Archive for January 31st, 2017

Le maire de Bordeaux, Alain Juppé, a exclu mercredi soir d’être un “plan B” en cas de retrait du candidat de droite à la présidentielle, François Fillon, dans la tourmente après les révélations sur de présumés emplois fictifs de son épouse.

“Je ne serai pas le plan B.” Le maire de Bordeaux, Alain Juppé, a exclu dans la soirée de mercredi 1er février d’être une solution alternative en cas de retrait du candidat de droite à la présidentielle, François Fillon, dans la tourmente après les révélations sur de présumés emplois fictifs de son épouse.

“J’ai dit la semaine dernière ce que je pensais et je n’ai pas varié.” “En toute hypothèse, je ne serai pas le plan B”, a martelé Alain Juppé, membre des Républicains, devant des journalistes à Bordeaux. Le maire de cette ville du Sud-Ouest n’a pas souhaité faire d’autres déclarations.

Un député LR de la Manche, Philippe Gosselin, soutien d’Alain Juppé à la primaire, avait lancé plus tôt mercredi “un appel” au maire de Bordeaux “pour qu’il réfléchisse à la possibilité de prendre le relais de François Fillon”.

Plan B, acte 2 : @phgosselin demande à @alainjuppe de “se tenir prêt” au cas où Fillon était empêché #DirectAN@LCP#PenelopeGatepic.twitter.com/6sfWOdWP94

— Philippe Mathon (@pmathon) 1 février 2017

>> À lire : François Fillon promet d’aller “jusqu’au bout”

Vendredi, le maire de Bordeaux, qui était arrivé derrière François Fillon à la primaire de la droite, avait exclu “clairement et définitivement” d’être un recours dans l’éventualité d’un retrait du candidat de la droite : “Je n’ai pas du tout l’intention de me lancer dans une opération de repêchage”, avait-il indiqué. “À l’instant T, la question ne se pose pas, c’est François Fillon notre candidat”, avait-il ajouté.

Avec AFP

Première publication : 01/02/2017

Les révélations sur celui qui était présenté comme le favori de la présidentielle française passionnent aussi les médias étrangers. France 24 a interrogé trois correspondants.

Ils sont étrangers… mais couvrent la présidentielle française. France 24 a voulu savoir quel regard portaient les correspondants étrangers à Paris sur l’affaire Fillon. Voici le témoignage de trois d’entre eux.

  • “Il y a une différence énorme entre ce qui est autorisé en France et ce qui l’est au Canada”

Sylvain Desjardins, correspondant pour ICI Radio-Canada Première : “Je ne juge pas François Fillon : il est dans sa société et dans son contexte. Or le contraste entre ce qui est autorisé chez nous et ici est énorme. En France, les règles qui encadrent les parlementaires sont très vagues. Au Canada aussi, il arrive que des politiques jouent avec les règles… mais les règles sont plus dures.

Pour un parlementaire, employer un conjoint ou un enfant à partir des fonds publics dont il dispose est, par exemple, absolument interdit. Pour vous donner une idée, au moment où les premières révélations du Canard enchaîné sont sorties la semaine dernière, un député de l’Assemblée nationale du Québec était exclu par son propre parti pour avoir accordé un contrat à sa conjointe, par ailleurs compétente, pour l’aménagement de son bureau de circonscription. On parle d’une somme totale de 715 dollars (environ 500 euros). En matière de conflit d’intérêts, je dirais qu’au Canada l’apparence est aussi importante que la réalité. Quand bien même votre fille serait la personne la plus compétente du pays pour une mission, elle est hors-jeu d’office.

Pour ce qui est du traitement médiatique, j’avoue qu’en regardant l’interview de François Fillon au 20h la semaine dernière, je me suis dit – même si le journaliste a bien fait son travail – qu’au Canada, on aurait été plus loin.”

François Fillon sommé de s’expliquer sur les emplois de son épouse https://t.co/u2yNXTERs8

— Radio-Canada Info (@RadioCanadaInfo) 25 janvier 2017

  • “En Finlande, la pression sur Fillon serait plus grande”

Annastiina Heikkilä, correspondante de la télévision publique Yle : “Il est difficile d’imaginer une telle affaire en Finlande. Dans le contexte finlandais, le jugement et la sanction des médias et de l’opinion seraient sans doute plus sévères. Et la pression pour que François Fillon se retire de la course présidentielle serait plus grande. Notre culture politique est différente dans les pays nordiques : on est plus strict, les règles sont plus dures.

Bien sûr, on a aussi des scandales mais les affaires touchant des personnalités politiques sont quand même plus rares qu’en France. Et en Finlande, c’est aussi plus compliqué de revenir. Le problème n’est pas tant judiciaire que moral. En tout cas, l’affaire intéresse beaucoup les Finlandais : jusqu’à la semaine dernière, François Fillon était vu comme le vainqueur annoncé de la présidentielle française.”

  • “En Italie aussi, dans une telle affaire, l’intéressé pourrait essayer de tenir”

Stefano Montefiori, correspondant du Corriere della Sera : “Comme en France, des personnalités politiques italiennes majeures sont parfois mises en cause dans des affaires : actuellement, la maire de Rome, du Mouvement 5 étoiles, est convoquée devant la justice dans le cadre d’une enquête pour corruption. Le dossier n’a rien à voir avec l’affaire Fillon mais, comme lui, avant d’être débordée par le scandale, elle avait fait campagne en se présentant comme ‘plus honnête’ que ses adversaires.

En Italie aussi, dans une affaire semblable à celle de l’affaire Fillon, l’intéressé pourrait essayer de tenir. En tout cas, l’affaire intéresse les Italiens : on y a consacré une page entière ces derniers jours alors que l’actualité internationale est par ailleurs chargée avec Donald Trump. François Fillon était le favori et ces difficultés sont intéressantes.”

Suis à Rome… ici aussi on en parle #PenelopeGate c’est dans @Corriere della sera :) pic.twitter.com/NUgRe0sh72

— iLIBERⒶTOR (@iliberator) 26 janvier 2017

Première publication : 01/02/2017

La candidate du Front national à la présidentielle Marine Le Pen a déclaré mercredi qu’elle ne proposerait plus le rétablissement de la peine de mort dans son programme, lui préférant la perpétuité “réelle”.

Un virement de bord pour Marine Le Pen ? La présidente du Front national a annoncé mercredi 1er février qu’elle ne proposerait plus le rétablissement de la peine de mort dans son projet pour la présidentielle de 2017. Questionnée sur le sujet dans l’émission Questions d’Info, celle qui s’est dite par le passé favorable “à titre personnel” à la peine capitale a annoncé lui préférer la “perpétuité réelle”.

Alors qu’on lui demandait si elle maintenait comme en 2012 sa proposition d’un référendum où le choix serait donné entre peine de mort et perpétuité “réelle”, Marine Le Pen a répondu : “J’intègre dans mon projet la perpétuité ‘réelle’, je m’engage auprès des Français à [la] mettre en œuvre.”

Elle a ensuite confirmé à l’AFP qu’elle retirait sa proposition du retour de la peine de mort, “quitte à ce que les Français la rétablissent via un référendum d’initiative populaire”, un dispositif qu’elle propose et pour lequel 500 000 signatures sont nécessaires. “Avec 500 000 signatures, les Français pourront se saisir de n’importe quel sujet, je vais élargir le champ d’action possible du référendum”, a-t-elle promis.

“Pas grand chose de nouveau”

“Elle ne dit pas grand-chose de nouveau. Elle veut simplement mettre l’accent sur le fait qu’elle préfère laisser les citoyens prendre la responsabilité d’un rétablissement de la peine de mort, en sachant pertinemment que la majorité de ses électeurs est pour”, commente à France 24 Nicolas Perron, directeur des programmes à l’association Ensemble contre la peine de mort. “Elle veut sans doute apparaître comme un peu moins radicale”, ajoute-t-il. Mais pour lui, un référendum à 500 000 personnes, “c’est très peu”.

“Quand on regarde l’électorat du Front national en 2015, on constate qu’un large socle de votants est en faveur de la peine de mort, 30 à 40 points au-dessus de la moyenne nationale”, précise Nonna Mayer, chercheuse à Science-Po spécialiste des électeurs d’extrême droite. Une étude de l’Ipsos conduite en 2016 révèle en effet qu’à la question “Faudrait-il rétablir la peine de mort ?”, 82 % des sympathisants FN interrogés disent être “d’accord”.

Le FN a défendu le rétablissement de la peine de mort depuis son abrogation, en 1981. Mais la députée FN Marion Maréchal-Le Pen, comme son collègue de l’Assemblée Gilbert Collard (apparenté FN) avaient exprimé à titre personnel leur opposition à ce rétablissement.

La “perpétuité réelle”, un “traitement cruel”

Au lendemain de l’attentat contre Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015, Marine Le Pen avait redit son attachement à la peine de mort : “Je pense que la peine de mort doit exister dans notre arsenal juridique, à charge évidemment pour les jurés, pour les crimes les plus odieux, de pouvoir faire ce choix.”

“L’accession au pouvoir de Marine Le Pen pourrait rendre possible le retour de la peine de mort”, constate Nicolas Perron, qui rappelle qu’en Europe, seule la Biélorussie pratique encore des exécutions. Par ailleurs, pour son association, la notion de “perpétuité réelle” est “la même chose” que la peine de mort dans la mesure où il s’agit d’un “traitement cruel, inhumain et dégradant”. En France, aujourd’hui, les cas de peine de prison à perpétuité avec période de sûreté illimitée (condamnant le détenu à finir sa vie derrière les barreaux) sont extrêmement rares.

Avec AFP

Première publication : 01/02/2017

Les actes antimusulmans ont connu une nette baisse en 2016, selon le rapport du collectif contre l’islamophobie publié mardi. Le rejet de la religion pourrait toutefois se traduire dans les urnes, avance le chercheur Jean-Yves Camus.

C’est en apparence une baisse importante incontestable. Dans son rapport annuel publié mardi 31 janvier, le Collectif contre l’islamophobie (CCIF) fait état d’un net recul des actes islamophobes pour l’année 2016, en baisse de 35,9 % par rapport à 2015 et de 24,1 % par rapport à 2014.

L’association, qui a recensé 419 discriminations, 39 agressions, 25 attaques et dégradations contre des édifices religieux ainsi que 98 discours haineux, égraine quelques exemples concrets : Nahil, 11 ans, a été traité d'”apprenti terroriste” par sa professeure pour avoir construit un pistolet en papier ; une femme voilée a été agressée au couteau par une autre mère devant une école ; une salle de prière a été incendiée à Ajaccio ; le maire de Cannes publie un arrêté anti-burkini ; un médecin est sanctionné pour avoir refusé de soigner une femme portant un foulard ; le patron du restaurant “Le Cénacle” de Tremblay-en-France refuse de servir deux femmes voilées

Les effets de l’état d’urgence

Dans son rapport, le collectif dénonce une “islamophobie en évolution” qui se caractérise par un recul des actes, des discriminations et des violences interpersonnelles par rapport à l’année 2015, marquée notamment par les attentats en janvier et novembre à Paris. Le ministère de l’Intérieur se targue de cette nette amélioration en affirmant qu’elle est le “fruit des actions entreprises par le gouvernement”, après le lancement en avril 2015 d’un plan d’action à 100 millions d’euros pour “lutter contre le racisme, l’antisémitisme et toutes les formes de discrimination liées à l’origine ou à la religion”.

“L’état d’urgence a clairement permis de protéger la population, estime pour sa part le spécialiste des nationalismes et extrémismes en Europe, Jean-Yves Camus, interrogé par France 24. Les policiers et militaires déployés devant tous les lieux de culte des villes de France ont eu effet dissuasif”.

Reste que la lutte contre le terrorisme n’a pas eu qu’un impact positif, relève le rapport qui déplore une “islamophobie sécuritaire, affectant les musulman(e)s à travers une politique anti-terroriste mettant à mal l’État de droit”. Depuis la mise en place de l’état d’urgence en novembre 2015, ce ne sont pas moins de 4 000 perquisitions et assignations à résidence menées et plus de 8 000 signalements relevés sur les lignes de dénonciation pour “radicalisation”.

Islamophobie politique

“Un certain nombre d’incidents, comme des têtes de cochons accrochées sur une mosquée, ne relèvent pas de la violence mais restent très agressifs”, poursuit le politologue. Les personnes qui rejettent la communauté musulmane ne le manifestent pas forcément à travers des actes violents ou terroristes.

“Le terrosime d’extrême-droite, tel qu’on a pu le voir au Québec, n’existe pas en France, ajoute Jean-Yves Camus. Plutôt que de prendre un revolver ou d’attaquer des musulmans dans la rue, ils préfèrent voter pour l’extrême droite”. Résultat : les Français expriment leur haine envers les musulmans en votant Front national.

Sur ce point, le rapport cible “la quasi omniprésence d’une islamophobie politique, de l’extrême droite à la gauche”. Il cite notamment des déclarations de François Fillon et de Nicolas Sarkozy, mais aussi de Manuel Valls, nommé 18 fois pour ses propos divers et prises de positions.

Première publication : 01/02/2017

François Fillon a demandé aux parlementaires LR mercredi matin de faire bloc et de “tenir 15 jours” face aux pressions pour qu’il retire sa candidature après les révélations du Canard enchaîné au sujet des emplois présumés fictifs de sa femme.

François Fillon, empêtré dans les affaires visant les emplois présumés fictifs de son épouse et de ses enfants et en chute libre dans les sondages, a dénoncé, mercredi 1er février, “un coup d’État institutionnel” contre sa candidature à la présidentielle, venu “de la gauche”, et demandé aux parlementaires LR de “tenir 15 jours” derrière lui.

“Je vis une expérience d’une violence inouïe, ma famille, mon entourage, nous-mêmes, la crédibilité de notre famille politique, de ma candidature, tout est remis en cause, dans le cadre d’une opération organisée professionnelle”, a-t-il dénoncé lors d’une réunion à huis clos à son QG de campagne à Paris, selon des propos rapportés à l’AFP par des participants. “Je sais que d’autres parmi vous ont déjà vécu des moments comme ceux-là. Je pense à eux. Ça ne m’était jamais arrivé”, a-t-il dit.

>> À lire : Quand François Fillon était contre la loi sur la transparence de la vie publique

“On a 15 jours à tenir car on sait que dans les 15 jours qui viennent, on aura les résultats de cette enquête […] car on est à la veille de l’élection présidentielle, a-t-il dit. Et personne ne peut imaginer qu’on prenne en otage jusqu’au dernier moment l’élection présidentielle et le candidat qui a été désigné par près de quatre millions de Français à la sortie de la primaire de la droite et du centre.”

L’entourage de François Fillon a indiqué qu’il y avait “200 à 300 parlementaires présents” lors de cette réunion, soit un nombre bien supérieur à l’affluence de cette réunion hebdomadaire régulière.

“La situation est très compromise”

Parmi eux, Jacques Myard, député des Yvelines, a déclaré à France 24 que tout le monde allait “faire bloc”. “Maintenant c’est parti, on attaque”, a-t-il ajouté.

Des voix discordantes commencent toutefois à être entendues. “La situation est très compromise”, a ainsi reconnu sur Franceinfo le député sarkozyste du Rhône Georges Fenech. “Je pense que le résultat des primaires est aujourd’hui caduc face à cet événement imprévisible (…) qui se situe non seulement sur le registre judiciaire mais aussi sur le registre éthique et moral”, a-t-il ajouté, disant “exprimer tout haut ce que beaucoup, beaucoup de parlementaires pensent tout bas” à propos de la candidature de François Fillon.

“Nous sommes un peu l’orchestre du Titanic, nous sommes en train de couler”, s’est aussi inquiété l’ancien magistrat sur BFMTV. “J’appelle vraiment tous les parlementaires, tous les élus de notre famille politique à provoquer un Conseil national extraordinaire. Nous devons prendre une décision dans l’urgence”, et pour lui, cette décision ne peut se prendre dans le “petit cénacle du bureau politique mais en Conseil national”, a-t-il dit. “Nous ne pouvons pas continuer avec un candidat aujourd’hui en extrême difficulté, l’intérêt national exige que notre famille politique se ressaisisse”, a-t-il encore demandé.

Un appel lancé à Alain Juppé pour qu’il prenne “le relais de François Fillon”

Quant au député LR juppéiste Philippe Gosselin, il a carrément lancé “un appel à Alain Juppé pour qu’il réfléchisse à la possibilité de prendre le relais de François Fillon”. “Je ne suis pas téléguidé par Alain Juppé, mais plusieurs députés pensent comme moi. Il faut réfléchir à toutes les hypothèses, gouverner c’est prévoir”, a déclaré aux journalistes dans les couloirs de l’Assemblée nationale Philippe Gosselin.

De son côté, l’ancien candidat à la primaire Bruno Le Maire, député de l’Eure, en charge par ailleurs des questions internationales dans l’équipe de campagne de François Fillon, a reconnu de son côté que “les sommes mises en jeu” dans l’affaire Penelope Fillon “choquent beaucoup de Français”.

“Il faut savoir (…) reconnaître que ces pratiques sont des pratiques qui sont dépassées, qu’il faut passer à autre chose. Moi je suis pour que chacun ait le courage de reconnaître lorsqu’il y a eu des erreurs ou des comportements qui n’étaient pas forcément adaptés”, a-t-il poursuivi sur BFM TV, tout en assurant le candidat à la présidentielle de son soutien.

“Cette affaire, on sait d’où elle vient, elle vient du pouvoir, elle vient de la gauche”

Lors de la réunion à son QG de campagne, François Fillon a directement accusé le pouvoir d’être à l’origine des révélations du Canard enchaîné. “Cette affaire, on sait d’où elle vient, elle vient du pouvoir, elle vient de la gauche”, a-t-il affirmé. “Cette opération, je vous le dis tout de suite, elle ne vient pas de chez nous, elle ne vient pas de nos rangs. N’écoutez pas ceux qui disent que ce sont nos propres amis qui pour se venger des uns et des autres ont monté cette affaire”, a-t-il argumenté.

>> À voir : “François Fillon aura du mal à continuer” pour Alexis Corbière

Ce à quoi l’entourage de François Hollande n’a pas tardé à répliquer. Interrogé par l’AFP, l’entourage du chef de l’État a déclaré que “le seul pouvoir, en l’occurrence, c’est celui de la justice, qu’on doit laisser travailler, et les seules exigences sont celles de la transparence et de l’exemplarité”.

“Ce n’est pas acceptable. La question qui est posée n’est pas celle d’un coup d’État de la gauche”, a déclaré quant à lui Stéphane Le Foll lors du compte-rendu du Conseil des ministres. “Chacun doit assumer ses responsabilités, les Français attendent simplement vérité et transparence”, a-t-il ajouté.

Par ailleurs, une autre affaire pourrait venir empoisonner la campagne de François Fillon. Le Monde et Mediapart révèlent en effet, mercredi 1er février, que le candidat à l’Élysée est devenu en 2012 et est toujours, via sa société 2F Conseil, “senior adviser” du groupe Ricol Lasteyrie qui conseille de nombreuses entreprises du CAC40 et multinationales. Les autres clients de 2F Conseil, qui a rapporté à François Fillon plus de 750 000 euros entre juin 2012 et décembre 2015, selon Le Monde, restent inconnus, alimentant les soupçons d’éventuels conflits d’intérêt.

Mais François Fillon, lui, ne bouge pas. “Quand on choisit d’être candidat à la présidentielle, on ne vient pas se plaindre de la violence des attaques, on les accepte comme malheureusement des scories de notre système démocratique et (…) je vais les affronter jusqu’au bout. Je serai candidat à cette présidentielle car je porte un message politique qui, à mon sens, est le seul qui peut permettre le redressement national”, a-t-il affirmé mercredi après-midi lors d’une visite à Paris au salon des entrepreneurs.

Avec AFP

Première publication : 01/02/2017

Alors que la candidature de François Fillon est de plus en plus remise en cause, les noms de domaine pour les éventuels plans B que sont François Baroin, Xavier Bertrand et Laurent Wauquiez ont été déposés ces derniers jours.

Les nouvelles révélations du Canard Enchaîné mettent un peu plus la pression sur la candidature de François Fillon. Jusqu’à présent, le candidat à l’élection présidentielle reste soutenu par son parti. Aucune fissure dans le front commun de la droite n’est à signaler. Mais en coulisses, selon plusieurs médias, certains semblent être à la manœuvre pour se positionner comme un éventuel recours en cas de désistement du vainqueur de la primaire.

Alors qu’aucun plan B n’est prévu chez Les Républicains et qu’Alain Juppé a déjà exclu d’être candidat à la place de François Fillon, les anciens ministres François Baroin, Xavier Bertrand et Laurent Wauquiez, eux, se tiendraient prêts.

>> À lire : Et si Fillon renonçait ? “Il n’y a rien de prévu”

Le Parisien révèle ainsi que les noms de domaine Baroin2017.fr, Bertrand2017.fr et Wauquiez2017.fr ont été déposés, vendredi 27 janvier chez l’hébergeur 1&1 Internet pour le premier, mardi 31 janvier chez OVH pour le deuxième et mardi 31 janvier chez Gandi pour le troisième.

Ah, en plein #PenelopeGate… le nom de domaine baroin2017.fr vient d’être déposé #Presidentiellepic.twitter.com/nNu5smLmgv

— Briac Trébert (@BriacTrebert) January 31, 2017

“Il a commencé à s’activer très discrètement en fin de semaine dernière, en approchant quelques parlementaires pour les sonder sur cette hypothèse”, a confié au Parisien un député francilien à propos de François Baroin. “Bertrand, il ne dit rien pour le moment et ne bouge pas une oreille. Mais c’est sûr qu’il y pense forcément”, a déclaré, toujours au Parisien, un sénateur filloniste.

Officiellement, les proches de François Baroin, Xavier Bertrand et Laurent Wauquiez démentent toutefois être à l’origine de ces réservations de noms de domaine. “C’est peut-être quelqu’un qui veut se faire de l’argent dans l’optique de se faire racheter le nom de domaine”, a suggéré à L’Express un membre de l’entourage du président de la région Hauts-de-France.

Première publication : 01/02/2017

Le Canard enchaîné de mercredi revient sur le scandale des emplois présumés fictifs de Pénélope Fillon et se demande si François Fillon n’aurait pas voté contre la loi sur la transparence de la vie publique en 2013 pour préserver sa femme.

“Je récuse l’idée que les hommes politiques soient tous corrompu”. La déclaration est de François Fillon, invité du journal de France 2 le 8 avril 2013, qui explique son refus de voter, quelques jours plus tard, le projet de loi pour la transparence de la vie publique. Un projet législatif initié par François Hollande à la suite de l’affaire Cahuzac et auquel le député Fillon est fermement opposé, comme presque tout le groupe UMP. L’élu de Paris avait d’ailleurs voté contre le texte, le 17 septembre 2013, lors du vote définitif, comme l’ensemble du groupe UMP, à l’exception de quatre députés.

Dans son édition à paraître mercredi 1er février, le Canard enchaîné fait le lien entre cette position du député d’alors et les soupçons d’emploi fictif qui pèsent aujourd’hui sur l’épouse du candidat à la présidentielle.

Penelope Fillon a été embauchée par son mari puis par son suppléant à l’Assemblée nationale de 1998 à 2007, puis de 2012 à 2013, en tant qu’attachée parlementaire. Ex-député puis sénateur de la Sarthe, François Fillon a été élu député de Paris en juin 2012 après avoir quitté le poste de Premier ministre qu’il a occupé sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

“Je ne voterai pas ce texte parce qu’il n’a aucun intérêt”

Le contrat de Penelope Fillon a pris fin exactement le 30 novembre 2013, et son mari l’explique alors ainsi dans le JDD : “Étant devenu député de Paris, je pensais qu’elle pourrait maintenir le lien avec la Sarthe, mais cela n’avait plus le même sens”. Le Canard enchaîné souligne que cela fait déjà un an et demi qu’il est élu dans la capitale.

Et que la date de cette démission coïncide avec l’entrée en application un mois plus tard, le 1er janvier 2014, de la loi sur la transparence de la vie publique. Ce texte oblige les parlementaires à inscrire sur leur déclaration de patrimoine l’identité de leurs collaborateurs et les activités professionnelles de leur conjoint.

Une loi à laquelle François Fillon s’était vigoureusement opposé à l’époque, comme le rappelle le Canard Enchainé qui a retrouvé des extraits de plusieurs interviews accordées par le député en 2013. Se positionnant contre le texte, il affirmait sur iTELE : “Je suis scandalisé que le gouvernement parle de loi de moralisation. Comme si la vie politique était immorale. Moi, je n’ai rien à cacher. Je ne voterai pas ce texte parce qu’il n’a aucun intérêt”.

Une enquête pour détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel avait été ouverte mercredi 25 janvier par le Parquet national financier (PNF) après les premières révélations du Canard enchainé.

>> À relire sur France 24 : “Perquisition à l’Assemblée nationale dans l’affaire Penelope Fillon”

Première publication : 01/02/2017