Archive for February 10th, 2017

Des incidents ont éclaté samedi en marge d’un rassemblement à Bobigny de plusieurs centaines de personnes en solidarité avec Théo, victime d’un viol présumé lors d’une interpellation brutale le 2 février à Aulnay-sous-Bois.

“La police viole”, “je ne suis pas un bamboula”, “la police tue des innocents” : les pancartes visant les forces de l’ordre étaient de mise samedi 11 février lors de la manifestation organisée devant le tribunal de Bobigny, au nord-est de Paris, en solidarité avec Théo, le jeune homme victime d’un viol présumé lors d’une interpellation brutale à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

Toujours hospitalisé, Théo L., jeune homme noir de 22 ans, a raconté avoir été victime le 2 février d’un viol avec une matraque télescopique au cours d’une interpellation violente aux 3 000, une cité d’Aulnay-sous-Bois. L’affaire, devenue hautement politique, a ravivé la délicate question des rapports entre jeunes et forces de l’ordre en banlieue.

Les manifestants ont scandé des slogans dénonçant les violences policières réclament la “justice pour Théo” et évoquant aussi Zyed et Bouna, les deux adolescents dont la mort dans un transformateur électrique a entraîné des émeutes en banlieue en 2005, ou Adama Traoré, mort lors de son interpellation l’été dernier dans le Val-d’Oise.

Camionnette incendiée

Vers 17 h, après plus d’une heure de manifestation, des policiers postés sur une passerelle au-dessus du lieu du rassemblement ont reçu des projectiles lancés par des manifestants. Des cris, des bruits de pétards et des mouvements de foule ont suivi.

Des casseurs s’en sont pris, notamment à coups de pieds, à des vitres d’immeubles, à des abribus et au mobilier urbain.Une camionnette siglée RTL a aussi été incendiée. L’équipe de reportage est “choquée mais pas blessée”, a indiqué la station de radio à l’AFP.

Bobigny – Un camion RTL incendié. pic.twitter.com/boAcUX9Hsb

— Remy Buisine (@RemyBuisine) 11 février 2017

Alors que les policiers tiraient des grenades de gaz lacrymogènes, les manifestants ont commencé à se disperser en début de soirée.

D’autres rassemblements ont eu lieu en France. A Rouen, quelque 200 personnes ont manifesté dans un climat tendu. Deux abribus ont été dégradés, plusieurs poubelles incendiées et une caserne de gendarmerie dégradée, selon la préfecture, évoquant “deux interpellations pour attroupement”.

En revanche, c’est dans le calme que 250 personnes se sont réunies à Toulouse derrière une banderole “Nous ne sommes pas du gibier à flics. Nos quartiers ne sont pas des stands de tirs”.Aucun incident à Nantes, où plus de 300 personnes ont défilé aux cris de “Tout le monde déteste la police”. Tout comme à Caen (90 manifestants).

Dans la nuit de vendredi à samedi, huit personnes avaient été interpellées en Seine-Saint-Denis, où les tensions consécutives au viol présumé de Théo ont baissé d’un cran, selon des sources policières. Vingt-cinq personnes avaient été interpellées la nuit précédente.

L’un des quatre policiers ayant procédé à l’interpellation a été mis en examen pour viol, les trois autres pour violences.

Avec AFP

Première publication : 11/02/2017

Avec une sécurité renforcée, Nice tient à compter de samedi son 133e carnaval malgré le traumatisme de l’attentat du 14 juillet 2016. Les figures grotesques de Trump ou des candidats à la présidentielle défileront devant un public restreint.

“Jamais le niveau de sécurité n’a été aussi élevé sur un événement de cette nature à Nice”, a assuré le préfet des Alpes-Maritimes Georges-François Leclerc, alors que la ville s’apprête à tenir la 133e édition de son carnaval, fête populaire et grand rendez-vous touristique qui débute samedi 11 février. Nice a tenu à maintenir l’évènement malgré le traumatisme de l’attentat du 14 juillet sur la Promenade des Anglais, qui a fait 86 victimes.

Des renforts “importants” et des moyens de sécurité “inédits” sont déployés. Le carnaval évitera la Promenade des Anglais, où aucun événement n’est autorisé jusqu’au premier anniversaire de l’attentat par respect envers les victimes. Comme l’an dernier, les déguisements prêtant à confusion, sabres de pirate et autres fusils ou pistolets de cow-boy, seront proscrits.

Un carnaval barricadé

Premier grand rassemblement depuis la tragédie, le carnaval de Nice, dont les images font le tour du monde chaque année, se déroulera pour la première fois derrière des palissades. L’entrée sera payante non seulement pour s’asseoir dans les gradins, mais aussi pour déambuler sur le parcours (5 euros, sauf pour les enfants et les personnes costumées) et l’accès se fera par 36 portiques de sécurité tenus par 200 agents de sécurité chargés de la fouille.

“Nous avons pris l’initiative de restreindre le carnaval, pas dans sa dimension festive mais dans le périmètre à sécuriser”, a renchéri Christian Estrosi, premier adjoint de la ville, toujours aux commandes de Nice même s’il a cédé son fauteuil de maire. “Il n’était pas pensable que le carnaval, qui est une tradition si ancienne de notre cité et qui contribue à son rayonnement culturel, ne soit pas maintenu. Cela eût été un signe donné aux barbares, aux terroristes selon lequel ils auraient remporté une victoire de plus”, a-t-il ajouté.

Pour l’évènement, la mairie s’est même adjoint le conseil d’une société israélienne sécurisant l’aéroport de Tel Aviv.

Un défilé présidentiel

Sur l’un des 17 chars qui paraderont derrière le “Roi de l’énergie”, thème choisi cette année, le président américain Donald Trump est caricaturé sous les traits d’un affreux gaspilleur, sa tête géante posée sur des barils de pétrole percés, et encadrée par une batterie de sèches-cheveuxsoufflant à tout-va dans sa célèbre mèche blonde.

La Grosse tête de Donald Trump au Carnaval de Nice est sans aucun doute la plus réussie du mondehttps://t.co/Mto5fSPKZ7pic.twitter.com/Xm1JtggDJ9

— Nice-Matin (@Nice_Matin) 7 février 2017

“Le char a été décidé quand l’élection de Trump n’était encore qu’une blague”, précise-t-on à l’office du tourisme. Les festivités de cette année feront la part belle aux candidats à la présidentielle – et comme personne n’avait parié sur Benoît Hamon comme candidat socialiste, il a fallu lui sculpter en catastrophe une grosse tête.

Crainte sur la fréquentation

Malgré cela, la fréquentation s’annonce en baisse cette année (400 000 en 2016), faute d’avoir pu démarrer à temps la promotion de l’événement, complètement reformaté pour les exigences de sécurité. Le carnaval de Nice est aussi la fête des hôteliers (215 000 nuitées selon l’Office du tourisme) et génère 1 800 emplois directs et 30 millions d’euros de retombées économiques pour 6 millions d’euros de budget, selon la municipalité.

Avec AFP

Première publication : 11/02/2017