Archive for January 17th, 2017

L’un des trois kamikazes qui se sont fait exploser le 13 novembre à l’entrée du Stade de France a été identifié. Il s’agit d’un Irakien né en 1993.

L’un des nombreux mystères qui entourent les attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis a été levé. Les enquêteurs de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) pensent avoir identifié l’un des kamikazes qui se sont fait exploser aux abords du Stade de France, révèle Le Parisien mercredi 18 janvier.

Les agents estiment que l’homme à l’origine de l’explosion près de la porte D de l’enceinte sportive, dans laquelle un passant avait trouvé la mort, est Ammar Ramadan Mansour Mohamad al-Sabaawi.

Cet Irakien, né en 1993 (selon une source proche de l’enquête) dans un village du district de Gayara (nord), résidait avec sa famille à Mossoul, seconde ville d’Irak et bastion de l’organisation État islamique (EI) depuis juin 2014. Les enquêteurs avaient pourtant trouvé un passeport syrien à côté de son cadavre après l’attentat, avec la fausse identité d’Ahmad al-Mohammad.

Un troisième membre non identifié

Sur les trois assaillants du commando du Stade de France, un seul était connu jusqu’à présent : Bilal Hadfi, un Français résidant en Belgique, âgé de 20 ans. Le troisième membre, retrouvé également en possession d’un faux passeport syrien, n’a toujours pas été identifié, d’après la source proche de l’enquête. Dans sa vidéo de revendication des attentats, l’EI avait indiqué qu’il s’agissait aussi d’un ressortissant irakien.

Après l’attaque, “des cadres du groupe État islamique ont remis à (sa) famille l’équivalent de 5 000 dollars (environ 4 670 euros) en dinars irakiens” ainsi que “des moutons”, selon deux notes de la DGSE, datées de janvier et février 2016, déclassifiées début décembre.

“C’est en s’intéressant au versement de cet argent que les agents de la DGSE sont remontés jusqu’au jeune homme”, explique la source proche de l’enquête. Les familles des victimes “saluent le progrès réalisé dans l’enquête” mais “sont choquées et désemparées devant les méthodes barbares utilisées par Daech (autre nom de l’EI, NDLR) qui réduit la vie d’un être humain à quelques milliers de dollars ou à un troupeau de mouton”, a réagi dans un communiqué Me Samia Maktouf, qui représente plus d’une vingtaine de parties civiles.

Pour gagner l’Europe, le terroriste irakien et le kamikaze non identifié s’étaient dissimulé parmi le flux des migrants arrivés par bateau sur l’île de Leros, en Grèce, le 3 octobre 2015 avec au moins deux complices présumés : un Algérien et un Pakistanais, interpellés en décembre 2015 dans un centre de réfugiés en Autriche.

Le kamikaze du Stade de France était le benjamin d’une fratrie de cinq enfants, parmi lesquels deux frères auraient rejoint les rangs de l’EI. L’un d’entre eux, Ahmad, né en 1990, inquiète particulièrement les services de renseignement qui se demandent “s’il n’a pas gagné l’Europe avec l’objectif d’y conduire des attaques”, d’après les notes de la DGSE.

Avec AFP

Première publication : 18/01/2017

Visés depuis décembre par un projet de loi qui étend le délit d’entrave à l’IVG au Web, des militants anti-avortement multiplient les actions de communication, appelant à manifester dimanche à Paris.

Quarante-deux ans après la promulgation de la loi Veil, dépénalisant l’interruption volontaire de grossesse, les collectifs anti-avortement multiplient les campagnes de communication.

Après des publicités dans plusieurs médias français, comme Valeurs Actuelles et Le Figaro, et une campagne d’affichage illégale dans les abribus parisiens, les anti-IVG organisent une “grande marche pour la vie” dimanche 22 janvier, à Paris.

Sympa la pub anti #IVG du mvt #EnMarchePourLaVie dans @Le_Figaropic.twitter.com/LXtwDDecsJ

— Pascale GAUTHE (@GAUTHECHOLLEY) 12 janvier 2017

“Guérilla marketing”

Et quoi de mieux qu’une campagne de publicité à moindre coût pour promouvoir un événement ? Ainsi, lundi 16 janvier, le collectif “En marche pour la vie” a détourné illégalement l’affichage des abribus de la ville de Paris. Plusieurs usagers des transports en commun s’en sont fait l’écho. Dans l’une de ces affiches anti-IVG, on peut y voir un médecin dire à sa patiente : “C’est une courte intervention, pour une longue dépression”. Un autre visuel présente un homme qui dit sa petite amie : “T’inquiète, je vais t’aider… À ne pas gâcher ma vie”. Un message pas toujours très clair, censé représenter les pressions que subissent les femmes qui ne voudraient pas avorter.

À Paris, dans le 16eme, @JCDecaux_France a validé des affiches de propagande anti-IVG.

Vous fournissez les cintres ou pas ? pic.twitter.com/AbejQAOa0x

— Max (@MaximeHaes) 16 janvier 2017

Ces slogans n’ont pas laissé les usagers des transports indifférents. Sur Twitter, plusieurs internautes ont poussé l’afficheur JC Decaux à s’expliquer en ligne. “Les affiches ‘Marche pour la vie’, posées illégalement sur nos mobiliers, sont actuellement retirées par nos équipes”, a précisé l’entreprise. Le dirigeant de “Les Survivants”, un groupe appartenant au collectif “Marche pour la vie” avait évoqué sur LCI une opération de “guérilla marketing”.

Les affiches « Marche pour la vie », posées illégalement sur nos mobiliers, sont actuellement retirées par nos équipes.

— JCDecaux France (@JCDecaux_France) 16 janvier 2017

Examen de la loi sur l’extension du délit d’entrave

Si les affiches ont tenu en place moins de 24 heures, force est de constater que l’opération de communication des anti-avortement a bien fonctionné. Le timing n’a pas été laissé au hasard, d’abord l’anniversaire de la loi Veil, mais aussi l’examen la semaine prochaine par le Parlement en deuxième lecture d’un projet de loi sur l’extension du délit d’entrave à l’IVG aux sites Internet. Le texte vise à pénaliser les sites aux mains de groupes anti-IVG délivrant des informations erronées aux femmes dans le but de les dissuader d’avorter.

Le délit d’entrave, qui existe depuis 1993, ne s’applique pas encore au Web. Si la loi est votée, ces associations ne seront pas contraintes de fermer leurs sites, mais devront très explicitement se présenter comme des militants anti-avortement, pour en finir avec les “allégations, indications ou présentations faussées et de nature à induire intentionnellement en erreur, dans un but dissuasif”, précise le texte.

Actuellement, plusieurs de ces pages Internet, très bien référencées sur les moteurs de recherche comme Google, se font passer pour des sites officiels d’information, certains affichant même un numéro vert, mais visent à dissuader les femmes qui cherchent des informations à avorter.

En première lecture, le Sénat avait voté le 7 décembre une version adaptée de la loi sur l’extension du délit d’entrave à l’IVG, dans un texte modifié mentionnant la pénalisation des pressions morales et psychologiques exercées sur les femmes “par tout moyen”. La mention “y compris par voie électronique ou en ligne” avait été supprimée afin d’éviter de contredire la Constitution et d’entraver la liberté d’expression, sur proposition de la sénatrice socialiste Stéphanie Riocreux. Le texte adapté doit être examiné le 26 janvier par une commission mixte paritaire entre l’Assemblée nationale et le Sénat afin que les deux chambres parviennent à un compromis.

Première publication : 18/01/2017

À quatre jours du premier tour de la primaire de la gauche, Benoît Hamon et Arnaud Montebourg ont tenu, mercredi soir à Paris, leur dernier grand meeting de campagne. Reportage dans les XIVe et XIXe arrondissements autour de ce duel à distance.

Alors que la dernière semaine de campagne avant la primaire de la gauche est marquée par des tensions entre les camps Hamon et Montebourg, les deux anciens ministres, qui se disputent les électeurs à la gauche du Parti socialiste, ont chacun tenu, mercredi 18 janvier à Paris, leur dernier gros meeting de campagne.

Dans le nord-est parisien, Arnaud Montebourg a, pendant plus d’une heure, appelé son auditoire du gymnase Jean Jaurès, à “reprendre son destin en main” et à “ne pas céder au mur des tout-puissants”.

Pour de nombreux sympathisants, c’est un discours qui fera date. Une rose à la main, Valérie, militante de 45 ans vêtue d’une marinière [dont Montebourg a fait sa marque de fabrique], ne cache pas son émotion : “Ça fait du bien d’être là, ça fait du bien d’entendre un discours de gauche, de voir que quelqu’un croit encore en nos valeurs, s’exclame-t-elle. On a retrouvé le même engouement que lors du discours du Bourget”, ajoute-t-elle en référence au discours prononcé le 22 janvier 2012 par François Hollande, alors candidat à la présidentielle, pour lancer sa campagne.

Valérie Mery, qui habite au Bourget est ravie du discours de Montebourg pic.twitter.com/jNdihM73nK

— segolene (@Segolenea) January 18, 2017

Marie-Paule, 58 ans, qui a fait le déplacement depuis Tours, ne regrette pas non plus d’être venue : “Arnaud a une vision globale et nous parle concrètement. J’y crois pour dimanche”, affirme la sympathisante qui compare elle aussi ce discours à celui du Bourget. “Sauf que cette fois-ci, Montebourg défend des idées plus réalistes”.

>> À lire sur France 24 : “L’alternative Hamon” qui agace le camp Montebourg

Dans une salle comble pouvant accueillir plus de 2 000 personnes, le chantre du “Made in France” a réussi à réunir pour son dernier grand meeting avant le premier tour de la primaire de la gauche, dimanche 22 janvier, Gérard Filoche et Guy Bedos, qui ont chacun leur tour enflammé les sympathisants. “Je suis contre le revenu universel, je suis pour la fiche de paie pour tous”, a lancé sous les ovations du public l’ancien inspecteur du travail, lui aussi candidat à la primaire avant que sa candidature ne soit rejetée faute de parrainages suffisants. Vient ensuite l’humoriste : “Ses études, sa formation, c’est tout juste s’il est de gauche”, glisse-t-il, provoquant de grands fous rires dans le public.

Ces invités de marque ont failli faire de l’ombre au candidat lui-même, qui est allé jusqu’à érailler sa voix pour mobiliser les troupes et rappeler les grandes lignes de son programme : la relance par l’investissement, la fin de la politique d’austérité, l’abrogation de la loi El Khomry, la mutuelle à 10 euros, etc. Il a également appelé haut et fort à “savoir dire non aux tout-puissants” et “à créer une VIe République”.

“Ces propositions que je formule ne sont pas expérimentales pour 2022, ce sont des propositions immédiatement opérationnelles pour dans quatre mois”, a-t-il enfin lancé, dans une allusion à peine déguisée au revenu universel de Benoît Hamon, alors qu’il venait tout juste de défendre une nouvelle fois la “valeur travail”.

“Le débat s’est structuré sur les propositions que j’ai mises sur le devant de la scène”

Au même moment, justement, Benoît Hamon proposait, lui, un autre modèle de société devant quelque 3 000 personnes réunies à l’Institut national du judo, dans le XIVe arrondissement. “Identité, sécurité, fermeté. Il y a quatre mois, on pensait que la primaire se jouerait là-dessus, mais le débat s’est structuré sur les propositions que je, que nous avons mises sur le devant de la scène”, a-t-il affirmé.

À quatre jours du premier tour, celui qui avait été présenté d’emblée comme un outsider – le “troisième homme” du duel annoncé Valls-Montebourg – a fait salle pleine et apparaît comme un concurrent sérieux.

Dans la foule de ceux qui sont venus l’écouter mercredi soir, Noé et Eva, étudiants en droit à Sceaux, étaient là “pour le fun”, mais aussi pour entendre le candidat parler en longueur de son programme, “pas comme à la télé”.

Noe et Eva, 19 ans, étudiants en droit à Sceaux, sont venus “pour le fun” pour “être convaincus” #Hamon2017pic.twitter.com/P1s1L6UWMb

— alcyone wemaëre (@alcyonekenobi) January 18, 2017

Cela tombe bien : Benoît Hamon a joué toute la soirée au pédagogue, revenant sur chacune de ses propositions pour “répondre aux critiques”, qu’il “accepte”. Accusé de rétropédalage sur sa proposition de revenu universel d’existence, il a précisé le financement de la première étape pour les 18-25 ans : 45 milliards d’euros. Mais comme pour son idée de 49-3 citoyen, vivement attaquée par François de Rugy lors du deuxième débat télévisé, l’ancien ministre de l’Éducation nationale a surtout fait valoir qu’il ne détenait pas la vérité, mais qu’il montrait “un chemin”. “La question n’est pas de savoir s’il y aura revenu universel, mais quel revenu universel”, a-t-il résumé.

>> À lire sur France 24 : “Face à l’Europe, la gauche divisée”

Dans la salle, Lionel, 60 ans, éducateur, compte justement sur Benoît Hamon pour “reconstruire la gauche”. C’est lui qu’il veut à la tête du Parti socialiste. Pour Hamon, il serait prêt à reprendre sa carte au PS qu’il avait quitté en 1986. Mais croit-il encore possible de voir la gauche accéder au second tour de la présidentielle ? “Non”, répond-il sans la moindre hésitation.

Même son de cloche chez Véronique et Solange. Pour ces sœurs jumelles toutes deux enseignantes, “Benoît Hamon a réveillé quelque chose à gauche”. Mais si elles voteront pour lui dimanche, c’est davantage pour donner une légitimé à leur famille politique face à la droite que dans l’espoir de la voir gagner la présidentielle.

Benoît Hamon peut-il toutefois incarner un tel espoir ? Lui veut le croire, même s’il est conscient de la complexité de la tâche. Pour conclure son meeting, l’intéressé a en effet jugé que “le rassemblement de la gauche” était le chemin le plus difficile.

>> Revivez les meetings de Benoît Hamon et d’Arnaud Montebourg :

Première publication : 18/01/2017

Depuis lundi, la France fait face à une vague de froid. À Paris, des habitants du nord de la capitale se mobilisent pour venir en aide aux migrants, sans ressource et exposés aux températures négatives, en leur offrent des petits-déjeuners chauds.

Une tasse de café chaud et quelques tartines : il suffit parfois de peu de choses pour redonner le sourire. Des parents d’élèves d’une école dans le nord de Paris se mobilisent depuis novembre pour offrir aux migrants sans-abri des petits-déjeuners.

Ces petites associations se sont créées spontanément et changent régulièrement de lieu de distribution pour éviter les problèmes avec les autorités mais aussi pour donner l’idée à d’autres riverains de s’engager dans une initiative de solidarité.

D’après les associations, 2 400 à 3 000 migrants arrivent à Paris chaque mois. La moitié d’entre eux dort dans la rue.

Première publication : 18/01/2017