Archive for January 15th, 2017

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné, lundi, Mehdi Kamallah, déserteur de l’armée de terre de 31 ans, à huit ans de prison pour “association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste”. Il s’était rendu en Syrie en 2013.

Mehdi Kamallah, un déserteur de l’armée de terre française ayant séjourné en Syrie en 2013, a été condamné, lundi 16 janvier, à huit ans de prison, assortis d’une peine de sûreté des deux tiers par le tribunal correctionnel de Paris.

Le président de la 16e chambre correctionnelle a expliqué à l’ancien soldat de 31 ans que sa condamnation tenait compte de “la longueur de [sa] présence sur zone”, “du fait qu’[il avait] de toute évidence porté des armes” et de son “retour clandestin” après avoir été blessé.

Dans son réquisitoire, le 6 décembre, la procureure avait insisté sur la “dangerosité manifeste” de Mehdi Kamallah, demandant dix ans de prison contre cet ex-soldat aux “convictions radicales” profondément ancrées.

Favorable au jihad

Formé au maniement du lance-roquette, le jeune homme avait déserté en 2010, faute de pouvoir pratiquer sa religion comme il l’entendait. Il était parti trois fois en opération militaire extérieure, au Tchad, en Côte d’Ivoire et au Sénégal. Le quotidien Le Parisien révèle qu’il aurait été en lien avec la mouvance salafiste lilloise, se disant favorable à la charia et au jihad, et prêt à mourir en martyr.

Mehdi Kamallah, détenu depuis 2015, comparaissait avec deux autres hommes, originaires comme lui de la région de Roubaix, dans le Nord. À l’audience, ils avaient tenté de convaincre le tribunal qu’ils ne formaient pas un groupe, mais plutôt une “bande de copains” et que leur départ en Syrie, à tour de rôle, n’était pas concerté.

Pierre Tricot, un jeune de 26 ans converti à l’islam à l’âge de 13 ans, a été condamné à six ans de prison. Quant à Mohamed Bourras, 29 ans, crâne rasé et barbe fournie, il s’est vu infliger une peine de quatre ans de prison.

Les trois hommes risquaient jusqu’à dix ans de prison pour “association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste”, ces combattants ayant passé quelques semaines ou mois en Irak et en Syrie.

Les autorités estiment à environ 700 le nombre de Français actuellement dans cette zone.

Avec AFP

Première publication : 16/01/2017

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Les enquêteurs sud-coréens chargés de l’affaire sur le scandale de corruption à l’origine de la destitution de la présidente du pays requièrent l’arrestation de l’un des hommes les plus puissants du pays : l’héritier de l’empire Samsung.

Après la présidente, l’héritier de l’empire Samsung. Les enquêteurs sud-coréens en charge de la très sensible affaire de corruption à l’origine de la destitution de la présidente Park Geun-Hye ont réclamé, lundi 16 janvier, l’arrestation de Lee Jae-Yong, le vice-président et héritier de l’empire Samsung.

Celui qui est considéré comme l’homme d’affaires le plus important du pays est soupçonné d’avoir approuvé le versement de millions d’euros à Choi Soon-Sil, la confidente de l’ex-présidente sud-coréenne, au cœur du scandale à tiroirs qui secoue le pays depuis des mois. Lee Jae-Yong aurait cherché, grâce à ce versement, à obtenir le soutien du gouvernement pour une fusion entre deux entités de Samsung permettant à sa famille de renforcer son contrôle sur le groupe.

Plus de 34 millions d’euros de pots-de-vin

L’ensemble des pots-de-vin versés par Samsung s’élèvent à 43 milliards de wons (34,2 millions d’euros), a déclaré le porte-parole des enquêteurs. Il a précisé que Lee Jae-Yong était également soupçonné de détournement de fonds pour avoir utilisé l’argent de Samsung pour ces actes de corruption. Le géant sud-coréen est le conglomérat qui s’est montré le plus généreux avec Choi Soon-Sil, qui a reçu 62,5 millions d’euros de 52 groupes sud-coréens.

L’arrestation de Lee Jae-Yong serait un coup dur non seulement pour Samsung, mais pour le pays. Elle aurait “un impact économique important”, ont reconnu les enquêteurs sud-coréens. En effet, le chiffre d’affaires du constructeur des smartphones les plus vendus au monde correspond à 20 % du PIB sud-coréen. Si les ennuis judiciaires du patron de facto de Samsung (son père et PDG s’est retiré des affaires après avoir subi une crise cardiaque en 2014) pèse sur les profits du groupe, c’est tout le pays qui risque d’en ressentir les effets.

Première publication : 16/01/2017

Considéré comme un “petit” candidat à la primaire de la gauche par les médias, François de Rugy, qui se bat pour imposer l’écologie dans la campagne, a réussi lors des deux premiers débats, jeudi 12 et dimanche 15 janvier, à faire parler de lui.

En deux débats, l’écologiste François de Rugy a réussi à imposer son style dans la primaire de la gauche. Calme, clair, nuancé, l’actuel vice-président de l’Assemblée nationale et ancien membre d’Europe Écologie-Les Verts refuse la démagogie, les postures et les caricatures, se permettant même de recadrer certains de ses concurrents sur le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), le nucléaire ou le 49-3 citoyen.

Si ce positionnement n’est pas garant d’une accession au deuxième tour, il a en tous cas permis au député de la Loire-Atlantique de se faire connaître et de recueillir de nombreux satisfecits sur les réseaux sociaux. Entretien.

>> À lire : Le débat vu par des Français : elle votera Hamon, lui hésite encore

France 24 : Sur le nucléaire, le 49-3 citoyen ou le cannabis, vos remarques ont fait mouche à plusieurs reprises et ont souvent été saluées sur Twitter. Ces débats peuvent-ils vous permettre de faire plus que de la figuration dans cette primaire ?

François de Rugy : Je n’ai jamais pensé que j’y allais pour faire de la figuration. La primaire est un exercice utile, qui permet de faire apparaître différentes sensibilités et il est évident que les débats jouent un rôle particulier : tous les candidats doivent répondre aux mêmes questions et disposent du même temps de parole. C’est différent du reste du temps car, malheureusement, un certain nombre de grands médias ont oublié ce qu’était le pluralisme en donnant beaucoup de temps de parole à certains candidats et en n’en donnant aucun à d’autres. Donc, heureusement pour les citoyens qu’il y a les débats, qui sont des moments qui rassemblent beaucoup de téléspectateurs et qui nous permettent d’exposer nos propositions et nos différences. N’oublions pas également que, comme pour la droite, les gens qui viendront voter à la primaire regardent les débats. C’est unique, c’est vraiment une particularité des primaires.

Quant à moi, j’ai toujours dit que mon but n’était pas d’attaquer ou de dénigrer les autres candidatures, mais d’être le plus clair possible sur mes propositions et de mettre l’écologie au cœur de la discussion. Lorsque j’étais élu local à Nantes, j’ai toujours travaillé et dialogué avec tout le monde. Mais c’est sûr que ce type d’attitude est moins payant que si on est dans la caricature, la posture ou la dénonciation, car on devient alors moins médiatique, on n’est pas considéré comme un “bon client” comme disent les médias. Mais dans un débat, j’espère que c’est plus convaincant. Je ne vais pas faire semblant le temps d’une campagne. Pour proposer et réussir des réformes radicales, il faut être pragmatique et parler avec tout le monde.

>> À lire : Le grain de sel de Jean-Luc Bennahmias

Lors du premier débat, vous avez d’ailleurs été félicité sur Twitter par l’ancienne patronne du Medef Laurence Parisot…

D’une manière générale, quels que soient les sujets, je ne change pas de position au gré des échéances. La crédibilité des candidats, me semble-t-il, repose en partie sur la constance avec laquelle ils défendent leurs positions. Or, en matière économique, je n’ai jamais été sur le discours anti-entreprise qui est de bon ton chez une certaine gauche. Si on veut améliorer la qualité de vie au travail, faire tourner l’économie, faire de l’écologie, c’est avec les entreprises. On ne peut pas les ignorer et tirer un trait sur elles, même si, bien sûr, ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas être ferme sur certaines questions.

Concernant l’écologie, on ne peut pas dire que vous ayez réussi à imposer ce thème dans la campagne…

Dès qu’on sort des débats télévisés, on voit bien que certains sujets comme l’écologie ont tendance à disparaître. Il est évident que pour certains candidats, ce thème n’est qu’un chapitre dans un projet, et encore, quand ce chapitre existe. En même temps, je ne suis pas naïf, c’est déjà comme ça à l’Assemblée nationale. C’est un sujet qui a tendance à passer à la trappe. Pourtant, quand je regarde les enjeux devant nous, qui se situent à l’échelle planétaire, quand je vois qu’il y a en France des pics de pollution qui durent dorénavant 30 jours et qui ne sont plus des pics mais des états permanents, le thème de l’écologie me paraît tellement important que je suis quand même étonné qu’il ne prenne pas plus de place dans les débats politiques. C’est pour cette raison que j’ai dit dimanche soir que la classe politique était en retard sur ce que disent et ce que font les Français.


Première publication : 16/01/2017

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Dans son rapport annuel sur les inégalités sociales, l’ONG Oxfam conclut que la fortune des huit hommes les plus riches au monde dépasse celle de la moitié la plus pauvre de l’humanité. Une statistique choc à prendre avec des pincettes.

La fortune de huit personnes dépassant celle de 3,6 milliards de personnes : c’est ce qu’annonce, lundi 16 janvier, l’ONG Oxfam dans son rapport sur les inégalités et la concentration de richesse, publié comme chaque année à la veille de l’ouverture du Forum économique mondial à Davos. Si elle a le mérite de souligner, année après année, que les inégalités persistent, la statistique choc d’Oxfam déforme aussi la réalité.

Baptisé “une économie au service des 99 %”, le rapport énonce que les biens des huit milliardaires les plus riches du monde dépassent ceux de la moitié la plus pauvre de l’humanité. Le philanthrope et créateur de Microsoft Bill Gates, Amancio Ortega (fondateur de Zara), l’investisseur Warren Buffet, Carlos Slim (le magnat mexicain des télécoms), Jeff Bezos (le fondateur d’Amazon), Mark Zuckerberg (le patron de Facebook), Larry Ellison (le PDG d’Oracle) et Michael Bloomberg (propriétaire du média Bloomberg) disposent d’une fortune cumulée de 427 milliards de dollars. Les 50 % les plus démunis de la planète ne se partagent, quant à eux, que 409 milliards de dollars.

Cette comparaison frappante permet à Oxfam de dénoncer “l’extrême” concentration de richesse entre les mains d’une toute petite élite. Surtout, ces nouveaux chiffres démontrent que la situation a empiré. Le rapport 2016 de l’ONG avançait que la richesse des 62 plus grandes fortunes du monde était équivalente à celle de la moitié la plus pauvre de la population mondiale. En 2017, ils ne seraient plus que huit. Une accélération des inégalités qui va dans le sens du dernier rapport du Bureau international du travail (BIT), publié le 12 janvier, mettant en garde contre la multiplication des crises sociales en raison du fossé de plus en plus grand entre riches et pauvres.

Peu d’évolution en un an

Mais la nette différence entre les résultats de 2016 et de 2017 provient moins d’une accentuation des inégalités que d’un changement de méthodologie pour comptabiliser la fortune des plus pauvres. Oxfam reconnaît avoir procédé à des ajustements pour parer aux critiques, qui avaient déjà été adressées à l’ONG l’an dernier. En appliquant le même calcul que celui retenu cette année, la conclusion du précédent rapport aurait dû être que les neuf personnes les plus riches de la planète possèdent davantage que la moitié la plus pauvre. La situation n’a donc, en réalité, que peu évolué en un an.

Ensuite, la manière de comptabiliser ceux qui appartiennent au cercle des plus pauvres fait débat. Oxfam se réfère l’almanach 2016 de la richesse globale du Credit Suisse pour faire ce calcul. Ce document assimile la richesse au patrimoine, c’est-à-dire qu’il comptabilise les actifs d’une personne (ce qu’il possède) auxquels sont soustraits ses dettes, sans prendre en compte des sources de revenus comme le salaire.

Richesse = patrimoine ?

Une définition qui a tendance à mettre dans le même sac un diplômé de Harvard qui débute sa carrière à Wall Street et doit encore rembourser son crédit pour les études et des populations qui meurent de faim en Afrique mais qui n’ont pas de dette. Pire : cette comptabilité “fait qu’un retraité allemand qui a contracté un prêt pour s’acheter, par exemple, une voiture, est plus pauvre que les fermiers du Burundi qui eux n’ont pas le luxe d’emprunter”, souligne le quotidien de centre-gauche Süddeutsche Zeitung.

Cette comptabilité a aussi un autre défaut, selon le site d’information américain Fusion : “Il part du postulat que toute dette rend forcément plus pauvre, alors que certains emprunts sont des investissements qui peuvent être rentabilisés dans les mois suivants”.

Conscient de ces critiques, Oxfam, contacté par France 24, affirme que ces étudiants ou retraités allemands “ne sont qu’une infime minorité de cas sur les 3,5 milliards de personnes concernées”. Il n’en demeure pas moins que l’existence de ces “faux pauvres” relativise l’affirmation que huit milliardaires possèdent davantage que la moitié la plus démunie de la population mondiale.

Dans sa note de méthodologie, l’ONG reconnaît d’ailleurs qu’en ne prenant pas en compte ceux qui, comme les étudiants américains, ont une “richesse négative”, il faut la fortune des 56 milliardaires les plus riches – et non plus seulement de huit – pour égaler celle des 50 % les plus pauvres. “Ce qui ne fausse en rien la réalité globale de l’extrême concentration des richesses dans l’économie mondiale”, tiennent à souligner les auteurs du rapport d’Oxfam.

Première publication : 16/01/2017

Les 751 eurodéputés doivent choisir mardi un successeur au président de l’institution, Martin Schulz. L’issue du scrutin est incertaine. Les votes des europhobes et de l’extrême droite pourraient faire la différence.

Personnage médiatique et volubile au parcours atypique, redoutable homme politique, le président du Parlement européen, le social-démocrate allemand Martin Schulz, cède sa place. Il a renoncé à se représenter après cinq ans à la tête de l’institution, pour se consacrer à la politique de son pays. Réunis à Strasbourg, les 751 eurodéputés choisiront mardi 17 janvier, à bulletins secrets, son successeur à ce poste-clé de l’Union européenne, que se partageaient jusqu’ici les grands partis pro-européens, unis contre les europhobes.



>> À voir aussi : Débat Juncker – Schulz, “Quel avenir pour l’Europe” ?

Depuis 1979, le parti de droite et centre-droit (le PPE, le groupe politique comptant le plus d’eurodéputés) et les sociaux-démocrates, étaient toujours parvenus à un accord pour se partager le pouvoir, sauf lors de la législature de 1999-2004, quand le PPE s’était entendu avec les Libéraux. Mais cette fois-ci, cette belle entente a volé en éclats, rendant impossible toute prédiction sur l’issue du scrutin, où les votes des europhobes et de l’extrême droite pourraient faire la différence.

Les sociaux-démocrates ont en effet décidé de se lancer dans la course, représentés par l’Italien Gianni Pittella. Tout comme les libéraux qui ont désigné comme candidat l’ex-Premier ministre belge, Guy Verhofstadt. Le PPE a pour sa part choisi l’Italien Antonio Tajani, un ancien commissaire européen, membre fondateur de Forza Italia et ancien porte-parole de Silvio Berlusconi.

Révolté par le non respect de cet accord pour se départager le pouvoir, le président du groupe PPE, l’Allemand Manfred Weber, a fustigé ses “partenaires” d’hier. “Tous ceux qui ne s’en tiennent plus à cet accord sont responsables de l’influence croissante des populistes dans cette maison”, a-t-il dénoncé.

“Temps troublés”

Des accusations que réfutent ses nouveaux adversaires. Gianni Pittella a justifié sa candidature par le fait que l’Europe a besoin de la gauche “pour mettre fin à l’austérité aveugle”. Quant à Guy Verhofstadt, chantre du fédéralisme européen et actuel référent au Parlement européen pour les négociations sur le Brexit, il estime pouvoir être “l’un des visionnaires, médiateurs”, dont l’Europe, “menacée par des nationalistes et des populistes, a besoin en ces temps troublés”. Tous les deux s’inquiètent par ailleurs du règne sans partage du PPE sur les trois institutions européennes si ce parti obtenait la présidence du Parlement. La droite tient déjà les rênes de la Commission européenne, avec le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, et ceux du Conseil avec le Polonais Donald Tusk.

>> À lire aussi : La “taxe robot” défendue par Benoît Hamon a aussi des partisans à Bruxelles

Selon des sources parlementaires, la course à la présidence du Parlement européen pourrait justement servir aux sociaux-démocrates à poser des jalons pour revendiquer, en cas d’échec, le poste occupé par Donald Tusk, nommé en décembre 2014 pour deux ans et demi à la tête du Conseil.

Seront également présents au premier tour du scrutin mardi : la Belge Helga Stevens, du groupe des Conservateurs et Réformistes européens (où siègent notamment les Tories pro-Brexit); l’Italienne Eleonora Forenza de la gauche radicale ; la Verte britannique Jean Lambert et enfin le Roumain Laurentiu Rebega, soutenu par les europhobes du groupe Europe des Nations et des Libertés, que co-préside Marine Le Pen.

Élu pour deux ans et demi (un terme renouvelable), soit la moitié de la législature de cinq ans, le président du Parlement dirige le seul organe de l’UE directement élu par les citoyens, qui se partage le pouvoir législatif avec le Conseil, représentant lui les États.

Avec AFP

Première publication : 16/01/2017