Archive for January 28th, 2017

Après l’annonce des résultats du second tour de la primaire de la gauche, les partisans de Benoît Hamon ont célébré leur victoire tout en parlant déjà de la marche à suivre vers la présidentielle.

« Quel plaisir de gagner… On n’est pas habitués ! », plaisante Thierry, 55 ans, militant socialiste en tombant dans les bras d’une amie militante.

Il est 21 heures passées ce dimanche 29 janvier à la Maison de la Mutualité, dans le 5eme arrondissement de Paris, et Benoît Hamon vient de finir son discours visiblement ému face à ses partisans. Le vainqueur de la primaire de la gauche a déjà filé vers la rue de Solférino pour la photo avec son adversaire malheureux Manuel Valls.

Les militants, eux, savourent la victoire de « leur » candidat. « On y croit depuis le début même quand personne n’y croyait et on va continuer d’y croire », s’enthousiasme Victoria, 25 ans, militante des « Jeunes avec Hamon » entre deux pas de danse. La jeune femme s’étonne que certains raillent l’utopisme de Benoît Hamon, c’est justement « son humanisme » qui l’a séduite. Bien avant l’annonce de la nette victoire de Benoît Hamon, son camp affichait sa confiance et sa sérénité… et parlait déjà rassemblement et unité.

« Bien sûr, on ne s’attend pas à ce que Manuel Valls, il devienne porte-parole de Benoît Hamon dans les semaines qui viennent », reconnaissait toutefois avec humour Daniel Goldberg, député de Seine-Saint-Denis. Même son de cloche du côté du directeur de campagne de Benoît Hamon, Mathieu Hanotin, qui appelle à la voie de la raison dès à présent : « On va ouvrir la porte à tout le monde et surtout à ceux qui ne nous ont pas soutenu ». En soulignant d’emblée dans son allocution qu’il y avait « des différences, mais pas irréductibles avec Manuel Valls, Benoît Hamon n’a pas dit autre chose.

Fleur, 40 ans, professeur des écoles, a elle trouvé le vainqueur modeste dans sa victoire. “J’étais éteinte politiquement depuis des années, c’est la première fois que j’ai envie de mettre toutes mes billes sur quelqu’un”, confie cette non-militante qui espère que cette victoire va réveiller la gauche, “même ceux qui ne sont pas venus voter à la primaire”.

Dans la foule de militants, Will, 36 ans, est justement venu avec deux roses rouges pour réconcilier Valls et Hamon : « Si on se divise, on va à la déroute », devise-t-il.

Première publication : 29/01/2017

En meeting à La Villette devant plus de 10 000 personnes, François Fillon a balayé les accusations le visant en lien avec l’emploi présumé fictif de son épouse Penelope Fillon et a promis de sortir la France du “chaos”.

Le grand meeting pour lancer la campagne de François Fillon et afficher une droite unie autour de sa candidature a bien eu lieu. Mais le rassemblement de La Villette, dimanche 29 janvier, a été transformé, l’espace d’un instant, en un comité de soutien au couple Fillon de quelque 15 000 personnes, selon les chiffres communiqués par les organisateurs.

Après plusieurs jours durant lesquels l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy a dû répondre aux informations du Canard Enchaîné sur l’emploi présumé fictif de son épouse Penelope Fillon, ce meeting lui a permis de lancer sa contre-attaque.

“Depuis le début, Penelope est à mes côtés, avec discrétion, avec dévouement. J’ai construit mon parcours avec elle. Nous n’avons rien à cacher”, a-t-il affirmé, sous les yeux de sa femme, assise au premier rang, et sous les cris du public qui scandait des “Penelope ! Penelope ! Penelope !”.



“À trois mois de l’élection présidentielle,
comme par hasard, on construit un scandale. À travers Penelope, on cherche à me casser. Moi je n’ai peur de rien, j’ai le cuir solide. Si on veut m’attaquer, qu’on m’attaque droit dans les yeux, mais qu’on laisse ma femme tranquille”, a ajouté le candidat Fillon, alors que le public se mettait à répéter à l’envi “Fillon président ! Fillon président ! Fillon président !”.



Affaire Penelope : des éléments de langage mis au point

Ceux qui, parmi ses soutiens et ses électeurs potentiels, attendaient une clarification et davantage d’explications n’ont pas eu gain de cause : François Fillon a préféré ne pas s’exprimer en longueur sur le sujet. Une réunion avec les principaux responsables de son équipe de campagne, parmi lesquels Patrick Stefanini, Bernard Accoyer et Bruno Retailleau, avait servi dans la matinée, selon un membre du parti Les Républicains, à mettre au point les éléments de langage à répéter en boucle dans les médias : “accusation abjecte et infondée”, “emploi légal”, “probité de François Fillon”. Pour le candidat, il s’agit désormais d’aller de l’avant et de ne surtout pas évoquer un éventuel plan B.



>>À lire : Pas de plan B prévu chez Les Républicains en cas de désistement de François Fillon

Cette stratégie ne devrait pas avoir trop de mal à passer auprès de ses électeurs. À La Villette, une grande majorité du public reprochait à la presse de monter en épingle l’affaire Penelope. “Il s’agit d’une machination faite pour abattre notre candidat”, a ainsi regretté Nadine, 72 ans, une affiche “Je suis Penelope” à la main.

“C’est une affaire qui est montée de toutes pièces, qui est là pour déstabiliser notre candidat et lui enlever toute crédibilité, a affirmé de son côté Antoine, 19 ans. Je trouve ça assez minable et dommage. C’est quelqu’un de très intègre, il n’a pas arrêté de le montrer. C’est une machination.”

Antoine, 19 ans, soutient @FrancoisFillon et Penelope mais attend de la part de son candidat une clarification. #FillonLaVillettepic.twitter.com/mRaUbijgp9

— Romain Brunet (@romain2dc) 29 janvier 2017

Fin des 35 heures, baisse du nombre de fonctionnaires : Fillon déroule son programme

Face à ce public conquis et devant presque toutes les figures de la droite, parmi lesquelles Alain Juppé, François Baroin, Xavier Bertrand ou Valérie Pecresse, François Fillon a donc pu dérouler son discours comme prévu.

Affirmant s’adresser “à tous les Français” et assurant qu’il “n’y a pas un peuple de droite contre un peuple de gauche”, François Fillon a fait le constat d’un “pays défait, profondément défait, dans son image et dans l’estime qu’il a de lui-même”, d’un pays “plongé dans une crise morale sans précédent” et d’un pays “sans chef”.

Pour y remédier et pour faire face au “monde nouveau” symbolisé par la “révolution numérique”, la “mutation écologique” et “l’islam radical”, le vainqueur de la primaire de la droite et du centre a donc de nouveau exposé le programme qui l’a fait gagner en novembre.

“Notre seule marge de manœuvre réside dans notre capacité à nous rassembler, à travailler plus, à travailler tous”, a-t-il affirmé, promettant la baisse des charges sur le coût du travail, la fin des 35 heures et la fin de la bureaucratie.

Au sujet des fonctionnaires, François Fillon a réaffirmé sa volonté de réduire leur nombre de 500 000 postes, mais a tenu à préciser qu’il était “l’ennemi de la bureaucratie” et non “pas celui des fonctionnaires”.



“À gauche, on rêve des 32 heures et d’un revenu universel : c’est l’assistanat universel”

François Fillon s’en est également pris à ses concurrents à l’élection présidentielle, réunissant Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon, Manuel Valls, Emmanuel Macron et Marine Le Pen sous la même étiquette. “Il y a plus de cinquante ans André Malraux disait : il y a quatre gauches, dont l’extrême-droite. Il avait raison. Nous y sommes”, a-t-il déclaré.

Avant même les résultats du second tour de la primaire de la gauche, le candidat Les Républicains semble d’ailleurs avoir acté la victoire de Benoît Hamon. “À gauche, on rêve des 32 heures et d’un revenu universel : c’est l’assistanat universel”, a-t-il lancé face à un public toujours prêt à huer les socialistes. “Ils nous expliquent qu’il faut aller toujours plus loin à gauche. Plus la réalité les met en déroute, plus ils ont foi dans leurs dogmes. Ils promettent des milliards de dépenses. Ils proposent de travailler moins et de rêver plus. Ils n’ont rien compris”, a-t-il ajouté. Pour François Fillon, “les conservateurs, c’est eux”, alors que sa candidature représente “le parti du mouvement”.

Avec ce meeting, François Fillon est désormais prêt, selon un proche, à entrer dans le vif de la campagne. La question est de savoir si ce discours passera auprès des Français. Déjà critiqué pour la dureté et la radicalité de son programme, l’ancien député de la Sarthe, qui faisait figure, il y a deux mois, de grand favori pour l’Élysée, doit aujourd’hui composer avec l’affaire Pénélope.

“Cette affaire est angoissante, désespérante et décevante, reconnaissait ainsi Daniel, 70 ans. Ça ne remettra pas en cause mon vote pour François Fillon mais je crains que ça ne remette en cause celui du reste de la France. Je suis extrêmement perplexe.” Des propos peu représentatifs de ceux tenus par le public de La Villette, dimanche après-midi, mais qui traduisent davantage l’inquiétude qui règne sans doute désormais dans le camp Fillon.

Première publication : 29/01/2017

L’heure du verdit a sonné pour la primaire de la Belle Alliance Populaire. Les électeurs étaient bien plus nombreux à se rendre aux urnes pour choisir qui de Benoît Hamon ou Manuel Valls sera le candidat PS à la présidentielle. Suivez le direct.

Qui de Benoît Hamon ou Manuel Valls portera les couleurs de la primaire organisée par le Parti socialiste ? Les électeurs du second tour de la primaire ont jusqu’à 19 heures pour se rendre dans les quelque 7 500 bureaux de vote de la France métropolitaine.

Benoît Hamon, 49 ans, et Manuel Valls, 54 ans, ont chacun voté dans leur fief francilien : Trappes pour le député des Yvelines, Evry pour celui de l’Essonne. Ce soir, ils seront chacun dans leur QG parisien auprès de leurs militants.

Pour suivre ce liveblog depuis votre mobile ou sur votre tablette, cliquez ici.

Première publication : 29/01/2017

L’heure du verdit a sonné pour la primaire de la Belle Alliance Populaire. Les électeurs étaient bien plus nombreux à se rendre aux urnes pour choisir qui de Benoît Hamon ou Manuel Valls sera le candidat PS à la présidentielle. Suivez le direct.

Qui de Benoît Hamon ou Manuel Valls portera les couleurs de la primaire organisée par le Parti socialiste ? Les électeurs du second tour de la primaire ont jusqu’à 19 heures pour se rendre dans les quelque 7 500 bureaux de vote de la France métropolitaine.

Benoît Hamon, 49 ans, et Manuel Valls, 54 ans, ont chacun voté dans leur fief francilien : Trappes pour le député des Yvelines, Evry pour celui de l’Essonne. Ce soir, ils seront chacun dans leur QG parisien auprès de leurs militants.

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Première publication : 29/01/2017

Invité sur France 24, le 27 janvier, pour décrypter un grand titre de l’actualité, le vice-président du Front national, Florian Philippot, s’est notamment exprimé sur l’affaire Penelope Fillon, le financement de son parti, et sur la sortie de l’euro.

Florian Philippot, vice-président du Front national (FN), était l’invité du Fait du jour, vendredi 27 janvier, sur France 24, pour décrypter un grand titre de l’actualité. Il s’est donc exprimé sur l’affaire Penelope Fillon. La femme du candidat de la droite à la présidentielle est soupconnée d’avoir béneficié d’emplois fictifs en tant qu’attachée parlementaire de François FiIllon, et pour une collaboration à La Revue des Deux Mondes. “C’est aux protagonistes de donner des explications extrêmement claires, ce qui n’a pas été le cas pour le moment, et ensuite la justice fera son affaire”, a déclaré Florian Philippot.

Le député européen a également évoqué la société de consultants 2F conseils, créée en 2012 par François Fillon, avant d’être élu député. “La question c’est qui sont les clients de François Fillon dans cette société, et notamment quelles puissances étrangères. (…) Maintenant qu’il veut diriger la diplomatie de la France, on doit savoir quelles puissances étrangères [l’ont] enrichi”, a-t-il explicité.

Le vice-président du FN s’est aussi exprimé sur les soupcons de collusion entre son parti et des intérêts étrangers. “Le FN a été chercher des financements là où il pouvait parce que les banques françaises refusent de lui prêter”. “On n’a jamais fait de levée de fonds à l’étranger, on avait un emprunt auprès d’une banque privée, tchéquo-russe, il y a quelques années”, a-t-il ajouté.

Sur la volonté du FN de sortir de l’euro et revenir à une monnaie nationale, Florian Philippot a réaffirmé vouloir sortir “d’une monnaie qui est un boulet. Aujourd’hui l’euro nous provoque un déficit de compétitivité de 20 % par rapport à l’Allemagne”.

Première publication : 29/01/2017

Après la signature du décret de Trump interdisant l’entrée aux États-Unis de ressortissants de pays majoritairement musulmans, plusieurs compagnies aériennes, à l’instar d’Air France, ont refusé d’embarquer des dizaines de passagers.

Le décret du président américain Donald Trump interdisant l’entrée aux États-Unis de ressortissants de sept pays majoritairement musulmans (Iran, Irak, Libye, Somalie, Soudan, Syrie, Yémen) a des effets à travers le monde, où des passagers se sont vu interdire d’embarquer. Voici quelques cas recensés jusqu’à présent.

En France, la compagnie Air France a indiqué, dimanche 29 janvier, avoir refusé d’embarquer une quinzaine de personnes vers les États-Unis depuis la signature du décret Trump. Ces passagers sont des ressortissants des sept pays mentionnés dans le décret “mais cela ne veut pas dire qu’ils venaient forcément de ces pays”, a précisé un porte-parole. “Personne n’est bloqué à Paris, on a pris les dispositions nécessaires pour réacheminer ces personnes à leur point d’origine”, a-t-il indiqué.

Choses vues au départ pour NYC 🤔#MuslimBanpic.twitter.com/2OlCxiz97K

— Julia Vergely (@Julia_v) 29 janvier 2017

Air France a prévu de prévenir les passagers par courriel ou SMS sur les nouvelles règles et leur éviter de prendre un vol et de se voir refuser, une fois arrivés à Paris, l’embarquement à bord d’un vol Air France pour les États-Unis.

En Autriche, au moins trois Iraniens ont été interdits d’embarquer samedi pour les États-Unis à l’aéroport de Vienne, a indiqué un porte-parole d’Austrian Airlines. Les trois passagers, un couple âgé et une jeune femme, étaient tous en possession de visas pour les États-Unis, a déclaré Peter Thier à l’agence de presse autrichienne (APA). Le couple est toujours à Vienne, tandis que la jeune femme est retournée en Iran, selon lui.

Au Caire, en Égypte, un couple irakien et ses deux enfants qui avaient réservé des billets sur un vol d’EgyptAir et disposaient de visas pour les États-Unis n’ont pu embarquer, ont indiqué samedi à l’AFP des responsables de l’aéroport.

>> À lire : Confusion dans les aéroports américain après le décret sur l’immigration de Trump

Selon un responsable d’EgyptAir, la compagnie n’avait pas été officiellement informée des nouvelles régulations et son site ne donnait aucune précision sur les nouvelles règles en vigueur pour les voyages aux États-Unis.

Aux États-Unis, des dizaines de passagers – entre 100 et 200, selon le quotidien New York Times – ont été interpellés à leur arrivée dans les aéroports américains et menacés d’expulsion. En particulier, dès la promulgation du décret vendredi soir, deux Irakiens, pourtant détenteurs de visas, ont été interpellés à l’aéroport JF Kennedy de New York.

Alors que les défenseurs des droits civiques se mobilisaient pour manifester leur soutien aux passagers, les associations de défense des droits de l’Homme ont obtenu le blocage partiel des expulsions par une juge fédérale.

The scene from above as thousands chant and scream, draping banners from above at JFK international arrivals shouting “LET THEM IN!” pic.twitter.com/ugU8zbKYiv

— Jack Smith IV (@JackSmithIV) 28 janvier 2017

En Iran, des responsables de deux agences de voyage ont affirmé avoir reçu des instructions de la part des compagnies Emirates, Turkish Airlines et Etihad Airways, de ne plus vendre de billet à des Iraniens ayant un visa américain car ces dernières refusent de les embarquer.

Maryam, une Iranienne de 44 ans qui avait obtenu sa carte verte (permis de résidence) en octobre après 14 ans d’attente a indiqué à l’AFP avoir été empêchée samedi soir de prendre l’avion pour les États-Unis. Elle avait vendu sa maison et voulait partir définitivement dans ce pays.

>> À lire : Interdiction d’entrée des Iraniens aux États-Unis, Téhéran applique la réciprocité

Une Iranienne, étudiante en gestion en Californie qui devait retourner le 4 février aux États-Unis, a déclaré à l’AFP sous couvert de l’anonymat : “J’avais un billet sur Turkish Airlines le 4 février prochain, mais il a été annulé”.

L’Iran a dénoncé la décision “insultante” des États-Unis et annoncé le principe de réciprocité pour les voyageurs américains.

Au Pays-Bas, la compagnie néerlandaise KLM a refusé d’embarquer sept personnes pour les États-Unis. “Nous aurions bien aimé les faire voyager avec nous mais cela n’a pas beaucoup de sens, l’entrée du pays leur aurait été refusée”, a affirmé à l’AFP une porte-parole de KLM. Celle-ci a refusé de donner des détails sur la nationalité de ces voyageurs, leur aéroport d’origine ou leurs destinations.

En Suisse, la compagnie Swiss applique “dès à présent” le décret Trump, elle n’a “pas le choix”, a affirmé samedi son directeur général pour la Suisse romande. “Nous avons l’obligation légale d’appliquer ce décret”, a ajouté Lorenzo Stoll sur la Radio télévision suisse (RTS), précisant néanmoins qu’il y a “très peu” de ressortissants des sept pays concernés qui transitent par Zurich et Genève sur des vols de Swiss.

Avec AFP

Première publication : 29/01/2017

Après la signature du décret de Trump interdisant l’entrée aux États-Unis de ressortissants de pays majoritairement musulmans, plusieurs compagnies aériennes, à l’instar d’Air France, ont refusé d’embarquer des dizaines de passagers.

Le décret du président américain Donald Trump interdisant l’entrée aux États-Unis de ressortissants de sept pays majoritairement musulmans (Iran, Irak, Libye, Somalie, Soudan, Syrie, Yémen) a des effets à travers le monde, où des passagers se sont vu interdire d’embarquer. Voici quelques cas recensés jusqu’à présent.

En France, la compagnie Air France a indiqué, dimanche 29 janvier, avoir refusé d’embarquer une quinzaine de personnes vers les États-Unis depuis la signature du décret Trump. Ces passagers sont des ressortissants des sept pays mentionnés dans le décret “mais cela ne veut pas dire qu’ils venaient forcément de ces pays”, a précisé un porte-parole. “Personne n’est bloqué à Paris, on a pris les dispositions nécessaires pour réacheminer ces personnes à leur point d’origine”, a-t-il indiqué.

Choses vues au départ pour NYC 🤔#MuslimBanpic.twitter.com/2OlCxiz97K

— Julia Vergely (@Julia_v) 29 janvier 2017

Air France a prévu de prévenir les passagers par courriel ou SMS sur les nouvelles règles et leur éviter de prendre un vol et de se voir refuser, une fois arrivés à Paris, l’embarquement à bord d’un vol Air France pour les États-Unis.

En Autriche, au moins trois Iraniens ont été interdits d’embarquer samedi pour les États-Unis à l’aéroport de Vienne, a indiqué un porte-parole d’Austrian Airlines. Les trois passagers, un couple âgé et une jeune femme, étaient tous en possession de visas pour les États-Unis, a déclaré Peter Thier à l’agence de presse autrichienne (APA). Le couple est toujours à Vienne, tandis que la jeune femme est retournée en Iran, selon lui.

Au Caire, en Égypte, un couple irakien et ses deux enfants qui avaient réservé des billets sur un vol d’EgyptAir et disposaient de visas pour les États-Unis n’ont pu embarquer, ont indiqué samedi à l’AFP des responsables de l’aéroport.

>> À lire : Confusion dans les aéroports américain après le décret sur l’immigration de Trump

Selon un responsable d’EgyptAir, la compagnie n’avait pas été officiellement informée des nouvelles régulations et son site ne donnait aucune précision sur les nouvelles règles en vigueur pour les voyages aux États-Unis.

Aux États-Unis, des dizaines de passagers – entre 100 et 200, selon le quotidien New York Times – ont été interpellés à leur arrivée dans les aéroports américains et menacés d’expulsion. En particulier, dès la promulgation du décret vendredi soir, deux Irakiens, pourtant détenteurs de visas, ont été interpellés à l’aéroport JF Kennedy de New York.

Alors que les défenseurs des droits civiques se mobilisaient pour manifester leur soutien aux passagers, les associations de défense des droits de l’Homme ont obtenu le blocage partiel des expulsions par une juge fédérale.

The scene from above as thousands chant and scream, draping banners from above at JFK international arrivals shouting “LET THEM IN!” pic.twitter.com/ugU8zbKYiv

— Jack Smith IV (@JackSmithIV) 28 janvier 2017

En Iran, des responsables de deux agences de voyage ont affirmé avoir reçu des instructions de la part des compagnies Emirates, Turkish Airlines et Etihad Airways, de ne plus vendre de billet à des Iraniens ayant un visa américain car ces dernières refusent de les embarquer.

Maryam, une Iranienne de 44 ans qui avait obtenu sa carte verte (permis de résidence) en octobre après 14 ans d’attente a indiqué à l’AFP avoir été empêchée samedi soir de prendre l’avion pour les États-Unis. Elle avait vendu sa maison et voulait partir définitivement dans ce pays.

>> À lire : Interdiction d’entrée des Iraniens aux États-Unis, Téhéran applique la réciprocité

Une Iranienne, étudiante en gestion en Californie qui devait retourner le 4 février aux États-Unis, a déclaré à l’AFP sous couvert de l’anonymat : “J’avais un billet sur Turkish Airlines le 4 février prochain, mais il a été annulé”.

L’Iran a dénoncé la décision “insultante” des États-Unis et annoncé le principe de réciprocité pour les voyageurs américains.

Au Pays-Bas, la compagnie néerlandaise KLM a refusé d’embarquer sept personnes pour les États-Unis. “Nous aurions bien aimé les faire voyager avec nous mais cela n’a pas beaucoup de sens, l’entrée du pays leur aurait été refusée”, a affirmé à l’AFP une porte-parole de KLM. Celle-ci a refusé de donner des détails sur la nationalité de ces voyageurs, leur aéroport d’origine ou leurs destinations.

En Suisse, la compagnie Swiss applique “dès à présent” le décret Trump, elle n’a “pas le choix”, a affirmé samedi son directeur général pour la Suisse romande. “Nous avons l’obligation légale d’appliquer ce décret”, a ajouté Lorenzo Stoll sur la Radio télévision suisse (RTS), précisant néanmoins qu’il y a “très peu” de ressortissants des sept pays concernés qui transitent par Zurich et Genève sur des vols de Swiss.

Avec AFP

Première publication : 29/01/2017

Les électeurs sont invités à déterminer qui de Manuel Valls ou de Benoît Hamon portera les couleurs du Parti socialiste à la présidentielle française. À la mi-journée, la participation était en hausse selon les organisateurs.

Fin du suspense. Les électeurs du second tour de la primaire organisée par le Parti socialiste (PS) départagent, dimanche 29 janvier, Benoît Hamon, l’outsider désormais favori, et Manuel Valls pour porter les couleurs socialistes à une élection présidentielle annoncée comme difficile pour la gauche.

À midi, sur 75% des bureaux de vote (…), nous avons 567 563 votants, ce qui représente une hausse par rapport à la participation enregistrée la semaine dernière à la même heure sur le même nombre de bureaux de vote”, a déclaré Christophe

Borgel à la presse.

Pour le premier tour, les électeurs avaient été 400 000 à avoir glissé un bulletin dans l’urne à midi.

En France métropolitaine, les quelque 7 500 bureaux de vote ont ouvert à 09h00 et chaque Français peut glisser son bulletin jusqu’à 19h00 moyennant, comme au premier tour, 1 euro. Benoît Hamon, 49 ans, et Manuel Valls, 54 ans, voteront chacun dans leur fief francilien en fin de matinée : Trappes pour le député des Yvelines, Évry pour celui de l’Essonne.


Cacophonie

Pour éviter la cacophonie du premier tour sur le nombre réel de votants, qui avait alimenté les soupçons d’une participation gonflée, les organisateurs de la primaire promettent la transparence. À la tombée des premiers résultats partiels dans la soirée, les médias auront ainsi accès à la salle où remontent les informations des bureaux de vote.

Car le bon déroulement du scrutin et le niveau de participation sont un enjeu crucial pour l’avenir du vainqueur et du PS. Après seulement 1,6 million de votants au premier tour (soit un million de moins qu’en 2011), les deux finalistes sont au moins d’accord pour espérer approcher “les deux millions de votants”, ce qui resterait encore modeste par rapport à la droite qui avait attiré en novembre plus de quatre millions de Français.

Manuel Valls a besoin d’un sursaut de participation pour renverser des chiffres et une dynamique qui ne lui sont pas favorables, comme en témoigne la différence d’ambiance et d’affluence dans les rassemblements de l’entre-deux tours.

>> À voir : “Valls, la posture d’État, ou Hamon, le rêve de nouveauté ?”

L’ex-Premier ministre, déjà distancé par le “frondeur” Hamon au soir du premier tour (31,5 % contre 36 %), n’a obtenu que le soutien des “petits” candidats, la radicale de gauche Sylvia Pinel et l’écologiste Jean-Luc Bennhamias (3 % à eux deux) et indirectement celui de l’autre écologiste, François de Rugy (3,8 %), qui “a exclu de voter Hamon”.

Vincent Peillon (6,8 %) est resté neutre et Manuel Valls n’a pas pu compter non plus sur le soutien de François Hollande, qui ne votera pas plus ce dimanche que le précédent – il était en déplacement en Amérique du Sud – à cette primaire. En outre, une partie des abstentionnistes qu’il vise semble déjà partie chez Emmanuel Macron.

“Expérience” contre “avenir désirable”

Pour tenter de combler son retard, Manuel Valls a mis en avant son “expérience” dans le contexte international actuel et sa “crédibilité” face à “l’illusion” que serait le revenu universel mis au centre des débats par son concurrent.

>> À lire : “Hamon mène la Valls” sur Twitter

À l’inverse, Benoît Hamon, porteur d’un projet social et écologiste vers “un futur désirable”, a engrangé le renfort du troisième homme Arnaud Montebourg (17,5 %) et celui de Martine Aubry qui l’a félicité vendredi “d’avoir redonné vie à l’idée de progrès”.

Dans ce contexte d’une campagne présidentielle riche en rebondissements, comme le démontre encore l’affaire Fillon, les deux prétendants veulent démentir le scénario écrit d’une défaite au printemps. Une forte participation renforcerait également la légitimité du candidat PS par rapport aux deux autres principaux candidats de gauche à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron, pour l’instant loin devant dans les sondages.

Avec AFP

Première publication : 29/01/2017

Empêtré dans l’affaire d’emplois présumés fictifs de son épouse, le candidat de la droite à la présidentielle française veut remobiliser ses troupes lors d’un meeting à Paris. De son côté, le Journal du dimanche fait de nouvelles révélations.

Le candidat de la droite à la présidentielle française, François Fillon, se dit prêt, dans une interview au Journal du dimanche (JDD), à se battre “jusqu’au bout” contre les “forces” qui sont selon lui à l’origine des révélations sur les activités de son épouse et ses rémunérations, dont il conteste les montants parus dans la presse.

Le vainqueur de la primaire de la droite et du centre, qui se présente comme la victime d’une “calomnie” destinée à nuire à sa candidature à la présidentielle, avance par ailleurs des mesures sociales pour contrer les accusations de “brutalité” de la gauche et d’une partie de son camp.

“Comment ne pas considérer qu’il y a des forces qui sont à l’œuvre pour me faire taire et tenter d’affaiblir ma candidature, voire tenter de m’empêcher de me présenter ? […] Quel clan ai-je dérangé ?”, dit-il en réponse à une question sur la controverse soulevée cette semaine par Le Canard enchaîné.

.@FrancoisFillon s’exprime dans @leJDDpic.twitter.com/sdAIuh2Pon

— FILLON 2017 (@Fillon2017_fr) 29 janvier 2017

>> À lire : Pas de plan B prévu chez Les Républicains en cas de désistement de François Fillon

“Comment imaginer un seul instant que cette affaire ne soit pas montée de toutes pièces pour m’abattre ? Mais je ne me laisserai pas abattre”, poursuit-il. “Je vais me battre de toutes mes forces. Et jusqu’au bout.” François Fillon a déclaré vendredi qu’il se retirerait en cas de mise en examen.

Des chèques du Sénat

L’affaire a démarré mardi avec la parution d’un article du Canard enchaîné, dans lequel l’hebdomadaire affirme que Penelope Fillon a été rémunérée au total 500 000 euros brut pendant plusieurs années pour un travail d’attachée parlementaire auprès de son mari puis de son suppléant à l’Assemblée nationale.

Toujours selon le journal satirique, qui dit ne pas avoir trouvé trace de ces activités, la femme de l’ex-Premier ministre a également perçu un total de 100 000 euros brut pendant 20 mois pour une collaboration à La Revue des Deux Mondes, propriété de Marc Ladreit de Lacharrière, ami de l’ex-Premier ministre.

“Les niveaux de rémunération évoqués sont faux. On mélange le brut et le net. Je donnerai tous les éléments aux enquêteurs”, déclare François Fillon dans les pages du JDD. Le candidat de la droite dit également avoir remis des pièces, “des bulletins de salaire notamment” à la justice, qui a ouvert mercredi une enquête préliminaire pour détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel de ces délits. Une perquisition a eu lieu jeudi dans les locaux parisiens de La Revue des Deux Mondes.

En attendant, une nouvelle affaire pourrait venir se greffer au “Penelopegate”. Selon le JDD et Mediapart, François Fillon aurait perçu, en tant que sénateur entre 2005 et 2007, des chèques d’un montant total de quelque 21 000 euros issus de fonds publics censés rémunérer des collaborateurs de sénateurs. Une affaire de détournement de fonds publics pour laquelle six personnes ont déjà été mises en examen. Interrogé par le JDD, un proche de l’intéressé affirme qu’il s’agit d'”une histoire ancienne”.

On n’a pas le droit de laisser abîmer la démocratie par des officines. Je vais me battre de toutes mes forces. @leJDDpic.twitter.com/yh80urmnNq

— François Fillon (@FrancoisFillon) 29 janvier 2017

Une “catastrophe”

Éclaboussé par ces révélations successives, François Fillon veut tenter de reprendre la main. Soucieux de relancer une campagne qui patine, l’ancien Premier ministre réunit dimanche ses partisans pour un grand meeting porte de La Villette, à Paris. Plusieurs milliers de personnes sont attendues, au premier rang desquelles son ex-rival Alain Juppé, longtemps favori de la primaire de la droite qu’il a largement battu fin novembre au second tour.

>> À voir : “Penelope Fillon, assistée parlementaire ?”

À cette occasion, l’ancien chef du gouvernement compte axer une partie de son discours sur le versant social de son programme. Sa “politique”, assure-t-il, “permettra immédiatement d’améliorer les conditions de vie, en particulier des Français les plus modestes”. Dans le JDD, il évoque notamment un abattement forfaitaire de l’ordre de 250 euros par an pour les salariés, pour un coût total de six milliards d’euros. Mais pour certains commentateurs, l’affaire des emplois fictifs présumés pourrait rendre son projet inaudible.

“Du point de vue de l’image de marque de François Fillon, cette affaire est une catastrophe, estime à l’AFP le politologue Thomas Guénolé. Il y a en effet une triple rupture : rupture avec le message anti-assistanat, rupture avec la défense de la valeur travail et rupture avec la réputation d’intégrité, tout cela est lourdement discrédité.”

Avec AFP et Reuters

Première publication : 29/01/2017