Archive for January 24th, 2017

Benoît Hamon, l’outsider désormais favori, et Manuel Valls, qui a déclenché une “campagne totale” contre son rival, se retrouvent mercredi 25 janvier pour l’unique débat télévisé avant le second tour de la primaire socialiste.

Benoît Hamon et Manuel Valls face à face. Les deux hommes s’affrontent, mercredi 25 janvier à 21 heures, pour l’unique débat télévisé avant le second tour de la primaire de la gauche, dimanche, qui s’annonce tendu.


Première publication : 25/01/2017

Benoît Hamon, l’outsider désormais favori, et Manuel Valls, qui a déclenché une “campagne totale” contre son rival, se retrouvent mercredi 25 janvier pour l’unique débat télévisé avant le second tour de la primaire socialiste.

Benoît Hamon et Manuel Valls face à face. Les deux hommes s’affrontent, mercredi 25 janvier à 21 heures, pour l’unique débat télévisé avant le second tour de la primaire de la gauche, dimanche, qui s’annonce tendu.


Première publication : 25/01/2017

Durant l’entre-deux tours de la primaire de gauche, le camp de Valls tire à boulets rouges sur Hamon, lui reprochant une certaine complaisance “avec l’islamo-gauchisme”, un terme de plus en plus utilisé dans le débat public ces dernières années.

“Benoît Hamon est en résonance avec une frange ‘islamo-gauchiste’ et fait un appel du pied électoral.” La petite phrase est signée Malek Boutih, député de l’Essonne et un des principaux lieutenants de Manuel Valls, dans le journal 20 minutes, mardi 24 janvier. En reprenant à son compte cet élément de langage ayant émergé ces dernières années, l’ancien président de SOS Racisme suit le mouvement impulsé par l’ancien Premier ministre pour ramener le débat prévu ce soir sur un terrain qu’il maîtrise et qu’il dit incarner : la défense intransigeante de sa vision de la laïcité. Rien d’étonnant, cela fait déjà plusieurs années que Malek Boutih défend une ligne dure face au communautarisme, dans la lignée de Manuel Valls.

Benoît Hamon : “candidat des frères musulmans” ?

Manuel Valls avait donné le ton dans la matinale de France Info du 24 janvier. Il a pointé du doigt “des ambiguïtés” et des “risques d’accommodements” avec l’islam radical chez son concurrent aux primaires citoyennes Benoît Hamon. Il a rappelé qu'”il y [avait] un débat à gauche sur la conception de la laïcité”.

Depuis, les coups pleuvent sur le député des Yvelines : Malek Boutih va jusqu’à le qualifier de “candidat des Indigènes de la République” – un mouvement accusé de promouvoir le communautarisme. Des propos qui font écho à ceux d’un ministre du gouvernement qui estimait dans Libération que Benoît Hamon était “le candidat des Frères musulmans”, le tout sous couvert d’anonymat.

En creux, ce qui remonte au sujet de Benoît Hamon, c’est une accusation sur sa supposée tolérance envers le communautarisme et la discrimination hommes/femmes, qui avait émergé une première fois en décembre 2016. France 2 avait diffusé un reportage montrant que les femmes sont exclues de certains cafés populaires de Sevran, en Seine-Saint-Denis, et en banlieue lyonnaise. Le reportage avait provoqué un tollé chez les associations féministes et chez les identitaires.

Il faut être extrêmement clair sur les droits des femmes, leur accès à tous les espaces publics. pic.twitter.com/8wUzWvA6mh

— Manuel Valls (@manuelvalls) 24 janvier 2017

À la suite de la diffusion, Benoît Hamon avait voulu jouer la carte de l’apaisement en ne liant pas ces faits à des questions de religion. En rappelant notamment que “dans les cafés ouvriers, historiquement, il n’y avait pas de femmes”, il s’était vite retrouvé accusé de relativiser la gravité de la discrimination. Faisant référence à cet épisode, Malek Boutih assène dans 20 minutes : “La théorie [de Benoît Hamon] est claire : il est normal qu’il y ait du communautarisme car les musulmans sont maltraités.”

#19ruthelkrief Des minorités testent la République sur la #laïcité, défendons-la mais n’en faisons pas un outil de stigmatisation. pic.twitter.com/2koCiFyUzf

— Benoît Hamon (@benoithamon) 24 janvier 2017

“Islamo-gauchiste” : une insulte floue ?

“Aujourd’hui, ‘islamo-gauchiste’ est devenu un mot-valise. On ne sait plus très bien ce que ça veut dire. On sait juste que c’est insultant”, explique à France 24 Christian Delporte, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Versailles.

“Le premier à avoir utilisé ce terme serait le philosophe, politologue et historien Pierre-André Taguieff en 2002 dans son essai ‘La nouvelle judéophobie’. Il s’agissait d’exprimer la connivence entre une certaine extrême gauche et l’antisionisme, continue Christian Delporte. Puis il a été repris par Pascal Bruckner, dans son livre ‘La tyrannie de la pénitence ‘. Ce fut ensuite au tour de Caroline Fourest, Alain Finkielkraut… Peu à peu, c’est devenu un terme flou et stigmatisant.”

Pour plusieurs intellectuels, l’utilité de ce concept dépend surtout de son clinquant. “Il fallait à Manuel Valls un terme fort”, estime Christian Delporte. Avec “islamo-gauchisme”, l’ancien Premier ministre l’a trouvé. En dénonçant une obscure collusion entre la gauche (extrême) et l’islamisme, Manuel Valls veut discréditer Benoît Hamon en jouant sur la peur. Il entend se présenter comme la sécurité face à ces dérives.

Pour Shlomo Sand, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Tel-Aviv, interrogé par France 24, “cela rappelle étrangement le terme ‘judéo-bolchévique’ en vogue dans les années 1930 en France. Sans reposer sur rien, il fait diversion.” “‘Islamo-gauchiste’ a d’abord émergé dans le monde des idées avant d’être récupéré par quelques politiciens comme Manuel Valls”, explique l’historien israélien.

Dans les faits, ce sont deux conceptions de la laïcité qui s’affrontent : “D’un côté, nous avons Manuel Valls qui fait de la laïcité une des conditions de la sécurité. Chez Benoît Hamon, les deux ne sont pas liés”, explique Christian Delporte.

Le camp Hamon appelle au calme

“Ce n’est pas moi qui ai une version dévoyée de la laïcité”, a riposté Benoît Hamon sur RFI mercredi 25 janvier. “On me fait le procès de quoi ? D’être élu de banlieue, d’être confronté à la réalité de ce communautarisme que je combats, autrement que par des mots”, a-t-il asséné.

Pour le camp Hamon, les méthodes de Valls rappellent celles de l’extrême droite. “C’est assez bizarre, parce que d’habitude, ce genre de propos, je les retrouvais plutôt dans la bouche de Florian Philippot que dans la bouche d’un dirigeant de gauche, flingue carrément Mathieu Hanotin sur BFM TV, le directeur de campagne de Benoît Hamon. On est désagréablement surpris. C’est effectivement très violent.” Alexis Bachelay, porte-parole de Benoît Hamon, a quant à lui comparé ces attaques avec la campagne de la fachosphère contre Alain Juppé, rebaptisé “Ali Juppé” durant la campagne de la primaire. Un compte sur les réseaux sociaux à l’effigie de “Bilal Hamon” a d’ailleurs été créé sur les réseaux sociaux pour discréditer Benoît Hamon.

Dans une lettre du 24 janvier adressée au premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, Mathieu Hanotin a exigé la réinstauration d’un “climat serein et apaisé dans [les] débats de la primaire”, mettant en cause les “dérapages” des derniers jours. Le premier secrétaire du PS a donc procédé à un rappel des règles mercredi 25 janvier.

Retrouvez ma lettre envoyée ce jour aux deux candidats à @lesprimaires : @manuelvalls et @benoithamon

➡️https://t.co/qVnVkyd1Wypic.twitter.com/9kD3cFOnMY

— Jean-Chr. Cambadélis (@jccambadelis) 25 janvier 2017

Les deux candidats à l’investiture du PS pour la présidentielle se retrouveront ce soir pour un dernier face-à-face. Trois thématiques ont été retenues : l’économie, l’écologie, et la sécurité. Si la laïcité ne devrait pas être officiellement présente, il serait étonnant que le sujet ne donne pas lieu au moins à une passe d’armes au vu de la polémique de ces derniers jours.

Première publication : 25/01/2017

Réclamé depuis de nombreuses années par les associations, le visa humanitaire se développe en France sous la forme d’un “visa pour asile”. En 2016, un peu plus de 4 000 ont été délivrés, mais les associations en réclament plus.

C’est une idée défendue depuis longtemps par les associations et évoquée il y a quelques jours par le candidat à la Primaire de la gauche Benoît Hamon. Les visas humanitaires, qui autorisent l’accès d’un pays à une personne dont la vie ou la sécurité est menacée, se sont développés discrètement en France où la législation prévoit un “visa pour asile”.

“L’idée fondamentale est de permettre aux personnes de venir dans le pays d’accueil pour demander l’asile, c’est-à-dire avant la reconnaissance de leur statut de réfugié”, résume l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans son rapport 2016 sur les perspectives des migrations. À noter cependant que le visa humanitaire ne préjuge pas du statut de réfugié, même si les motifs retenus recoupent largement ceux de l’attribution de l’asile.

#Bordeaux Je ne demanderai pas ses papiers à une personne à terre, meurtrie par la guerre, avant que notre pays l’accueille #VisaHumanitairepic.twitter.com/Tk805RI2TV

— Benoît Hamon (@benoithamon) 17 janvier 2017

Un “visa pour asile” existe déjà

Le “visa humanitaire” existe déjà dans le cadre des accords Schengen de libre circulation en Europe, mais il est plutôt à “but sanitaire”, explique le ministère de l’Intérieur à l’AFP. D’une durée de trois mois, il a été délivré à environ 5 900 personnes en 2016. Mais les visas humanitaires réclamés par les associations sont plutôt des visas de long séjour. Or, huit États membres de l’Union européenne dont la France disposent déjà de ce type de visa, selon une étude du Parlement européen datant de 2014.

“La France est un des pays qui les utilisent le plus”, note Jean-Christophe Dumont de l’OCDE, avec la possibilité existante de demander un “visa pour asile”. Le ministère de l’Intérieur assure qu'”un usage très important [en] a été fait en Syrie et en Irak dans le cadre de la crise récente”, mais au regard du nombre de bénéficiaires potentiels, “il devrait être attribué beaucoup plus généreusement”, estime la Cimade, une association d’aide aux migrants. Depuis 2012, 4 200 syriens et 4 700 irakiens depuis 2014 en ont bénéficié, notamment des chrétiens d’Orient.

Avantages et limites du visa humanitaire

“Le premier argument en faveur des visas humanitaires est tout simplement que les gens puissent arriver vivants”, souligne Jean-François Dubost d’Amnesty International France, alors que plus de 5 000 personnes sont mortes en 2016 en Méditerranée en tentant de rejoindre l’Europe.

“Des voies légales et sécurisées couperaient aussi l’herbe sous le pied des passeurs”, ajoute-t-il. L’ONG Médecins du monde estime de son côté que le visa humanitaire “permettrait de mieux répartir les réfugiés dans l’espace européen”, soulageant ainsi les zones de premier accueil.

Mais selon les associations, le visa humanitaire connaît aussi ses limites. Jean-Christophe Dumont rappelle ainsi que le dispositif “nécessite des moyens importants” dans les consulats et que même s’il est un instrument “utile et complémentaire, il n’est pas une solution magique”.

Aujourd’hui, les pays de destination “limitent le nombre” de visas ou “sélectionnent les bénéficiaires” pour “s’assurer qu’ils aient de bonne chances d’obtenir le statut de réfugié” une fois arrivée, souligne l’OCDE, qui pointe le risque, sinon, pour le pays d’accueil, d’être “submergé de demandes sans avoir les moyens de les traiter”.

Avec AFP

Première publication : 25/01/2017

Le Parquet national financier a annoncé l’ouverture mercredi d’une enquête préliminaire à la suite des révélations du Canard enchaîné sur des suspicions d’emplois fictifs de l’épouse de François Fillon.

Le Parquet national financier (PNF) a annoncé mercredi 25 janvier avoir ouvert une enquête préliminaire pour détournement de fonds publics et abus de biens sociaux sur Penelope Fillon, l’épouse de François Fillon. Cette ouverture d’enquête fait suite aux révélations de l’hebdomadaire Le Canard enchaîné sur des emplois potentiellement fictifs qu’elle aurait occupés.

“À la suite de la publication le 25 janvier 2017 d’un article du Canard enchaîné, mettant en cause Madame Penelope Fillon, le Parquet national financier a ouvert ce jour une enquête préliminaire des chefs de détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel de ces délits”, écrit le PNF dans un communiqué.

L’enquête “a été confiée à l’Office central de lutte contre les infractions financières et fiscales (OCLCIFF)”, ajoute-t-il.

Fillon veut être entendu “le plus rapidement possible”

Mercredi soir, dans un communiqué, François Fillon s’est étonné de “la rapidité” avec laquelle le Parquet a ouvert une enquête “à trois mois de la présidentielle”. L’ancien Premier ministre demande à être reçu “le plus rapidement possible” par les enquêteurs.

Dans un article publié mardi soir, Le Canard enchaîné révèle que l’épouse de François Fillon, candidat Les Républicains à la présidentielle, a été rémunérée huit ans comme attachée parlementaire par son époux et son suppléant à l’Assemblée nationale, et pendant 20 mois par le mensuel La Revue des deux mondes.

L’hebdomadaire satirique ajoute ne pas avoir trouvé trace de ses activités, laissant entendre que ces emplois ont pu relever de l’emploi fictif.

Par ailleurs, la journaliste Christine Kelly, auteure d’une biographie autorisée de François Fillon, déclare au Canard enchaîné n’avoir “jamais entendu dire que Mme Fillon travaillait. (…) Elle m’a juste dit qu’elle assistait aux réunions de François Fillon lors de ses campagnes, mais, pour moi, c’était vraiment la femme au foyer qui s’occupait de ses enfants”.

Plus tôt mercredi, François Fillon s’était dit “scandalisé” par les révélations du Canard enchaîné, dénonçant une attaque “misogyne”, mais n’expliquant rien du fond de cette polémique.

Dès mardi soir, plusieurs membres de son équipe avaient assuré que ces emplois étaient bien réels, ajoutant que Penelope Fillon avait travaillé “dans l’ombre, car ce n’est pas son style de se mettre en avant.”

Avec Reuters

Première publication : 25/01/2017

Selon un livre intitulé “Dans l’enfer de Bercy”, Emmanuel Macron aurait utilisé 120 000 euros en frais de représentation alors qu’il était ministre de l’Économie. Pour des députés de l’opposition, cet argent lui a servi à préparer sa campagne.

Christian Jacob et Philippe Vigier, chefs de file des députés LR et UDI, s’en sont pris mardi 24 janvier à Emmanuel Macron, dénonçant le “mensonge” et l'”imposture” de l’ancien ministre de l’Économie sur des frais de représentation à Bercy.

Ces accusations font suite à la parution le 20 janvier dans le Figaro d’un extrait du livre des journalistes Marion L’hour et Frédéric Says, “Dans l’enfer de Bercy”. Selon ces derniers, “Emmanuel Macron a utilisé à lui seul 80 % de l’enveloppe annuelle des frais de représentation accordée à son ministère par le Budget”.

“L’enveloppe annuelle des frais de représentation du ministère de l’Économie dépasse cent cinquante mille euros, soit au moins cent vingt mille euros utilisés en huit mois par le jeune ministre pour ses seuls déjeuners et dîners en bonne compagnie”, expliquent les journalistes.

“Un mensonge”

Pour le patron des députés UDI, cet argent a ainsi été utilisé par Emmanuel Macron comme rampe de lancement pour ses ambitions présidentielles. “Il y a des choses importantes qu’on a apprises [lundi], notamment au niveau des frais de bouche, puisque 120 000 euros des crédits du ministre à Bercy [ont été utilisés] pour des agapes En marche!, pour réunir tel ou tel, pour préparer sa campagne présidentielle”, a dénoncé le député lors d’une conférence de presse, tout en ajoutant que “ce serait bien que la HATVP [Haute autorité pour la transparence de la vie publique, NDLR] puisse nous apporter des éléments”.

“Franchement, celui qui nous expliquait dans une déclaration, que pas un seul euro d’argent public [ne] serait utilisé pour sa campagne, manifestement, c’est un mensonge”, a ajouté Philippe Vigier.

#Macron en marche aux frais des contribuables. Il ne sert pas la Fr. , il se sert. Nous allons saisir la Haute Autorité pour la transparence pic.twitter.com/15AjvYJOYe

— Philippe Vigier (@VigierPhilippe) 24 janvier 2017

Interrogé dans les couloirs sur ces frais de bouche d’Emmanuel Macron, le chef de file des députés Les Républicains, Christian Jacob, a aussi estimé qu'”Emmanuel Macron est l’incarnation de l’imposture, l’imposture sur toute la ligne”.

“Celui qui se prétend aujourd’hui l’ami des grands patrons et des grands médias, qui était le conseiller aux affaires économiques de François Hollande au moment où il a imaginé la taxation à 75 %, celui qui méprise le peuple, qui a parlé d’ouvrières illettrées, de gens du Nord pratiquement alcooliques ou des autocars pour les pauvres, c’est révélateur. C’est une imposture”, a insisté le député-maire de Provins.

Selon RTL, Emmanuel Macron a répondu à ces accusations en affirmant qu’il avait toujours respecté les règles de la République et en estimant que ces attaques portées contre lui relevaient de la diffamation.

Avec AFP

Première publication : 25/01/2017

Depuis les résultats du premier tour de la primaire de la gauche, la presse semble unanime pour enterrer le Parti socialiste. Mais pour l’historien Christian Delporte, cette condamnation est largement “prématurée”.

À en croire les quotidiens français publiés depuis le début de la semaine, les lecteurs ont eu la triste surprise de découvrir l’acte de décès du Parti socialiste. Le parti de “Mitterrand, celui d’Épinay, capable de rassembler autour d’un programme commun, est mort dimanche après une longue agonie”, a écrit Jean-Marie Montali dans Le Parisien, en faisant référence au résultat du premier tour de la primaire de la gauche qui verra s’opposer, pour le second tour, les deux franges du parti, avec le social-écologiste Benoît Hamon d’un côté et le social-libéral assumé Manuel Valls de l’autre.

Pour invoquer cette mort lente, d’autres journaux ont pointé du doigt la faible participation à la primaire de la gauche, qui a réuni 1,6 million d’électeurs, ou deux millions selon l’heure de publication… “Les risibles finasseries sur la participation à la primaire de gauche accentuent le sentiment que le Parti socialiste arrive au terme de son film”, a tranché Didier Rose dans Les Dernières Nouvelles d’Alsace, en précisant que “les fins d’époque se mesurent aussi à ça”.

Plusieurs faisceaux d’indices viennent également confirmer cette inéluctable disparition : quand Manuel Valls ne préfère pas se prononcer sur son éventuel soutien à Benoît Hamon en cas de défaite au second tour de la primaire, quand François Hollande s’est programmé un déplacement au Chili, dans le désert d’Atacama, pendant le premier tour de la primaire, quand Ségolène Royal affiche en coulisses son soutien à Emmanuel Macron, ou encore quand Gérard Collomb, maire PS de Lyon et premier soutien d’Emmanuel Macron, appelle d’ores et déjà le vainqueur de la primaire à se retirer au profit du leader d’En Marche !…

Marginalisé comme Pasok

Pourtant, il semble “prématuré de prédire la fin du PS. Ce n’est pas à coup de déclarations qu’un parti se meurt”, estime le spécialiste d’histoire politique Christian Delporte. Il est préférable, selon le politologue, d’attendre les résultats de la présidentielle et même des législatives, en juin prochain, avant de dresser un tel constat.

Sauf que les sondages de l’élection présidentielle s’accordent à dire que le candidat socialiste ne dépassera pas les 10 % lors du premier tour. “Le PS pourrait alors se retrouver dans la même configuration que le parti social-démocrate grec Pasok, qui n’a pas dépassé les 4 % lors des législatives de 2015, commente Christian Delporte. Bien que marginalisé, le mouvement socialiste grec n’a pas disparu pour autant.”

“Les crises font partie des cycles dans l’histoire du parti”, note l’historien. En plus de 100 années d’existence, le Parti socialiste français a traversé de nombreuses crises : la défaite de Lionel Jospin au premier tour de la présidentielle de 2002, le clivage autour du référendum sur le traité européen en 2005, où le “non” l’a emporté. Mais le souvenir le plus douloureux reste incontestablement la débâcle aux législatives de 1993. À cette époque, seulement 52 députés socialistes siégeaient à l’Assemblée nationale. “À la suite de cette Bérézina, on parlait déjà de la fin du parti”, se souvient l’historien. Henri Emmanuelli envisageait même de vendre le siège du parti, rue de Solférino. “Nous n’en sommes pas encore là”, ajoute-t-il.

Se renouveler

Aujourd’hui, la fracture irréconciliable entre Benoît Hamon et Manuel Valls marque la fin de la gauche de synthèse comme du temps de Léon Blum, de François Mitterrand, de Lionel Jospin et de François Hollande. Pour autant, “il y a aura toujours un Parti socialiste, mais pas comme on le connaît aujourd’hui”, nuance Christian Delporte.

“Le plus important, c’est de savoir se renouveler”, poursuit le politologue. En 1997, soit quatre ans après la défaite aux législatives, le parti s’était par la suite relevé en remportant 255 sièges à l’Assemblée nationale.

La question est de savoir comment le parti peut aujourd’hui se recomposer : “Il est trop tôt pour le savoir, soit il s’appuiera sur une dynamique sociale-démocrate portée par Manuel Valls, soit sur une dynamique plus gauchisante avec Benoît Hamon”, précise Christian Delporte. Pour connaître le nouveau visage du parti, il faudra attendre les résultats de dimanche.

Première publication : 25/01/2017