Archive for February 9th, 2017

Vide de tout pensionnaire depuis le 9 février, le centre de déradicalisation de Pontourny, en Indre-et-Loire, sera fixé sur son sort dans les prochaines semaines. Les élus locaux réclament un moratoire pour “tout remettre sur la table”.

Inauguré en grandes pompes en septembre 2016, le centre de déradicalisation de Pontourny, le premier et le seul en France, est officiellement vide depuis le 9 février, après que son dernier pensionnaire a été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour violences et apologie du terrorisme.

Lors d’une réunion du comité de suivi du fonctionnement du centre, vendredi 10 février, les élus locaux ont réclamé un moratoire “d’au minimum un mois” pour décider de son avenir et “tout remettre sur la table”. Si pour le ministre de l’Intérieur, Bruno Le Roux, une fermeture n’est pas envisagée, pour le député PS de la circonscription, Laurent Baumel, un débat sur la question doit avoir lieu.

Un site qui se voulait prototype

À l’origine, ce premier centre de “prévention, d’insertion et de citoyenneté” (CPIC), avait été conçu pour 25 à 30 jeunes “volontaires en voie de radicalisation” durant une période maximum de dix mois dans une structure comprenant une trentaine de salariés, renforcée par des intervenants extérieurs.

Cependant, le centre n’a jamais fonctionné “à pleine puissance”. Il n’a reçu qu’un maximum de neuf jeunes depuis son ouverture, a indiqué Jean-Luc Dupont, maire LR de Chinon et président de la communauté de communes.

Depuis son ouverture, il s’est heurté à l’hostilité des riverains et les élus avaient exprimé de fortes réticences. Pour vaincre ces oppositions, le gouvernement s’était engagé à n’intégrer que des volontaires, qui ne seraient “pas sous main de justice pour faits de terrorisme, n’auraient pas tenté d’aller en Syrie ou n’auraient pas été condamnés pour des faits de violence”. Dans ces conditions, pas facile de remplir le centre. Quant à en ouvrir un dans chacune des 13 régions que compte la France métropolitaine, le projet semble désormais à l’abandon.

Les riverains, rassemblés dans l’association “Radicalement digne de Pontourny”, sont cependant toujours vent debout. Ils estiment avoir été floués sur ces promesses après deux “dysfonctionnements” : dès septembre, un pensionnaire avait dû être exclu après la révélation de précédentes condamnations pour des faits violents, et en janvier dernier, l’interpellation en Alsace d’un pensionnaire du centre lors d’une opération antijihadiste a constitué “le couac de trop”, pour le député PS de la circonscription.

“L’État nous a constamment menti. Aux riverains, aux élus locaux, à la presse. Dès début septembre, il y avait un individu de Strasbourg qui faisait partie de la filière de ceux qui ont massacré au Bataclan. Il y a eu un fiché S”, dénonce Michel Carrier, président de l’association d’opposants. Une nouvelle manifestation pour appeler à la fermeture doit avoir lieu samedi 11 février à Beaumont-en-Véron.

L’avenir du centre en question

“La question de la fermeture du centre reste posée, mais l’État souhaite continuer l’expérience, même s’il admet des difficultés sérieuses”, a expliqué aux journalistes Laurent Baumel. Selon lui, un moratoire d’un mois “va permettre de discuter sérieusement des garanties que l’État peut apporter quant au respect des critères qui avaient été fixés” sur le profil des jeunes qui peuvent être accueillis à Pontourny. “Si l’État dit : nous ne sommes pas capables de trouver des jeunes volontaires, il n’est pas question de continuer cette expérience en faisant venir des individus dangereux. La fermeture de ce centre, tel qu’il est, sera à mon avis inéluctable.”

À droite, beaucoup dénoncent cette fermeture et en font déjà un argument politique contre le Parti socialiste. Sur Twitter, Rachida Dati, députée européenne dit qu’il y a “urgence” à ce que la France se dote une “politique et d’un programme sérieux de déradicalisation”.

Qd la France se dotera enfin d’une réelle pol et d’un pgmme sérieux de #déradicalisation? Il y a urgence! https://t.co/l0TW2Mpc7X@europe1

— Rachida Dati ن (@datirachida) 9 février 2017

Eric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes a aussi mis son grain de sel :

Il n’y a pas de volontaires à la déradicalisation ? Alors ne leur demandons pas leur avis ! #Pontournyhttps://t.co/pb0L1hKXmW

— Eric Ciotti (@ECiotti) 9 février 2017

Marion Maréchal Le Pen, députée Front national du Vaucluse, dénonce “l’escroquerie” de ces centres :

Fin du mythe de la deradicalisation. Ces centres ne servaient à rien ! #deradicalisationescroqueriepic.twitter.com/CrdTdpHFVe

— Marion Le Pen (@Marion_M_Le_Pen) 9 février 2017

Cependant, le ministre de l’Intérieur a écarté la fermeture de Pontourny. “Je peux vous dire que ce centre va rester ouvert”, a-t-il déclaré vendredi sur Europe 1. “Localement, il n’y a jamais eu aucun problème avec ce centre.” Il a par ailleurs annoncé “une évaluation à la fin du premier semestre”.

“J’ai demandé au préfet de donner de nouveaux cas pour pouvoir le remplir”, a ajouté M. Le Roux. Mais “l’objectif n’est pas de remplir à tout prix Pontourny. Il faut des profils idoines pour intégrer le centre”, a-t-on tempéré au ministère de l’Intérieur, soucieux de ménager les susceptibilités locales.

Avec AFP

Première publication : 10/02/2017

Une semaine après l’attaque contre des militaires au Carrousel du Louvre, L’auteur présumé a été mis en examen, vendredi, notamment pour tentatives d’assassinats en lien avec une entreprise terroriste.

Abdallah El-Hamahmy, l’auteur présumé de l’attaque contre des militaires en patrouille au Carrousel du Louvre à Paris, a été mis en examen vendredi 10 février, notamment pour tentatives d’assassinats en lien avec une entreprise terroriste, a-t-on appris de source judiciaire.

Cet Égyptien de 29 ans, grièvement blessé par des tirs de riposte des militaires lors de son attaque la semaine dernière, s’est vu notifier sa mise en examen par un juge antiterroriste à l’hôpital européen Georges-Pompidou à Paris, où il est soigné. En raison de son hospitalisation, le débat sur sa détention provisoire a été différé.

L’homme a confirmé être Abdullah Reda El Hamahmy, et a livré sa version des faits, à savoir qu’il avait voulu s’attaquer à des œuvres d’art du musée du Louvre avec les bombes de peinture qu’il transportait dans son sac à dos, et venger le peuple syrien.

Une source proche de l’enquête a précisé qu’il avait déclaré en garde à vue, lundi 6 février, qu’il adhérait aux thèses du groupe État islamique mais qu’il n’avait pas reçu d’instruction ni n’avait prêté allégeance.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 10/02/2017

Le ministre de l’Intérieur a annoncé le déploiement de caméras mobiles pour “apaiser” la relation entre policiers et civils. Pour le chercheur Mathieu Zagrodzki, si le dispositif a fait ses preuves aux États-Unis, c’est en amont qu’il faut œuvrer.

Alors que l’interpellation du jeune Théo L. à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), dans des conditions de violence extrême, continue de susciter indignation et mobilisation, le ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux a annoncé jeudi 9 février la prochaine utilisation de 2 600 caméras mobiles dites également “caméras piétons”, équipées d’un dispositif de “déclenchement automatique” au bénéfice des policiers et des gendarmes. Ce dispositif, installé sur les policiers, permet de filmer interpellations ou contrôles d’identités, et doit contribuer à détendre les relations entre la police et les personnes lors de contrôles d’identité.

Certains policiers et gendarmes disposent déjà de ces caméras, mais leur expérimentation va comprendre désormais un déclenchement obligatoire. “À partir du 1er mars, il y aura des décrets qui seront publiés pour que, quand il y a contrôle d’identité, le déclenchement de la caméra piéton soit obligatoire”, a précisé le ministre de l’Intérieur sur Europe 1 vendredi.

Alors que le débat sur les rapports entre police et civils dans les quartiers urbains dits sensibles a été relancé, Bruno Le Roux a rappelé que ce dispositif “apaisait la relation lors d’un contrôle”.

Mathieu Zagrodzki, chercheur en sciences politiques et spécialiste des questions de sécurité, a soutenu en 2009 une thèse qui portait sur le déploiement de ce système aux États-Unis, et notamment à Los Angeles. Il estime que le dispositif a fait ses preuves outre-Atlantique et pourrait contribuer en France à améliorer les contrôles de police.

France 24 : Quelle peut-être l’utilité de ces “caméras mobiles ” ?

Mathieu Zagrodzki : Ces caméras embarquées peuvent fournir des éléments de preuves pour les deux parties, lorsqu’au cours d’un contrôle un policier accuse un citoyen d’outrage ou de rébellion, comme lorsqu’un citoyen accuse les forces de l’ordre de violences ou de comportements non-déontologiques. Ces dispositifs ont commencé à être déployés aux États-Unis lorsqu’on s’est rendu compte qu’il était aisé pour les passants de filmer des arrestations lorsqu’elles dégénéraient ; aujourd’hui tout le monde peut le faire avec son smartphone. C’était une demande policière à la base, car la police estimait, dans certaines affaires, que les documents vidéos existants étaient biaisés, que seule une partie de la scène posant problème, celle montrant des violences policières était diffusée, et non celle montrant le comportement de l’interpellé.

Cela vous semble être une bonne idée ?

Tout ce qui augmente la transparence et permet d’apporter des preuves supplémentaires quand il y a conflit entre un policier et un citoyen est positif. Cependant, il ne faut pas voir ces caméras comme une solution miracle, et ne jamais oublier qu’une caméra filme toujours sous un angle particulier. Il peut se passer des choses hors-champ.

Surtout, en amont, il faut d’autres dispositifs pour prévenir les incidents et la violence. Il faut réfléchir à la gestion de l’interaction entre policiers et civils, à la manière de mener un contrôle… Le but c’est quand même d’éviter en amont des situations susceptibles de réclamer des preuves vidéo.

La présence de caméras embarquées aurait-elle pu éviter les violences subies par Théo L. à Aulnay ?

C’est difficile à dire. Quand une situation dégénère, quand des policiers perdent le contrôle, la présence d’une caméra ne va pas systématiquement changer les choses… Quand les policiers font un usage excessif de la force, c’est tout un environnement et tout un contexte qui amène à l’escalade. On est dans une situation extrêmement dégradée dans certains quartiers où la police est vue comme l’adversaire, et où, réciproquement, les fonctionnaires voient la population comme un bloc uniforme et ennemi. Pour éviter dérapages et violences de part et d’autre, c’est cela qu’il faut changer avant tout.

Par ailleurs, dans certains cas, dans le feu de l’action, ou au cours d’une interaction où les policiers sont en tort, pas sûr que la caméra soit déclenchée.

La caméra embarquée a-t-elle fait ses preuves aux États-Unis ?

Ces dispositifs sont utilisés depuis plusieurs années outre-Atlantique, et ils ont incontestablement fait leurs preuves. Par exemple, à Rioalto, l’une des premières communes de Californie à avoir adopté ce système, une étude de terrain effectuée dans les années 2010 a prouvé que la présence de caméras embarquées avait pacifié les relations entre la police et la population. Après un an d’utilisation des “body-camera”, on a enregistré une baisse de plus de 80 % du nombre de plaintes contre la police pour brutalité. À cela, deux explications : la présence de caméras a sans doute prévenu nombre de comportements inappropriés de la part de la police, et elle a également fait chuter les plaintes abusives.

Quid du respect de la vie privée et du droit à l’image – les personnes filmées le sont parfois dans des situations inconfortables ?

Tout dépend des règles de stockage et de l’utilisation de ces données. Aux États-Unis, les vidéos sont stockées dans des serveurs sécurisés. Seules les autorités judiciaires y ont accès dans le cadre d’une enquête et les bandes sont détruites au bout d’un moment…

Il appartient à l’État d’encadrer tout cela et d’édicter des règles strictes. À mon sens, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Cette réforme est utile, et les potentielles conséquences négatives sont moins graves que les troubles qu’elle peut prévenir.

Première publication : 10/02/2017

La mairie de Calais a fait installer mercredi une benne à ordure pour bloquer l’entrée des locaux du Secours catholique, qui y installait des douches pour les migrants. L’association proteste et réfléchit à une action en justice.

Les relations se tendent un peu plus entre la mairie de Calais et les associations d’aide aux migrants. Mercredi 8 février, la municipalité déposait une plainte contre X après la découverte de ce qu’elle considère être un squat de migrants, abrités sous une structure du Secours catholique.

Le lendemain, des employés municipaux installaient une benne à ordures devant un bâtiment de l’association pour empêcher l’installation de blocs sanitaires à disposition des migrants.

L’ONG, qui entretenait déjà un dialogue difficile avec la mairie, dit désormais réfléchir à la possibilité de poursuites judiciaires.

Le retour des migrants à Calais

Le Secours catholique souhaitait installer trois blocs de douches pour améliorer les conditions d’hygiène des populations de migrants. Les deux premiers ont pu être acheminés dans les locaux de l’association mais le troisième a été bloqué, mercredi, par le directeur de cabinet du maire de Calais, qui a d’abord utilisé son véhicule personnel avant de demander l’installation d’une benne à ordure.

Depuis quelques mois, les migrants sont de retour à Calais, toujours dans l’espoir d’atteindre le Royaume-Uni. “Une cinquantaine d’exilés viennent nous voir régulièrement dans nos locaux, principalement des mineurs érythréens et soudanais”, explique à France 24 Jacky Verhaegen, du Secours catholique de Calais.

L’association a constaté chez ces jeunes deux cas de gale ainsi qu’un d’impétigo, une maladie de la peau très contagieuse, et justifie ses installations par “l’urgence sanitaire”. “Nous avons décidé d’installer des douches car ces personnes font face à de gros problèmes d’hygiène et ont ainsi un besoin vital de se reposer, de manger et surtout de se laver”, insiste-t-il.

>> À lire : Trois mois après le démantèlement de la “jungle”, les migrants de retour à Calais

La crainte de voir un camp se reformer

À la mairie, on indique que le Secours catholique avait été autorisé à ouvrir ce local afin “de distribuer des chaussures et des vêtements pour les migrants à l’époque où la ‘jungle’ de Calais était encore en activité”, précise à France 24 Emmanuel Agius, premier adjoint. Et non d’y ouvrir des douches.

Or, ajoute l’édile Les Républicains, “aucune autorisation d’urbanisme, pourtant obligatoire, n’avait été délivrée”.

Ces questions “techniques” mises à part, la plus grande crainte des autorités calaisiennes est de voir se reformer un camp de migrants dans la région. “Nous n’avons pas vécu le démantèlement du camp de la Lande pour revenir en arrière quelques mois plus tard et installer des douches en plein cœur de la ville”, se justifie Emmanuel Agius. “Cela pourrait créer un appel d’air. On a déjà donné, c’est terminé, ça suffit”.

L’adjoint au maire dit également vouloir défendre la population, qui est selon lui “traumatisée de ce qu’elle a vécu pendant toutes ces années”, et espère pouvoir redorer l’image de sa ville en faisant revenir une activité touristique, “au même titre que les autres villes de France”.

Le Secours catholique, qui dénonce le retour du délit de solidarité, a fait constater mercredi par huissier la présence de cette benne placée sur le domaine public et empêchant l’entrée des voitures dans la cour du bâtiment. En attendant, “le dialogue avec la mairie, qui était déjà difficile, est complétement rompu”, conclut Jacky Verhaegen.

Avec AFP

Première publication : 10/02/2017

Le Conseil constitutionnel a déclaré non conforme, vendredi, le délit de consultation habituelle de sites djihadistes créé par la loi du 3 juin2016.

Le Conseil constitutionnel a déclaré contraire à la loi fondamentale un article de la loi du 3 juin 2016 sanctionnant le délit de consultation “habituelle” de sites jihadistes, dans une décision publiée vendredi 10 février.

Les Sages, saisis en décembre d’une question de droit sur cet article du code pénal, ont estimé que ce texte portait atteinte aux libertés fondamentales alors que la France était déjà dotée d’un arsenal législatif conséquent pour lutter contre le terrorisme et la consultation de sites illicites. Leur décision prend effet immédiatement.



Déjà de “de nombreuses prérogatives”

“Le Conseil constitutionnel a (…) jugé (…) que les dispositions contestées portent à l’exercice de la liberté de communication une atteinte qui n’est pas nécessaire, adaptée et proportionnée”, peut-on lire dans un communiqué de l’institution.

Les Sages rappellent par ailleurs que la justice comme l’administration française disposent déjà “de nombreuses prérogatives” pour contrôler les sites provoquant au terrorisme ou en faisant l’apologie, réprimer les auteurs de ces délits et surveiller les individus dont la consultation de ces sites révèle “une intention terroriste”.

La loi “réprime d’une peine de deux ans d’emprisonnement le simple fait de consulter à plusieurs reprises un service de communication au public en ligne, quelle que soit l’intention de l’auteur de la consultation”, souligne le Conseil constitutionnel.



Avec AFP et Reuters

Première publication : 10/02/2017

La Sous-direction antiterroriste a arrêté à Montpellier quatre personnes soupçonnées de préparer un attentat en France. Selon la chaîne M6, les suspects souhaitaient perpétrer une attaque à la ceinture explosive dans un lieu touristique de Paris.

Quatre personnes, dont une mineure de 16 ans, soupçonnées de préparer un attentat en France ont été arrêtées, vendredi 10 février au matin, à Montpellier, dans l’Hérault, par la Sous-direction antiterroriste (SDAT).

L’opération “a permis de déjouer un projet d’attentat imminent sur le sol français”, indique Bruno Le Roux, ministre de l’Intérieur, dans un communiqué. La police antiterroriste a interpellé “quatre individus, dont trois directement suspectés de préparer une action violente sur notre territoire”, à Montpellier, Clapiers et Marseillan, précise-t-il.

“Les quatre suspects, âgés de 16, 20, 26 et 33 ans, ont été arrêtés après qu’ils avaient acheté de l’acétone”, un produit pouvant servir à la confection d’un engin explosif, a expliqué une source policière. “Les enquêteurs pensent qu’un passage à l’acte était prévu, mais on ne sait pas où et comment, a-t-elle précisé. La volonté de passer à l’acte et de confectionner plusieurs engins explosifs semble matérialisée.”

Repérée sur les réseaux sociaux

Lors des perquisitions, du TATP – un explosif artisanal puissant mais très instable, prisé des jihadistes – ainsi que de l’acétone, de l’eau oxygénée, des seringues et des gants de protection ont été découverts, a précisé une source judiciaire.

Parmi eux figure une jeune fille de 16 ans qui avait été repérée par la police sur les réseaux sociaux, après avoir exprimé la volonté de partir en zone syro-irakienne ou de frapper la France.

“L’un de ses mentors était un des objectifs de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI)”, a indiqué la source policière. Selon les premiers éléments dont disposent les enquêteurs, cet homme, âgé de 20 ans, projetait de “se faire exploser”, a complété la source.

Avec AFP

Première publication : 10/02/2017

L’agriculteur Cédric Herrou a été condamné à 3 000 euros d’amende avec sursis pour avoir aidé des migrants à franchir la frontière franco-italienne. Le parquet de Nice avait requis huit mois de prison avec sursis.

Cédric Herrou, l’agriculteur du sud-est de la France connu pour son soutien aux migrants en situation irrégulière, a été condamné, vendredi 10 février, à 3 000 euros d’amende avec sursis pour avoir aidé des migrants à franchir la frontière franco-italienne. Le parquet de Nice avait requis début janvier sa condamnation à huit mois de prison avec sursis.

L’agriculteur qui réside dans la vallée de la Roya, une région rurale située sur les hauteurs entre Menton et l’Italie (voir carte ci-dessous), est devenu l’emblème de l’accueil des réfugiés par des habitants. “Même si vous me condamnez, on continuera”, avait-il déclaré lors de son procès.

“Procès politique”

D’abord improvisée et menée dans l’urgence, l’aide aux migrants qui transitent par sa vallée est devenue le cheval de bataille de ce Niçois de 37 ans, reconverti dans l’agriculture bio à Breil-sur-Roya.

>> À lire : Rassemblement à Paris pour dénoncer le délit de solidarité avec les migrants

Assumant le risque de la prison, il avait multiplié ces derniers jours les attaques à l’encontre de la préfecture et du département des Alpes-Maritimes, bastion des Républicains (LR), mettant en cause les reconduites illégales de mineurs isolés vers l’Italie, leur prise en charge par le Conseil général, et dénoncé “un procès politique” à son égard.

En août 2016, Cédric Herrou avait déjà été inquiété par la justice pour le transport de huit Érythréens. “C’était limite certes, mais on avait classé sans suite sur le motif d’immunité humanitaire”, a rappelé cette semaine le procureur Jean-Michel Prêtre.


© FRANCE 24

Avec AFP

Première publication : 10/02/2017