Archive for January 30th, 2017

En matière de lutte contre le mal-logement, le bilan du quinquennat Hollande est en “demi-teinte”, juge la fondation Abbé Pierre dans son rapport annuel publié mardi. Près de quatre millions de personnes sont mal logées aujourd’hui en France.

Peut mieux faire. En matière de lutte contre le mal-logement, le bilan du quinquennat Hollande est en “demi-teinte”, juge la fondation Abbé Pierre dans son rapport annuel, qui a été remis lundi 30 janvier au président de la République.

Malgré les engagements du candidat Hollande, qui avait signé le “Contrat social” de la fondation en février 2012, et une “activité législative assez dense” liée au logement pendant le quinquennat (loi Alur, loi relative à la mobilisation du foncier public, loi pour la transition énergétique, etc.), “le nombre de personnes confrontées à la crise du logement continue d’augmenter” en 2017.

Près de quatre millions de personnes sont mal logées, (soit privées de logement personnel, soit vivant dans des conditions de logement très difficiles) et plus de 12 millions sont “fragilisées par rapport au logement” (locataires en situation d’impayés, propriétaires occupant un logement dans une copropriété en difficulté, etc.), selon ce rapport.

>> À lire sur France 24 : le bilan 2016 du rapport de la Fondation Abbé Pierre

Invitée à défendre le bilan du quinquennat, la ministre du Logement Emmanuelle Cosse a mis en avant les “avancées concrètes” obtenues, soulignant le “long” chemin “pour rattraper un retard accumulé pendant trois décennies dans le logement”.

Et de citer quelques chiffres : 453 200 logements autorisés à la construction en 2016, en hausse de 14 % par rapport à l’année précédente ; 130 226 logements sociaux agréés en 2016, soit une hausse de près de 15 % par rapport à 2015. De plus, 134 000 places d’hébergement ont été ouvertes, dont 121 000 pérennes, a indiqué la ministre.

Dans son rapport, la fondation Abbé Pierre souligne pourtant une aggravation de la situation : le nombre de personnes sans domicile par exemple (143 000 selon l’Insee), a augmenté de 50 % entre 2001 et 2012.

“Bond spectaculaire” des expulsions

Sur le plan de l’immobilier, “alors que le président de la République avait fixé l’objectif de 500 000 constructions neuves par an, dont 150 000 logements sociaux, on ne peut que constater à la fin de ce quinquennat que le compte n’y est pas”, souligne aussi le rapport.

La Fondation Abbé Pierre regrette également le “bond spectaculaire” des expulsions locatives avec le concours de la force publique, qui ont grimpé de 24 % en 2015.

Parmi les points positifs est cependant cité l’encadrement des loyers, qu’il est “indispensable de renforcer”, ou la loi sur la transition énergétique.

“La loi Alur prévoyait de l’appliquer dans 28 agglomérations, au bout du compte cela n’a été fait qu’à Paris, et, à partir de demain à Lille. On doit aller plus loin !”, a ainsi estimé Joaquim Soares, directeur animation territoriale de la Fondation Abbé Pierre, interviewé sur le plateau de France 24.

Les candidats à la présidentielle attendus au tournant

La Fondation émet 15 propositions, parmi lesquelles la production de 150 000 logements sociaux par an accessibles aux plus modestes, la mobilisation du parc privé à des fins sociales, ou encore la mise en place d’une politique plus précoce de prévention des expulsions.

“Parmi les personnes qui stagnent en centre d’hébergement, 30 à 40 % pourraient en sortir si elles pouvaient accéder à un logement, a également expliqué Joaquim Soares. Pour cela, il faut avoir des constructions suffisantes et il faut aussi capter les logements dans le parc privé, avec par exemple des incitations fiscales pour que les propriétaires louent à des ménages à faible revenu.”

Mardi, plusieurs candidats à la présidentielle, à l’exception de Marine Le Pen avec qui la Fondation est en “désaccord profond”, auront chacun une demi-heure pour évoquer ces sujets. Sont annoncés Yannick Jadot, Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron et Benoît Hamon. Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, est impatient : “On attend de voir ce qu’ils ont dans le ventre.”

Avec AFP

Première publication : 31/01/2017

Selon les dernières révélations du Canard enchaîné, mardi, Penelope Fillon aurait touché au total plus de 900 000 euros. Et les deux enfants du couple auraient été rémunérés 84 000 euros comme assistants parlementaires de François Fillon.

Nouvelles révélations dans l’affaire Penelope Fillon : dans son édition à paraître mercredi 1er février, le Canard enchaîné révèle que l’épouse de François Fillon a perçu plus de 900 000 euros au total comme assistante parlementaire de son mari, puis de son suppléant, ainsi qu’à La Revue des deux mondes.

Après avoir évoqué la somme de “500 000 euros brut” la semaine dernière, le Canard chiffre désormais à 831 440 euros brut la somme perçue par Penelope Fillon comme assistante parlementaire de son mari ou de son suppléant Marc Joulaud. Non pas seulement de 1998 à 2002, comme écrit la semaine dernière par la même source, mais aussi de 1988 à 1990. L’épouse du candidat de la droite à l’élection présidentielle a également perçu quelque 100 000 euros brut pour un emploi au sein de la Revue des deux mondes.

Deux de ses enfants employés comme assistants parlementaires

Autre révélation de l’hebdomadaire indépendant : le candidat Les Républicains à la présidentielle a employé deux de ses enfants au Sénat comme assistants parlementaires pour 84 000 euros brut quand il était sénateur de la Sarthe entre 2005 et 2007.

DEMAIN DANS “LE CANARD”

L’addition flambe :

330 000 euros de mieux pour Pénélope

et 84 000 euros pour les enfants

— @canardenchaine (@canardenchaine) 31 janvier 2017

François Fillon a réagi mardi : “À ma connaissance, dans l’histoire de la Ve République, cette situation ne s’est jamais produite, jamais à moins de trois mois d’une élection présidentielle. Une opération d’une telle ampleur et aussi professionnelle n’a été montée que pour essayer d’éliminer un candidat autrement que par la voie démocratique”, a déclaré l’ancien Premier ministre devant l’Electronic Business Group à Paris.

Enquête pour détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel

Ces nouvelles révélations interviennent quelques heures après la visite d’enquêteurs dans le bureau de François Fillon à l’Assemblée nationale. Le président du groupe LR à l’Assemblée, Christian Jacob, a évoqué une “perquisition”. D’après les informations du Parisien, Penelope Fillon ne disposait ni de badge d’accès, ni de mail spécifique lorsqu’elle était assistante parlementaire de son mari et du suppléant de ce dernier.

Lundi, François et Penelope Fillon ont été auditionnés séparément à Versailles dans les locaux du Groupe d’intervention régional (GIR) par les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières (OCLCIFF). Après les premières révélations du Canard enchaîné il y a moins d’une semaine, l’ancien Premier ministre avait lui-même demandé cette audition, assurant vouloir faire la transparence dans cette affaire, dans laquelle il affirme n’avoir rien à se reprocher.

Les explications de notre envoyé spécial

L’enquête pour détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel a été ouverte mercredi par le Parquet national financier (PNF).

Les investigations doivent déterminer si Penelope Fillon a effectivement exercé une activité pendant les années où elle a été rémunérée comme assistante parlementaire de son mari, puis de Marc Joulaud à l’Assemblée nationale, de 1998 à 2007 dans un premier temps, puis de 2012 à 2013 quand l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy a retrouvé les bancs de l’opposition comme député de Paris.

L’enquête porte aussi sur l’emploi de Penelope Fillon à la Revue des Deux Mondes, rémunéré 5 000 euros brut mensuels entre mai 2012 et décembre 2013.

L’analyse de Jérôme Sainte-Marie, président de l’Institut de sondage Pollingvox.

Avec AFP

Première publication : 31/01/2017

Trois mois après le démantèlement de la “jungle”, les associations tirent à nouveau la sonnette d’alarme à Calais où des dizaines de migrants ont fait leur retour – dont une majorité de mineurs. Elles réclament, en vain, l’aide de l’État.

Trois mois après le démantèlement de la “jungle” de Calais, des dizaines de migrants sont de retour dans la région, ont constaté plusieurs associations. “Nous avons compté à la louche le retour d’une centaine de mineurs dans la zone”, déclare Gaël Manzi, membre d’Utopia 56, une association qui effectue depuis le début de l’année des maraudes quotidiennes. “Ils ne se réinstallent pas dans l’ancienne ‘jungle'”, quadrillée par les forces de l’ordre, mais autour de l’ancien bidonville, ou aux abords de la gare de Calais-Fréthun, voire même dans le centre-ville, “ou près du port, sur les parkings”.

D’après l’asso Utopia 56, une centaine de mineurs est revenue a Calais ces dernières semaines.

— Gaele Joly (@joelgaly) 24 janvier 2017

Selon Gaël Manzi, la plupart de ces jeunes se sont probablement échappés des Caomi (Centres d’accueil et d’orientation pour les mineurs isolés) dans lesquels ils avaient été placés. En octobre 2016, près de 800 d’entre eux — sur les 2 000 jeunes qui erraient dans la “jungle” — avaient été acceptés au Royaume-Uni. Les autres avaient pris le chemin de foyers spéciaux, mais aucun d’entre eux n’avait vraiment renoncé à son rêve d’Angleterre. “La police ne les arrête pas, précise Gaël Manzi. Elle contrôle leur identité et leur propose un hébergement s’il y a de la place dans les foyers alentours.” Puis repart.

Un traitement dont ne bénéficient pas les personnes majeures. “On ne les voit pas, [elles] se cachent”, précise de son côté François Guennoc, de l’Auberge des migrants. Car, s’ils sont arrêtés, les adultes savent que la sanction sera plus lourde pour eux. Ils risquent d’être envoyés en centre de rétention. Avec le froid hivernal, les ONG s’inquiètent. “On a dû mal à les trouver, on doit pourtant les aider”, continue François Guennoc.

“Nous rappelons des volontaires”

Sur place, les associations notent aussi la présence de primo-arrivants parmi les migrants, des personnes qui arrivent pour la première fois dans le Calaisis, et qui n’ont jamais connu la “jungle”. Leur nombre est difficile à évaluer. “Ils sont au courant pour le demantèlement du bidonville mais ils viennent quand même tenter le passage”, précise François Guennoc. Pour les y aider, les passeurs sont toujours là. Ils savent que l’Angleterre n’a rien perdu de son attractivité. “Beaucoup de migrants qui arrivent se mettent en relation avec les passeurs qui sont à Grande-Synthe [dans le camp humanitaire]“, ajoute François Guennoc.

Une 15aine de mineurs vient chercher qq sac de couchage et repas chaud, avt de monter sur des camions. Visage de bébé, entre 13 et 17 ans pic.twitter.com/aroL7UFfkU

— Gaele Joly (@joelgaly) 24 janvier 2017

Les ONG craignent désormais d’être dépassées. Si ce n’est déjà le cas. “Nous rappelons des volontaires pour venir nous aider”, précise encore Gaël Manzi, d’Utopia 56. D’autres collectifs comme Help Refugees, Salam ou Refugees Kitchen ont aussi fait leur retour dans les environs. Toutes ont alerté les pouvoirs publics. Mais le dialogue est difficile : la préfecture du Pas-de-Calais persiste à ne parler que du retour d’une “poignée de migrants”.

>> À lire : “Rétro 2016 : de Calais à Lesbos, la crise des migrants continue de miner l’Europe”

Au plus haut sommet de l’État, les échanges n’ont pas été très constructifs non plus. Pourtant, les ministres de l’Intérieur et du Logement, Bruno Le Roux et Emmanuelle Cosse, ont reçu lundi 30 janvier, pour la première fois depuis le démantèlement de la “jungle”, les acteurs de terrain. Mais la réunion a vite tourné à un dialogue de sourds.

“Ils ne nous entendent pas”

Les associations ont réclamé de nouvelles structures pour accueillir dignement les nouveaux arrivants, l’État s’y est fermement opposé. Un centre d’accueil et d’orientation (CAO) existe déjà dans le département à Croisilles, non loin d’Arras, mais c’est le seul de la région. “Ils ne nous écoutent pas, ils ne nous entendent pas”, a confié François Guennoc qui dénonce un déni de réalité. “Je n’ai senti aucune ouverture de leur part […] Nous demandons juste un ‘dispositif de survie'”, assure-t-il. “On est très déçus, a affirmé de son côté à l’AFP Yannick Le Bihan, de Médecins du Monde. On va essayer de trouver des solutions pour accueillir et héberger les gens.”

Des migrants de retour à #Calais. Une douzaine de Soudanais et d’Érythréens ont trouvé refuge au centre d’accueil de jour de @caritasfrancepic.twitter.com/nEhmEaxZM4

— Thibault Lefèvre (@thibaultlefevre) 24 janvier 2017

Au chapitre de l’hébergement, les deux ministres ont toutefois confirmé l’ouverture prochaine d’un “centre d’accueil pour mineurs non accompagnés” et annoncé un nouveau CAO dans le Pas-de-Calais. Des places en Cada (Centres d’accueil pour demandeurs d’asile) devraient également être créées, à hauteur de 350, dans la région des Hauts-de-France. Mais là encore, les ONG déplorent un mauvais calcul. Ces places seront trop loin à “80, 100 km de Calais, […] Les gens reviendront” toujours dans la ville, a estimé Frédéric Amiel, représentant d’Emmaüs France.

Première publication : 31/01/2017

Une perquisition était en cours mardi à l’Assemblée nationale, dans l’enquête sur des soupçons d’emplois fictifs visant Penelope Fillon. La veille, le candidat de la droite à la présidentielle et son épouse ont été entendu par le Parquet.

L’enquête s’accélère dasn l’affaire Penelope Fillon. Au lendemain de l’audition par le Parquet des époux Fillon, une perquisition était en cours mardi 31 janvier à l’Assemblée nationale, dans l’enquête sur des soupçons d’emplois fictifs visant l’épouse du candidat de la droite pour l’élection présidentielle, a-t-on appris de source parlementaire.

Christian Jacob, président du groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale, a par ailleurs confirmé cette information.

Christian Jacob (LR) confirme la perquisition en cours à l’Assemblée nationale dans le cadre de l’affaire Penelope Fillon #PenelopeGatepic.twitter.com/kUz9fWlozK

— Romain Brunet (@romain2dc) 31 janvier 2017

Cette perquisition n’avait pas lieu dans le bureau du député de Paris, a constaté un journaliste de Reuters. Elle était vraisemblablement menée dans une annexe de l’Assemblée où sont situés les services administratifs, notamment concernant la paye, a précisé la source parlementaire. D’autres sources, proches de l’enquête, évoquaient plutôt une remise de documents.

“On se réjouit de l’évolution rapide de l’enquête afin qu’elle soit tout aussi rapidement clôturée”, a déclaré à Reuters l’avocat de François Fillon, Antonin Lévy.

L’enquête sur les activités de Penelope Fillon s’est accélérée lundi après-midi avec l’audition de chacun des deux époux à Versailles, qui a duré environ cinq heures.

Le Parquet national financier a ouvert mercredi dernier une enquête préliminaire pour détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel de ces délits.

Avec AFP

Première publication : 31/01/2017

Dans une interview mardi sur RFI, le négociateur nigérien chargé de la libération des otages d’Arlit refuse de faire le lien avec l’assassinat de Claude Verlon et Ghislaine Dupont au Mali, qu’il qualifie de “rapt d’opportunité qui a mal tourné”.

Dans une interview exclusive accordée à RFI mardi 31 janvier, Mohamed Akotey, le négociateur nigérien impliqué dans la libération des otages d’Arlit au Niger en octobre 2013, refuse de faire le lien entre les négociations pour la libération des otages d’Arlit et l’assassinat des deux reporters français de RFI Ghislaine Dupont et Claude Verlon en 2013 dans le nord du Mali. Mohamed Akotey évoque “un rapt d’opportunité qui a mal tourné”.

Une enquête journalistique diffusée la semaine dernière dans l’émission Envoyé Spécial sur France 2, retraçant les coulisses de la libération des otages d’Arlit, évoquait la possibilité d’un lien direct entre les ratés des négociations d’Arlit et l’assassinat des deux journalistes de RFI.

Selon Mohamed Akotey, qui s’exprime pour la première fois dans un média français, c’est justement la presse, qui aurait trop parlé “du montant faramineux de la rançon” versée pour libérer les otages d’Arlit, “que cela a dû donner des idées à quelques-uns. Ils ont trouvé ce qu’ils avaient sous la main et puis cela a mal tourné”.

Le négociateur nigérien d’Arlit estime également que l’ordre d’assassinat n’a pas été émis par la direction d’Aqmi. “J’en doute parce que venant de plus haut, les gens auraient dû préparer le coup de manière plus professionnelle, comme ils ont l’habitude de le faire, mais je pense qu’il a pris la décision tout seul, ou en tout cas avec des gens inexpérimentés” affirme-t-il.

La concurrence des négociateurs

Concernant les négociations pour la libération des otages d’Arlit, Mohamed Akotey rappelle qu’il a joué un rôle central. “C’est moi qui suis parti chercher les otages et que je les ai ramenés à Niamey. Avec les services de renseignements du Niger, on a pris l’hélicoptère du Niger et on les a ramenés à Niamey” souligne le négociateur. Il refuse toutefois donner le montant de la somme versée, et de dire si elle a été versée dans sa totalité.

Son témoignage revient également sur la concurrence entre les différents négociateurs envoyés sur le terrain pour tisser des réseaux et libérer les otages. On apprend, comme l’affirmait France 2, que deux négociateurs français se sont succédés, d’abord Jean-Marc Gadoullet, envoyé par la DGSE, puis Pierre-Antoine Lorenzi avec “l’appui” du ministère de la Défense, avant que celui-ci ne soit contraint de se retirer parce que “le directeur général de la DGSE s’est opposé à sa présence dans la mission”.

Sans critiquer frontalement le travail des Français, le négociateur nigérien rappelle à plusieurs reprises que les intermédiaires rencontrés par Jean-Marc Gadoullet ne sont pas sa “propriété”. D’après RFI, l’ex-négociateur de la DGSE accuse Mohamed Akotey d’avoir récupéré les fruits du travail qu’il avait lui-même initié.

Après la diffusion jeudi du reportage de France 2, France Médias Monde, partie civile dans l’enquête sur les circonstances de la mort de ses deux collaborateurs, a souhaité que la justice se saisisse des nouveaux éléments révélés par Envoyé spécial et mandate ses avocats afin qu’ils demandent au juge d’instruction de poursuivre les investigations.

Première publication : 31/01/2017

Des députés socialistes revendiquent mardi leur “droit de retrait” de la campagne de Benoît Hamon. Tentés par un ralliement à Macron, plusieurs élus de gauche se détournent désormais ouvertement du candidat investi par le PS.

Le rassemblement invoqué par Benoît Hamon au soir de sa victoire de la primaire de la gauche élargie, dimanche 29 janvier, s’annonce difficile. Deux jours après son investiture, le groupe des Réformateurs de l’Assemblée nationale et du Sénat – l’aile droite du Parti socialiste – a fait savoir, dans une tribune publiée mardi 31 janvier sur le site du Monde, qu’il “ne prendrait pas part à la campagne” du candidat PS.

>>À lire sur France 24 : “Benoît Hamon face au Casse-tête du rassemblement”

“À l’issue de cette primaire qui n’a rien résolu, nous sommes confrontés à un cas de conscience inédit : comment porter un projet présidentiel conçu comme l’antithèse d’une action de mandature que nous avons soutenue et dont nous revendiquons les avancées ?”, ont écrit Christophe Caresche et Gilles Savary, au nom du Pôle des Réformateurs au sein du Parti socialiste.

“Le rassemblement, c’est le respect de tous associé à des actes, ce ne peut être l’obligation, pour chaque socialiste, de se convertir à la ‘fronde’, ont-ils ajouté. Convaincus que le duel Fillon/Le Pen n’est pas inscrit dans les faits, nous restons fidèles à une ligne politique en phase avec les grands enjeux du temps présent”.

L’aile droite du PS s’estime notamment dans l’incapacité de soutenir “un ‘projet de société’ fondé sur une logique d’assistance généralisée et de dépréciation de la valeur travail”. “Nous considérons que ce serait contraire à la culture socialiste qui, historiquement, s’est construite autour de l’amélioration des conditions de travail et du temps du travailleur”, ont dénoncé les députés de Paris et de Gironde.

Ils estiment que “poser la ‘raréfaction du travail’ comme un postulat, c’est faire fausse route”. “C’est oublier que si des emplois disparaissent, d’autres vont émerger, grâce aux innovations technologiques ; et c’est passer à côté des termes du vrai défi, celui de la transformation du travail, liée en particulier à la révolution numérique”, indiquent-ils. Parmi les signataires de cette tribune figurent 17 députés, dont Alain Calmette, Jean-Louis Gagnaire et François Loncle.

>> À lire sur France 24 : “Non, le Parti socialiste n’est pas mort”

Ce texte pose ainsi la question de l’avenir du parti, dont certains élus ont déjà rallié la candidature concurrente d’Emmanuel Macron. Christophe Caresche et Gilles Savary ont reconnu “des divisions plus profondes que jamais” et ont reconnu “une césure réelle entre deux sensibilités idéologiquement distantes”. Réformateur également, le secrétaire d’État chargé du Développement et de la Francophonie, Jean-Marie Le Guen, a affirmé sur France Info mardi 31 janvier ne pas être sûr de voter pour Benoît Hamon.

#Presidentielle2017 Le Guen dit “ne pas être sûr” de voter Hamon #8h30Aphatiepic.twitter.com/Tls701gFm7

— franceinfo (@franceinfo) 31 janvier 2017

Cette déclaration n’est pas restée sans réponse : le député de Paris Pascal Cherki, fidèle à Benoît Hamon, a haussé le ton sur Twitter. “Si Jean-Marie Le Guen ne veut pas voter pour le candidat désigné par la primaire, il ne pourra plus être investi par le PS pour les législatives”, a-t-il prévenu. Le Parti socialiste avait en effet annoncé, en décembre dernier, que ceux qui soutiendraient Emmanuel Macron perdraient leur investiture pour la députation.

Si @jm_leguen ne veut pas voter pour.le candidat désigné par la primaire il ne pourra plus être investi par le PS aux législatives.

— Pascal Cherki (@pascalcherki) 31 janvier 2017

Lundi, Benoît Hamon a obtenu le soutien mesuré de Bernard Cazeneuve, qui a insisté sur la nécessité de rassembler la gauche et les “progressistes” et de défendre le bilan du quinquennat de François Hollande “dont nous avons toutes les raisons d’être fiers”. L’ancien ministre de l’Éducation a pour sa part affirmé qu’il ne changerait pas de cap ou de programme, mais qu’il s’enrichirait “des contributions des uns et des autres”.

Première publication : 31/01/2017