Trump ne donne pas envie aux touristes d’aller aux États-Unis

Trump ne donne pas envie aux touristes d’aller aux États-Unis
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Les débuts du président des États-Unis Donald Trump ont eu un impact négatif sur le tourisme aux États-Unis, assurent deux spécialistes du secteur.

Donald Trump est mauvais pour le tourisme aux États-Unis. Telle est la conclusion de la Global Business Travel Association (GBTA – Association internationale des vols commerciaux) et du site de recherche de vols Hopper.

Il est certes encore tôt pour juger de manière définitive l’effet de la présidence Trump sur l’attractivité touristique américaine, qui demeure la deuxième destination la plus prisée au monde après la France d’après la Banque Mondiale. Mais le site Hopper souligne que depuis l’entrée en fonction du 45e président, les recherches de billets d’avion pour les États-Unis ont chuté de 17 % par rapport à deux semaines avant l’investiture de Donald Trump. La GBTA a conclu, jeudi 8 février, que les États-Unis ont perdu environ 185 millions de dollars de réservation de vols en une semaine après l’adoption du controversé décret anti-immigration.

Pour ce lobby aérien, le diable est avant tout dans le décret signé fin janvier interdisant l’entrée sur le territoire américain de ressortissants de sept pays musulmans, qui a ensuite été invalidé par la justice et que Donald Trump veut dorénavant remettre en selle. Cette situation suscite un “climat d’incertitude qui a entraîné une confusion générale débouchant sur des annulations de réservations”, souligne Mike McCormick, directeur exécutif de la GBTA, dans un billet de blog. Pour l’association, ce ne sont pas seulement des voyageurs en provenance de pays visés par l’interdiction de Donald Trump qui ont préféré remettre à la Saint Glin-Glin leur déplacement sur le sol américain, mais des touristes de tous les pays du globe.



Effet sur l’emploi

Un constat partagé par le site Hopper. Il note que c’est au Soudan – pays visé par le décret anti-immigration – que les recherches de vols vers les États-Unis ont le plus baissé, mais que dans le top 20 des pays où l’envie de voyager aux États-Unis a le plus régressé, on trouve aussi la Chine, l’Irlande ou encore le Danemark.

Hopper souligne aussi que la baisse de ce début d’année n’est pas seulement un effet saisonnier après une période de fort trafic aérien en direction des États-Unis due aux fêtes de fin d’année. À la même période en 2016, la chute début janvier n’avait été que de 1,8 %.

L’effet Trump est donc indéniable d’après ces deux spécialistes du tourisme. Il risque de bientôt venir troubler les plans du “make America great again” (“Rendre sa grandeur à l’Amérique”) de Donald Trump qui entend renforcer l’emploi sur le sol américain.

La baisse de la fréquentation touristique entraîne l’effet inverse, avertit la GBTA. L’association rappelle que pour chaque baisse annuelle d’1 % de la fréquentation des vols commerciaux, plus de 70 000 postes sont supprimés. Un recul des réservations a pour effet “au bout de quelques semaines de faire baisser les prix”, note Patrick Surry, analyste pour Hopper. Les vols moins chers heurtent les bénéfices des compagnies aériennes, ce qui, si le phénomène perdure, se traduit généralement par des licenciements.

La seule consolation de Donald Trump est qu’il peut compter sur le soutien des touristes russes et biélorusses, note le site Hopper. Les recherches de vols vers les États-Unis depuis ces deux pays ont progressé, respectivement, de 88 % et de 30 %. Les liens entre la Russie et l’Amérique de Donald Trump vont décidément bien au-delà des quelques coups de fil passés en cachette par le conseiller à la sécurité nationale démissionnaire Michael Flynn.

Première publication : 14/02/2017

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