Archive for January, 2017

Trois mois après le démantèlement de la “jungle”, les associations tirent à nouveau la sonnette d’alarme à Calais où des dizaines de migrants ont fait leur retour – dont une majorité de mineurs. Elles réclament, en vain, l’aide de l’État.

Trois mois après le démantèlement de la “jungle” de Calais, des dizaines de migrants sont de retour dans la région, ont constaté plusieurs associations. “Nous avons compté à la louche le retour d’une centaine de mineurs dans la zone”, déclare Gaël Manzi, membre d’Utopia 56, une association qui effectue depuis le début de l’année des maraudes quotidiennes. “Ils ne se réinstallent pas dans l’ancienne ‘jungle'”, quadrillée par les forces de l’ordre, mais autour de l’ancien bidonville, ou aux abords de la gare de Calais-Fréthun, voire même dans le centre-ville, “ou près du port, sur les parkings”.

D’après l’asso Utopia 56, une centaine de mineurs est revenue a Calais ces dernières semaines.

— Gaele Joly (@joelgaly) 24 janvier 2017

Selon Gaël Manzi, la plupart de ces jeunes se sont probablement échappés des Caomi (Centres d’accueil et d’orientation pour les mineurs isolés) dans lesquels ils avaient été placés. En octobre 2016, près de 800 d’entre eux — sur les 2 000 jeunes qui erraient dans la “jungle” — avaient été acceptés au Royaume-Uni. Les autres avaient pris le chemin de foyers spéciaux, mais aucun d’entre eux n’avait vraiment renoncé à son rêve d’Angleterre. “La police ne les arrête pas, précise Gaël Manzi. Elle contrôle leur identité et leur propose un hébergement s’il y a de la place dans les foyers alentours.” Puis repart.

Un traitement dont ne bénéficient pas les personnes majeures. “On ne les voit pas, [elles] se cachent”, précise de son côté François Guennoc, de l’Auberge des migrants. Car, s’ils sont arrêtés, les adultes savent que la sanction sera plus lourde pour eux. Ils risquent d’être envoyés en centre de rétention. Avec le froid hivernal, les ONG s’inquiètent. “On a dû mal à les trouver, on doit pourtant les aider”, continue François Guennoc.

“Nous rappelons des volontaires”

Sur place, les associations notent aussi la présence de primo-arrivants parmi les migrants, des personnes qui arrivent pour la première fois dans le Calaisis, et qui n’ont jamais connu la “jungle”. Leur nombre est difficile à évaluer. “Ils sont au courant pour le demantèlement du bidonville mais ils viennent quand même tenter le passage”, précise François Guennoc. Pour les y aider, les passeurs sont toujours là. Ils savent que l’Angleterre n’a rien perdu de son attractivité. “Beaucoup de migrants qui arrivent se mettent en relation avec les passeurs qui sont à Grande-Synthe [dans le camp humanitaire]“, ajoute François Guennoc.

Une 15aine de mineurs vient chercher qq sac de couchage et repas chaud, avt de monter sur des camions. Visage de bébé, entre 13 et 17 ans pic.twitter.com/aroL7UFfkU

— Gaele Joly (@joelgaly) 24 janvier 2017

Les ONG craignent désormais d’être dépassées. Si ce n’est déjà le cas. “Nous rappelons des volontaires pour venir nous aider”, précise encore Gaël Manzi, d’Utopia 56. D’autres collectifs comme Help Refugees, Salam ou Refugees Kitchen ont aussi fait leur retour dans les environs. Toutes ont alerté les pouvoirs publics. Mais le dialogue est difficile : la préfecture du Pas-de-Calais persiste à ne parler que du retour d’une “poignée de migrants”.

>> À lire : “Rétro 2016 : de Calais à Lesbos, la crise des migrants continue de miner l’Europe”

Au plus haut sommet de l’État, les échanges n’ont pas été très constructifs non plus. Pourtant, les ministres de l’Intérieur et du Logement, Bruno Le Roux et Emmanuelle Cosse, ont reçu lundi 30 janvier, pour la première fois depuis le démantèlement de la “jungle”, les acteurs de terrain. Mais la réunion a vite tourné à un dialogue de sourds.

“Ils ne nous entendent pas”

Les associations ont réclamé de nouvelles structures pour accueillir dignement les nouveaux arrivants, l’État s’y est fermement opposé. Un centre d’accueil et d’orientation (CAO) existe déjà dans le département à Croisilles, non loin d’Arras, mais c’est le seul de la région. “Ils ne nous écoutent pas, ils ne nous entendent pas”, a confié François Guennoc qui dénonce un déni de réalité. “Je n’ai senti aucune ouverture de leur part […] Nous demandons juste un ‘dispositif de survie'”, assure-t-il. “On est très déçus, a affirmé de son côté à l’AFP Yannick Le Bihan, de Médecins du Monde. On va essayer de trouver des solutions pour accueillir et héberger les gens.”

Des migrants de retour à #Calais. Une douzaine de Soudanais et d’Érythréens ont trouvé refuge au centre d’accueil de jour de @caritasfrancepic.twitter.com/nEhmEaxZM4

— Thibault Lefèvre (@thibaultlefevre) 24 janvier 2017

Au chapitre de l’hébergement, les deux ministres ont toutefois confirmé l’ouverture prochaine d’un “centre d’accueil pour mineurs non accompagnés” et annoncé un nouveau CAO dans le Pas-de-Calais. Des places en Cada (Centres d’accueil pour demandeurs d’asile) devraient également être créées, à hauteur de 350, dans la région des Hauts-de-France. Mais là encore, les ONG déplorent un mauvais calcul. Ces places seront trop loin à “80, 100 km de Calais, […] Les gens reviendront” toujours dans la ville, a estimé Frédéric Amiel, représentant d’Emmaüs France.

Première publication : 31/01/2017

Une perquisition était en cours mardi à l’Assemblée nationale, dans l’enquête sur des soupçons d’emplois fictifs visant Penelope Fillon. La veille, le candidat de la droite à la présidentielle et son épouse ont été entendu par le Parquet.

L’enquête s’accélère dasn l’affaire Penelope Fillon. Au lendemain de l’audition par le Parquet des époux Fillon, une perquisition était en cours mardi 31 janvier à l’Assemblée nationale, dans l’enquête sur des soupçons d’emplois fictifs visant l’épouse du candidat de la droite pour l’élection présidentielle, a-t-on appris de source parlementaire.

Christian Jacob, président du groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale, a par ailleurs confirmé cette information.

Christian Jacob (LR) confirme la perquisition en cours à l’Assemblée nationale dans le cadre de l’affaire Penelope Fillon #PenelopeGatepic.twitter.com/kUz9fWlozK

— Romain Brunet (@romain2dc) 31 janvier 2017

Cette perquisition n’avait pas lieu dans le bureau du député de Paris, a constaté un journaliste de Reuters. Elle était vraisemblablement menée dans une annexe de l’Assemblée où sont situés les services administratifs, notamment concernant la paye, a précisé la source parlementaire. D’autres sources, proches de l’enquête, évoquaient plutôt une remise de documents.

“On se réjouit de l’évolution rapide de l’enquête afin qu’elle soit tout aussi rapidement clôturée”, a déclaré à Reuters l’avocat de François Fillon, Antonin Lévy.

L’enquête sur les activités de Penelope Fillon s’est accélérée lundi après-midi avec l’audition de chacun des deux époux à Versailles, qui a duré environ cinq heures.

Le Parquet national financier a ouvert mercredi dernier une enquête préliminaire pour détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel de ces délits.

Avec AFP

Première publication : 31/01/2017

Dans une interview mardi sur RFI, le négociateur nigérien chargé de la libération des otages d’Arlit refuse de faire le lien avec l’assassinat de Claude Verlon et Ghislaine Dupont au Mali, qu’il qualifie de “rapt d’opportunité qui a mal tourné”.

Dans une interview exclusive accordée à RFI mardi 31 janvier, Mohamed Akotey, le négociateur nigérien impliqué dans la libération des otages d’Arlit au Niger en octobre 2013, refuse de faire le lien entre les négociations pour la libération des otages d’Arlit et l’assassinat des deux reporters français de RFI Ghislaine Dupont et Claude Verlon en 2013 dans le nord du Mali. Mohamed Akotey évoque “un rapt d’opportunité qui a mal tourné”.

Une enquête journalistique diffusée la semaine dernière dans l’émission Envoyé Spécial sur France 2, retraçant les coulisses de la libération des otages d’Arlit, évoquait la possibilité d’un lien direct entre les ratés des négociations d’Arlit et l’assassinat des deux journalistes de RFI.

Selon Mohamed Akotey, qui s’exprime pour la première fois dans un média français, c’est justement la presse, qui aurait trop parlé “du montant faramineux de la rançon” versée pour libérer les otages d’Arlit, “que cela a dû donner des idées à quelques-uns. Ils ont trouvé ce qu’ils avaient sous la main et puis cela a mal tourné”.

Le négociateur nigérien d’Arlit estime également que l’ordre d’assassinat n’a pas été émis par la direction d’Aqmi. “J’en doute parce que venant de plus haut, les gens auraient dû préparer le coup de manière plus professionnelle, comme ils ont l’habitude de le faire, mais je pense qu’il a pris la décision tout seul, ou en tout cas avec des gens inexpérimentés” affirme-t-il.

La concurrence des négociateurs

Concernant les négociations pour la libération des otages d’Arlit, Mohamed Akotey rappelle qu’il a joué un rôle central. “C’est moi qui suis parti chercher les otages et que je les ai ramenés à Niamey. Avec les services de renseignements du Niger, on a pris l’hélicoptère du Niger et on les a ramenés à Niamey” souligne le négociateur. Il refuse toutefois donner le montant de la somme versée, et de dire si elle a été versée dans sa totalité.

Son témoignage revient également sur la concurrence entre les différents négociateurs envoyés sur le terrain pour tisser des réseaux et libérer les otages. On apprend, comme l’affirmait France 2, que deux négociateurs français se sont succédés, d’abord Jean-Marc Gadoullet, envoyé par la DGSE, puis Pierre-Antoine Lorenzi avec “l’appui” du ministère de la Défense, avant que celui-ci ne soit contraint de se retirer parce que “le directeur général de la DGSE s’est opposé à sa présence dans la mission”.

Sans critiquer frontalement le travail des Français, le négociateur nigérien rappelle à plusieurs reprises que les intermédiaires rencontrés par Jean-Marc Gadoullet ne sont pas sa “propriété”. D’après RFI, l’ex-négociateur de la DGSE accuse Mohamed Akotey d’avoir récupéré les fruits du travail qu’il avait lui-même initié.

Après la diffusion jeudi du reportage de France 2, France Médias Monde, partie civile dans l’enquête sur les circonstances de la mort de ses deux collaborateurs, a souhaité que la justice se saisisse des nouveaux éléments révélés par Envoyé spécial et mandate ses avocats afin qu’ils demandent au juge d’instruction de poursuivre les investigations.

Première publication : 31/01/2017

Des députés socialistes revendiquent mardi leur “droit de retrait” de la campagne de Benoît Hamon. Tentés par un ralliement à Macron, plusieurs élus de gauche se détournent désormais ouvertement du candidat investi par le PS.

Le rassemblement invoqué par Benoît Hamon au soir de sa victoire de la primaire de la gauche élargie, dimanche 29 janvier, s’annonce difficile. Deux jours après son investiture, le groupe des Réformateurs de l’Assemblée nationale et du Sénat – l’aile droite du Parti socialiste – a fait savoir, dans une tribune publiée mardi 31 janvier sur le site du Monde, qu’il “ne prendrait pas part à la campagne” du candidat PS.

>>À lire sur France 24 : “Benoît Hamon face au Casse-tête du rassemblement”

“À l’issue de cette primaire qui n’a rien résolu, nous sommes confrontés à un cas de conscience inédit : comment porter un projet présidentiel conçu comme l’antithèse d’une action de mandature que nous avons soutenue et dont nous revendiquons les avancées ?”, ont écrit Christophe Caresche et Gilles Savary, au nom du Pôle des Réformateurs au sein du Parti socialiste.

“Le rassemblement, c’est le respect de tous associé à des actes, ce ne peut être l’obligation, pour chaque socialiste, de se convertir à la ‘fronde’, ont-ils ajouté. Convaincus que le duel Fillon/Le Pen n’est pas inscrit dans les faits, nous restons fidèles à une ligne politique en phase avec les grands enjeux du temps présent”.

L’aile droite du PS s’estime notamment dans l’incapacité de soutenir “un ‘projet de société’ fondé sur une logique d’assistance généralisée et de dépréciation de la valeur travail”. “Nous considérons que ce serait contraire à la culture socialiste qui, historiquement, s’est construite autour de l’amélioration des conditions de travail et du temps du travailleur”, ont dénoncé les députés de Paris et de Gironde.

Ils estiment que “poser la ‘raréfaction du travail’ comme un postulat, c’est faire fausse route”. “C’est oublier que si des emplois disparaissent, d’autres vont émerger, grâce aux innovations technologiques ; et c’est passer à côté des termes du vrai défi, celui de la transformation du travail, liée en particulier à la révolution numérique”, indiquent-ils. Parmi les signataires de cette tribune figurent 17 députés, dont Alain Calmette, Jean-Louis Gagnaire et François Loncle.

>> À lire sur France 24 : “Non, le Parti socialiste n’est pas mort”

Ce texte pose ainsi la question de l’avenir du parti, dont certains élus ont déjà rallié la candidature concurrente d’Emmanuel Macron. Christophe Caresche et Gilles Savary ont reconnu “des divisions plus profondes que jamais” et ont reconnu “une césure réelle entre deux sensibilités idéologiquement distantes”. Réformateur également, le secrétaire d’État chargé du Développement et de la Francophonie, Jean-Marie Le Guen, a affirmé sur France Info mardi 31 janvier ne pas être sûr de voter pour Benoît Hamon.

#Presidentielle2017 Le Guen dit “ne pas être sûr” de voter Hamon #8h30Aphatiepic.twitter.com/Tls701gFm7

— franceinfo (@franceinfo) 31 janvier 2017

Cette déclaration n’est pas restée sans réponse : le député de Paris Pascal Cherki, fidèle à Benoît Hamon, a haussé le ton sur Twitter. “Si Jean-Marie Le Guen ne veut pas voter pour le candidat désigné par la primaire, il ne pourra plus être investi par le PS pour les législatives”, a-t-il prévenu. Le Parti socialiste avait en effet annoncé, en décembre dernier, que ceux qui soutiendraient Emmanuel Macron perdraient leur investiture pour la députation.

Si @jm_leguen ne veut pas voter pour.le candidat désigné par la primaire il ne pourra plus être investi par le PS aux législatives.

— Pascal Cherki (@pascalcherki) 31 janvier 2017

Lundi, Benoît Hamon a obtenu le soutien mesuré de Bernard Cazeneuve, qui a insisté sur la nécessité de rassembler la gauche et les “progressistes” et de défendre le bilan du quinquennat de François Hollande “dont nous avons toutes les raisons d’être fiers”. L’ancien ministre de l’Éducation a pour sa part affirmé qu’il ne changerait pas de cap ou de programme, mais qu’il s’enrichirait “des contributions des uns et des autres”.

Première publication : 31/01/2017

La stratégie de crise de François Fillon dans l’affaire Penelope est montée en puissance, dimanche, lors du meeting de La Villette. La mise en scène de son épouse, présentée comme une victime, était notamment au cœur du dispositif.

Pour Romain Mouton, fondateur de l’agence RM Conseil et expert en communication de crise, la stratégie de François Fillon, qui consiste notamment à ne pas céder à la pression médiatique et à en dire le moins possible sur les faits, colle à l’image du candidat qui se veut “droit dans ses bottes”. Selon lui, rien ne dit que cette affaire Penelope emportera la candidature Fillon.

France 24 : Après des réponses peu convaincantes, peut-on dire que la stratégie de communication du clan Fillon est montée en puissance le week-end dernier ?

Romain Mouton : C’est vrai qu’il y a eu un retard à l’allumage chez François Fillon et son équipe. Ils n’ont pas tout de suite pris la mesure de cette affaire et des conséquences qu’elle pouvait avoir. Et de fait, dans les premières heures, voire les premiers jours qui ont suivi les révélations du Canard Enchaîné, ni François Fillon, ni ses porte-parole n’avaient de stratégie ou d’éléments de langage calés. On sent bien, en revanche, que cela a changé depuis le 20 heures de TF1, jeudi soir, moment où les éléments de langage ont commencé à émerger. Il y a ensuite eu une interview posée dans le Journal du Dimanche et enfin ce discours de La Villette marqué par des images fortes que tout le monde retient : la remise d’un bouquet de fleurs, la main posée de François Fillon sur celle de sa femme, les larmes de Penelope, les mots forts prononcés par son mari à la tribune. Tout a été fait pour la présenter comme une victime.

>> À lire : À La Villette, François Fillon et la droite font bloc contre les attaques

Le choix a visiblement été fait de ne pas répondre sur le fond de l’affaire et de jouer la carte de l’émotion…

Il y a des moments où la crise est tellement forte que la réponse du politique est d’abord une réponse d’homme avant d’être celle d’un communicant. François Fillon a parlé avec son cœur, répétant notamment à plusieurs reprises combien il aimait sa femme. C’est aussi une stratégie de communication qui consiste à parler de l’humain plutôt que des faits. D’ailleurs, Florence Portelli, qui animait le meeting de La Villette dimanche, a appelé les femmes à se lever pour applaudir Penelope. Ce n’était pas anodin, il y avait là un appel “communautaire” de soutien entre femmes.

François Fillon fait par ailleurs le choix de laisser la justice faire son travail. Son argument est de dire qu’il s’expliquera devant la justice et qu’il ne veut pas se soumettre au tribunal médiatique. Cela va bien avec son image construite autour de sa fermeté et de sa volonté de ne pas s’étaler dans les médias. En cela, il est cohérent. Il ne cède pas à la pression médiatique.

Cette stratégie peut-elle être payante vis-à-vis des électeurs non acquis d’office à François Fillon ?

Tout peut arriver. On l’a vu lors des dernières élections, que ce soit à l’étranger ou en France lors des primaires de la droite et de la gauche. Les Français savent aussi peser le pour et le contre. En termes de communication, les choses peuvent se retourner très rapidement. On est actuellement dans une séquence de buzz médiatique. Mais à force de voir Fillon se faire taper dessus, les Français pourraient aussi vouloir prendre sa défense. Encore une fois, tout est possible. À ce stade, on ne peut pas affirmer que le Penelopegate ait tué Fillon.

Cela dit, je constate que son équipe de campagne n’a pas pris en compte les réseaux sociaux dans sa réponse, or toute communication de crise aujourd’hui doit être globale. Cette affaire est très commentée sur Internet et une pétition a notamment été lancée sur le site Change.org demandant à Penelope Fillon de rendre les 500 000 euros. Plus de 210 000 personnes l’ont déjà signée. Or rien n’a été prévu pour contrer ce mouvement sur les réseaux sociaux qui, même s’ils ne sont pas totalement représentatifs de la population française, restent une caisse de résonnance de l’opinion publique.

Première publication : 30/01/2017

Le Premier ministre Bernard Cazeneuve a exprimé lundi 30 janvier ses “vœux sincères” de réussite à Benoît Hamon, candidat à la présidentielle, tout en le prévenant que la gauche “ne réussirait pas” sans “assumer le bilan” du quinquennat Hollande.

Au lendemain de la victoire de Benoît Hamon à la primaire de la gauche, Bernard Cazeneuve a prévenu le candidat du PS à la présidentielle que la gauche “ne réussira pas sans assumer le bilan du quinquennat de François Hollande”.

Lors de cette entrevue, lundi 30 janvier à Matignon, le Premier ministre a adressé ses “félicitations” et ses “vœux sincères” à l’ex-frondeur, tout en donnant dans le ton de l’avertissement et de la défense du bilan de la présidence Hollande, critiqué par Benoît Hamon. “La gauche a plus que jamais le devoir d’être à la hauteur” pour les élections, a déclaré le successeur de Manuel Valls, défait dimanche. “Je le dis clairement et nettement comme je l’ai dit à Benoît Hamon : elle ne pourra l’emporter que si elle est fière d’elle-même, fière de son histoire, fière de ce qu’elle a accompli, fière de son projet pour l’avenir”, a prévenu Bernard Cazeneuve.

>> En images : Benoît Hamon, l’éternel second du PS devenu premier

L’hommage de Cazeneuve à Valls

“La campagne électorale, si elle veut réussir, devra prendre appui sur les immenses progrès” du quinquennat, a-t-il précisé, citant “la généralisation du tiers payant, la réorientation de l’Union européenne” ou encore l’accord sur le climat.

“C’est à [Benoît Hamon] qu’il appartient de rassembler, de trouver les mots, les gestes, les thèmes pour se faire”, a souligné le Premier ministre. Qui en a profité pour rendre un hommage appuyé au vaincu de la primaire, Manuel Valls, saluant “son action, ses combats, son engagement à les mener”. “Manuel Valls est un homme d’État avec lequel je suis fier d’avoir gouverné”, a-t-il indiqué.

Sorti quelques minutes plus tôt de l’entretien d’une heure avec le Premier ministre, Benoît Hamon avait affirmé qu’il entendait “maintenir le cap” fixé lors de sa campagne de la primaire, même s’il “s’enrichirait des uns et des autres”.

Jeudi, c’est François Hollande, qui s’est abstenu jusqu’à présent de tout commentaire sur la primaire, qui recevra Benoît Hamon à l’Elysée.

Avec AFP

Première publication : 30/01/2017

Le procès du voleur présumé de cinq toiles de maître en 2010 au musée d’Art moderne de Paris s’est ouvert lundi devant le tribunal correctionnel de Paris.

C’est le procès d’un casse presque parfait qui s’est ouvert lundi 30 janvier devant le tribunal correctionnel de Paris : en 2010, cinq toiles de maître signées Picasso, Matisse, Modigliani, Braque et Léger avaient été volées au musée d’Art moderne de Paris. Arrêté en mai 2011, Vjéran Tomic, 49 ans, surnommé “l’homme-araignée”, avouera rapidement le vol, sans jamais donner le nom des commanditaires.

Deux hommes, dont l’un de ses contacts réguliers, sont poursuivis pour recel. Tous trois comparaissent libres. Pour avoir dérobé ou recelé des trésors, “en bande organisée”, ils encourent jusqu’à dix ans de prison. Une peine qui peut être doublée pour “l’homme-araignée”, compte tenu de la récidive légale : il compte déjà quatorze condamnations au casier pour des vols de bijoux et de toiles de maître chez de riches particuliers.

Peu avant le début de l’audience devant le tribunal correctionnel de Paris, aux journalistes qui l’interrogent, il répond, tout sourire : “Quel rôle j’ai eu ? Arsène Lupin”. Le gentleman cambrioleur autoproclamé affirme qu”il “rendrait bien les toiles à la police” s’il les avait encore.

Un butin estimé entre 100 et 200 millions d’euros

Cette nuit du 19 au 20 mai 2010, il est 3 h 30 quand la température chute brusquement au musée d’Art moderne de la ville de Paris. Une baie vitrée en plexiglas vient d’être descellée à l’aide d’une dévisseuse, le cadenas d’une grille coulissante sectionné : un homme est entré. La silhouette se glisse d’une salle à l’autre, vers la “Nature morte au chandelier” (1922) de Fernand Léger. Les rivets antivol fixés au tableau sont arrachés.

Voyant qu’aucune alarme ne se déclenche, l’audacieux continue sa déambulation. Aux enquêteurs, Vjéran Tomic dira qu’il venait pour le Léger, ne pensant pas pouvoir arriver jusqu’à la robe jaune de “La Femme à l’éventail” (1919) d’Amedeo Modigliani. Mais la chance lui sourit et il s’enhardit à décrocher aussi “Le Pigeon aux petits pois” (1911) de Pablo Picasso, “L’Olivier près de l’Estaque” (1906) de Georges Braque et une “Pastorale” (1906) d’Henri Matisse, des toiles qui lui “plaisent”.

Un butin estimé à près de 100 millions d’euros par la mairie de Paris, propriétaire des toiles, mais jusqu’à 200 millions par certains experts.

“Des chefs-d’œuvre d’une valeur inestimable, qui dépasse de loin la valeur marchande”, balaie le président de la 32e chambre, Peimane Ghalez-Marzban, qui souligne la “facilité déconcertante” avec laquelle le vol est commis en raison des “défaillances” de sécurité.

Au musée cette nuit-là, les trois gardiens ne voient rien, les détecteurs de mouvement sont défaillants depuis deux mois et les alarmes déclenchées par des bris de vitre hors service.

Un renseignement anonyme

C’est un renseignement anonyme qui mettra les policiers sur la trace de Vjéran Tomic. Sa silhouette athlétique a été repérée autour de l’esplanade du Trocadéro, voisine du musée, les jours qui précédent le vol. Son téléphone ou celui de ses proches ont borné dans cette zone à la période du vol.

Écoutes et surveillances permettent de reconstituer son emploi du temps à la sortie du musée : son téléphone le situe gare de Lyon puis dans un parking de Bastille. C’est là qu’il se serait délesté des tableaux au profit d’un premier receleur. Un second avouera avoir gardé les toiles un moment puis s’en être débarrassé, dans des poubelles.

Une thèse qui ne convainc pas les enquêteurs, la justice doit à présent trancher.

Avec AFP

Première publication : 30/01/2017

Dans le cadre de l’enquête préliminaire sur des emplois potentiellement fictifs, François Fillon et son épouse Penelope ont été entendus lundi par le parquet national financier.

L’épouse de François Fillon a-t-elle bien travaillé en contrepartie de ses rémunérations en tant qu’attachée parlementaire et collaboratrice à la “Revue des Deux Mondes” ? Pour tenter de répondre à cette question, le parquet national financier a entendu, lundi 30 janvier, le couple Fillon, selon des informations de BFM TV.

Le milliardaire Marc Ladreit de Lacharrière, propriétaire de La Revue des Deux Mondes, a aussi été entendu lundi par les policiers, a appris l’AFP auprès d’une source proche du dossier.

>>À lire : Pas de plan B prévu chez Les Républicains en cas de désistement de François Fillon

La justice, qui a ouvert une procédure la semaine dernière, cherche à déterminer si Penelope Fillon a bénéficié d’emplois fictifs. Selon des révélations du Canard Enchaîné, l’épouse du candidat de la droite à la présidentielle aurait touché environ 500 000 euros brut en huit ans comme attachée parlementaire, et 5 000 euros brut par mois pour sa collaboration comme “conseillère littéraire” à la Revue des Deux Mondes, entre mai 2012 et décembre 2013.

Avec Reuters et AFP

Première publication : 30/01/2017