Archive for July 30th, 2018

Le Conseil d’État a levé la semaine dernière une hypothèque juridique sur le projet pharaonique des tours Hermitage, dans le quartier de La Défense, près de Paris. Mais il reste des obstacles à la livraison en 2024 de ce complexe hors normes.

Avec elles, la ligne d’horizon de Paris ne serait plus la même… mais sortiront-elles un jour de terre? Voilà presque dix ans que les tours jumelles Hermitage font parler d’elles. Sur les modélisations en 3D, elles toisent la capitale du haut de leurs 320mètres: un véritable “World Trade Center” au bord de la Seine, à l’entrée du quartier d’affaires parisien de La Défense.

Dessiné en 2009 par l’architecte britannique star Norman Foster, le projet architectural de 260 000m2 est pharaonique: 35000m2 de bureaux, plus de 400appartements de standing à 12000 euros le mètre carré, un hôtel de luxe, des restaurants, une galerie d’art contemporain, une salle de spectacles, une résidence étudiante… Les tours seraient le premier complexe mixte en France, mêlant bureaux et résidences de luxe.

Mais depuis son lancement en 2007, l’opération immobilière portée par le promoteur russe Emin Iskenderov patine. En 2010, en présentant le projet devant Vladimir Poutine et François Fillon, alors Premier ministre, l’homme d’affaires s’y voyait déjà: devant les deux dirigeants, il soulignait que la hauteur des deux tours – tout juste en deçà de celle de la tour Eiffel – visait à “ne pas dépasser le symbole de Paris”. Le PDG du groupe Hermitage avait même convié le président russe à la pose de la première pierre à l’été 2011. Huit ans plus tard, non seulement le béton n’a toujours pas coulé mais les travaux de démolition préalables n’ont pas encore débuté. Les recours juridiques se sont multipliés.

La décision du Conseil d’État, un obstacle en moins… parmi d’autres

Jeudi 26 juillet, une sérieuse hypothèque judiciaire sur le projet a été levée : les recours des assureurs Axa et Allianz contre le permis de construire des tours délivré par le maire de Courbevoie ont été rejetés par le Conseil d’État. La construction des tours implique, en effet, la démolition de bâtiments dont Axa et Allianz sont copropriétaires.

Dans un communiqué, Emin Iskenderov s’est aussitôt félicité d’”une étape très importante” qui, assure-t-il, “confirme notre planning de livraison des Tours pour les Jeux olympiques d’été de 2024 à Paris”. “La date de début des travaux devrait être définie à la rentrée, mais toujours avec l’objectif de livraison début 2024”, a précisé l’homme d’affaires russe. Après des échéances de livraison annoncées en 2015, puis en 2020, l’horizon des JO de Paris sera-t-il tenu pour le “plus haut immeuble jamais construit en Europe occidentale” ? Rien n’est moins sûr.

“Nous avons plusieurs recours en attente de jugement. L’automne s’annonce chargé sur le plan judiciaire”, explique ainsi à France 24 Armelle de Coulhac-Mazérieux, avocate de l’association Vivre à La Défense, qui regroupe la poignée de locataires refusant toujours de quitter leur logement de la résidence Les Damiers située sur le futur chantier. Un recours pour excès de pouvoir contre les trois arrêtés de permis de construire (les deux tours et les locaux techniques) est actuellement devant la Cour administrative d’appel de Versailles. “L’arrêt du Conseil d’État du 26 juillet est, à cet égard, indifférent, car nous avons développé nos propres arguments juridiques qui ne sont pas nécessairement identiques à ceux d’Axa et Allianz”, explique l’avocate.


© Norman Foster

Au civil, huit de ses clients ont, par ailleurs, fait appel contre leur jugement d’expulsion. Ce recours sera plaidé le 17octobre2018 devant la Cour d’appel de Versailles. “Si les expulsions sont annulées, il ne peut être procédé à la construction des tours”, assure l’avocate. Deux recours contre les actes de la procédure d’expulsion seront, par ailleurs, plaidés conjointement le 5septembre2018. Selon l’avocate, les préalables obligatoires à toute mesure d’expulsion sont en effet entachés de “graves irrégularités qui commandent leur nullité”.

Sur le plan pénal, enfin, deux recours ont également été déposés par ses clients : une citation directe contre le bailleur social Logis-Transports devant le Tribunal correctionnel de Paris du chef d’escroquerie, en ce qui concerne les mesures d’expulsion et, devant la cour d’appel de Paris, une citation directe contre le groupe Hermitage du chef de tentative d’escroquerie à jugement. “Le groupe Hermitage voulait condamner l’Association Vivre à La Défense à lui verser 60millions d’euros, au motif que nos diverses actions en justice seraient à l’origine de son retard dans l’opération immobilière et lui ferait perdre 30millions d’euros par an”, explique l’avocate.

Or, selon Armelle de Coulhac-Mazérieux, “il est établi que les alarmantes difficultés financières du groupe Hermitage empêchent dans tous les cas la réalisation de l’opération, au budget de 3milliards d’euros”. Et l’avocate de pointer le non-remboursement par le groupe d’un prêt de 8,5millions d’euros à une société de droit panaméen ou encore l’indemnité d’éviction de 100000euros qui aurait dû être versée à une entreprise de viennoiserie avant le 30juin2017 et dont seuls 60000euros ont été acquittés à ce jour, d’après ses informations.


© Norman Foster

“Nous avons de sérieux doutes”

Dans le communiqué diffusé par le promoteur russe le 26 juillet, on peut lire : “Le groupe Hermitage a signé avec les partenaires financiers le 13 juillet”. Si ces dernières années, des investisseurs russes, des acheteurs chinois, des banques françaises ou étrangères et encore un grand fonds européen ont été évoqués, aucun plan sérieux n’a encore été détaillé.

D’ailleurs, pour Armelle de Coulhac-Mazérieux, “Emin Iskenderov cherche à convaincre les financiers de le suivre alors que sa situation est alarmiste”. Dans ce dossier à enjeux politiques et financiers, il faut s’attendre, selon elle, à “des rebondissements”.

L’avocate représentant l’association Vivre La Défense n’est pas la seule à se poser la question du financement. Fin juin, les élus de l’établissement public Paris La Défense, qui gère le quartier d’affaires, se sont publiquement interrogés sur la solvabilité du promoteur russe. “À ce jour, Hermitage aurait dû avoir versé 20millions, et 10millions supplémentaires au 30juin. Il n’a pas respecté l’échéancier sur lequel il s’était engagé; il reporte en permanence les délais”, avait alors déclaré la directrice générale de l’établissement public, Marie-Célie Guillaume, en qualifiant d’”exceptionnelle” la mansuétude dont avait bénéficié jusqu’à présent le promoteur russe.

Dans une interview aux Échos le 28 juin, le président du conseil d’administration de Paris La Défense, Patrick Devedjian (LR), par ailleurs patron du département des Hauts-de-Seine, ne cachait plus sa réserve : “Nous avons de sérieux doutes sur la capacité du groupe à financer et réaliser un projet aussi ambitieux mais nous sommes déterminés à sortir rapidement de l’impasse”, avait-il déclaré. Le promoteur russe garde en revanche la confiance du maire (LR) de Courbevoie, Jacques Kossowski, qui reconnaissait toutefois dans une récente interview au Parisien avoir une crainte : “Que la situation s’enlise et que l’on perde encore 15 ans”.

Première publication : 31/07/2018

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Facebook a identifié de nouvelles tentatives de manipulation politique de sa plateforme à l’approche des élections législatives de mi-mandat aux États-Unis. La firme n’a cependant pas identifié les auteurs.

Trente-deux comptes ou profils Facebook et instagram identifiés et fermés. C’est la réponse du réseau social après la découverte d’une tentative de manipulation politique de sa plateforme à l’approche des élections de mi-mandat, les midterms, aux États-Unis.

Tout en affirmant ne pas savoir qui est derrière cette action “coordonnée”, le groupe indique toutefois qu'”une partie de ces activités est cohérente avec ce que (Facebook) avait vu de la part de (l’organisation liée à la Russie) Internet Research Agency” au moment de l’élection présidentielle de 2016.

>>> À lire sur France 24 : Rattrapé par les scandales, Facebook s’effondre en Bourse

Des adversaires determinés qui changent tout le temps de tactique

Parmi les 32 comptes supprimés, un profil créé en mars 2017 et le plus récent en mai 2018. Au total, ils avaient publié près de 10 000 messages sur le site. Ces pages étaient suivies par 290 000 comptes et ont dépensé 11 000 dollars pour sponsoriser près de 150 contenus (“ads”), les rendant ainsi plus visibles.

“Nous faisons face à des adversaires déterminés, bien financés, qui n’abandonneront jamais et changent tout le temps de tactique. C’est une course aux armes, et nous aussi nous avons constamment besoin de nous améliorer”, explique le groupe de Mark Zuckerberg dans un communiqué.

“Facebook a décidé, cette fois-ci, de toute de suite révéler ces informations”

Selon un article du New York Times, relayé sur le compte Twitter de Facebook, des responsables de l’entreprise ont indiqué lors de réunions au Congrès que “la Russie pouvait être impliquée” dans cette affaire. Dans son communiqué, Facebook explique également avoir trouvé “des liens” entre les comptes supprimés “et les comptes de l’IRA (l’Internet Research Agency), désactivés l’année dernière”.

10 millions de personnes touchées en 2016

Les élections de mi-mandat sont cruciales pour les républicains car elles vont déterminer s’ils peuvent conserver leur majorité à la Chambre des représentants et au Sénat.

“L’annonce faite aujourd’hui par Facebook montre que nous avons encore beaucoup à craindre. Ces acteurs étrangers malveillants portant les marques de la précédente campagne d’ingérence identifiée comme russe continuent d’abuser et d’instrumentaliser les plateformes des réseaux sociaux pour influencer l’électorat américain”, a dit Adam Schiff, représentant démocrate siégeant à la commission du renseignement.

Facebook avait indiqué en octobre qu’environ “10 millions de personnes aux États-Unis” avaient visionné des contenus sponsorisés financés par près de 500 comptes activés depuis la Russie avant l’élection présidentielle de 2016.

Avec AFP

Première publication : 31/07/2018

Le gouvernement faisait face mardi à deux motions de censure à l’Assemblée, finalement rejetées. La majorité présidentielle a tenu bon, l’opposition s’est quant à elle montrée déterminée à empêcher l’exécutif de tourner la page de l’affaire Benalla.

L’Assemblée nationale a rejeté sans surprise mardi 31 juillet les deux motions de censure du gouvernement déposées par la droite et par la gauche. Le but de la manœuvre était avant tout d’amener le Premier ministre à s’exprimer plus longuement sur l’affaire Benalla.

Dans le détail, la motion déposée par le président du groupe Les Républicains (LR) à l’Assemblée nationale Christian Jacob – et signée par le Parti communiste (PC) et la France Insoumise (LFI) – a été rejetée, 143 députés ayant voté pour alors qu’il fallait 289 voix pour qu’elle soit adoptée. Par avance, Insoumis et communistes avaient annoncé qu’ils voteraient la motion de la droite. Les socialistes ont fait le choix inverse “car nous ne voulons pas préparer une alternative ensemble”, avait justifié le patron du parti, Olivier Faure.

Une deuxième motion de censure, présentée par le Parti communiste, les socialistes et la France insoumise a, sans suspense, également été rejetée. Seulement 74 députés ont voté pour. C’est moins que la première, mais le groupe LR avait déjà annoncé qu’il ne soutiendrait pas la motion portée par la gauche.

Les débats au sein de l’Hémicycle qui ont précédé le vote ont été animés, marqués par plusieurs passes d’armes entre l’opposition et la majorité présidentielle. Le président du groupe LR Christian Jacob a notamment jugé que l’affaire “Macron-Benalla”, qui “touche l’État et son chef au cœur” et face à laquelle le gouvernement a “abdiqué”, va laisser des “traces profondes”. Le chef de file des députés communistes André Chassaigne a pour sa part affirmé que cette affaire a “ouvert une plaie qui ne se refermera pas”, appelant la majorité à “ouvrir les yeux” et “censurer le gouvernement”.

Pas “de dérive monarchique ni d’impunité”, selon Édouard Philippe

Le dépôt des motions de censure a donc été l’occasion d’entendre davantage d’explications de la part du Premier ministre sur l’affaire Benalla. Défendant l’attitude de l’exécutif, Édouard Philippe a déclaré que “ce qui devait être fait l’a été”, et a renvoyé droite et gauche à leur inertie supposée, dans le dossier des sondages de l’Élysée en 2010, sous Nicolas Sarkozy, et dans l’affaire Cahuzac en 2012, sous François Hollande.

Le Premier ministre a aussi précisé que, du côté du gouvernement, “nous n’avons, ne vous en déplaise, jamais prétendu être infaillibles”. Tout en réaffirmant que les écarts d’Alexandre Benalla étaient “l’affaire de fautes individuelles, de compromissions insidieuses et de petits arrangements”, dans une mise en cause directe de la préfecture de police de Paris.

Edouard Philippe à propos de l’affaire Benalla, à l’Assemblée nationale, le 31 juillet 2018.

“Ce qui devait être fait l’a été”, assure le Premier ministre @EPhilippePM, évoquant la “sanction” subie par Alexandre Benalla ainsi que les enquêtes judiciaires et parlementaires.

> https://t.co/I4EuvUxyZn#DirectAN#MotionDeCensurepic.twitter.com/Vrna6APHbN

LCP (@LCP) July 31, 2018

Édouard Philippe a estimé par ailleurs que “les faits apparaissent désormais clairement. Ils ne permettent à personne de parler de dérive monarchique ni d’impunité”. Tout en martelant que “les événements du 1er-Mai ne disent rien de la présidence d’Emmanuel Macron“, le Premier ministre a affirmé que les deux motions de censure déposées par l’opposition “ne sont rien d’autre que des motions de blocage”.

Avec AFP

Première publication : 31/07/2018

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Certains utilisateurs de Twitter ont vu dans la nuit de lundi à mardi leur compte bloqué ou leur nombre d’abonnés diminuer drastiquement. Il ne s’agit toutefois pas là de censure, puisque Twitter continue simplement sa lutte contre les faux comptes.

Il y a comme un vent de panique sur Twitter. Certains utilisateurs du réseau social ont vu, mardi 31juillet, leur nombre d’abonnés, sacro-sainte mesure de la popularité d’un compte, fondre comme neige sous canicule estivale. Pour d’autres, leur profil a purement et simplement été bloqué par les équipes de l’oiseau bleu. Rapidement, des utilisateurs mécontents se sont rassemblés sous le hashtag #Twittercensure pour dénoncer une “purge”.

Bonjour @TwitterFrance. Sans que vous ne donniez aucune raison (ni par mail, ni dans votre message de blocage) mon compte a été bloqué cette nuit. J’ai par ailleurs perdu plus de 700 abonnés, et nous sommes nombreux dans ce cas.

Pour quel motif mon compte a-t-il été suspendu ? pic.twitter.com/afWlpafEms

Bastien ن (@BastienUranga) 31 juillet 2018

En réalité, la firme américaine n’a pas réellement supprimé des comptes actifs. Elle en a suspendu temporairement certains afin de lutter contre les spams et les comptes-robots (dits “bots”) qui fourmillent, voire dans certains cas pourrissent la plateforme. Twitter a donc procédé à des vérifications d’identité sur ces comptes.

Si un profil est bloqué par le réseau, son possesseur reçoit une notification lui annonçant que son compte semble avoir fait preuve d’un comportement inhabituel qui enfreint les règles de Twitter“. Pour le déverrouiller, une seule solution: indiquer son numéro de téléphone à la plateforme. Un code de vérification d’identité est alors envoyé pour récupérer l’accès.

À noter que dans certains cas, des utilisateurs avaient déjà indiqués leur numéro de téléphone à Twitter et ont tout de même vu leur compte bloqué pour “activité suspecte”. C’est la mésaventure qui est arrivée à plusieurs collaborateurs de France 24. Ils ont simplement été invités à revérifier leur numéro pour récupérer l’accès à leur profil.

Des nombres d’abonnés et d’abonnements qui s’effondrent

Plusieurs personnes ont crié à la censure en voyant la drastique diminution de leur nombre d’abonnés. Des leaders politiques ont enfoncé le clou. Cependant, il s’agit simplement là de la conséquence logique des vérifications d’identité. En effet, tant qu’un compte n’est pas réactivé, il est automatiquement déduit du nombre total d’abonnés de chaque utilisateur. Même chose pour les abonnements de tous les autres comptes qu’il suit ou par lesquels il est suivi.

Le risque d’être suivi par de faux comptes augmente logiquement en fonction de l’audience. Les comptes les plus importants – comme ceux des hommes politiques – sont donc les plus touchés par le changement. Comme le relevait le Washington Post, Donald Trump a récemment perdu 100 000 de ses 53,4 millions d’abonnés lors d’une première opération de vérification opérée par le réseau. Jack Dorsey lui-même, fondateur de Twitter, avait perdu 230 000 followers.

Qu’est-ce que cela veut dire pour les nombres d’abonnés ?

La plupart d’entre vous verront une modification du nombre de leurs abonnés de l’ordre de 4 ou moins ; ceux ayant un plus grand nombre d’abonnés pourront connaître une chute + importante.

+infos👇https://t.co/vF6w6F6PqY

Twitter France (@TwitterFrance) 11 juillet 2018

Ce changement radical s’explique par la nouvelle politique de Twitter annoncée le 11 juillet. Dans un post de blog, le réseau social annonçait une vague prochaine de vérifications pour être certains que le “nombre [d’abonnés des utilisateurs] est fiable est pertinent”. L’objectif affiché est la réinstauration de “conversation sereine” sur la plateforme alors qu’il est depuis de nombreuses années accusés d’être un vecteur harcèlement ou de propagation des fake news.

Première publication : 31/07/2018

Yaël Braun-Pivet, corapporteure de la commission d’enquête sur l’affaire Benalla à l’Assemblée, a déclaré, lundi, avoir porté plainte pour injures sur Twitter. C’est aussi le cas d’Alexandre Benallaoua, un quasi-homonyme de d’Alexandre Benalla.

Après une plainte pour injures déposée le 27 juillet par Alexandre Benallaoua, un quasi-homonyme d’Alexandre Benalla, c’est au tour de Yaël Braun-Pivet de saisir la justice. La corapporteure de la commission d’enquête à l’Assemblée nationale a reçu des dizaines de messages injurieux, dont des tweets antisémites et sexistes.

Depuis le début des travaux conduits par la @AN_ComLois, je suis destinataire de dizaines de messages de menaces et d’injures à caractère sexiste et antisémite. Rien ne justifie une telle violence. Elle est intolérable. C’est pourquoi j’ai déposé plainte aujourd’hui. pic.twitter.com/QfQeddZ47J

Yaël BRAUN-PIVET (@YaelBRAUNPIVET) 30 juillet 2018

Dans un communiqué, la députée LREM indique, lundi 30 juillet, que sa famille et elle ont été la cible de messages de menaces. “Rien ne justifie une telle violence. Elle est intolérable. C’est pourquoi j’ai porté plainte pour injures et menaces aujourd’hui auprès du commissariat du 7e arrondissement de Paris”, a expliqué cette avocate de profession.

Elle a joint à son communiqué certains de ces messages, comme “rasage comme en 45” ou “voilà la connasse qui préside la commission ce matin 100% des ripoux En Marche”, photos parfois à l’appui.

L’affaire Benalla nourrit les logiques complotistes

Ce genre de cyberharcèlement n’est pas rare sur les réseaux sociaux, dès que des scandales éclatent au grand jour, surtout lorsqu’ils impliquent des personnalités politiques. “Cela relève de la défiance envers les politiques et les médias à retranscrire les faits dans leur vérité”, estime Pauline Escande-Gauquier, maître de conférences à Sorbonne Université Celsa et auteur de “Monstres 2.0” (Éd. François Bourin). Ces cyber-harceleurs sévissent d’autant plus lorsque semble avoir été révélée une vérité qui jusque-là paraissait avoir été cachée.

La chercheuse a constaté que dans ce genre de phénomènes, les cyberharceleurs adhèrent à des communautés de pensée qui font confiance aux paroles émises sur les réseaux sociaux, “supposées vraies car émises par le peuple, avec des logiques complotistes dénonçant des personnalités qui arrangent le système en leur faveur”. Dans l’affaire Benalla, “un proche du président qui n’a pas été sanctionné comme il se devait, alors qu’il avait commis une faute grave, nourrit parfaitement leurs fantasmes de complots généralisés” analyse Pauline Escande-Gauquier.

“L’objectif est de salir les personnes ou organes qui tentent de rentrer dans une procédure d’objectivisation des faits” ajoute-t-elle. Suivant cette logique, Yaël Braun-Pivet, en tant que corapporteure de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale est une cible toute désignée.

Marie Després-Lonnet, professeur des Universités à la faculté Louis Lumière de Lyon et spécialiste des médias numériques rappelle que les femmes sont plus fréquemment la cible des insultes sur les réseaux sociaux dès qu’elles prennent la parole, y compris sur des sujets communs comme de simples tutoriels sur YouTube. Alors, lorsqu’il s’agit d’affaires polémiques, elles sont encore plus visées. “Comme toutes les violences contre les femmes, le cyberharcèlement découle d’une volonté de réduire au silence par des procédés sexistes et, souvent, des insultes à caractère sexuel”, rappelait en mai le collectif de journalistes “Prenons la une”, qui dénonçait alors les cas d’insultes et de menaces envers les femmes journalistes sur les réseaux.

Même si cette dame est une adversaire politique, ce genre de propos est inacceptable et révoltant ! Je suis totalement solidaire avec Yael Braun Pivet et ces gens doivent être condamnés #Franceinsoumisehttps://t.co/EIHJ5PAD97

Minette Valentin (@MinetteValentin) 31 juillet 2018

Tout mon soutien à @YaelBRAUNPIVET visée par d’odieuses attaques.

Les lâches auteurs de ce déferlement de haine et d’ignominies devront être identifiés et jugés.

Gérard Collomb (@gerardcollomb) 30 juillet 2018

Après l’annonce de sa plainte, la députée Yaël Braun-Pivet a reçu le soutien de plusieurs membres du gouvernement, des parlementaires de sa formation, mais aussi celui de ses adversaires en politique. “Les lâches auteurs de ce déferlement de haine et d’ignominies devront être identifiés et jugés”, a réagi le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb. Les députés La France insoumise, qui l’avaient violemment critiquée, l’accusant de “protéger” l’Élysée durant la tenue des auditions de la commission d’enquête, ont fait part de leur “indignation”. “Malgré nos profondes oppositions politiques, nous ne pouvons accepter qu’une élue de la République soit visée par des insultes antisémites et/ou sexistes”, ont-ils affirmé.

Alexandre Benallaoua, l’homonyme harcelé

Autre victime de cette avalanche de haine : Alexandre Benallaoua, un Toulousain de 41 ans dont les nom et prénom ressemblent vaguement à ceux du protagoniste du scandale qui secoue l’Élysée depuis quelques semaines. Des centaines de personnes lui ont adressé des messages le félicitant mais surtout des injures, dont certaines à caractère homophobe, a indiqué son avocat, Me Arash Derambarsh. La faute à l’algorithme de Facebook qui propose le profil du jeune homme en première occurrence à ceux qui seraient tentés de chercher l’ex-chargé de mission au cabinet d’Emmanuel Macron sur le réseau social. Une autre coïncidence a pénalisé le Toulousain qui, tout comme Benalla, est né à Évreux (Eure) et porte une barbe.

Une plainte a été déposée le 26 juillet au tribunal de grande instance de Paris a précisé Me Arash Derambarsh. La veille au soir, en rentrant chez lui, Alexandre Benallaoua avait retrouvé sa boîte aux lettres vandalisée. Plusieurs lettres de son nom avaient été retirées pour former “Benalla”.

“Il est important que les auteurs de ces affaires soient condamnés pour éviter la légitimation sociale de la parole antisémite, raciste, homophobe ou sexiste” estime Marie Després-Lonne. Elle cite le cas de la journaliste Nadia Daam, harcelée sur Twitter. Trois de ses cyberharceleurs ont été condamnés début juillet à six mois de prison avec sursis. “Ces gens existent, on peut les retrouver lorsque la police s’en donne les moyens”, rappelle la spécialiste des médias numériques.

Avec AFP

Première publication : 31/07/2018

Christophe Castaner a signifié, mardi, devant la commission d’enquête du Sénat, la procédure de licenciement lancée contre Vincent crase, chargé de mission à l’Élysée et présent aux côtés d’Alexandre Benalla le 1er mai.

L’affaire Alexandre Benalla se poursuit. La République en marche (LREM) a lancé une procédure de licenciement à l’encontre de Vincent Crase, qui se trouvait aux côtés d’Alexandre Benalla lors des manifestations du 1er-Mai à Paris, a annoncé Christophe Castaner, délégué général du parti présidentiel, mardi 31 juillet.

Ce gendarme réserviste, proche du conseiller d’Emmanuel Macron à l’origine de la plus importante crise du quinquennat, s’était vu infliger dans un premier temps une suspension de 15 jours pour avoir participé ce jour-là aux opérations des forces de l’ordre. “Bien que ces faits se soient déroulés hors de son cadre de travail à La République en marche, j’ai souhaité le sanctionner parce que je considère grave ce qu’il s’est passé”, a déclaré Christophe Castaner, entendu par la commission d’enquête du Sénat consacrée à l’affaire Benalla.

La révélation de l’affaire par Le Monde, le 18 juillet, puis les développements judiciaires ont conduit le secrétaire d’État aux Relations avec le Parlement à durcir la sanction. “J’ai adressé vendredi 20 juillet à Vincent Crase un courrier lui indiquant que La République en marche lançait une procédure de licenciement à son encontre fondée sur le trouble objectif au fonctionnement de l’association et sur l’atteinte portée à son image”, a ajouté Christophe Castaner, qui a dit assumer “un risque de contentieux devant les prud’hommes”.

“Violences en réunion”

Mis en examen le 22 juillet pour “violences en réunion”, “immixtion dans l’exercice d’une fonction publique” et “port prohibé d’arme”, Vincent Crase est convoqué, mardi, par sa hiérarchie dans le cadre de cette procédure de renvoi.

Jusque-là, il occupait selon Christophe Castaner “un poste de responsable adjoint sûreté et sécurité (…) sous l’autorité d’un chef de sécurité”. L’Élysée, qui faisait ponctuellement appel à lui, a mis fin à cette collaboration.

La controverse a démarré avec une vidéo tournée le 1er mai 2018 sur la place de la Contrescarpe, dans le Ve arrondissement de Paris, sur laquelle on peut voir Alexandre Benalla et Vincent Crase, entourés de CRS, en train de malmener deux jeunes gens.

Libération, Mediapart et franceinfo ont publié depuis de nouveaux documents sur lesquels, on peut apercevoir deux hommes portant les mêmes vêtements prendre part aux opérations de la police le même jour, cette fois dans le Jardin des plantes.

Avec Reuters

Première publication : 31/07/2018