2017

L’Assemblée nationale a voté, jeudi, l’obligation d’installer des caméras de surveillance dans les abattoirs de France à partir de 2018. Une mesure insuffisante selon l’association L214, qui mène campagne contre la maltraitance animale.

La loi française va-t-elle pouvoir empêcher la maltraitance animale constatée dans certains abattoirs ? L’Assemblée nationale a voté, jeudi 12 janvier, l’obligation d’installer des caméras de surveillance dans les abattoirs à partir de 2018.

Les vidéos diffusées fin 2015 et début 2016 par l’association de défense des animaux L214 (attention, certaines images peuvent choquer) avaient suscité beaucoup d’émotion. Dans les abattoirs d’Alès (Gard), de Limoges (Limousin) ou encore de Mauléon-Licharre (Pyrénées-Atlantiques), on y voyait des bêtes écartelées vivantes après un étourdissement raté, ou se vidant lentement de leur sang, accrochées tête en bas et vivantes toujours…

La diffusion de ces images avait entraîné un plan gouvernemental en faveur du bien-être animal.

Les députés avaient alors mis cette question au cœur d’une commission d’enquête, dont a découlé une proposition de loi portée par Olivier Falorni (DVG) et son groupe des radicaux de gauche, comprenant une mesure phare sur les caméras dans les abattoirs. Elle a été adoptée jeudi 12 janvier à la surprise générale.

>> À voir : Rentabilité et respect des animaux sont-ils compatibles ?

Malgré l’opposition de quelques députés de droite et du centre, qui pronostiquent déjà que “les petits abattoirs disparaîtront” compte tenu de cette nouvelle charge, l’obligation d’installer des caméras a été adoptée par 28 voix contre 4, dans un hémicycle peu garni à l’heure du débat télévisé de la primaire citoyenne de la gauche.

Hier, pour le vote de la “loi sur le respect de l’animal en abattoir” (sic), il y avait 32 députés sur 577. Soit 5% des élus.

— Guillaume D. (@GDeleur) 13 janvier 2017

À partir du 1er janvier 2018, et à l’issue d’une expérimentation, “des caméras (seront) installées dans tous les lieux d’acheminement, d’hébergement, d’immobilisation, d’étourdissement, d’abattage et de mise à mort des animaux”, stipule la disposition, à laquelle se sont ralliés les socialistes et le gouvernement.

Le syndicat des abatteurs et découpeurs industriels, Culture viande (70 adhérents, 35 000 salariés), avait objecté en vain que “la protection animale à l’abattoir n’est pas une affaire de caméras”, mais “avant tout une question d’hommes, de formation et de bon sens”.

“Je crois plus à la pertinence de lanceurs d’alerte formés et protégés qu’à un système de vidéosurveillance”, avait aussi déclaré à l’AFP Dominique Langlois, patron d’Interbev, l’Association nationale interprofessionnelle du bétail et des viandes, pas hostile cependant à une expérimentation.

“Maigre avancée”

L’expérimentation préalable devra selon le texte permettre “d’évaluer l’opportunité et les conditions de la mise en place” des caméras. Il n’est cependant pas certain que la proposition de loi, qui doit désormais être votée au Sénat, puisse être définitivement adoptée d’ici à la fin de la législature dans six semaines, malgré le soutien affiché du ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll.

Le texte indique que les directions des abattoirs ne pourront pas avoir accès aux images enregistrées. Elles seront en revanche montrées aux responsables de protection animale désignés dans les établissements ainsi qu’aux services de l’État de contrôle vétérinaire.

“C’est une avancée, mais elle est maigre”, estime Sébastien Arsac, co-fondateur de L214, contacté par France 24. “Ce sont les services vétérinaires ainsi que les responsables de protection animale qui auront accès à ces images. Ces derniers sont juges et partie, et les services vétérinaires, déjà censés contrôler les abattoirs, ont démontré leur grand laxisme en la matière. Nous aurions voulu que des observateurs extérieurs, par exemple des associations ou des comités d’éthiques locaux, puissent visionner les vidéos”, poursuit le militant.

L’élevage intensif dans le viseur

Sébastien Arsac regrette également que l’interdiction de l’abattage des vaches gestantes n’ait pas été retenue. “La loi permet de tuer des femelles qui sont sur le point de mettre bas, mais la manière dont on traite ces fœtus prêts à naître est inadmissible”, argumente-t-il, rappelant la vidéo tournée en caméra cachée à l’abattoir public de Limoges, le plus grand de France, en novembre 2016. Les images montraient des fœtus de veaux, dont certains longs de plus d’un mètre, jetés aux ordures.

L’association regrette enfin que l’étourdissement par choc électrique avant abattage n’ait pas été rendu obligatoire. L’étourdissement par usage de CO2, autorisé, n’est pas toujours efficace et entraîne asphyxie et souffrances, plaide Sébastien Arsac.

Après avoir mené, avec la diffusion de vidéos d’abattoirs, une campagne choc mais qui a prouvé son efficacité, L214 tente désormais de mobiliser contre l’élevage intensif de poules, de lapins, de porcs, qui voit certains animaux élevés dans des conditions d’hygiène déplorables avant d’être abattus.

“En France, et dans la foulée de la prise de conscience qui s’est opérée dans les pays anglo-saxons, la question de la souffrance animale est de plus en plus entendue dans l’opinion publique, et les choses avancent doucement sur le plan politique”, reconnaît le militant.

>> À voir : Changer ses habitudes alimentaires pour sauver la planète ?

Ainsi, depuis 2015, la reconnaissance des animaux comme “des êtres vivants et sensibles” est inscrite dans le Code civil, pour l’aligner sur les Codes pénal et rural, mais, “sous réserve des lois qui les protègent, les animaux sont soumis au régime des biens corporels”.

Première publication : 13/01/2017

Inconnu du grand public avant ce premier débat des primaires de la gauche, le candidat de l’Union des démocrates et écologistes, Jean-Luc Bennahmias, commente sa prestation télévisée jugée loufoque par de nombreux commentateurs.

Au lendemain du premier débat entre les sept candidats aux primaires initiées par le Parti socialiste en vue de l’élection présidentielle, France 24 fait réagir Jean-Luc Bennahmias, candidat de l’Union des démocrates et écologistes (UDE), l’un des “petits candidats” de cette joute télévisée.

Malgré une prestation jugée décousue et déconcertante par de nombreux commentateurs, selon un sondage Harris Interactive (réalisé auprès de 1 002 personnes) publié vendredi 13 janvier, le candidat écologiste est tout de même parvenu à convaincre 8 % des personnes interrogées et 19 % des sympathisants de gauche.

Ancien des Verts et du MoDem, ex-conseiller régional et ancien député européen, il revient sur cette première joute à sept et sur les limites de cette formule télévisée “trop courte et pas assez thématique” à ses yeux.

France 24 : Votre prestation a été particulièrement remarquée, voire même raillée, les gens se demandent si vous prenez ces primaires de la gauche au sérieux. Pourquoi avoir adopté cette posture pendant le débat ?

Jean-Luc Bennahmias : Je ne prends aucune posture, je suis moi-même. Des gens m’ont reproché d’être décontracté, de ne pas mettre de cravate ou de tutoyer les autres candidats et de les appeler par leur prénom. Mais je ne porte jamais de cravate, même quand je vais rendre visite à François Hollande à l’Elysée, même quand je représente la France à la Cop21. La cravate n’est pas obligatoire au Parlement européen, ça tombe bien ! Je sais que cela choque certaines personnes, mais je ne suis pas un provocateur, je suis juste moi-même.

Je ne joue pas non plus le jeu de ceux qui font comme si ils ne se connaissaient pas. Mais dans quelle société vit-on ? Moi je n’évolue pas dans une fiction. Nous nous ne connaissons pas cœur ! Je ne vais pas faire semblant, alors que je connais Manuel Valls depuis qu’il a 15 ans. J’ai 62 ans et je suis le plus vieux de cette primaire, je vous rappelle.

Prenez-vous au sérieux votre candidature ?

Quand bien même nous, les candidats, prendrions ce débat au sérieux, il semble que la population en général, elle, ne le prend pas au sérieux. Quand on voit l’audimat de TF1 sur ce premier débat [3,8 millions de téléspectateurs, soit 18,3 % de part d’audience pour la chaîne] il y a de quoi se poser des questions. À quoi cela sert-il de jouer la crédibilité quand on a des citoyens qui pensent qu’on ne passera pas le premier tour de la primaire. Une primaire sert surtout à débattre et faire des propositions.

Aucun des candidats de la primaire de gauche ne sera le prochain président de la République, alors moi je propose une grande alliance, allant de Nathalie Kosciusko-Morizet à Jean-Luc Mélenchon en vue d’avoir autre chose en France qu’une perspective ultraréactionnaire ou d’extrême droite. Le second tour de l’élection présidentielle opposera François Fillon à Marine Le Pen, et je ne m’y résous pas. Nous avons la possibilité de constituer une majorité progressiste, qui ne peut pas être crédible si elle ne se borne qu’à la gauche stricto sensu.

Vous avez nié hier vouloir poster des “vigiles pour immobiliser d’éventuels terroristes”, proposition pourtant indiquée sur votre site et reprise par le journaliste Gilles Bouleau à l’antenne. Cette mesure s’inscrit-elle dans votre programme ?

Je dispose d’un budget de 25 000 euros pour ma campagne, mon équipe est composée essentiellement de professionnels bénévoles. Je n’ai pas le temps d’aller voir mon site pendant que je suis à la fois au four et au moulin. Mon équipe m’a présenté [en septembre] une version bêta du site avec des formules prétextes tirées de mon livre. Je n’ai pas vérifié tous les textes présentés au départ.

Cette mesure est anecdotique. Elle ne répond pas à un centième de la lutte contre le terrorisme. S’il y avait une proposition à faire ce serait d’améliorer la surveillance des réseaux sociaux, qui ont largement contribué au développement du terrorisme.

Le déroulement de ce premier débat va-t-il changer votre stratégie ? Comment comptez-vous rebondir dimanche 15 janvier ?

Dimanche prochain, je serai dix fois moins stressé que je ne l’étais hier. Désormais les présentations sont faites, j’espère que nous pourrons répondre directement aux questions sans avoir à passer par de longues introductions.

J’ai demandé à mon directeur de campagne de discuter avec les chaines de télévision pour la préparation du prochain débat, car deux minutes chacun pour répondre aux questions, c’est trop court. Il faudrait revoir la formule. Le débat devrait s’articuler autour de deux ou trois thématiques traitées en profondeur, sans quoi les gens décrochent. Si j’ai servi à quelque chose hier, c’était au moins d’animer un peu l’émission ! À mon goût, le revenu universel, le pouvoir d’achat et l’emploi auraient mérité qu’on y passe un peu plus de temps. L’Union européenne a manqué au débat, les questions écologiques et de transition énergétique ne sont pas intervenues une seule fois, sauf dans mes propos et ceux de François de Rugy [cofondateur du parti Ecologistes!]. Il manquait aussi des questions de société, comme l’usage du cannabis et ses dérivés, la parité ou la place du handicap, qui n’ont pas été évoquées.

Première publication : 13/01/2017

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Le spationaute français Thomas Pesquet a effectué vendredi sa première sortie dans l’espace, afin de remplacer des batteries de la station spatiale internationale. La mission, avec son collègue américain Shane Kimbrough, a duré moins de six heures.

La première sortie dans l’espace du spationaute français Thomas Pesquet, vendredi 13 janvier, aux côtés de son collègue américain Shane Kimbrough, s’est déroulée sans aucun problème et les deux hommes ont même réussi à réaliser leur mission plus rapidement que prévu.

Astronauts Shane Kimbrough and Thomas Pesquet finish spacewalk at 12:20pm ET (5:20pm GMT) after 5 hrs, 58 min. https://t.co/g4ukcRAvQmpic.twitter.com/TqU4QvdHqo

— Intl. Space Station (@Space_Station) 13 janvier 2017

Durant leur expédition hors de la Station spatiale internationale (ISS), Thomas Pesquet et Shane Kimbrough ont installé des adaptateurs et des câbles électriques pour brancher trois nouvelles batteries lithium-ion, de la taille d’un réfrigérateur d’une masse de près de 200 kilos chacune.

Une avance de 20 minutes

Comme les deux hommes avaient terminé l’installation des batteries, leur tâche principale, en trois heures, soit avec beaucoup d’avance sur le programme, le centre de contrôle de Houston leur a demandé de procéder à d’autres tâches. Ils ont, entre autres, remplacé une caméra défectueuse sur l’ISS, déplacé une protection contre les micro-météorites et pris une série de photos. Ils ont arrêté les batteries internes de leur scaphandre à 17h20 GMT (18h20 à Paris), marquant la fin officiel de leur expédition qui a duré 05 heures et 58 minutes, selon la Nasa.

Tout au long de la mission, les deux hommes ont fréquemment vérifié l’état de leur scaphandre, et surtout de leurs gants, très vulnérables lors des sorties car ils pourraient être percés par les outils lors des différents travaux.

Thomas Pesquet, 38 ans, qui séjourne dans la Station depuis le 20 novembre, est devenu le quatrième Français à effectuer une sortie dans l’espace et le onzième Européen. De retour dans l’ISS, il était très souriant après avoir enlevé le casque de son scaphandre, assisté par sa collègue américaine Peggy Whitson pour les complexes opérations de “déshabillage”.

Shane Kimbrough, 49 ans, commandant de l’équipage de l’ISS, avait déjà effectué une première sortie de 6 heures et 35 minutes la semaine passée avec sa compatriote Peggy Whitson, pour installer trois premières batteries. Sur les 48 batteries que compte l’ISS, 12 vieux modèles qui fonctionnaient à l’hydrogène doivent être remplacés, dans un premier temps, par les nouvelles batteries ce mois-ci. Ces dernières devraient durer le temps de l’exploitation de la Station, soit au moins jusqu’en 2024. Les autres batteries à hydrogène seront également toutes remplacées par des accumulateurs lithium-ion.

Préparation méticuleuse

L’ensemble de ce ballet orbital a été orchestré depuis le Centre spatial Johnson à Houston, au Texas, notamment par l’Italien Luca Parmitano, un astronaute et ingénieur de l’Agence spatiale européenne (ESA). Les sorties dans l’espace requièrent une préparation méticuleuse pendant des mois et une coordination parfaite de la part des nombreux experts formant les équipes de soutien au sol.

Thomas Pesquet s’était ainsi entraîné des heures durant en piscine, avec son scaphandre, au centre spatial de la Nasa à Houston, afin de savoir exactement quels gestes effectuer et dans quel ordre.

Demain c’est le grand jour: il va falloir être efficace et prudent @HooverphonicOff – The Night Before #songs4spacehttps://t.co/9lUQCJvLoZ

— Thomas Pesquet (@Thom_astro) 12 janvier 2017

“Demain c’est le grand jour : il va falloir être efficace et prudent”, avait-il écrit jeudi sur Twitter. Adepte des réseaux sociaux, Thomas Pesquet partage souvent pour ses abonnés de magnifiques photos prises depuis les hublots de l’ISS.

La Station, d’une masse de 450 tonnes, évolue à 400 kilomètres au-dessus de la Terre dont elle fait le tour toutes les 90 minutes, passant donc du jour à la nuit toutes les 45 minutes. De ce fait les astronautes ont travaillé alternativement à la lumière du soleil et dans l’obscurité totale.

Cette sortie de vendredi a été la 197e consacrée à l’assemblage et à l’entretien de l’ISS, dont le premier module a été mis en orbite en 1998.

Avec AFP

Première publication : 13/01/2017

Le spationaute français Thomas Pesquet a effectué vendredi sa première sortie dans l’espace, afin de remplacer des batteries de la station spatiale internationale. La mission, avec son collègue américain Shane Kimbrough, a duré moins de six heures.

La première sortie dans l’espace du spationaute français Thomas Pesquet, vendredi 13 janvier, aux côtés de son collègue américain Shane Kimbrough, s’est déroulée sans aucun problème et les deux hommes ont même réussi à réaliser leur mission plus rapidement que prévu.

Astronauts Shane Kimbrough and Thomas Pesquet finish spacewalk at 12:20pm ET (5:20pm GMT) after 5 hrs, 58 min. https://t.co/g4ukcRAvQmpic.twitter.com/TqU4QvdHqo

— Intl. Space Station (@Space_Station) 13 janvier 2017

Durant leur expédition hors de la Station spatiale internationale (ISS), Thomas Pesquet et Shane Kimbrough ont installé des adaptateurs et des câbles électriques pour brancher trois nouvelles batteries lithium-ion, de la taille d’un réfrigérateur d’une masse de près de 200 kilos chacune.

Une avance de 20 minutes

Comme les deux hommes avaient terminé l’installation des batteries, leur tâche principale, en trois heures, soit avec beaucoup d’avance sur le programme, le centre de contrôle de Houston leur a demandé de procéder à d’autres tâches. Ils ont, entre autres, remplacé une caméra défectueuse sur l’ISS, déplacé une protection contre les micro-météorites et pris une série de photos. Ils ont arrêté les batteries internes de leur scaphandre à 17h20 GMT (18h20 à Paris), marquant la fin officiel de leur expédition qui a duré 05 heures et 58 minutes, selon la Nasa.

Tout au long de la mission, les deux hommes ont fréquemment vérifié l’état de leur scaphandre, et surtout de leurs gants, très vulnérables lors des sorties car ils pourraient être percés par les outils lors des différents travaux.

Thomas Pesquet, 38 ans, qui séjourne dans la Station depuis le 20 novembre, est devenu le quatrième Français à effectuer une sortie dans l’espace et le onzième Européen. De retour dans l’ISS, il était très souriant après avoir enlevé le casque de son scaphandre, assisté par sa collègue américaine Peggy Whitson pour les complexes opérations de “déshabillage”.

Shane Kimbrough, 49 ans, commandant de l’équipage de l’ISS, avait déjà effectué une première sortie de 6 heures et 35 minutes la semaine passée avec sa compatriote Peggy Whitson, pour installer trois premières batteries. Sur les 48 batteries que compte l’ISS, 12 vieux modèles qui fonctionnaient à l’hydrogène doivent être remplacés, dans un premier temps, par les nouvelles batteries ce mois-ci. Ces dernières devraient durer le temps de l’exploitation de la Station, soit au moins jusqu’en 2024. Les autres batteries à hydrogène seront également toutes remplacées par des accumulateurs lithium-ion.

Préparation méticuleuse

L’ensemble de ce ballet orbital a été orchestré depuis le Centre spatial Johnson à Houston, au Texas, notamment par l’Italien Luca Parmitano, un astronaute et ingénieur de l’Agence spatiale européenne (ESA). Les sorties dans l’espace requièrent une préparation méticuleuse pendant des mois et une coordination parfaite de la part des nombreux experts formant les équipes de soutien au sol.

Thomas Pesquet s’était ainsi entraîné des heures durant en piscine, avec son scaphandre, au centre spatial de la Nasa à Houston, afin de savoir exactement quels gestes effectuer et dans quel ordre.

Demain c’est le grand jour: il va falloir être efficace et prudent @HooverphonicOff – The Night Before #songs4spacehttps://t.co/9lUQCJvLoZ

— Thomas Pesquet (@Thom_astro) 12 janvier 2017

“Demain c’est le grand jour : il va falloir être efficace et prudent”, avait-il écrit jeudi sur Twitter. Adepte des réseaux sociaux, Thomas Pesquet partage souvent pour ses abonnés de magnifiques photos prises depuis les hublots de l’ISS.

La Station, d’une masse de 450 tonnes, évolue à 400 kilomètres au-dessus de la Terre dont elle fait le tour toutes les 90 minutes, passant donc du jour à la nuit toutes les 45 minutes. De ce fait les astronautes ont travaillé alternativement à la lumière du soleil et dans l’obscurité totale.

Cette sortie de vendredi a été la 197e consacrée à l’assemblage et à l’entretien de l’ISS, dont le premier module a été mis en orbite en 1998.

Avec AFP

Première publication : 13/01/2017

Au lendemain du premier débat de la primaire de la gauche, les réactions ont été nombreuses. Et que ce soit du côté des candidats eux-mêmes ou chez leurs adversaires de droite, peu en sont satisfaits.

Le premier débat de la primaire de la gauche a été regardé par 3,8 millions de téléspectateurs sur TF1 (18,3% de part d’audience). Une audience nettement inférieure à celle du premier débat de la primaire de la droite, selon des chiffres de Médiamétrie.

Une audience peu satisfaisante, tout comme le débat entre les sept candidats. Au lendemain de l’exercice, certains d’entre eux ont d’ailleurs réagi. Benoît Hamon n’est pas “satisfait” de sa prestation et Jean-Luc Bennahmias propose de “revoir la formule pour les autres débats”. Arnaud Montebourg, lui, se dit “heureux de ces retrouvailles”.

Plusieurs politiques de droite estiment de leur côté que le débat était “sans intérêt” et critiquent des candidats qui n’assument pas le bilan du gouvernement Hollande. “Des bébés Hollande qui rejettent l’héritage”, souligne Eric Ciotti, député Les Républicains des Alpes-Maritimes. Il ajoute : “Une forme de course à l’échalote à la démagogie, à la dépense publique”.

Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, parle de candidats “ni lucides ni crédibles” qui ont simplement comme différence “la date à laquelle ils ont quitté la maison” de François Hollande.

>> À lire aussi : “Primaire de la gauche : des divergences mais un premier débat sans passion ni vainqueur”

Première publication : 13/01/2017

Les politiques investissent la plate-forme de vidéos en ligne YouTube avant la présidentielle. Dernier en date, Florian Philippot pour le Front national. Jean Massiet, jeune youtubeur politique, commente pour France 24 leurs prestations filmées.

Lancer sa campagne sur YouTube est un jeu risqué. Après le candidat d’extrême gauche Jean-Luc Mélenchon, et le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, c’est au tour de Florian Philippot, bras droit de la candidate frontiste Marine Le Pen, d’investir la campagne pour l’élection présidentielle française sur la plateforme américaine, en inaugurant, mercredi 11 janvier, sa chaîne dédiée.

“Le décor est trop lisse. Il pose trop, et sa tasse à café est vide” commente Jean Massiet, youtubeur politique de 28 ans qui a fondé la chaîne Accropolis, sur laquelle il décrypte en direct les interventions des politiques et les questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.

Jean Massiet n’est pas le seul à critiquer. Aussitôt publiée, la vidéo de Florian Philippot avec sa tasse à café a reçu une avalanche de commentaires moqueurs, faisant l’objet de nombreux détournements sur les réseaux sociaux sous le hashtag #PhilippotCafé.

La “cafet” du QG de Marine #LePen : la nouveauté #ComPol lancée sur la chaine YouTube de Florian #Philippothttps://t.co/3Tgo4d6gLlpic.twitter.com/X82RrUbc0I

— Hélène Fleuri✨ (@helene_fleuri) 12 janvier 2017

Florian Philippot, le cumulard

Sur sa chaîne, l’élu d’extrême droite, soutien de Marine de Le Pen, pose dans ce qu’il présente comme la cafétaria du QG de campagne de sa candidate. Le décor est acidulé, avec une table en formica citron, un frigo vintage, une fausse pompe à essence et une machine Nespresso, qui visiblement n’a pas servi. Anticipant les critiques, lui-même s’en amuse, il surnomme ce lieu la “cafet”, en référence à “Hélène et les Garçons”, une série télévisée des années 80. Tout en buvant son “faux café”, l’élu déroule la programmation de sa chaîne. Il propose d’y dévoiler les “coulisses de la campagne”, “ce que vous ne voyez pas”, précise-t-il, promettant également la présence d’invités.


© Capture écran YouTube

“Traditionnellement ceux qui viennent sur YouTube sont ceux qui ne sont jamais invités sur les plateaux télévisés, ce qui n’est pas le cas de Philippot” s’étonne Jean Massiet. Cela n’a pas échappé aux habitués de la plateforme, qui interpellent l’élu dans les commentaires de sa vidéo, lui reprochant de venir sur leur terrain, note le youtubeur.

Et pourtant, ça marche. Avec cette première vidéo, Florian Philippot fait plus de 120 000 vues en à peine deux jours. Un succès qui incombe à la surreprésentation du FN sur le réseau social. Mister JDay, un autre youtubeur en vogue qui s’est amusé à classer, en septembre 2016, les chaînes politiques françaises les plus suivies, révélait que six des douze plus regardées appartenaient à des personnalités du Front national, dont celles de Jean-Marie Le Pen, Gilbert Collard, Marion Maréchal-Le Pen et Marine Le Pen.

Jean-Luc Mélenchon, le plus youtubeur

Dans cette course au clic, d’autres, comme le candidat de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, ont pris une sérieuse avance. Chaque semaine depuis novembre, les vidéos de sa chaîne éponyme dépassent systématiquement la barre des 100 000 vues.

“Il a beaucoup évolué” explique Jean Massiet. “Au début il faisait très XXe siècle, il plaçait des éléments de langage politique traditionnel. Mais petit à petit, il a commencé à faire part de ses doutes en direct, à exposer l’évolution de sa pensée à sa communauté, là ça a commencé à prendre”.


© Capture écran YouTube

Chez Jean-Luc Mélenchon, le décor change d’une vidéo à l’autre. Tantôt une plante verte un peu désuète, un paravent, toujours une affiche de campagne placardée sur un mur en papier peint blanc. “Il est celui qui a le mieux adopté la culture YouTube : ce décor de bric et de broc, pas de maquillage, un mauvais éclairage, une interview tournée à l’arrache sur le canapé… ce sont les codes cultivés par les youtubeurs pour adopter un côté sincère, car nous avons à cœur de ne pas reproduire la télévision policée de papa”, analyse le Jean Massiet.

Avoir sa propre chaîne sur YouTube permet aussi de capter une audience sans le filtre des journalistes, mais pas sans contradicteur pour autant, du moins si on se prête vraiment au jeu. “Les vrais youtubeurs écoutent, échangent, coopèrent et travaillent avec leur communauté afin d’améliorer leurs programmes” explique le jeune homme. Un exercice interactif auquel s’est prêté le candidat de la France insoumise à plusieurs reprises, lors d’une émission appelée FAQ (Foire aux questions).

Benoît Hamon, trop guindé

Du côté des socialistes, en revanche, très peu de candidats à la primaire de la gauche possèdent une chaîne alimentée par des vidéos spécialement conçues. Chez Arnaud Montebourg, il n’y a que quelques archives de discours, et “Made in France” oblige, il a préféré Dailymotion pour héberger sa chaîne, au risque de stagner à une cinquantaine d’abonnés seulement. Le candidat Manuel Valls, quant à lui, n’a même pas de chaîne éponyme.

Benoît Hamon, lui, a pris de l’avance sur YouTube en se lançant fin décembre. Jusque-là il diffusait des vidéos classiques sous forme de clips faisant défiler ses soutiens sur un fond de musique libre de droit. Mais les vidéos du candidat à la primaire socialiste ne sont pas encore au niveau, du point de vue de Jean Massiet. “Sur YouTube on s’adresse à un copain comme si on prenait l’apéro. La cravate de Benoît Hamon, c’est une erreur”, commente le youtubeur politique. “Par contre, son format hyper court : ‘3 minutes chrono’, c’est une très bonne idée”. Pour l’instant, avec sa formule en cravate, Benoît Hamon n’a pas encore dépassé les 3 000 vues.


© Capture écran YouTube

Dupont-Aignan, pas très audible

Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout La France, est le seul candidat à jouer vraiment le jeu de YouTube. Sur fond bleu et drapeau tricolore, il parle de lui à la 3e personne, avec un débit peu naturel. Mais il finit par se détendre au fil des 19 minutes de sa vidéo postée le 5 janvier. “Un vrai tunnel face caméra. Sans aucun montage, ça va rebuter les gens”, estime Jean Massiet. Autre critique du youtubeur : Nicolas Dupont-Aignan a masqué le nombre de ses abonnés : “C’est très mal vu de faire ça dans la communauté YouTube, ça veut dire ‘j’en ai très peu’ !”. Seul indice chiffré, la première vidéo de l’élu de droite a fait plus de 5 000 vues sur sa chaîne intitulée “NDA 2017”. Un nom qui fait tiquer le youtubeur politique : “Ça en dit long, ça sonne comme une chaîne de campagne qui va disparaître après l’élection”, déplore Jean Massiet.


© Capture écran YouTube

Toujours à droite, sur sa chaîne YouTube, François Fillon a, quant à lui, posté ses vœux aux Français de manière très classique, depuis un bureau au décor présidentiel.


S’il salue l’arrivée des candidats à l’élection présidentielle sur le réseau social, le youtubeur les attend au tournant sur la sincérité de leur démarche. “Veulent-ils vraiment faire de la politique autrement ou utilisent-ils YouTube comme un support éphémère, le temps de leur campagne ?” s’interroge encore le jeune homme. Il faudra attendre après le 7 mai pour le savoir.

Première publication : 13/01/2017

Si les internautes ne se sont pas passionnés pour le premier rendez-vous entre les sept candidats de la primaire de la gauche jeudi, ils ont découvert les petits candidats, souvent peu médiatisés lors de la campagne.

Ce débat m’endort”, lâche @Alexlbry1 sur Twitter après une heure d’échanges entre les sept candidats à la primaire de la gauche pour l’élection présidentielle, jeudi 12 janvier. “Quand on regarde [les candidats], on dirait la primaire de droite ! Mêmes costumes et cravates !”, commente de son côté @brumamonpa. Le manque d’intérêt pour le premier rendez-vous télévisé des candidats de la gauche devient vite viral… “C’est plus puissant qu’un somnifère”, soupire @DurivaultRene qui craint une audience misérable pour TF1 et RTL.

>> À voir sur France 24 : “Des divergences mais un premier débat sans passion ni vainqueur”

“Un débat. Quel débat…??”, interpelle @mistouille2. Les sept prétendants ont “répété leur présentation, c’est du quasi par cœur, peu de spontanéité”, regrette pour sa part @Vdk_Ben. “Jamais ils ne se répondent, se clashent, c’est vraiment chacun son tour, ennuyeux, vivement le débat à 2 candidats”, note @le10duMat. Avant même que les deux heures trente d’émission se soient écoulées, certains veulent déjà en finir : “Candidat PS, les téléspectateurs ont décidé de vous éliminer et leur sentence est irrévocable”, ironise @FDudoignon, en référence à l’émission de téléréalité Koh-Lanta.

Sylvia Pinel en tête des recherches Google

Malgré ce verdict “sans appel”, les réseaux sociaux se sont tout de même affolés autour des noms des “petits” candidats, comme ce fut le cas de Jean-Frédéric Poisson lors du premier débat de la primaire de la droite. La candidate du PRG Sylvia Pinel a figuré une grande partie de la soirée parmi les noms les plus recherchés sur Google, suivie du président du parti écologiste François de Rugy et Jean-Luc Bennahmias du Front démocrate.


La seule candidate de cette primaire a séduit pour son discours sur la laicité. “Bravo #Pinel pour avoir rappelé que la laïcité s’applique à toutes les religions”, s’enthousiasme @NayaanDiop. De son côté, @HerveMaleyPaul parle d'”une candidate intelligente, compétente et audacieuse”. “Elle a une vision globale des dossiers avec des solutions simples et avant-gardistes”, ajoute-t-il dans un autre Tweet. Également surpris par la candidate, @golferic93 estime que “c’est elle qui doit gagner l’investiture. Je m’attends à la revoir revenir comme une fusée d’ici huit ans. Elle sera renforcée et plus confiante”.

Autre candidat très suivi pendant la soirée, François de Rugy qui a plu par son style. “Très convaincant”, juge @VictorCahat. Pour@Stephane_Munier , “il est cash et il dit les choses sans tourner autour du pot”. @T_Nenninger salue sa super idée de “créer des médecins en deux ans au lieu de onze, et les envoyer dans les campagnes”.

De son côté, Jean-Luc Benhamias a suscité beaucoup de commentaires. Mais pas forcément pour les bonnes raisons. “Pouvez-vous donner la parole à #Bennahmias, ironise @HamdyBoussouiba. Au moins on rigole, faute d’entendre une petite proposition !!”. @Monsieur_twitte le compare à “un Bourvil gentiment foutraque, c’était rafraîchissant”. Jean-Luc Bennahmias n’a semble-t-il pas convaincu les Twittos, surtout lorsqu’il a nié vouloir poster des “vigiles pour immobiliser d’éventuels terroristes”, proposition indiquée sur son site et reprise par le journaliste Gilles Bouleau. Pour @martelf, “Jean-Luc #Bennahmias discrédite la politique. Il publie des propositions sur son site qu’il dément maintenant. C’est consternant”. ‏

JL #Benhamias discrédite la politique. Il publie des propositions sur son site qu’il dément maintenant. C’est consternant.

— Frederic Martel (@martelf) 12 janvier 2017

“Coincés entre Macron et Mélenchon”

À l’inverse, les prétendants les mieux placés dans les sondages (Manuel Valls, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg et Vincent Peillon) n’ont pas réussi à briller. “Les ex-ministres sont coincés entre #Macron et #Mélenchon ! Ce #primaireledébat ne sert à rien !, a clairement résumé ‏@Simonnet2. Pour @Ben, “militant d’une gauche de transformation sociale”, rien ne me fait rêver. Aucun mot pour la répartition des richesses qui est, pour moi, la lutte principale à laquelle doit s’atteler la gauche”.

Pour @BaranIscen, “chacun des candidats est resté longtemps dans son couloir. Manuel Valls dans la défense du bilan, Benoît Hamon dans une volonté de table rase”. La seule sortie de route est signée Vincent Peillon. L’ancien ministre de l’Éducation a qualifié une victime de Mohamed Merah “d’origine musulmane”, ce qui a fait beaucoup réagir. “Ça m’a choquée d’entendre de la bouche de Vincent Peillon qu’être musulman est une ‘origine'”, a souligné @Assoghara à li’mage de beaucoup d’autres Twittos.

Au final, ce débat a-t-il vraiment aidé les internautes à choisir un candidat ? Pas sûr. “Tout le monde saura pour qui il ne votera pas, mais personne ne saura pour qui il ira voter”, analyse @Jomalo29. Et @jimmyparadis conclut : “Il y a deux candidats qui pourront dormir tranquillement ce soir : #Macron et #Melenchon”.

Première publication : 13/01/2017