Archive for February 16th, 2017

En déplacement deux jours au Portugal, Benoît Hamon doit rencontrer les leaders des partis de gauche au pouvoir dans ce pays. Le candidat socialiste à l’élection présidentielle espère pouvoir reproduire en France ce modèle d’alliance des gauches.

Suffit-il d’un modèle pour que l’alliance de la gauche devienne réalité ? C’est ce que semble penser Benoît Hamon, qui prévoit de rencontrer, lors de son déplacement au Portugal, vendredi 17 et samedi 18 février, les représentants des différents partis de gauche de ce pays.

Nommé Premier ministre du Portugal en novembre 2015, Antonio Costa, secrétaire général du Parti socialiste portugais, a pu se hisser au pouvoir grâce au soutien de la gauche radicale et des communistes. Fin négociateur, l’ancien maire de Lisbonne a en même temps réussi à rassurer la Commission européenne sur son engagement à juguler les déficits, le tout sans s’aliéner ses nouveaux alliés.

En visite 2 jours au #Portugal pour parler de l’#Europe mais aussi de la coalition des #gauches qui a permis de mettre fin à l’austérité. pic.twitter.com/EKGqbeSzRp

— Benoît Hamon (@benoithamon) February 17, 2017

Pourtant, l’alliance du PS, du PC et du Bloc de gauche, surnommée par la classe politique portugaise le “geringonça” – “machin bringuebalant” en français – n’avait rien d’évident. “Le Parti socialiste portugais a longtemps été situé au centre-gauche, tandis que la gauche radicale a toujours été en opposition face à lui. Jusqu’à la fin 2015, il n’était d’ailleurs pas imaginable d’avoir un PS qui se rapproche du PC”, souligne Catherine Moury, politologue maître de conférences à l’Université Nova de Lisbonne, interrogée par France 24.

Le vainqueur de la primaire de la gauche française est aujourd’hui confronté à un problème similaire. Avec les candidatures de Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) et de Yannick Jadot (Europe Écologie Les Verts) en plus de la sienne, il sait que l’accession au second tour de l’élection présidentielle est compromise. Tous les sondages le confirment : en l’état actuel, sans candidature unique de ces trois formations, Benoît Hamon ne parviendrait qu’en quatrième position du scrutin derrière Marine Le Pen, Emmanuel Macron et François Fillon.

>> À lire : Benoît Hamon face au casse-tête du rassemblement

Les discussions sont bien engagées avec Europe Écologie Les Verts et pourraient aboutir la semaine prochaine, mais elles ne font que commencer avec le candidat de La France insoumise et promettent d’être beaucoup plus délicates. “Ce ne sera pas facile, il le sait comme moi”, a d’ailleurs affirmé Benoît Hamon, vendredi 17 février, sur France Info, à propos des discussions avec Jean-Luc Mélenchon.

“Les socialistes ont senti le vent tourner”

Le candidat socialiste à l’élection présidentielle trouvera-t-il la formule magique au Portugal ? “Le contexte politique et économique a été très important pour que le rapprochement historique des gauches portugaises prenne forme, note Catherine Moury. Le pays sortait de quatre années d’un gouvernement particulièrement marqué à droite. Entre les politiques libérales et les politiques d’austérité budgétaires, il y avait une envie de gauche dans la population et les socialistes ont senti le vent tourner. Ils se sont dit qu’il fallait un leader plus à gauche.”

L’alliance s’est faite sur une base claire : le Parti socialiste gouverne seul avec l’appui au Parlement du Parti communiste et du Bloc de gauche. Le programme, lui, est un compromis trouvé entre les trois formations avec comme objectifs communs l’augmentation du pouvoir d’achat, le soutien aux petites et moyennes entreprises et la lutte contre le chômage. En revanche, sur l’Europe, sujet de divergence majeur entre les trois formations – le PC et le Bloc de gauche étant eurosceptiques, contrairement au PS –, la gauche radicale a accepté de mettre de l’eau dans son vin en respectant notamment les traités européens.

Pour le député socialiste français des Hauts-de-Seine Jean-Marc Germain, codirecteur de campagne de Benoît Hamon, l’exemple portugais est celui “d’une gauche plurielle qui fonctionne, avec un Premier ministre reconnu sur la scène internationale”, dont il faut s’inspirer.

Plusieurs points de convergence entre Hamon et Mélenchon

Le vainqueur de la primaire de la gauche tente donc de trouver des points de convergence avec Jean-Luc Mélenchon. Benoît Hamon a cité, vendredi matin, sur France Info “l’aspiration à une VIe République, la volonté d’engager la conversion écologique de notre économie” ou encore “la volonté de partager le travail pour créer des emplois”. “Ce qui nous sépare sans doute, c’est la conception de la construction européenne”, a-t-il ajouté.

À Strasbourg, j’ai proposé à Benoît Hamon un rendez vous la semaine prochaine… https://t.co/SzOimGzhMU

— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) February 17, 2017

L’application de la méthode portugaise risque toutefois de montrer ses limites. Contrairement au Portugal qui possède un régime parlementaire, la France est pourvue d’un régime présidentiel, qui pousse les leaders politiques des différents partis à être candidat à l’élection suprême. Un parti n’est visible et n’existe que s’il a un candidat à la présidentielle, entend-on souvent. Or, aucun observateur n’imagine Benoît Hamon ou Jean-Luc Mélenchon se désister à la faveur de l’un ou de l’autre.

>> À lire : Mélenchon se dédouble entre Lyon et Paris et s’adresse à Hamon

“Par ailleurs le contexte au sein du Parti socialiste n’est pas le même, rappelle Catherine Moury. Hormis quelques voix discordantes, une majorité des responsables du Parti socialiste portugais était favorable à un rapprochement avec le Parti communiste.” En France, Benoît Hamon doit, lui, composer avec une majorité de parlementaires socialistes opposés à sa ligne économique et à un quelconque rapprochement avec Jean-Luc Mélenchon.

Première publication : 17/02/2017

François Fillon a décidé qu’il ne renoncerait pas à la présidentielle, y compris s’il était mis en examen, a-t-il confié jeudi, selon plusieurs médias. Son porte-parole a confirmé vendredi matin que le candidat LR irait “jusqu’au bout”.

Un revirement de plus pour François Fillon. Alors qu’il avait déclaré, jeudi 26 janvier sur TF1, qu’il retirerait sa candidature en cas de mise en examen, le voici qui rétropédale. “François Fillon est candidat et il ira jusqu’au bout de cette élection”, a déclaré sur LCI, vendredi 17 février, Thierry Solère, porte-parole du candidat LR et député des Hauts-de-Seine, confirmant une information rapportée par plusieurs médias.

>> À lire sur France 24 : “L’épée de Damoclès maintenue sur la candidature Fillon”

“C’est trop tard maintenant. Mon retrait poserait un problème démocratique majeur. La locomotive est lancée, rien ne peut l’arrêter, j’irai jusqu’au bout”, a en effet confié François Fillon, la veille, en petit comité, selon l’AFP. “Le parquet national financier n’a aucune compétence en la matière, avec une enquête exclusivement à charge. Je ne renoncerai donc pas. Hors de question d’abandonner”, a-t-il ajouté, selon Le Parisien.

Il n y a rien de nouveau, ni poursuite, ni mise en examen. Je m’en remets donc désormais au seul jugement du suffrage universel. pic.twitter.com/oEZg3uZC9g

— François Fillon (@FrancoisFillon) February 16, 2017

Des propos qui vont dans le même sens que ceux tenus au Figaro, jeudi matin, puis sur Twitter, après l’annonce du Parquet national financier (PNF). “Cette annonce n’est qu’un acte de communication qui nourrit le feuilleton médiatique. Cela n’entame en rien ma détermination. Je m’en remets donc désormais au seul jugement du suffrage universel”, avait-il déclaré.

Le Parquet national financier mis en cause

François Fillon justifie son revirement en mettant en cause le PNF, qu’il juge incompétent pour traiter cette affaire. Son avocat, Me Antonin Lévy, explique que le candidat à l’Élysée s’était engagé à se retirer à condition d’avoir en face de lui “des gens de bonne foi, et ce n’est pas le cas”, rapporte RTL.

>> À voir sur France 24 : “Quand François Fillon reprochait aux médias de ne pas assez couvrir les ‘affaires'”

“Il y a un temps judiciaire et il y a un temps politique”, a estimé vendredi matin Thierry Solère, assurant que la droite est à présent “rassemblée” pour faire campagne derrière François Fillon.

“L’ensemble des candidats à la primaire, de Nicolas Sarkozy à Alain Juppé, Bruno Lemaire et Nathalie Kosciusko-Morizet, l’ensemble des grands responsables de notre famille politique sont aujourd’hui mobilisés, parce qu’il nous reste 67 jours pour convaincre de la pertinence du projet de François Fillon”, a-t-il assuré.

Avec AFP

Première publication : 17/02/2017