Archive for July 25th, 2018

Les députés ont entériné, jeudi, une limitation du droit du sol à Mayotte, département français confronté à une immigration importante en provenance des Comores, dans le cadre de l’examen en nouvelle lecture du projet de loi asile et immigration.

L’Assemblée nationale a voté, jeudi 26 juillet, l’adaptation du droit du sol à Mayotte, soutenue par l’exécutif pour faire face à la très forte immigration clandestine en provenance des Comores, au terme d’un débat nourri y compris au sein de la majorité.

En nouvelle lecture du projet de loi asile-immigration, les députés ont donné leur aval par 47 voix contre 19 à un article introduit au Sénat qui exige pour les enfants nés à Mayotte que l’un de ses parents ait, au jour de la naissance, été présent de manière régulière sur le territoire national depuis plus de trois mois.

Fin juin, lors d’un discours consacré aux Outre-mer, Emmanuel Macron avait soutenu cette démarche qui permet “de préserver le droit du sol qui est l’un de nos principes fondamentaux, en adaptant ses conditions d’exercice à la réalité de ce territoire”.

Dans l’hémicycle, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a défendu à son tour une évolution “nécessaire et équilibrée”.

Il a eu l’appui des deux députés de Mayotte, Ramlati Ali (LREM) et Mansour Kamardine (LR), la première invoquant une réponse à une situation “exceptionnelle”, le second estimant que le principe d’une République “une et indivisible n’interdit pas la prise en compte de spécificités”.

>> À lire : À Mayotte, une maternité “extraterritoriale” dans un désert médical ?

Dans les rangs de la majorité, où 9 LREM et 2 MoDem ont voté contre l’article, des voix se sont élevées contre une disposition “mal préparée”, notamment Saïd Ahamada (LREM) ou Nadia Essayan (MoDem). “Est-ce qu’on va résoudre le problème? La réponse est non”, a aussi lancé Sonia Krimi, parmi les élus LREM abstentionnistes en première lecture. La députée, née en Tunisie, a déploré que cela rouvre les débats “sur les ‘horribles étrangers dont je faisais partie” qui “viennent pour profiter”.

Lui répondant “amicalement mais fermement”, Florent Boudié (LREM) a affirmé que “rien n’interdit de ne pas se voiler la face”, récusant toute volonté “d’attaquer le droit du sol”. La gauche a aussi fustigé un article qui “va à l’encontre de l’Histoire” (Muriel Ressiguier, LFI), vient “casser encore un peu plus l’unicité de la République” (Pierre Dharréville, PCF) ou “ouvre une boîte de Pandore” (Marietta Karamanli, PS). “Nous ouvrons un biais dangereux en droit”, a également estimé Olivier Becht (UDI-Agir), magistrat de profession.

Côté LR, Fabien Di Filippo a notamment déploré le “temps perdu”, tandis qu’Éric Ciotti (LR) a proposé vainement de “généraliser ce principe à l’ensemble du territoire national”. Estimant que le droit du sol “n’est pas un totem”, Marine Le Pen (RN) a proposé de le “supprimer purement et simplement” à Mayotte, qui vit, selon elle, “sous couvre-feu”, avec des pouvoirs publics “noyés sous le nombre de clandestins”.

>> À voir : Mayotte, un département français dans l’impasse

Avec AFP

Première publication : 26/07/2018

Alexandre Benalla, l’ex-chargé de mission de l’Élysée, s’est livré jeudi dans une interview au Monde, sa première depuis le début de l’affaire touchant le pouvoir exécutif français. Il dit “avoir commis une faute” et “une grosse bêtise”.

Il est l’homme au cœur de l’affaire qui secoue le pouvoir exécutif français. Alexandre Benalla, l’ex-collaborateur de l’Élysée mis en examen pour avoir frappé deux manifestants lors de la manifestation du 1er mai et usurpation de fonction, s’est exprimé pour la première fois jeudi 26 juillet dans les colonnes du Monde. Dans une interview-fleuve, l’ancien-chargé de mission livre sa version des différentes affaires qui le touchent.

• Sur ce qui s’est passé le 1er mai : “J’ai été invité”

Face aux journalistes du Monde, Gérard Davet, Fabrice Lhomme et François Krug, le désormais ex-collaborateur de l’Élysée, Alexandre Benalla, est longuement revenu sur sa participation du côté des forces de l’ordre au 1er mai. Selon le fidèle d’Emmanuel Macron, c’est Laurent Simonin, chef d’état-major de la préfecture de police qui l’invite à participer en tant qu’observateur. Selon lui, le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, Patrick Strozda, était au courant et lui a dit : “C’est très bien, c’est une bonne expérience.”

Alexandre Benalla affirme que l’équipement de policier qu’il portait lui a été fourni par la préfecture de police. Il parle d’une “confusion totale” qui règne place de la Contrescarpe : “Les CRS ne savent pas qui on est, personne n’est au courant”.

Face à l’irruption des blacks-blocks, celui qui est alors chargé de mission de l’Élysée veut “donner un coup de main”. Il se défend de tout délit se cachant derrière l’article 73 du code de procédure pénale : “tout citoyen a qualité pour appréhender l’auteur d’un délit. Les gens ont eu des agissements délictueux, ils cassaient en toute impunité.”

L’ex-collaborateur ne voit aucune violence dans les gestes effectuées :”Il n’y a aucun coup. C’est vigoureux. Je conçois que la scène peut paraître violente, mais les policiers y sont confrontés des dizaines de fois par jour. Le mec a une force qui est décuplée, il est dans l’adrénaline, il est excité, il a été gazé, il ne veut pas se laisser faire. D’ailleurs, si vous regardez la vidéo, à cinq CRS, équipés et formés à ce type de situation, pendant plus de trente secondes, ils n’arrivent pas à le maîtriser. C’est des débiles, les mecs en face, lui y compris.”

Pour Alexandre Benalla, son acte n’est pas délictueux. “La faute que je commets à ce moment-là, c’est d’y aller. Et de laisser de côté mes fonctions à l’Élysée, résume-t-il. “C’est parce que j’ai fait une faute politique, d’image, on peut qualifier cela comme on veut, et de faire abstraction des fonctions qui sont les miennes. […] Je suis trop engagé. Si je n’étais pas collaborateur de l’Élysée, je referais la même chose. Collaborateur de la présidence, je ne le referais pas.”

• Sur l’affaire : “une volonté d’atteindre Emmanuel Macron”

Alexandre Benalla dit “assumer” les faits pour lesquels il est mis en examen et dénonce “une volonté d’atteindre le président de la République, c’est sûr et certain.”

“Je dis pas que j’ai servi de fusible, je dis juste que ça a servi plusieurs intérêts, un intérêt pour atteindre le président de la République, à un moment pas mal pour lui, une bonne séquence”, poursuit l’ex-collaborateur de l’Élysée.

Selon l’ancien chargé de la sécurité présidentielle, l’affaire révélée par Le Monde le 18 juillet “est une façon d’attraper le président de la République par le colbac. J’étais le point d’entrée pour l’atteindre, le maillon faible. Au bout d’un an, il y a des inimitiés qui se créent, il y a des gens qui ne supportent pas que vous ne fassiez pas partie du club, que vous ne soyez pas énarque, sous-préfet… Je pense que si j’avais eu un tel statut et qu’il s’était passé ce qui s’est passé le 1er mai, les choses auraient été différentes”.

“On a essayé de m’atteindre, de me “tuer”, et c’était l’opportunité aussi d’atteindre le président de la République”, insiste-t-il: “Les faits, je les assume, je ne suis pas dans la théorie du complot, c’est la réalité. Sur ce qui s’est passé après, je suis beaucoup plus réservé. Il y avait en premier une volonté d’atteindre le président de la République, c’est sûr et certain. Et je suis le maillon faible, je le reconnais. Et en même temps, il y a énormément de gens qui se frottent les mains en se disant ‘Ça y est, on s’est débarrassé de lui, il ne va plus nous emmerder, c’est fini'”.

Selon Alexandre Benalla, “les gens qui ont sorti cette information sont d’un niveau important […], des politiques et des policiers. Et je ne pense pas [au ministre de l’Intérieur Gérard] Collomb en qui j’ai confiance, je ne suis personne pour lui. Mais il y a des gens qui travaillent autour de lui qui auraient pu…”

• Sur sa relation avec Emmanuel Macron : “C’est quelqu’un qui avait – et qui a toujours, je pense – confiance en moi”

Alexandre Benalla revient également sur la relation qui le lie à Emmanuel Macron. Selon ses dires, il le rencontre à l’été 2016 alors que ce dernier veut se lancer dans la bataille pour la présidentielle. Il devient progressivement “directeur de la sûreté et de la sécurité du mouvement En Marche !”.

Il décrit son premier contact avec le candidat comme “très amical”. “Avec lui, vous êtes à l’aise tout de suite”, affirme-t-il. “Je l’ai toujours vouvoyé, il est président de la République, pas de familiarité entre lui et moi. Après, lui, il peut donner du ‘tu’, du ‘ vous’, ça dépend de la situation, mais moi, je l’ai toujours vouvoyé.”

“C’est quelqu’un qui avait – et qui a toujours je pense – confiance en moi, dans mon action au quotidien”, espère Alexandre Benalla. Il comprend tout de même qu’Emmanuel Macron s’est dit trahi et déçu à cause de cette affaire : “Au vu de ce que cette histoire a déclenché, je ne vois pas quels autres termes il aurait pu employer pour qualifier la situation.”

Pour sa part, le chargé de sécurité de la présidence n’estime pas avoir trahi : “Je n’ai pas le sentiment d’avoir trahi le président de la République, j’ai le sentiment d’avoir fait une grosse bêtise. Et d’avoir commis une faute. Mais cette faute, elle est plus d’un point de vue politique : je n’aurais jamais dû aller sur cette manifestation en tant qu’observateur, puis j’aurais, peut-être, dû rester en retrait.

• Sur sa relation avec Gérard Collomb :”Il m’identifie visuellement”

Lors de son audition à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, s’était défendu de toute faute dans l’affaire Benalla, affirmant avoir déjà croisé ce dernier, mais sans connaître ses fonctions exactes.

“Je me mets à sa place. Je pense que la connerie vient d’un échelon qui reste à déterminer à la préfecture de police. Il pense que ce n’est pas sa connerie à lui, tout le monde est en train de l’attaquer, il fait des réponses maladroites”, affirme Benalla.

Les réponses d’Alexandre Benalla au Monde ne semblent pas contredire totalement la version du ministre de l’Intérieur : “Gérard Collomb m’identifie visuellement, il sait que je travaille à la présidence de la république. Je peux le croiser deux, trois, quatre fois par semaine sur des déplacements ou quand il vient à la présidence. Alors, est-ce qu’on se connaît ? Visuellement, oui. Est-ce qu’il sait qui je suis et ce que je fais exactement ? Je n’en suis pas sûr.”

Alexandre Benalla raconte également sa rencontre avec le ministre de l’Intérieur après la manifestation du 1er mai : Quand il sort, il vient me voir et me serre la main : “Ça va ? Qu’est-ce que tu fais là ?”, laissant entendre qu’il arrive au ministre de le tutoyer.

• Sur ses fonctions exactes à l’Élysée : “Je m’occupe des affaires privées du Président”

L’ancien chargé de mission a détaillé au Monde les modalités de son engagement auprès de l’Élysée : “Un contrat sur toute la durée du mandat, donc cinq ans, rémunéré 6 000euros net, c’est le salaire de tous les chargés de mission.”

Son rôle? “Je dois m’occuper des affaires privées du président de la République, parce qu’il a une vie à côté de ses fonctions, avec Brigitte Macron, celle d’un Français normal.” Il estime sa tâche complémentaire à celle du GSPR [Groupe de sécurité de la présidence de la République], chargé de la protection du président : “Eux ne prennent en compte que la sécurité. Par exemple, si le président va au théâtre, moi je vais tenir compte de la tranquillité du couple présidentiel, de l’image du président, etc.”

Il justifie également sa présence sur le bus des Bleus lors de la descente des Champs-Élysées : “J’ai monté les réunions préparatoires, mais je n’ai pas donné l’ordre d’accélérer le rythme du bus ! Je suis juste là pour informer l’Élysée s’il y a un problème”, décrit-il. “Et je ne m’occupe pas des bagages des joueurs !”, assène-t-il, comme une réponse cinglante aux propos de Christophe Castaner, délégué général de LREM et porte-parole du gouvernement.

• Sur son badge d’accès à l’Assemblée nationale :”Je ne considère pas ça comme un passe-droit”

L’ancien “M. Sécurité” du président a disposé pendant plus d’un an d’un badge d’accès H, le plus haut niveau d’autorisation au sein de l’Assemblée nationale, qui donne même accès là l’hémycicle. La révélation a provoqué un tollé au sein de l’opposition parlementaire qui voit là une entorse à la séparation du pouvoir.

Alexandre Benalla ne voit pas le problème. Il affirme même avoir voulu disposer de cette carte pour… “aller à la salle de sport de l’Assemblée. C’est peut-être un caprice de ma part, je l’admets.”

“Moi, je ne considère pas ça comme un passe-droit. C’est une demande de ma part, cette carte. J’en avais bénéficié d’une avant Emmanuel Macron, en tant que collaborateur parlementaire bénévole.”

• Sur la question du port d’armes : “Il n’y a pas d’amateurisme là-dedans”

Dans le cadre de ses fonctions auprès d’Emmanuel Macron, Alexandre Benalla disposait d’un port d’arme. “Après enquête, et considérant que ma fonction est exposée, [on m’a autorisé] à acquérir un Glock et à le détenir dans l’exercice de ma mission.”

Une première demande lui avait été refusée à la fin de l’année 2017. Mais Alexandre Benalla a alors mis l’accent sur le fait qu’il est en charge de la sécurité du QG de campagne d’En Marche. Il a alors obtenu l’autorisation de la Préfecture de police de détenir des armes, “des Glock 17, de mémoire mais dans le QG uniquement”.

Alexandre Benalla assure avoir les compétences pour porter une arme. Il affirme être inscrit “dans un club de tir depuis des années”, et “être réserviste de la gendarmerie”. À ses yeux, “il n’y a pas d’amateurisme là-dedans, au contraire”

Avec AFP

>> À lire aussi sur France 24 : “Fadaises, trahison… les explications du président Macron sur l’affaire Benalla”

Première publication : 26/07/2018

Alexis Kohler, secrétaire général de l’Élysée et plus proche collaborateur du chef de l’État, a été auditionné jeudi par la commission d’enquête du Sénat. Il a nié l’existence d’une “police parallèle à l’Élysée”.

“Il n’existe pas de police parallèle à l’Élysée”. C’est par cette déclaration que le secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler, a débuté son audition jeudi 26 juillet devant la Commission des lois du Sénat enquêtant sur l’affaire Benalla.

“Compte tenu de l’audition du directeur de cabinet Patrick Strzoda hier [mercredi 25 juillet] devant vous, et devant les députés de celles du commandant militaire du Palais de l’Élysée, le général Bio-Farina, et du chef du GSPR (Groupe de sécurité de la présidence de la République), le Colonel Lavergne, je pense, j’espère que vous avez été rassurés sur le fait qu’il n’existe pas à l’Élysée de police parallèle, que nous n’employons pas de vigiles privés pour protéger le chef de l’État, et que M. Benalla n’a jamais été en charge de la protection de la présidence de la République”, a affirmé Alexis Kohler dans son propos liminaire.

Sur France 24 >> Vidéo : l’audition du secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kholer

Pour le principal collaborateur d’Emmanuel Macron, si la suspension d’Alexandre Benalla prononcée après le 1er mai pouvait “apparaître insuffisante”, elle restait “proportionnée” lorsqu’elle a été prise au “regard des éléments connus le 2 mai”.

“Je maintiens qu’à la lumière des faits connus depuis lors, la sanction peut apparaître insuffisante, mais que symétriquement, au regard des éléments connus le 2 mai, la sanction était proportionnée”, a déclaré Alexis Kohler devant les sénateurs, insistant sur le fait qu’Alexandre Benalla avait commis “une faute à ne pas négliger”.

Le président Emmanuel Macron, qui a pris la parole après des jours de silence, est à l’offensive dans l’affaire Benalla, sous une pression encore accrue mercredi par de nouvelles passes d’armes au Parlement et une perquisition au palais de l’Élysée.

AFP

Première publication : 26/07/2018

Pour sa première prise de parole publique depuis le début de l’affaire, Emmanuel Macron a défendu, mercredi 25 juillet, l’embauche d’Alexandre Benalla à l’Élysée, en marge d’un bain de foule à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées).

Après avoir rompu le silence à ce sujet devant ses troupes mardi 24 juillet à la maison de l’Amérique latine, le président Emmanuel Macron a repris l’initiative dans l’affaire Benalla, en prenant la parole en public mercredi 25 juillet, alors qu’en fin de journée, une perquisition a eu lieu dans le bureau d’Alexandre Benalla à l’Élysée.

À plus de 800 km du palais présidentiel, où les enquêteurs sont restés plusieurs heures dans le bureau d’Alexandre Benalla en présence de l’intéressé, lors d’un bain de foule improvisé à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées) mercredi en début de soirée, le chef de l’État a confirmé suivre une stratégie offensive en invectivant des journalistes de BFMTV et de CNEWS : “Vous avez dit ces derniers jours beaucoup de bêtises sur soi-disant des salaires, des avantages. Tout cela était faux”.

“J’ai vu ces derniers jours beaucoup de gens perdre la raison, avec des réactions disproportionnées et avec une violence…”, a regretté Emmanuel Macron, fustigeant la poursuite “d’un procès politique sur la base d’une affaire qui est triste mais qui est l’affaire d’un homme”.

“Je suis fier de l’avoir embauché à l’Élysée”, a souligné le président de la République “parce que c’était quelqu’un qui était dévoué et qui avait un parcours différent […]”.

Audition d’Alexis Kohler, le plus proche collaborateur du président

Après les Hautes-Pyrénées, Emmanuel Macron est attendu jeudi et vendredi en Espagne et au Portugal, pour un déplacement pendant lequel il sera question d’énergie – loin de l’agitation à Paris.

Mardi déjà, les affirmations du Premier ministre Édouard Philippe, selon lesquelles l’affaire Benalla était l’histoire d’une “dérive individuelle” n’avaient fait qu’alourdir l’atmosphère orageuse à l’Assemblée nationale et au Sénat, où les auditions des commissions d’enquête culmineront jeudi avec la convocation d’Alexis Kohler, le plus proche collaborateur du chef de l’État.

Secrétaire général de l’Élysée, il sera entendu au Sénat, mais sans doute pas à l’Assemblée. Selon la présidente de la commission des lois, Yaël Braun-Pivet, la majorité LREM juge en effet “inutile d’auditionner d’autres membres du cabinet du président de la République et du ministre de l’Intérieur”, comme le réclame l’opposition LR.

Quoi qu’il en soit, la parole présidentielle n’a en rien calmé les oppositions. À gauche, le député LFI Alexis Corbière a accusé Emmanuel Macron d’avoir fait “le matamore”, “bien protégé au milieu de ses amis”. À droite, le président LR du Sénat, Gérard Larcher, a réclamé que le chef de l’État s’exprime “devant les Français” et pas “dans l’entre-soi” d’En Marche.

Avec AFP

Première publication : 26/07/2018

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Le titre Facebook a plongé de 24 % mercredi 25 juillet dans les transactions après la clôture à Wall Street. Le groupe s’attend à un ralentissement de la croissance de son chiffre d’affaires et à une forte augmentation de ses dépenses.

Coup dur pour Facebook. Le titre du réseau social a plongé de 24 %, mercredi 25 juillet, dans les transactions après la clôture à Wall Street. Cet effondrement a fait fondre la capitalisation boursière du groupe d’environ 150 milliards de dollars (128 milliards d’euros) en moins de deux heures. Les résultats trimestriels et les prévisions du groupe alimentent les craintes quant à l’impact de la question de la protection des données sur les activités du réseau social.

Le détournement des données personnelles de dizaines de millions d’utilisateurs par le cabinet de conseil politique Cambridge Analytica a contraint Mark Zuckerberg à multiplier les excuses publiques cette année. Ce scandale a aussi généré des appels à déserter Facebook, en forte croissance depuis son introduction en Bourse en 2012. Le réseau social, fragilisé par ce scandale, avait prévenu les investisseurs qu’ils devaient s’attendre à une forte hausse de ses coûts en raison de ses efforts pour mieux protéger la vie privée de ses utilisateurs et renforcer la surveillance des contenus partagés sur son application. Ses dépenses totales au deuxième trimestre se sont envolées de 50 % en un an, à 7,4 milliards de dollars.

La tendance devrait se maintenir d’ici à la fin de l’année, avec une hausse de 50 % à 60 % attendue. Les dépenses devraient encore augmenter plus vite que le chiffre d’affaires l’an prochain, a déclaré David Wehner, le directeur financier.

“Le taux de croissance de notre chiffre d’affaires total va continuer à décélérer dans la deuxième partie de 2018”, a-t-il encore déclaré. “Au cours des prochaines années, nous anticipons que nos marges opérationnelles évolueront autour des 35 %”, a ajouté David Wehner, en précisant que les marges baisseraient pendant plus de deux ans.

“C’est une année cruciale” pour Facebook

Tentant d’expliquer les performances jugées décevantes du groupe, ses responsables ont expliqué avoir subi les conséquences de plusieurs facteurs, parmi lesquels les scandales à répétition, qui lui coûtent très cher en investissements, ou encore, dans une moindre mesure, le Règlement européen des données personnelles (RGPD) entré en vigueur dans l’Union européenne fin mai pour mieux encadrer l’utilisation des données personnelles.

“C’est une année cruciale” pour Facebook, a commenté son patron Mark Zuckerberg lors d’une conférence téléphonique avec des analystes. “Nous investissons tellement dans nos systèmes de sécurité que cela va commencer à avoir un effet sur notre rentabilité, nous commençons à le voir ce trimestre”, a-t-il continué, après des mois à tenter de redorer le blason du plus gros réseau social du monde.

Les données personnelles des utilisateurs sont la base du modèle économique de Facebook, dont la quasi-totalité des revenus provient des ventes d’espaces publicitaires. Mauvaises pour son image, ces controverses ont pu refroidir public et annonceurs.

De façon plus générale, Facebook pâtit aussi d’une désaffection croissante de la part des plus jeunes, qui se tournent notamment vers sa plateforme de partages de photos Instagram, qui vient de passer le milliard d’utilisateurs et dont la croissance a aidé le chiffre d’affaires de sa maison-mère, limitant donc la casse pour l’ensemble du groupe.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 26/07/2018