Archive for January 23rd, 2017

Dans son édition de mercredi, Le Canard enchaîné indique que Pénélope Fillon, l’épouse de François Fillon, le candidat de la droite à l’élection présidentielle, a été rémunérée comme collaboratrice de son mari.

La femme de François Fillon, Pénélope Fillon, a été rémunérée pendant huit ans comme attachée parlementaire de son mari ou du suppléant de celui-ci à hauteur d’environ “500 000 euros brut” au total, ainsi que par la Revue des deux mondes sur une plus courte période, a affirmé Le Canard enchaîné dans son édition à paraître mercredi 25 janvier.

D’après “les feuilles de paie” de Pénélope Fillon, celle-ci a été rémunérée de 1998 à 2002 par son mari, député de la Sarthe, sur l’enveloppe réservée à cet effet pour les députés et les sénateurs.

Cette enveloppe, qui vient en sus de l’indemnité du député, sert à rémunérer les assistants parlementaires basés à l’Assemblée ou dans les permanences des circonscriptions. “Calculé en principe pour trois collaborateurs”, selon le site de l’Assemblée, son montant est de 9 561 euros par mois actuellement.

Le fait d’embaucher des proches comme collaborateurs n’est pas interdit pour les parlementaires, à condition que ce ne soit pas un emploi fictif.

À partir de 2002, après l’entrée de François Fillon au gouvernement, Pénélope Fillon, sans profession connue et qui est toujours en retrait des activités politiques de son mari, devient collaboratrice du suppléant de celui-ci, Marc Joulaud. D’après les chiffres obtenus par Le Canard enchaîné, c’est à cette période qu’elle sera rémunérée le plus (de 6 900 à 7 900 euros mensuels).

La Une du 25 janvier 2017 est à consulter ici : https://t.co/GDOKQmdwxf

— @canardenchaine (@canardenchaine) 24 janvier 2017

“Je ne la connaissais que comme femme de ministre”

Une collaboratrice de François Fillon à l’époque, interrogée par Le Canard, dit “n’avoir jamais travaillé avec elle”. “Je n’ai pas d’info à ce sujet. Je ne la connaissais que comme femme de ministre.”

Le Canard affirme qu’en 2012, Pénélope Fillon a de nouveau été rémunérée “pendant six mois au moins” quand François Fillon est redevenu député de la Sarthe, après cinq ans à Matignon. “Au total, Pénélope aura perçu environ 500 000 euros brut sur les caisses parlementaires” en huit ans, affirme l’hebdomadaire.

Le Canard affirme aussi que Pénélope Fillon a été parallèlement salariée, entre le 2 mai 2012 et décembre 2013, de la Revue des deux mondes, propriété de Marc Ladreit de Lacharrière (PDG de Fimalac), un ami de François Fillon. Elle touchait alors environ 5 000 euros bruts par mois.

Interrogé par l’hebdomadaire, le directeur de la revue, Michel Crépu, se dit “sidéré”: “Je n’ai jamais rencontré Pénélope Fillon et je ne l’ai jamais vue dans les bureaux de la revue.” Il précise toutefois que Pénélope Fillon a signé “deux ou peut-être trois notes de lecture”.

Avec AFP

Première publication : 24/01/2017

Dans son édition de mercredi, Le Canard enchaîné indique que Pénélope Fillon, l’épouse de François Fillon, le candidat de la droite à l’élection présidentielle, a été rémunérée comme collaboratrice de son mari.

La femme de François Fillon, Pénélope Fillon, a été rémunérée pendant huit ans comme attachée parlementaire de son mari ou du suppléant de celui-ci à hauteur d’environ “500 000 euros brut” au total, ainsi que par la Revue des deux mondes sur une plus courte période, a affirmé Le Canard enchaîné dans son édition à paraître mercredi 25 janvier.

D’après “les feuilles de paie” de Pénélope Fillon, celle-ci a été rémunérée de 1998 à 2002 par son mari, député de la Sarthe, sur l’enveloppe réservée à cet effet pour les députés et les sénateurs.

Cette enveloppe, qui vient en sus de l’indemnité du député, sert à rémunérer les assistants parlementaires basés à l’Assemblée ou dans les permanences des circonscriptions. “Calculé en principe pour trois collaborateurs”, selon le site de l’Assemblée, son montant est de 9 561 euros par mois actuellement.

Le fait d’embaucher des proches comme collaborateurs n’est pas interdit pour les parlementaires, à condition que ce ne soit pas un emploi fictif.

À partir de 2002, après l’entrée de François Fillon au gouvernement, Pénélope Fillon, sans profession connue et qui est toujours en retrait des activités politiques de son mari, devient collaboratrice du suppléant de celui-ci, Marc Joulaud. D’après les chiffres obtenus par Le Canard enchaîné, c’est à cette période qu’elle sera rémunérée le plus (de 6 900 à 7 900 euros mensuels).

La Une du 25 janvier 2017 est à consulter ici : https://t.co/GDOKQmdwxf

— @canardenchaine (@canardenchaine) 24 janvier 2017

“Je ne la connaissais que comme femme de ministre”

Une collaboratrice de François Fillon à l’époque, interrogée par Le Canard, dit “n’avoir jamais travaillé avec elle”. “Je n’ai pas d’info à ce sujet. Je ne la connaissais que comme femme de ministre.”

Le Canard affirme qu’en 2012, Pénélope Fillon a de nouveau été rémunérée “pendant six mois au moins” quand François Fillon est redevenu député de la Sarthe, après cinq ans à Matignon. “Au total, Pénélope aura perçu environ 500 000 euros brut sur les caisses parlementaires” en huit ans, affirme l’hebdomadaire.

Le Canard affirme aussi que Pénélope Fillon a été parallèlement salariée, entre le 2 mai 2012 et décembre 2013, de la Revue des deux mondes, propriété de Marc Ladreit de Lacharrière (PDG de Fimalac), un ami de François Fillon. Elle touchait alors environ 5 000 euros bruts par mois.

Interrogé par l’hebdomadaire, le directeur de la revue, Michel Crépu, se dit “sidéré”: “Je n’ai jamais rencontré Pénélope Fillon et je ne l’ai jamais vue dans les bureaux de la revue.” Il précise toutefois que Pénélope Fillon a signé “deux ou peut-être trois notes de lecture”.

Avec AFP

Première publication : 24/01/2017

Selon Pôle emploi, le chômage est reparti à la hausse en décembre mais il a baissé sur un an en 2016. C’est la première fois depuis 2007 que le taux de chômage en France recule sur 12 mois.

Une mauvaise note dans un tableau de l’emploi enfin positif. Pôle emploi a dévoilé, mardi 24 janvier, que le chômage était reparti à la hausse en décembre 2016 après trois mois de baisse. Mais sur un an, et c’est une première depuis 2007, le chômage a reculé, révèlent ces nouvelles données. Le nombre de demandeurs d’emplois a baissé de 107 400 personnes en France.

Une tendance sur un an qui doit faire plaisir au candidat à la primaire de gauche et ex-Premier ministre Manuel Valls, qui soutient le bilan économique du gouvernement, contrairement à son adversaire Benoît Hamon. Il pourra arguer que la politique menée, à grand coup d’austérité à partir de 2013, de pacte de compétitivité et de crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), commence à porter ses fruits.

“Une décrue vertueuse”



Surtout, la bonne performance de 2016 n’est pas une baisse à l’américaine où le faible taux de chômage s’explique pour partie par le découragement des chômeurs de longue durée qui sortent des statistiques lorsque leurs droits aux allocations expirent. “En France c’est un décrue plutôt vertueuse”, confirme Bruno Ducoudré, spécialiste du marché du travail à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

Portée par un retour de la croissance depuis mi-2015, l’économie française a créé plus de 130 000 emplois nets dans le secteur privé, tandis que la destruction d’emplois dans l’industrie a nettement ralenti et que la situation dans le secteur du bâtiment s’est stabilisée.

L’économiste français confirme aussi que les programmes de soutien à l’emploi initiés par le gouvernement, que ce soit le pacte de compétitivité ou le CICE, ont contribué au recul du chômage en 2016. Mieux : “les effets de ces dispositifs sur l’emploi devraient encore se faire sentir en 2017 avant de s’estomper l’année prochaine”, estime Bruno Ducoudré.

Mais derrière les chiffres de Pôle emploi, il n’y a pas que le recul sur un an du nombre de chômeurs sans activité. L’ombre à ce tableau est à chercher du côté des demandeurs d’emploi de catégorie B et C (avec une activité réduite), qui ont grossi. En d’autres termes, le retour sur le marché du travail se fait essentiellement “par la petite porte, celle du temps partiel subi, des petits boulots et de la précarité”, résume l’économiste de l’OFCE.

Certes ce n’est pas une nouveauté : la situation de l’emploi s’améliore généralement d’abord dans l’intérim après une période d’aggravation du chômage. Mais cette fois-ci, “la baisse du chômage passe davantage encore par la précarité car le cadre légal, marqué par un assouplissement des règles du droit du travail, autorisent les entreprises à avoir davantage recours à des contrats précaires”, rappelle Bruno Ducoudré. Les chiffres de Pôle emploi apportent donc aussi de l’eau au moulin de ceux qui dénoncent une paupérisation du statut de salarié en France.

Merci l’Europe

Le recul du chômage ne change pas le bilan général du quinquennat de François Hollande. “Cela n’a pas suffi à effacer les stigmates de la crise de 2008, et la situation reste moins bonne qu’en 2012 sur le front de l’emploi”, confirme Bruno Ducoudré.

Le gouvernement ne peut pas non plus s’approprier tous les lauriers de la baisse du chômage. La politique de l’offre débutée en 2013 – marquée par la maîtrise des dépenses publiques et les baisses des charges – a certes amélioré la compétitivité des entreprises, mais pour qu’il y ait un retour des créations d’emplois, il fallait de la croissance.

Le déclic, à cet égard, est venu de la conjoncture européenne. “L’Union européenne a lâché du lest sur les politiques d’austérité, l’euro s’est déprécié [favorisant les exportations] et le prix du pétrole est resté faible”, souligne l’économiste. Le gouvernement peut donc dire merci à ses voisins d’avoir tiré vers la croissance française vers le haut.

Enfin, il y a ceux qui se sont contentés, en 2016, de regarder passer la caravane de l’emploi. Il s’agit des chômeurs de plus de 50 ans et de ceux qui n’ont pas de travail depuis plus de trois ans. Ils vont encore continuer à espérer l’inversion de la courbe du chômage.

Première publication : 24/01/2017

Elle devait rassembler et créer une dynamique. Mais entre la polémique sur les résultats du premier tour et les attaques de Manuel Valls à l’encontre de Benoît Hamon, la primaire de la gauche semble se retourner contre le Parti socialiste.

Le Parti socialiste espérait, avec sa primaire, créer une dynamique positive pour lancer la campagne de son candidat. Il était sans doute loin de se douter que ce rendez-vous démocratique, qui lui avait tant réussi en 2011, serait aussi décrié cette fois-ci.

La publication des chiffres de la participation, annoncée officiellement à 1,6 million d’électeurs, et les soupçons de manipulations qui ont suivi empoisonnent depuis lundi 23 janvier les organisateurs des “primaires citoyennes”. Malgré l’absence de transparence sur le nombre de bureaux de vote dénoncée par plusieurs médias et l’absence de publication des résultats par département, circonscription et bureau de vote, Christophe Borgel, président du comité d’organisation de la primaire élargie, et Thomas Clay, président de la Haute autorité chargée de veiller au bon déroulement de l’élection, contestent tout problème.

>> À voir : Valls vs Hamon, le choc des gauches

Après avoir évoqué lundi un “bug, rien de plus”, Christophe Borgel a dénoncé mardi matin ceux qui, selon lui, cherchent à “décrédibiliser” le scrutin. “Qu’est-ce que c’est que cette polémique ? Il y a un candidat qui a contesté un bureau de vote ? Vous avez vu un problème dans un bureau de vote ?”, a-t-il demandé à la presse avant la réunion du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, répétant qu’il n’y avait “strictement aucune manipulation”.

Gonflée ou non, la participation à la primaire reste faible

De son côté, Thomas Clay va jusqu’à affirmer, dans une interview au Monde, que “tout s’est bien passé” et que le système mis en place pour la remontée des informations depuis les bureaux de vote “a très bien fonctionné”.

Si les railleries des proches de Jean-Luc Mélenchon, François Fillon ou Marine Le Pen étaient attendues, plusieurs membres du Parti socialiste ou participants à la primaire ont eux aussi fait part de leur étonnement. Benoît Hamon a reconnu sur Europe 1, mardi matin, avoir comme tout le monde des “incertitudes” au sujet des résultats du premier tour. François de Rugy a jugé lundi “inacceptable” leur “présentation trompeuse”. Et sept députés socialistes, dont un des vice-présidents Sébastien Denaja et une des porte-parole Annick Lepetit, ont demandé mardi après-midi que la presse puisse assister à la centralisation des votes lors du deuxième tour afin “d’en assurer la transparence totale”.

Gonflés ou non, les chiffres de la participation ne sont de toute façon pas bons. Difficile de revendiquer une dynamique, voire même une légitimité face à Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron, avec seulement 1,6 million de votants. On est en effet loin des 2,7 puis 2,9 millions de participants à la primaire socialiste de 2011, et encore plus loin des 4,3 puis 4,4 millions d’électeurs des deux tours de la primaire de la droite il y a deux mois.

“Il y a des ambiguïtés. Il y a des risques d’accommodement, oui, en effet, de sa part”

Autre objectif affiché de la primaire de la gauche qui apparaît, à mesure que les jours passent, de plus en plus utopique : le rassemblement. La campagne de l’entre-deux-tours entre Benoît Hamon et Manuel Valls s’est considérablement musclée ces dernières heures. Le second, qui a refusé mardi matin d’annoncer sans réserve son soutien à Benoît Hamon en cas de victoire de ce dernier, est visiblement prêt à tout pour l’emporter dimanche prochain.

L’ancien Premier ministre s’est ainsi emparé de la question de la laïcité pour attaquer son concurrent par médias interposés. “Il ne peut pas y avoir, dans notre République, un interdit vis-à-vis des femmes dans des lieux publics ou dans l’espace public. Parce que j’ai mis l’égalité femme/homme au cœur de mon projet, je considère que la condition des femmes, notamment dans les quartiers populaires, est un sujet prioritaire. […] Il y a des ambiguïtés. Il y a des risques d’accommodement, oui, en effet, de sa part”, a affirmé sur Franceinfo Manuel Valls, en référence à un récent reportage de France 2 montrant des cafés dans des banlieues françaises où les femmes ne sont pas les bienvenues.

Benoît Hamon avait été accusé de relativiser la gravité de cette discrimination, en affirmant notamment que “dans les cafés ouvriers, historiquement, il n’y avait pas de femmes”.

Valls et Hamon irréconciliables ?

“Ce n’est pas moi qui ai une version dévoyée de la laïcité”, a répondu sur RFI l’ancien ministre de l’Éducation nationale à l’adresse de son adversaire. “C’est le Conseil d’État qui lui a rappelé ce qu’était la loi sur le burkini quand il s’est porté au secours des maires interdisant le burkini”, a-t-il ajouté. Plus tard sur Europe 1, Benoît Hamon a qualifié les accusations de laxisme à son encontre de “très graves”. Ces accusations “non seulement me heurtent, mais me révoltent”.

Dans ce contexte, et alors que Manuel Valls promet de poursuivre ses attaques sur ce thème lors du débat télévisé, mercredi soir, difficile d’imaginer les deux hommes se tomber dans les bras dimanche soir après la proclamation des résultats.

Au regard de la primaire de la droite et du centre du mois de novembre, la comparaison est cruelle pour le Parti socialiste. Les présidents des groupes parlementaires Les Républicains et UDI, Christian Jacob et Philippe Vigier, n’ont d’ailleurs pas manqué de railler, mardi, l'”amateurisme” et le “manque de professionnalisme et de sérieux” de la gauche. Celle-ci croise désormais les doigts : il lui reste cinq jours et un débat avant le deuxième tour pour sauver sa primaire.

Première publication : 24/01/2017

Depuis lundi, la Croix-Rouge française remet aux migrants qui viennent en consultation médicale un carnet de santé pour améliorer leur suivi et leur accès aux soins. Ce petit carnet rouge, format poche, sera traduit en arabe et en français.

“C’est une vraie action de santé publique”, a déclaré Jacques Touzard, délégué national sanitaire de la Croix-Rouge française, à France 24. Depuis lundi 23 janvier, la célèbre ONG remet des carnets de santé aux migrants, lors des consultations infirmières réalisées par les équipes mobiles dans les centres d’accueil et d’hébergement d’Île-de-France. Une première.

“Jusqu’à présent, […] on leur donnait une feuille qui souvent se perdait. Ce carnet est un document de santé publique, qui permettra d’offrir aux migrants une prise en charge médicale plus simple et plus efficace”, a expliqué le délégué national sanitaire, à l’origine du projet.

Format poche

Le carnet rouge a aussi été pensé de manière très pratique pour une population migrante, souvent nomade. “Nous avons créé ce carnet de la taille d’un passeport. L’idée était qu’il ne soit pas encombrant, qu’il tienne dans la poche des migrants”, explique Jacques Touzard.

Lors des consultations, la Croix-Rouge a surtout remarqué que le personnel médical perdait un temps précieux à reconstituer les antécédents familiaux, médicaux, chirurgicaux du patient. “À chaque fois qu’un migrant se présentait à un nouveau médecin, il fallait repartir de zéro”, ajoute encore le délégué de la Croix-Rouge. Sans compter les dysfonctionnements : “Imaginez qu’un patient se présente avec une suspicion de gale. S’il n’y a pas de deuxième visite médicale programmée, ce patient peut contaminer l’ensemble des autres migrants avec qui il vit.”

20 000 carnets en totalité

La détection n’est donc pas vraiment le problème, c’est plutôt le suivi qui est difficile. “Grâce à ce document, strictement personnel et confidentiel, les professionnels de santé disposeront ainsi de toutes les informations nécessaires pour garantir une prise en charge de qualité”, explique l’ONG dans un communiqué.

Les carnets de santé, traduits en arabe et en anglais, seront distribués à quelque 2 000 migrants répartis dans les 46 centres d’hébergement installés en Île-de-France — sauf Paris — dont dix sont gérés par la Croix-Rouge française. “À plus long terme, l’initiative devrait être étendue à l’ensemble du territoire français et en Outre-mer, notamment à Mayotte et en Guyane”, indique l’association.

Jacque Touzard espère qu’au total, 20 000 carnets pourront être distribués et que son initiative soit copiée par ses confrères européens, en Italie, en Grèce, en Allemagne, “partout où les migrants transitent”, précise-t-il. “Pour qu’enfin le suivi médical soit cohérent et efficace.”

Avec AFP

Première publication : 24/01/2017

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Le patron de Facebook Mark Zuckerberg a créé une polémique en lançant des actions contre des centaines d’Hawaïens qui détiennent, selon la loi locale, une parcelle du terrain qu’il a acheté pour plus de 100 millions de dollars.

Mark Zuckerberg, nouveau visage du néo-colonialisme ? À Hawaï, c’est la réputation que le patron de Facebook est en train d’acquérir sur fond de polémique autour d’une propriété de 283 hectares avec vue sur la mer sur l’île de Kauai.

Le Honolulu Star Advertiser, journal local, a révélé le 19 janvier que Mark Zuckerberg avait lancé plusieurs actions en justice fin décembre 2016 contre des centaines d’autochtones, vivants et même parfois morts, afin de s’assurer que personne ne pourra réclamer un droit de propriété ou de passage sur une parcelle du terrain qu’il a acheté en 2014 pour plus de 100 millions de dollars.

Un casse-tête créé par une loi de 1850

“C’est un comportement néo-colonialiste”, a assuré Kapua Sproat, professeure de droit à l’université d’Hawaï, interrogée par le quotidien britannique The Guardian lundi 23 janvier. La procédure donne l’impression que le sixième homme le plus riche de la planète veut déposséder des locaux d’un bout de terre qui appartient, parfois, à leur famille depuis des générations.

La situation est plus complexe que ça. Mark Zuckerberg assure vouloir simplement indemniser tous ceux qui détiennent (même parfois sans le savoir) un droit sur une parcelle de son terrain. Les locaux, quant à eux, redoutent de ne pas avoir d’autre choix que d’accepter le prix d’une expropriation subie.

Mark Zuckerberg se retrouve dans un casse-tête légal qui remonte au XIXe siècle. Il ne peut pas être sûr d’être le seul propriétaire en raison du Kuleana Act de 1850, loi qui a conféré aux Hawaïens de l’époque un droit de propriété sur les terres qu’ils ont cultivées. Et a permis à des étrangers d’acheter des bouts de terrain à l’État. Ces titres ont été automatiquement transmis et divisés à parts égales entre les différents héritiers. Au fil des générations, une parcelle de terrain peut ainsi avoir été divisée en dizaine de lopins appartenant à des personnes qui, parfois, ne sont même pas au courant d’en être les légitimes propriétaires.

D’où le casse-tête de Mark Zuckerberg : il sait qu’il y a des conflits potentiels de propriété sur des dizaines, voire des centaines de mètres carrés du terrain acheté. Les procédures qu’il a lancées visent à identifier ceux qui pourraient avoir des revendications. Le patron de Facebook a notamment assigné les 300 descendants d’un employé portugais d’une plantation de canne à sucre qui avait acquis, au XIXe siècle, 0,8 hectare se trouvant aujourd’hui là où Mark Zuckerberg a fait bâtir sa résidence secondaire.

S’acheter sa tranquilité

“Il y a eu beaucoup d’informations trompeuses sur mes intentions à Hawaï”, a assuré le patron de Facebook dans un post publié sur le célèbre réseau social afin de justifier ses actions en justice. Il assure vouloir simplement retrouver la trace de tous ceux qui ont droit d’être “indemnisés à un juste prix”, même ceux qui l’ignorent. Il a reçu le soutien du petit-petit fils de l’employé portugais qui estime qu’il est temps pour sa famille de toucher l’argent de cet héritage trop longtemps négligé au lieu de le voir se diluer de plus en plus avec chaque génération.

Certains trouvent pourtant cette ligne de défense — les poursuites sont engagées simplement pour pouvoir payer tout le monde — un peu facile. Pour Kaniela Ing, l’un des élus d’Hawaï à la Chambre américaine des représentants, “Mark Zuckerberg a recours aux mêmes méthodes que celles que les barons du sucre ont utilisées il y a plus d’un siècle”. Les belles paroles n’y changent pas grand-chose : les Hawaïens vont perdre leur droit de propriété, qu’ils le veuillent ou non. En effet, une fois que tous les acteurs de cette affaire foncière seront connus, les parcelles de terre concernées seront mises aux enchères. Difficiles pour les locaux de rivaliser avec la fortune de Mark Zuckerberg.

Ces procédures seraient aussi, d’après le généalogiste Keola Worthington, une manière pour le jeune multimilliardaire d’acheter sa tranquillité sur l’une des îles les plus prisées d’Hawaï où résident déjà bon nombre de stars d’Hollywood, comme Ben Stiller ou Pierce Brosnan. Le droit de propriété hérité du Kuleana Act permet à qui le détient d’avoir un accès tout ce qu’il y a de plus légal au terrain de l’un des hommes les plus puissants au monde. Mark Zuckerberg a déjà fait construire un mur autour de sa maison, en 2016, au grand dam des habitants déplorant cette insulte au paysage. Il veut dorénavant avoir le droit légal d’isoler au maximum son petit bout de paradis du reste de l’île.

Première publication : 24/01/2017

Le conseil d’administration d’EDF a adopté, mardi, le protocole d’indemnisation du groupe pour la fermeture anticipée de Fessenheim. Cette décision signifie le début de la procédure d’arrêt de la doyenne des centrales nucléaires françaises.

La voie est ouverte pour l’arrêt de la centrale nucléaire de Fessenheim. Le conseil d’administration d’EDF a approuvé, mardi 24 janvier, un accord prévoyant une indemnisation du groupe par l’État français pour une fermeture anticipée de la doyenne des centrales nucléaires, située dans l’est de la France.

Selon une source citée par Reuters, six voix se sont exprimées en faveur de cette indemnisation de quelque 450 millions d’euros, à laquelle s’ajouterait une part variable, et six voix contre. Le vote prépondérant du PDG Jean-Bernard Lévy a fait pencher la balance en faveur d’une approbation.

Les six représentants des salariés, fermement opposés à la fermeture de Fessenheim et qui dénoncent la perte de 2 000 emplois directs et indirects, se sont donc probablement exprimés contre l’indemnisation. Les six administrateurs d’EDF désignés par le gouvernement ne pouvaient, quant à eux, pas voter en raison d’une situation de conflit d’intérêt.

La demande d’abrogation de l’autorisation d’exploiter Fessenheim ne sera formulée qu’une fois obtenues les autorisations administratives nécessaires pour poursuivre la construction de l’EPR de Flamanville dans la Manche et l’exploitation du réacteur n°2 de Paluel en Seine-Maritime. Bruxelles doit aussi se prononcer sur l’indemnisation relative à Fessenheim.

D’abord promise par François Hollande pour 2016, la mise à l’arrêt définitive des deux réacteurs de 900 mégawatts de Fessenheim est désormais prévue pour fin 2018, lorsque le réacteur de nouvelle génération EPR de Flamanville sera mis en service.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 24/01/2017

Une étude d’Ipsos met en lumière les divisions au sein de la communauté catholique, notamment au sujet de l’immigration. Elle révèle que les fidèles les plus pratiquants sont les moins hostiles à l’accueil des migrants et au discours du Pape.

Le débat sur l’accueil des migrants fait rage au sein de la communauté catholique. Depuis des mois, les drames font la une des médias et la question de l’accueil des migrants divise les catholiques français, révèle une étude sociologique d’Ipsos pour le quotidien La Croix et l’hebdomadaire Pèlerin, parue au début janvier.

L’étude, qui confirme ces dissensions chez les fidèles, montre également un ancrage à droite et révèle “que même si les catholiques sont plus réticents au vote FN que le reste des Français, ce parti tend quand même à se banaliser parmi eux”, notent les auteurs.

Perte d’identité

Selon Erwan Le Morhedec, avocat de son métier et influent blogueur chrétien, “il y a chez certains chrétiens un sentiment d’insécurité culturelle”. L’auteur du livre “Identitaire : le mauvais génie du christianisme”, paru aux éditions du Cerf, estime en effet que “les catholiques ont le sentiment de voir leur monde leur échapper”.

En cause, notamment, la légalisation du mariage homosexuel, le débat sur l’euthanasie ou encore les polémiques sur les crèches de Noël dans les mairies… Autant de questions de société qui ont donné lieu à des échanges houleux et ont contribué à provoquer crispation et méfiance chez les catholiques. Dans ce contexte, l’arrivée des migrants en Europe est un élément supplémentaire, qui participe à ce malaise identitaire ressenti par certains fidèles.

L’enquête d’Ipsos dresse un portrait complexe de ces “catholiques engagés”, qui représentent à l’échelle nationale, 23,4 % de la population française âgée de 18 ans et plus, soit 11,8 millions de personnes.

Parmi les enseignements de l’étude, il ressort que sur la question migratoire, 49 % des personnes interrogées disent vouloir “accueillir tous” les migrants, alors que 37 % estiment au contraire qu’ils constituent une “menace pour l’Europe”. L’enquête révèle aussi que les plus pratiquants sont les plus favorables à l’accueil des migrants, alors que ceux faiblement engagés dans la religion y sont très hostiles.

Cette dernière catégorie de catholiques est d’ailleurs celle qui prend le plus ses distances avec les propos du Pape, qui s’est plusieurs fois exprimé en faveur de l’accueil des migrants. Cette frange des fidèles reste “très visible mais toutefois minoritaire”, tient à préciser Erwan Le Morhedec. “Les propos du Pape les moins acceptés sont ceux sur les migrants”, alors qu’en réalité et de manière générale le souverain pontife “reçoit plus ou moins 80 % d’approbation”, souligne l’essayiste.

Ces réticents à la direction prise par le Pape estiment qu’il faut distinguer la charité de la politique et du phénomène collectif. Il leur paraît plus légitime et prioritaire de protéger la culture du pays. Or, l’avocat rappelle que “la réaction spontanée des chrétiens devrait être de venir en aide aux migrants. On devrait avoir une attitude d’accueil et de charité. Mais, malheureusement, certaines convictions politiques prennent le dessus. La montée de l’extrême droite n’y est pas étrangère”.

Instrumentalisation du Front national

Dans son livre, Erwan Le Morhedec explique comment les mouvements identitaires d’extrême droite utilisent le malaise de certains catholiques face à la crise migratoire et à l’enracinement de l’islam. Les peurs de certains chrétiens sont ainsi instrumentalisées par le Front national à des fins électorales. La théorie du “grand remplacement” développée par les milieux d’extrême droite, selon laquelle les Français pourraient bientôt être évincés démographiquement par des peuples non européens, trouve ainsi un écho favorable.

En octobre 2016, l’affiche de Robert Ménard, maire de Béziers et proche de Marine Le Pen, en est un exemple flagrant. La photo, qui représente des hommes barbus devant la cathédrale Saint-Nazaire de Béziers avec la phrase : “Ça y est, ils arrivent. Les migrants dans notre centre-ville”, a “légitimé l’idée selon laquelle les migrants montent à l’assaut de la chrétienté et de la culture française”, pense Erwan Le Morhedec.

Or le Front national n’a pas une position claire sur la religion et entretient le paradoxe. Marine Le Pen et Florian Philippot n’ont absolument pas le même avis que Marion Maréchal Le Pen sur le sujet. Tandis que la présidente du FN est plutôt hostile à la religion et souhaite interdire tous signes religieux visibles dans l’espace public, sa nièce s’est elle plusieurs fois affichée avec des représentants de l’Église catholique.

Quand la fachosphère s’en mêle

Sur Internet, les sympathisants du parti frontiste sont aussi très actifs. De nombreux sites ou comptes personnels délivrent chaque jour de fausses informations, qui entretiennent l’angoisse ressentie par certains courants catholiques. Erwan le Morhedec se dit, d’ailleurs, profondément choqué de ce qu’il a pu lire sur Internet, notamment de la part de certains de ses proches, peu de temps après la publication de la photo du petit Aylan Kurdi, l’enfant kurde originaire de Syrie mort sur une plage turque en septembre 2015. Beaucoup de sites se sont engouffrés dans la brèche et ont multiplié les billets discréditant le père de l’enfant. “Je me suis dit : quelle belle image donnée par les cathos !”, souffle Erwan Le Morhedec. “Le problème est que plus on s’enferme dans cette angoisse et ces peurs, plus on se retrouve dirigé vers ces sites”, constate-t-il.

Pour contrer ces idées reçues, le blogueur chrétien s’attèle à rappeler sans cesse les valeurs défendues dans le Nouveau et l’Ancien Testament. “Certains essayent de justifier le recours à la violence et passent ainsi sous silence le sens véritable du christianisme”, constate-t-il.

Première publication : 24/01/2017

Un an et demi après son ouverture, le centre d’accueil de migrants installé à Boulogne-Billancourt, affiche toujours complet. Aux côtés des Soudanais qui y sont majoritaires, cohabitent désormais de nombreux demandeurs d’asile afghans.

Il règne un calme étonnant, ce lundi 23 janvier, dans le centre d’hébergement d’urgence (CHU) de migrants, installé à Boulogne-Billancourt, à deux pas de Paris. Il n’est pas loin de midi et une quinzaine de résidents est installée dans le grand réfectoire du sixième et dernier étage du bâtiment pour déjeuner. Devant leurs plateaux-repas, presqu’aucun d’entre eux ne parle et seul le bruit de la télévision résonne dans la salle. Il y a un an et demi, à la même heure, l’ambiance était nettement différente. L’agitation était palpable à chaque étage. Le centre venait d’ouvrir, c’était l’ébullition. Le réfectoire comptait trois fois plus de monde et les plateaux-repas étaient distribués dans un joyeux brouhaha. Pendant que les résidents mangeaient, les bénévoles s’organisaient. Il fallait gérer les sorties à la préfecture, en même temps que les sorties culturelles, l’organisation du ménage et des cours de français.

>> À (re)lire : ” ‘Khartoum-sur-Seine’ : des réfugiés soudanais au cœur d’une banlieue chic de Paris” (écrit en 2015)

Aujourd’hui, Hamady Mbodj, le nouveau chef de service du CHU-Jaurès – toujours géré par l’association Aurore – paraît plus apaisé. La porte de son bureau peut rester fermée plus d’un quart d’heure sans que l’un des membres de son équipe ne vienne le solliciter, et les conversations ne sont plus interrompues par des dizaines de sonneries de portable à la minute. “Bon, je dis parfois à tout le monde que je m’absente”, confesse Hamady Mbobj en riant. “Sinon, c’est le défilé… Et je ne peux pas travailler. Ne croyez pas que c’est toujours aussi paisible”. À l’instar de son prédécesseur, Hamady porte plusieurs casquettes quand il vient travailler : il est à la fois l’administrateur, le confident, le traducteur et le gestionnaire de crise. Il est sur tous les fronts, en permanence.


Hamady Mbobj, chef de service du CHU-Jaurès, à Boulogne-Billancourt, en région parisienne. © © France 24

24 “dublinés” parmi 125 résidents

À son arrivée à la tête du CHU, en mai 2016, 125 résidents occupent le bâtiment, propriété de La Poste. En huit mois, le chiffre n’a pas bougé. Ils étaient 123 à l’ouverture du centre, en septembre 2015. “Nous sommes au complet”, précise Hamady Mbodj. Si le nombre d’occupants est le même, le profil des résidents a lui évolué. Il y a un an, seuls des Soudanais et des Érythréens avaient franchi les portes du CHU. On compte désormais des Afghans, des Somaliens, des Tchadiens… Certains sont passés par Calais, d’autres par les campements parisiens démantelés à l’automne 2016. Parmi eux se trouvent des demandeurs d’asile, mais aussi des réfugiés statutaires (ayant obtenu une carte de séjour pour un ou dix ans) dans l’attente de trouver un logement.

>> À revoir sur France 24 : “Rétro 2016 : de Calais à Lesbos, la crise des migrants continue de miner l’Europe”

Le centre compte aussi 24 “dublinés”, du nom de ceux dont la demande d’asile relève – en vertu des accords de Dublin – de la responsabilité d’un autre État. La raison est simple : ils ont laissé leurs empreintes dans un autre pays de l’Union européenne (UE) avant d’arriver en France. “On a aussi constaté que des personnes disparaissaient [du centre] du jour au lendemain” avant le démantèlement de la jungle de Calais [en octobre 2016], explique Hamady. “On apprenait ensuite qu’ils étaient partis vers la ‘jungle’ [pour tenter de passer en Angleterre]”.


Zahidullah, Afghan de 28 ans, dans sa chambre, qu’il partage avec un deuxième colocataire. © © France 24

“Mais la grande majorité des résidents de Jaurès prennent aujourd’hui très au sérieux leur intégration en France, précise Hamady dans la foulée, comme s’il ne voulait pas rester sur un constat négatif. Il y a en a qui se débrouillent déjà assez bien en français, qui sont de ‘vrais intégrés’”. Beaucoup souhaitent apprendre la langue et trouver un emploi.

Hamid, jeune Afghan de 25 ans, arrivé en France, il y a deux semaines, fait partie de ceux-là. “Je ne veux pas aller autre part”, explique-t-il, en finissant de manger. “Je suis allé au Centre de La Chapelle. Et maintenant, je veux rester ici”. À la table d’à côté, Mohammed Naeem et Mohammed Younas, deux autres Afghans, brandissent tout sourire leur récépissé de l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés). Les deux amis ont récemment obtenu le statut de réfugié. “Ils envisagent de faire une fête au centre pour célébrer ça”, précise Hamady à leurs côtés. Fiers de pouvoir rester en France, ils s’attèlent à énumérer, en français, tous les grands monuments parisiens qu’ils connaissent, ou qu’ils ont pu visiter depuis leur arrivée : le château de Versailles, le Louvre, la Tour Eiffel, et surtout, le Stade de France.


Mohammed Naeem au Stade de France, au mois d’octobre, lors d’un match pour les éliminatoires de la Coupe du Monde. © © France 24

Le Khartoum-Saint-Germain, l’équipe du CHU

Le foot, évidemment, tient une grande place dans le quotidien des résidents. Fin 2015, le CHU crée donc une équipe de foot : le Khartoum-Saint-Germain. “Nous faisons partie du Championnat de l’intégration et de la solidarité“, un tournoi créé en février 2016 et chapeauté par l’association Aurore, explique Hamady. Le principe est simple : réunir des franciliens et des réfugiés autour d’un ballon pour favoriser l’intégration et la mixité. “Quand ils sont tous en short sur le terrain, je vous mets au défi d’identifier les migrants des autres”, ajoute-t-il, en riant. On compte déjà 14 équipes dont “Les Dromadaires du Sahara”, “Les Scarabées” ou encore “Les Sapés comme jamais”. Mais c’est l’équipe de Boulogne qui sort du lot. “Sans vouloir me vanter, on est super fort”, précise Hamady, en montrant les deux trophées remportés par le Khartoum-Saint-Germain lors de précédents tournois.

Outre le sport, Hamady a aussi tenu à développer d’autres activités. Il y a les cours de français, bien sûr, dispensés aujourd’hui par des élèves de Science-Po, mais aussi un atelier de théâtre et un atelier cuisine. “Les mois ont passé et on s’est aperçu que les plats de leurs pays leur manquaient. De temps en temps, ils vont donc faire des courses et se mettent à cuisiner ensemble”, explique le responsable du CHU. “Quand on voit les Afghans et les Soudanais échanger des recettes et se mettre ensemble aux fourneaux, on se dit qu’à travers la cuisine, on pourrait régler tous les problèmes du monde”.


Cheick, avec sa casquette noire, est l’un des agents hôteliers chargé de superviser la distribution des repas au CHU. © © France 24

Les problèmes, justement, semblent, a priori, relativement anecdotiques dans le centre. L’équipe du CHU, composé de trois travailleurs sociaux et de huit agents hôteliers, veille à ce que la cohabitation se passe sans accroches. Ici pas question de céder du terrain aux tensions religieuses. “Nous sommes une association laïque, nous prenons en compte la religion de nos résidents [musulmane en grande majorité], mais elle ne dicte pas les règles”, précise Hamady. “Bien sûr, nous faisons quelques exceptions. Une fois, un Afghan qui venait de se convertir au christianisme nous a demandé de changer de chambre pour être avec des non-Afghans, pour ne pas subir de pressions”. Les membres du CHU ont accepté sa requête.

“On peut rester sans manger, mais pas sans internet”

Si tension il y a, elle se situe plutôt du côté des ordinateurs. “Ce que demandent le plus les réfugiés, c’est une connexion Internet”, explique Hamady. Pour parler avec leurs familles mais aussi pour gérer leurs papiers administratifs. Alors quand la connexion Wi-Fi est trop lente ou qu’un résident passe un peu trop de temps sur un des trois ordinateurs du centre, la tension monte. “Un jour, quelqu’un m’a même dit : ‘On peut rester sans manger, mais on ne peut pas rester sans Internet’”, se rappelle Hamady. “C’est dire aussi l’importance de leurs smartphones, qui leur sert de lien affectif avec leur pays, mais aussi de bureau : ils y gardent tous leurs papiers scannés”, et même d’école, “ils apprennent le français en téléchargeant des cours en ligne”.


Le CHU de Boulogne-Billancourt met à disposition trois ordinateurs et une connexion Wi-Fi. © © France 24

Et qu’en est-il des relation avec le voisinage ? Il y a un an, les riverains ne voyaient pas toujours d’un bon œil ces nouveaux arrivants. Aujourd’hui, tout se passe bien, assure Hamady. Nous n’avons presque jamais recensé d’incident, à part une ou deux fois. “Au début, les résidents pendaient du linge aux fenêtres pour le faire sécher, les voisins se plaignaient. On leur a expliqué, qu’ici, ça ne se faisait pas trop”, raconte de son côté Perrine Dequecker, la chargée de communication de l’association Aurore. Une autre fois, au mois d’août 2016, des riverains se sont plaints du bruit. “Les fenêtres étaient ouvertes. L’incident a été clos en quelques minutes”, précise Hamady.

Selon le responsable du centre, la police qui passait deux ou trois fois par jour à l’ouverture du CHU, ne vient désormais que rarement, “et quand ils viennent, ils prennent de temps en temps un café avec les résidents”. Hamady s’estime chanceux. “Nous avons eu un peu peur quand nous avons appris qu’un autre centre de réfugiés avait été incendié à Boulogne [en décembre]. Mais, pour l’instant, tout va bien, et je touche du bois pour que ça continue comme ça.”

Première publication : 24/01/2017