Archive for June, 2018

Le braqueur Redoine Faïd s’est évadé dimanche par hélicoptère de sa prison de Seine-et-Marne. C’est la deuxième fois que ce multirécidiviste parvient à s’extraire de la prison où il purge sa peine.

Et de deux. Le braqueur récidiviste Redoine Faïd, 46ans, s’est une nouvelle fois évadé, par hélicoptère, avec la complicité d’un “commando armé” dimanche 1erjuillet de sa prison de Seine-et-Marne, cinq ans après une première évasion spectaculaire de la prison de Lille.

L’opération, qui s’est déroulée vers 11 h 30, a duré “quelques minutes” et n’a fait ni blessé ni otage, a-t-on appris auprès de l’administration pénitentiaire (AP), qui a confirmé une information de France3.

“Un commando armé s’est posé dans la cour d’honneur du centre pénitentiaire sud-francilien à Réau, alors que le détenu se trouvait au parloir”, a ajouté l’AP.

Pilote en état de choc

De source proche du dossier, on précise que l’évasion s’est faite “avec trois complices” et que l’hélicoptère a été retrouvé à Gonesse, au nord-est de Paris, à une soixantaine de kilomètres de la prison. “Un dispositif de recherche a été activé dans toute l’Île-de-France”, a-t-on ajouté.

Selon une source policière, le pilote de l’hélicoptère était un instructeur qui attendait un élève et qui a été pris en otage par les complices de Redoine Faïd. Il a ensuite été relâché, en état de choc.

Une fois l’appareil posé dans la cour d’honneur de la prison, les occupants ont découpé à la disqueuse une porte qui donnait sur un couloir où se trouvent les parloirs. Redouane Faïd y était alors, avec l’un de ses frères.

La police judiciaire a été saisie et “tous les moyens sont mobilisés pour localiser le fugitif”, a indiqué le ministère de l’Intérieur.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête en flagrance des chefs d’évasion en bande organisée et d’association de malfaiteurs confiée à la DCPJ, a-t-il indiqué.

Condamné deux fois aux assises en 2017

Redoine Faïd a été condamné en appel en avril à 25 ans de réclusion pour un braquage raté dans le Val-de-Marne, qui avait coûté la vie en 2010 à la policière municipale Aurélie Fouquet.

Il a été condamné deux fois aux assises en 2017: à 10 ans de réclusion pour son évasion de la prison de Lille-Sequedin en 2013, et à 18 ans de prison pour l’attaque d’un fourgon blindé dans le Pas-de-Calais en 2011. Il a fait appel de ces deux condamnations.

Le 13 avril 2013, il s’était évadé en moins d’une demi-heure de la prison de Lille-Sequedin. Sa cavale avait duré quelques semaines, avant qu’il ne soit interpellé fin mai2013.

Idôle des apprentis délinquants des cités HLM et des pros du braquage de fourgons, Redoine Faïd est surnommé “L’Écrivain” par les policiers. Il a écrit son autobiographie (“Braqueur, des cités au grand banditisme”) en 2010 et avait fait la tournée des plateaux de télévision, assurant alors s’être rangé.

Avec AFP

Première publication : 01/07/2018

Lors d’une cérémonie émouvante, les dépouilles de Simone Veil et de son époux Antoine ont fait leur entrée au Panthéon. Le public a salué l’engagement de l’ancienne ministre pour les droits des femmes, l’Europe et la mémoire de la Shoah.

“Puissent vos combats continuer à couler dans nos veines, à inspirer notre jeunesse et à unir le peuple de France.” C’est par ces mots que le président Emmanuel Macron a fait entrer, dimanche 29 juin, la dépouille de Simone Veil, au Panthéon. Avec celle de son époux Antoine, dont elle était “inséparable”, comme l’a souligné le président, elle a rejoint dans cette nécropole laïque les grands hommes et les grandes femmes de France. Elle reposera désormais dans le même caveau que Jean Moulin, René Cassin, André Malraux et Jean Monnet.

Malgré la chaleur, des milliers de Français étaient venus rendre un dernier hommage à cette femme, ancienne déportée, ministre de la Santé, présidente du Parlement européen, qui a tant marqué l’histoire du XXe siècle. Sur le parcours, depuis le Mémorial de la Shoah, jusqu’au Panthéon, ce sont des applaudissements ininterrompus qui ont suivi le cortège. “C’est tout à fait normal. Johnny Hallyday a bien eu le droit à un passage sur les Champs-Élysées à sa mort, Simone mérite bien ça”, souligne Ginette Kolinka, ancienne déportée, qui a fait sa connaissance dans le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. “C’est quelqu’un qui fait l’unanimité auprès de tout le monde. Je n’entends que du bien sur elle”, ajoute-elle en parlant de son amie.

Pour Ginette, son amie Simone rassemble les gens: “Je n’entends dire que du bien d’elle”. Elle représente aussi la figure de tous les déportés : “surtout ceux qui n’ont pas eu la chance de revenir”. pic.twitter.com/SSSekJVOaY

Stéphanie Trouillard (@Stbslam) 1 juillet 2018

Une icone dans le combat pour les femmes

Dans le public, beaucoup assistaient à cette cérémonie solennelle, mais ô combien émouvante, pour témoigner leur reconnaissance à l’ancienne personnalité préférée des Français. Huguette a fait le déplacement en famille, avec sa fille et sa petite-fille : “En tant qu’infimière, j’ai rencontré beaucoup de femmes qui ont du faire des avortements clandestins. C’était très dur. Je sais ce que les femmes françaises doivent à Simone Veil”, explique-t-elle en faisant référence à la loi Veil de 1975 sur l’interruption volontaire de grossesse. Sa fille Anne retient pour sa part son engagement pour l’Europe : “Après tout ce qu’elle a vécu, cela donne une idée du caractère de cette femme admirable”.

Des CM2 de Bondy sont aussi présents. Pour ces écolières, Simone Veil symbolise aussi le droit des femmes. Elles insistent aussi sur son courage à Auschwitz. pic.twitter.com/eoLFbrQ7ve

Stéphanie Trouillard (@Stbslam) 1 juillet 2018

De nombreux élèves de classes scolaires assistaient aussi à cet hommage national, invités pour la plupart par l’Élysée. Auprès de la nouvelle génération, Simone Veil est toujours un modèle. “C’est une icône dans le combat pour les femmes. Cela a eu un impact sur nos vies”, affirme Capucine, lycéenne en classe de 1re à Montmorency. Même chez les plus jeunes, l’ancienne déportée est un exemple à suivre. “Je pense que c’est une grande femme. Elle a survécu à la guerre et elle s’est battue toute la vie pour le droit des femmes. Elle a eu du courage”, résume Lou, une élève de CM2 d’une école de Bondy. “Aujourd’hui, c’est un moment de respect pour elle”, ajoute son camarade Anis.

En sortant, je croise son amie Marceline Loridan-Ivens. Elle me dit toute souriante: “Je suis émue et fière. Une fille de Birkenau est entrée dans cette maison. Elle nous honore toutes”. pic.twitter.com/KK87wSkjQ7

Stéphanie Trouillard (@Stbslam) 1 juillet 2018

Sous les yeux de ces milliers élèves, Simone Veil a rejoint la grande histoire de France. Sa famille et ses proches l’ont aussi accompagnée dans sa dernière demeure. Pour sa grande amie Marceline Loridan-Ivens, elle aussi rescapée d’Auschwitz, cette cérémonie a été parfaite. Tout sourire, elle se réjouie de savoir que Simone Veil n’est pas entrée seule dans ce lieu, mais accompagnée par la mémoire de milliers de victimes de la Shoah. Avec elle, ce sont tous les déportés qui sont désormais honorés au Panthéon : “Je suis très émue et très fiere. Une fille de Birkenau est entrée dans cette maison. Elle nous honore toutes”.

Première publication : 01/07/2018

Simone Veil, ainsi que son époux Antoine, sont entrés au Panthéon, dimanche 1er juillet. Revivez la cérémonie et l’hommage rendu à Paris à cette figure de la vie politique française et européenne.

Le 30 juin 2017, la France apprenait avec une forte émotion le décès de Simone Veil. Un an après, l’ancienne déportée, ministre de la Santé et présidente du Parlement européen, fait son entrée au Panthéon. Sa dépouille n’y reposera pas seule puisqu’Emmanuel Macron a accepté que celle de son époux, Antoine, décédé en 2013, soit à ses côtés.

Simone Veil est la cinquième femme inhumée dans la nécropole laïque des “grands hommes” français, après Sophie Berthelot, épouse du chimiste, Marie Curie, physicienne, et Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz, résistantes. Revivez cette cérémonie grâce notre liveblog.

Première publication : 01/07/2018

Simone Veil fera son entrée au Panthéon le 1er juillet. Une distinction pour son combat pour le droit à l’IVG et son engagement envers l’Europe. Cette femme engagée, parmi les personnalités préférées des Français, aura marqué la vie politique.

Ancienne déportée, titulaire d’une licence de droit, haut fonctionnaire au ministère de la Justice, rien ne prédestinait Simone Veil à faire carrière en politique. Elle n’approche le pouvoir qu’en 1969, à l’âge de 42 ans, lorsqu’elle devient conseillère technique dans le cabinet du ministre de la justice René Pleven. L’année suivante, elle est nommée secrétaire du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) par le président Pompidou, la première femme à occuper ce poste.

Mais ce n’est véritablement qu’en 1974 qu’elle entre dans l’arène. Après l’élection de Valéry Giscard d’Estaing à la présidence, sur les conseils du Premier ministre Jacques Chirac, elle devient ministre de la Santé. Elle est choisie à l’époque pour porter le projet de loi sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG), qui dépénalise l’avortement. Inconnue du grand public, Simone Veil réussit ce combat malgré les attaques et les menaces. Son fort caractère et son intransigeance l’a mène quelques années plus tard à la présidence du Parlement européen. Auteur de “Le Masculin, le Sexuel et le Politique“, la politologue Armelle Le Bras-Chopard nous explique en quoi la nouvelle entrante au Panthéon a profondément marqué la vie politique française.

>> À (re)lire : “Les Françaises peuvent toutes lui dire merci”

France 24 : De quelle manière Simone Veil est-elle entrée en politique? Avait-elle déjà une conscience politique?

Armelle Le Bras-Chopard : Elle a eu une formation d’avocate. Quand elle a été nommée ministre de la Santé pour porter la réforme de l’IVG, ce n’est pas en raison de compétences particulières. Elle n’était absolument pas dans le milieu de la médecine. C’était vraiment un choix politique. Ils ont estimé que cette réforme devait être portée par une femme marquée ni à droite ni à gauche. Simone Veil était centriste. Elle apparaissait également comme étant nouvelle en politique. Elle avait aussi un profil qui permettait à tout le monde de se projeter. Elle n’était pas scandaleuse. Elle avait une vie normale, mariée et mère de troisenfants.

Son ambition politique n’est pas née dès le départ, mais lorsqu’elle est devenue peu à peu une figure marquante. Elle s’est retrouvée au Parlement européen précisément parce qu’elle avait déjà du charisme et une autorité. C’était une personnalité qui transcendait les clivages politiques.

>> À (re)lire : Simone Veil, une femme du XXe siècle

Elle disait qu’elle était à gauche pour certaines questions et à droite pour d’autres. Tout au long de sa carrière, est-elle restée sur cette ligne politique?

Cette femme avait des convictions personnelles. Tantôt, celles-ci pouvaient rejoindre des réformes ou des propositions de la gauche, tantôt de la droite. Mais en tout cas, elle ne suivait pas aveuglément un parti, même si elle s’est retrouvée dans un gouvernement du centre, celui de Giscard.

Suivre cette ligne politique n’a pas été difficile pour elle. Ce qui a été dur, c’est de faire passer la réforme en elle-même, celle de l’IVG. Elle a fait face à des attaques sexistes et à d’autres carrément antisémites. Ce qui est surprenant, c’est que c’est sa personne qui était visée et non ses opinions politiques. Tout d’abord, en tant que femme car elle était quand même une intruse dans un univers masculin et machiste, et elle portait une réforme qui ne plaisait pas forcément à certains messieurs. Il y a eu également d’horribles attaques antisémites. Elle a alors montré une force absolument fantastique.

C’est pour cela qu’elle est vue comme un modèle encore aujourd’hui?

Elle a fait avancer la cause des femmes en politique. Elle n’a pas pleuré alors qu’elle recevait des tas d’injures. Auparavant, les hommes mettaient en avant le fait que le milieu était très difficile pour les femmes. Là, on a vu une personne qui savait se battre et qui avait des convictions. Elle a occupé un poste important pour une réforme extrêmement importante. On peut même dire que cela a été l’amorce de réformes ultérieures sur l’IVG, comme les délais pour le pratiquer ou le remboursement. Même si je ne sais pas quelle était sa conviction, on peut aller plus loin. Avec l’IVG, il n’y avait plus dans le mariage l’obligation de procréer. À partir du moment où le but du mariage n’est plus de faire des enfants, le sexe n’a plus d’importance. On peut voir d’une façon souterraine la préparation du Pacs, du mariage pour tous et d’autres réformes aujourd’hui en débat.

Quelle empreinte a finalement laissé Simone Veil sur la vie politique française?

Elle est finalement dans l’air du temps avec cette idée de dépasser les clivages gauche-droite. Elle rassemble les Français. Ce n’est pas un hasard si son entrée au Panthéon a été programmée l’année dernière après l’élection présidentielle. Certains, comme Emmanuel Macron, peuvent dire qu’elle est ni de droite ni de gauche. Ceci dit, en dehors de ce coup de communication, elle le mérite, sauf qu’il faudrait changer la formule qui est sur le fronton du Panthéon – “Aux grands hommes la patrie reconnaissante” – et mettre autre chose.

C’est la cinquième femme à entrer au Panthéon. D’abord Sophie Berthelot, en 1907, en hommage à sa vertu conjugale pour rejoindre son époux, le chimiste Marcellin Berthelot. Puis il y a eu Marie Curie aux côtés de son mari Pierre Curie. Ce n’est qu’en 2015 que les résistantes Germaine Tillion et Geneviève de GaulleAnthoniozy sont vraiment entrées à titre personnel. Avec Simone Veil, il y a un renversement surprenant de situation, l’inverse de Sophie Berthelot. C’est son mari Antoine Veil qui la suit.

Première publication : 30/06/2018

La Marche des fiertés met samedi l’accent sur les discriminations homophobes dans le sport. Ce rassemblement a lieu cependant sur fond de bisbilles entre les organisateurs et des associations qui dénoncent une “entreprise de dépolitisation”.

Comme chaque année, la Marche des fiertés lesbiennes, gaies, bi et trans (LGBT) a lieu à Paris. Cette année, cet événement organisé samedi 30 juin, a pour thème les discriminations dans le monde du sport.

Au moment où la Coupe du monde de football bat son plein en Russie, 87 groupes, aidés par 300 bénévoles et 40 secouristes, y dénonceront notamment “les chants homophobes dans les stades”, “les traitements ou mutilations que subissent des athlètes féminines”, “l’impossibilité d’évoquer son homosexualité dans le sport pour ne pas perdre des sponsors”, a expliqué Clémence Zamora-Cruz, la porte-parole de l’Inter-LGBT. “L’homophobie dans le sport est représentative de ce qui se passe dans la société”, a-t-elle ajouté.

Certaines associations ont toutefois déploré que le thème ne soit pas porté sur la PMA (Procréation médicalement assistée), dont l’ouverture aux femmes célibataires et homosexuelles a été longuement débattue ces derniers mois. SOSHomophobie a ainsi annoncé qu’elle marcherait, elle, derrière le slogan “PMA, l’égalité n’attend pas!”, pour “demander au gouvernement et à la majorité d’ouvrir au plus vite le débat au Parlement”.

Bonne journée à toutes et à tous 😃 C’est une journée spéciale aujourd’hui à Paris 😍🏳️‍🌈 #MarcheDesFiertes#LGBT#LOVEpic.twitter.com/qZwbexsdJV

Paris (@Paris) 30 juin 2018

“N’oublions pas les pays qui persécutent”

Interrogé sur l’antenne de France 24, Alexandre Marcel, président du comité Idaho France, une ONG qui organise des actions contre l’homophobie, a aussi insisté sur le fait qu’il ne fallait pas oublier les discriminations un peu partout dans le monde. “Cette année, la Marche des fiertés met l’accent sur le sport, mais n’oublions pas les pays qui persécutent le simple fait d’aimer entre adultes consentants. Cela représente plus de 75 pays sur la planète”, a-t-il affirmé.

“Nous en profitons pour parler du cas de Sabri, condamné à huit mois de prison ferme en Tunisie pour homosexualité. Nous avons réussi à le faire sortir avant l’exécution de sa peine et l’Ofpra [Office français de protection des réfugiés et apatrides, NDRL] vient de refuser sa demande d’asile. Nous ne comprenons pas comment une personne suivie par l’un de nos partenaires, le Refuge, avec un dossier complet ait pu être se voir refuser sa demande d’asile”, a-t-il également décrit.

>> À lire aussi : “Africains et homosexuels : l’exil pour seul horizon”

Plusieurs collectifs appellent, eux, sur Facebook à former un cortège de tête pour dénoncer une “entreprise de dépolitisation” du mouvement LGBT et protester contre un mot d’ordre “surréaliste”.

De son côté, Act Up, qui fêtait l’an dernier ses 25 ans, s’est émue d’être “reléguée à l’avant-dernière place du cortège”, après des sponsors comme Mastercard et Tinder, qui ont tous les deux une place en milieu de cortège.

“Les associations historiques de lutte contre le sida, pleinement mobilisées pour défendre toutes les communautés frappées par l’épidémie, se retrouvent reléguées derrière l’ensemble des sponsors”, écrit l’association dans un communiqué. “Les questions de santé sont primordiales, il y a des messages de prévention, et trois minutes de silence en hommage aux morts”, s’est défendue Clémence Zamora-Cruz, pour qui “on ne peut pas nous dire que le sujet du sida n’est pas abordé”.

Je l’avais annoncé : l’Assemblée nationale est pavoisée du drapeau arc-en-ciel 🏳️‍🌈, en symbole de notre engagement dans la lutte contre toutes les discriminations, alors que les actes anti #LGBTI non seulement persistent mais augmentent en France. #MarcheDesFiertéspic.twitter.com/rSJAgCbzsd

François de Rugy (@FdeRugy) 29 juin 2018

La persistance des agressions homophobes

Les associations de défense de la cause LGBT continuent par ailleurs de s’inquiéter de la persistance des agressions homophobes. Selon une étude de l’Ifop présentée mercredi, plus de la moitié (53%) des personnes se définissant comme homosexuelle, bisexuelle ou transgenre ont déjà été victimes d’une agression homophobe.

Un drapeau arc-en-ciel pavoisant l’Assemblée nationale à l’occasion de la Marche des fiertés a par ailleurs été déchiré en fin de soirée vendredi et un individu a été interpellé. L’auteur, arrêté rapidement par la Garde républicaine assurant la sécurité du Palais Bourbon, s’est revendiqué “militant d’extrême droite et anti-LGBT”, selon la présidence.

Plusieurs carrefours du quartier du Marais, où sont concentrés la majorité des bars et boîtes de nuit gays de Paris, ont également été ornés aux couleurs multicolores LGBT. L’un d’entre eux a été dégradé et recouvert d’insultes homophobes en début de semaine.

Avec AFP

Première publication : 30/06/2018

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Son fleuron de la finance est en sursis, son équipe de football a été éliminée prématurément de la Coupe du monde et sa chancelière est plus que jamais fragilisée : en ce mois de juin, l’Allemagne traverse une période noire.

L’Allemagne, longtemps jalousée et admirée pour sa toute puissance économique, sa stabilité politique, mais aussi sa domination footballistique, voit chacun de ces piliers vaciller.

“L’élimination de la Mannschaft est actuellement le cadet des soucis de l’Allemagne”, assure la chaîne économique Bloomberg, jeudi 28 juin. Certes, la sortie sans gloire des hommes de Joachim Löw de la Coupe du monde de football en Russie dès la phase des poules a choqué tout le pays et réjoui les autres nations qui commençaient à trouver le refrain “et à la fin c’est l’Allemagne qui gagne” lassant.

Merkel et la Mannschaft, même combat ?

Mais au-delà de sa sortie prématurée de la compétition, le sort de l’équipe nationale a une valeur symbolique pour les Allemands. “La performance de l’équipe de football a toujours été un reflet de l’état de la société”, rappelle le quotidien Die Welt. La victoire “miraculeuse” de l’Allemagne contre la Hongrie en finale de la Coupe du monde de 1954 s’est produite en même temps que “le début du miracle économique allemand et du retour tant attendu du pays dans le concert des nations”, note le journal. Les Allemands n’ont pas manqué non plus de tirer un parallèle entre le sacre de la sélection en 1990 et la réunification. “Ce n’est pas un hasard si Angela Merkel s’est sur-identifiée à l’équipe de Joachim Löw depuis son arrivée au pouvoir en 2005”, ajoute Die Welt.

Et maintenant, la chancelière est elle aussi menacée d’élimination… politique. Son allié historique au gouvernement, le parti ultra-conservateur bavarois de la CSU, a entamé un bras de fer au sujet de sa politique migratoire. Il se dit prêt à faire voler la coalition en éclats si Angela Merkel ne durcit pas les mesures d’accueil des migrants.

Toutefois, la chancelière plie mais ne rompt pas encore. L’accord conclu à Bruxelles, dans la nuit du jeudi 28 au vendredi 29 juin, sur la politique migratoire européenne lui offre même un répit, la CSU ayant fait du succès de ce sommet une condition pour maintenir l’alliance. N’empêche que cette crise, sans précédent dans l’histoire politique allemande depuis la Seconde Guerre mondiale, met à mal l’image d’un pays à la stabilité politique exemplaire. Pour le site Politico, Angela Merkel est même passée du statut de “sauveuse de l’Europe” à celui de “menace pour l’UE”.

Le danger Deutsche Bank

La chancelière ne peut même pas se consoler sur la santé économique du pays. Certes, la croissance allemande reste dynamique (près de 2 %) et le taux de chômage (3,5 %) demeure parmi les plus bas d’Europe. Mais le mois de juin n’a pas été avare en mauvaises nouvelles sur le front économique. La Deutsche Bank, fleuron historique de la finance allemande, a été épinglée par la Réserve fédérale américaine, jeudi 28 juin. La filiale américaine de la banque allemande a été la seule institution financière sur 35 contrôlées à rater la deuxième phase des stress test – test de résistance – menés par la Banque centrale américaine pour évaluer la capacité de ces établissements à surmonter différents scénarios de crises économiques.

Un douloureux rappel à Berlin que la Deutsche Bank restait “la plus importante menace systémique à la stabilité financière”, comme l’écrivait déjà en 2016 le Fonds monétaire international. La banque a connu trois années successives de pertes et son action a atteint, le 27 juin 2018, son plus bas niveau historique.

Même les exportations, traditionnel moteur de l’Allemagne, sont attaquées. Elles sont devenues la cible favorite de Donald Trump qui ne veut plus voir de “voitures allemandes de luxe” aux États-Unis. Son administration réfléchit actuellement à l’opportunité d’imposer des droits de douanes sur ce produit d’exportation phare allemand.

Mais Berlin n’avait même pas besoin du président américain pour avoir mal à son industrie automobile. Trois ans après le début du “dieselgate” – les révélations sur les trucages de Volkswagen (VW) pour tromper les contrôles antipollution –, l’Allemagne n’a toujours pas réussi à tourner la page. VW a été condamnée en Allemagne, début juin, à un milliard d’euros d’amende pour “manquement aux obligations de surveillance” dans le cadre des tests antipollution, et Daimler, constructeur des Mercedes, est soupçonné à son tour d’avoir installé des logiciels truqueurs sur des centaines de milliers de véhicules. Le “made in Germany” automobile se passerait bien de tous ces rebondissements qui n’en finissent pas d’écorner son image.

Certes, Merkel sait que la Mannschaft aura d’autres occasion de briller, que le sommet européen lui a permis de reprendre temporairement la main dans sa bataille contre le CSU et que les fondamentaux économiques restent bon. Mais ce mois de juin est venu rappeler que le modèle allemand n’est pas à toute épreuve.

Première publication : 29/06/2018

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La Commission des affaires juridiques du Parlement européen a voté le 20 juin la directive dite “du droit d’auteur dans le marché unique numérique”, ardemment défendue par la France. Entretien croisé de deux eurodéputés.

Virginie Rozière est député européenne et siège au sein du Groupe ‘Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen’.

Jean-Marie Cavada est député européen et siège au sein du groupe ‘Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe’. Il est vice-président de la commission des affaires juridiques.

France 24 : Pour quelles raisons les Gafa (acronyme désignant Google, Apple, Facebook et Amazon) combattent-ils la directive sur le droit d’auteur en passe d’être votée en plénière du Parlement européen ?

Virginie Rozière : Parce qu’elles ont beaucoup à perdre. Ce sont elles qui sont dans le viseur de la directive. Le but de l’article 13 est de sortir du régime d’irresponsabilité dans lequel elles se trouvent et qui leur permet d’engranger des montants colossaux en jouant le rôle de diffuseur d’œuvre culturelle sans rémunérer d’aucune manière la culture. Leur rhétorique est très habile. Elles ont réussi à déplacer l’attention vers une supposée demande de filtrage et de censure d’Internet, ce qui n’est absolument pas le débat en cours. Ça évite de poser la vraie question : quand vous gagnez de l’argent en diffusant des œuvres culturelles, devez-vous en reverser une partie à ceux qui les créent ?

De votre point de vue, la directive est-elle équilibrée ?

Jean-Marie Cavada : Elle l’est trop de mon point de vue, car les géants du numérique, les Gafa, n’ont toujours pas l’obligation de payer des droits aux auteurs ; mais auteurs et sociétés de droits d’auteurs ont enfin la possibilité de le leur réclamer. La conception du droit d’auteur “à la française” est maintenant soutenue par de très nombreux pays, qui ne veulent pas voir leur production nationale bradée.

En quoi cette directive propose-t-elle de réelles avancées ?

J-M. C. : En empêchant les géants du Net, Google par exemple, de refaire ce qu’il a fait au journal El Païs en Espagne. Google avait refusé de discuter rémunération pour les articles de presse repris et a tout simplement déréférencé les contenus du journal, le privant de ressources importantes. Maintenant les plateformes doivent négocier et payer les ressources de presse qu’on trouve chez eux, après accord. C’est en cela un gros progrès pour les auteurs. Le texte doit maintenant passer en plénière et pourrait être rejeté car les partis nationalistes ont l’intention de voter contre, peut-être même les députés italiens 5 Etoiles, alors que le pays a une vraie création artistique, un cinéma notamment, à protéger !

Les internautes ne pourront donc plus s’amuser à détourner des vidéos ?

J-M. C. : Les propos de la députée verte Julia Reda sont alarmistes : il n’y a ni censure ni filtrage sur le contenu. Tout juste oblige-t-on les Gafa à construire un algorithme pour signaler tout contenu soumis à droit d’auteur. Il y a toujours eu, et on conservera, un “droit de citation” de quelques secondes, minutes, mais le droit d’auteur défend les œuvres sur les formats plus longs qui seraient repris ou détournés pour être exploités en tant que tels sur les réseaux.

Que peuvent faire ces plateformes de diffusion pour garantir aux auteurs une rémunération sans toucher aux exceptions du droit d’auteur ?

V. R. : En passant des accords de licence ! On ne leur demande pas de supprimer les œuvres, on leur demande simplement de passer des accords de licence pour rémunérer les créateurs. Si demain elles refusent et décident d’enlever toutes les œuvres culturelles de leur plateforme, ce sera leur décision mais en aucun cas une demande de notre part.

Aujourd’hui, les plateformes jouent un rôle d’éditeur : elles appliquent leur propre politique pour décider ce qu’elles souhaitent voir figurer comme type de contenu indépendamment de toute obligation légale. Cela pose une question : comment peut-on contraindre ces plateformes à rentrer dans un régime de droit commun ? C’est à cela que répond la directive sur le droit d’auteur. Elle attend des plateformes qu’elles garantissent le caractère proportionné des mesures qu’elles mettent en place. Si elles allaient trop loin, elles s’exposeraient à des sanctions et à des condamnations.

Première publication : 29/06/2018

Si le Parisien jette encore trois fois plus de nourriture que le reste des Français, il a considérablement réduit ses déchets. À l’occasion de la deuxième édition du Festival Zero Waste, France 24 propose un tour d’horizon de la planète anti-gaspi.

“On ne joue pas avec la nourriture !” Cette injonction a ponctué nos enfances. Et si nous commencions par ne plus la jeter, cette nourriture ? “À Paris, 59000 tonnes de denrées encore emballées et propres à être consommées finissent à la poubelle chaque année. Avec 26 kilos chacun, les Parisiens jettent même trois fois plus d’aliments que le reste des Français”, explique Antoinette Guhl, en charge des énergies circulairesà la mairie de Paris, à France 24.

Mais depuis deux ans, la capitale française se teinte de vert et prend des airs de reine anti-gaspi. Du restaurant qui vient à la rescousse des légumes jugés trop moches pour exister, aux applications qui permettent de récupérer des paniers repas à petit prix à la fermeture, de plus en plus d’initiatives éclosent, allégeant toujours plus nos poubelles.


“Les 587 kilos de déchets ménagers par habitant en 2000 – un pic – ont été réduits à 488 kilos en 2016”, se félicite Antoinette Guhl, qui souligne un intérêt croissant des Parisiens dans la lutte contre le gaspillage alimentaire. Cette thématique est d’ailleurs arrivée en tête du budget participatif, système permettant à la ville d’impliquer les citoyens dans les choix budgétaires.

“La lutte contre le gaspillage alimentaire intéresse car nous pouvons tous agir, tout le monde peut faire quelque chose à son échelle et c’est motivant !”, explique Flore Berlingen, directrice de Zero Waste France. Jusqu’au 30 juin 2018, l’organisation, née en Californie dans les années 1980, organise la deuxième édition de son festival, à Paris, “pour permettre aux professionnels et aux particuliers de découvrir la démarche ‘zéro déchet, zéro gaspi’. De mettre les mains dans le compost, de donner des idées et des moyens de les mettre en place !”.

“Un pont digital entre le commerçant et le consommateur”

Tous l’assurent : Parisiens et Parisiennes s’activent à rendre leur Terre plus légère. “La loi contre le gaspillage alimentaire de 2016 a permis une prise de conscience publique et nous a incités à ne plus gaspiller”, constate Julien Meimon, fondateur de Linkee. Cette plateforme solidaire lutte contre le gaspillage alimentaire et la précarité en redistribuant en moyenne 1 000 repas chaque jour aux plus démunis. “Nous utilisons le gaspillage alimentaire comme un outil et non comme une fin : ces denrées doivent aller en priorité aux gens qui ont faim.”

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D’autres plateformes, lucratives, contribuent à l’effort. Ainsi, les applications Optimiam et Too Good To Go (“Trop bon pour être jeté”) permettent aux consommateurs de participer à cet élan collectif tout en récupérant un panier repas auprès de commerçants avec une réduction pouvant atteindre les 80 %. Créée en 2014 par Raodath Aminou et Alexandre Bellage, Optimiam jette “un pont digital entre les commerçants et les consommateurs”. Avec 900 partenaires, dont les chaînes Franprix, Subway ou Carrefour City, l’application a permis de récupérer plus de 100 tonnes de nourriture. De son côté, Lucie Basch, dont l’application Too Good To Go vient de souffler sa deuxième bougie, offre chaque jour une seconde vie à 9 000 repas.

Si le chemin à parcourir reste encore long, les salariés des grandes surfaces parisiennes ont vu le nombre de poubelles à sortir diminuer. “En 2015, nous avions récupéré auprès des grandes surfaces 36 000 tonnes de denrées, sur un total de 105 000, détaillait Jacques Bailet, président du réseau des Banques alimentaires aux Échos. En 2017, ce chiffre est monté à 46 000 tonnes sur 110 000, ce qui correspond à 92 millions de repas.” Une prise de conscience qui n’est pas du goût de Silem. “Y’a rien la-dedans !”, s’énerve la retraitée en claquant le couvercle d’une poubelle à l’arrière d’une grande surface parisienne. Avec son allure frêle et son Caddie, elle attend là, chaque matin, à 8 h 45 tapantes que les employés sortent les désormais maigres invendus pour lesquels elle ne fera bientôt plus le déplacement, comme ses copines.

Première publication : 29/06/2018

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Le scientifique russe Igor Ashurbeyli est devenu, lundi, le premier dirigeant de la “nation spatiale” Asgardia. Un “pays” sans territoire, non reconnu, mais qui a sa propre constitution et compte déjà plus de 200 000 citoyens.

“Cette journée restera probablement comme un grand moment de l’histoire de l’Humanité”. Au centre du grand salon de l’ancien palais impérial de Vienne, l’homme d’affaires milliardaire et scientifique russe Igor Ashurbeyli jubile. Devant un parterre de diplomates d’une dizaine de pays, de scientifiques et de simples curieux, il vient, lundi 25 juin, d’être intronisé premier chef d’État de la “nation spatiale” Asgardia, un projet qu’il avait lancé en 2016.

First in History Inauguration of the Head of the First Space Nation Asgardia. https://t.co/C6LheIHGZk#AsgardiaInauguration#Asgardiapic.twitter.com/lDg931BLfj

Asgardia (@AsgardiaSpace) 27 juin 2018

Déjà doté d’un drapeau, d’un hymne et d’une constitution, Asgardia est dorénavant incarnée, non seulement par son dirigeant, mais aussi par un président du Parlement, l’ancien député gallois Lembit Öpik, et un président de la Cour suprême, le directeur de la faculté de droit de l’université de Hong Kong, Zhao Yun.

Satellite et bitcoin

Mais il manque encore à ce “pays” plusieurs éléments constitutifs essentiels avant que son créateur puisse espérer décrocher le Graal : être reconnu officiellement par l’ONU comme État souverain dans l’espace. Asgardia n’a pas de monnaie, pas de passeport, n’est reconnu par aucun autre pays et n’a pas non plus de territoire.

Igor Ashurbeyli assure cependant qu’il ne vend pas que du rêve. Après tout, il a déjà réussi à lancer un satellite en 2017 – Asgardia 1 –, lui garantissant un début de présence dans l’espace. Il a promis de mettre en place avant la fin de l’année une monnaie dématérialisée – une sorte de bitcoin asgardien –, d’établir une présence diplomatique sur tous les continents et de bâtir, d’ici 2025, des stations spatiales habitables sur la Lune.

Ce ne sont pour l’instant que des promesses. Ce qui est, en revanche, une réalité, c’est l’engouement que le projet a suscité. Asgardia revendique 203967 citoyens. Il est certes impossible de connaître la proportion de cette population qui prend l’affaire au sérieux: il suffit, en effet, de remplir un simple formulaire pour devenir Asgardien.

Défi technologique et utopie

Certains sont, cependant, convaincus de participer à une aventure sans précédent et se sont même portés candidats aux récentes élections parlementaires. “C’est la première fois qu’une nation naît de rien, et c’est donc une occasion unique de réfléchir en commun à sa construction”, assure Brice Targat, un ingénieur de recherche en bio-informatique au Commissariat français à l’énergie atomique (CEA) de 33ans et candidat malheureux aux élections, contacté par France 24. Il a découvert l’existence d’Asgardia sur Internet il y a environ un an, en a discuté avec des collègues, “et comme nous sommes tous scientifiques, ce qui touche à l’espace nous intéresse”, explique-t-il.

Ils sont nombreux à avoir, comme Brice Targat, un profil scientifique… sans pour autant être des “geeks” capables de tenir une discussion en klingon (langue fictive issue de la série “Star Trek”). “Lorsque je me suis rendu à Vienne pour l’entrée en fonction d’Igor Ashurbeyli, je me demandais si j’allais mettre les pieds dans un rassemblement de fans de ‘Star Trek’, mais en fait j’y ai croisé des scientifiques, des économistes et des personnes qui avaient, certes, toutes la tête dans les étoiles, mais aussi les pieds bien ancrés sur Terre”, raconte à France 24 Linda Jack, une britannique de 63 ans et citoyenne d’Asgardia.

Elle-même n’a pas été attirée par le défi technologique. Cette ancienne militante LibDem (Parti des Libéraux-démocrates), à la fibre sociale très développée, trouvait que le projet tombait à point nommé. “Entre Donald Trump et le Brexit, l’époque semble être au repli sur soi et Asgardia promeut une ouverture aux autres à travers une collaboration internationale pour développer un projet en commun”, souligne-t-elle. “Je suis citoyenne britannique, européenne, du monde et maintenant aussi de l’espace”, se réjouit-elle.

Un idéal d’une communauté débarrassée des contraintes des frontières qui a aussi séduit Roham Soleimani, un Iranien installé à Berlin. “Quand je suis arrivé en Allemagne il y a cinqans, j’ai ressenti comme une perte d’identité. Je considère Asgardia comme une société multinationale à laquelle je pourrais m’identifier”, assure-t-il à France 24. Pour lui, l’ambition de cette première “nation spatiale” est de construire une société qui laisserait tous les problèmes terrestres… sur Terre. “Pas de racisme, pas de frontières, pas de populisme ou de guerre, voilà ce que j’espère pour Asgardia”, résume-t-il.

Impôt de 100 euros

Une vision utopique qui ne fait pas de Roham Soleimani un Asgardien béat pour autant. Comme bon nombre de ses compatriotes, il a mal digéré l’annonce par Igor Ashurbeyli de l’instauration prochaine d’une taxe annuelle de 100euros. Officiellement, ces fonds doivent financer le projet scientifique de la “nation spatiale”. Mais il n’y a pour autant aucun engagement de transparence et Roham Soleimani ne “donnera pas d’argent tant qu’ [il] ne saura pas précisément où il va et à quoi il sert”. Il n’a pas non plus apprécié le grand écart entre la Constitution d’Asgardia, qui promeut l’égalité pour tous, et l’insistance d’Igor Ashurbeyli de qualifier son “pays” de “royaume”.

Même si l’actuel chef d’État a promis de ne rester que cinqans au pouvoir, il s’est attribué de larges pouvoirs qui semblent incompatibles avec la conception de société idéale que de nombreux Asgardiens défendent. Mais les trois citoyens interrogés par France24 partagent le sentiment de Brice Targat que “quoi que donnera ce projet, c’est la première fois qu’on va aussi loin pour créer quelque chose d’aussi ambitieux”. Ils attendent tous maintenant de savoir s’ils auront un jour leur passeport officiel d’Asgardia.

Première publication : 28/06/2018