Archive for August 1st, 2018

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Le groupe américain Apple est devenu, jeudi, la première entreprise privée à valoir plus de 1 000 milliards de dollars en Bourse.

Le cap a été franchi dans l’après-midi du jeudi 2 août. Apple, l’entreprise américaine connue pour avoir bousculé le monde de l’informatique avec ses ordinateurs, téléphones et tablettes, vaut désormais 1 000 milliards de dollars en Bourse.

La compagnie publique chinoise PetroChina avait brièvement franchi ce seuil en 2007, lors de son introduction en Bourse mais était vite redescendue.

Même si, techniquement, cette étape n’est pas significative les courtiers et investisseurs de Wall Street aiment les chiffres ronds. “La barre des 1 000 milliards est surtout psychologique en envoyant au marché un message de croissance et d’importance”, remarque Howard Silverblatt, spécialiste des indices pour S&P Dow Jones Indices.

>> À lire : Apple mise sur la vie privée et le “bien-être digital” pour se différencier

Une santé florissante

Le groupe californien a encore fait preuve cette semaine de sa santé insolente en annonçant une progression de 20 % de son chiffre d’affaires au deuxième trimestre grâce notamment à l’iPhone 8 et, surtout, à l’iPhone X dont le prix démarre aux États-Unis à près de 1 000 dollars.

Coté en Bourse depuis 1980, Apple n’y a pas toujours été aussi florissant, frôlant même la faillite dans les années 1990. Mais le groupe a profité du succès de ses iPod, iPad et iPhone et de tous les services qui y sont associés. Il aligne depuis des performances record trimestre après trimestre. Grâce à un trésor de guerre de plusieurs centaines de milliards de dollars de liquidités, Apple a aussi procédé ces dernières années à de nombreux rachats d’actions, dopant automatiquement la valeur du titre.

AFP

Première publication : 02/08/2018

Inspirée par ce qui se fait en Allemagne, Fontenay-sous-Bois va devenir la première ville française à rendre hommage à tous ses déportés avec des pavés de la mémoire. Ils vont être placés devant les habitations des juifs ou des résistants arrêtés.

Dans une rue de Fontenay-sous-Bois, en banlieue parisienne, les passants ont le regard rivé au sol. Devant le 45 rue Saint-Germain, un reflet doré sur le trottoir vient perturber leur marche. Certains continuent leur chemin, tandis que d’autres prennent le temps de s’arrêter. De l’autre côté de la rue, dans sa boucherie, Sofiane s’est rendu compte de cette drôle d’agitation : “Il y a même des gens qui prennent parfois des photos”.

Le jeune homme s’excuse. Il n’a pas eu lui-même la curiosité de lire ce qui est inscrit à quelques mètres de sa boutique sur deux plaques en laiton : “Ici habitait Lyba Wajs-Estera Rozner-Wajs. Déporté de Drancy. 22.7.1942. Auschwitz. Assassiné. 27.7.1942″. Dans le café juste à côté, le barman Amandio découvre lui aussi ces inscriptions : “Je ne les avais pas remarquées jusqu’à présent. Je n’en avais pas entendu parler”.

Le 45 rue Saint-Germain, à Fontenay-sous-Bois, l’ancien domicile des époux Wajs

© Stéphanie Trouillard, France 24

“Faire sortir l’histoire des livres”

Ces plaques ont pourtant été posées en avril dernier à l’occasion de la journée nationale de la déportation en hommage à deux habitants de cette ville du Val-de-Marne disparus dans les camps de la mort. Le couple Wajs, des juifs originaires de Pologne, avait été arrêté lors de la rafle du Vél d’Hiv. En tout, sept plaques ont été placées devant le domicile de Fontenaysiens déportés au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Cette opération est à l’initiative de Loïc Damiani, adjoint au maire et délégué au patrimoine historique. C’est lors d’un voyage en Allemagne qu’il a eu cette idée. Il s’est inspiré des Stolpersteine (obstacle ou pierre d’achoppement en allemand) posés depuis 1993 par l’artiste berlinois Gunter Demnig pour honorer la mémoire des victimes du nazisme. “Cela inscrit la trace des habitants à l’endroit où ils ont vécu”, explique cet historien et fils de déporté. “Cela permet de marquer l’espace public, de faire sortir l’histoire des livres et de la mettre dans le concret”.

  • Une plaque a aussi été posée sur le trottoir devant l’ancien domicile de Rachmil Berenfeld. © Stéphanie Trouillard, France 24

  • Cet homme, âgé de 68 ans et originaire de Pologne, a été déporté vers Auschwitz le 2 mars 1943. Il a été gazé à son arrivée. © Stéphanie Trouillard, France 24

“Un passé qui passe mal”

Alors que dans toute l’Europe, plus de 61 000 Stolpersteine ont été placés dans plus de 1 200 lieux, en France, ce type d’initiative est encore rare. Des pavés de la mémoire n’existent que dans quelques villes de Vendée, de Charente-Maritime et de Gironde. Certaines municipalités se montrent même hostiles à cette idée. En 2011, à La Baule-Escoublac, le conseil municipal avait refusé une telle installation conformément au principe de laïcité, alors même qu’il n’y a aucun motif religieux sur ces pavés. “C’est un passé qui passe mal. La police et la gendarmerie française ont arrêté dans une grande majorité les juifs et les résistants. Ce n’est pas très glorieux”, souligne Loic Damiani.

Loïc Damiani, adjoint au maire et délégué au patrimoine historique de la ville de Fontenay-sous-Bois

© Stéphanie Trouillard, France 24

Au sein de la population, les premières réactions sont pourtant plutôt positives. “J’en avais déjà vu en Allemagne. Cela m’avait interloqué. J’ai trouvé cela très bien d’en voir ici. C’est important de se rappeler”, estime ainsi Véronique, une habitante de Fontenay-sous-Bois qui passe tous les jours devant la plaque des époux Wajs. “La plupart des riverains sont contents. Il y a juste une dame qui a dit qu’elle trouvait cela morbide”, ajoute Loic Damiani. “Cela peut être effectivement choquant, mais l’idée c’est de montrer avant tout leur vie, que ce sont des personnes qui ont vécu, qui se sont aimées et qui faisaient partie de la communauté”.

Et pour mieux diffuser cette mémoire, Fontenay-sous-Bois a décidé de voir les choses en grand. Elle va ainsi devenir la première municipalité à poser des pavés pour toutes les victimes : “Nous avons décidé de le faire pour la totalité des déportés fontenaysiens qu’ils soient morts dans les camps ou qu’ils aient survécus, et pas juste pour deux ou trois par-ci par-là. Cela devrait représenter 150 personnes”.

Le Mémorial de la Liberté de Fontenay-sous-Bois sur lequel est inscrit le nom des déportés

© Stéphanie Trouillard, France 24

Ce travail va être réalisé progressivement au cours des prochaines années. Les sept plaques posées provisoirement sur les trottoirs vont être remplacées dès l’année prochaine par de vrais pavés enterrés dans le sol. L’artiste allemand Gunter Demnig sera présent pour l’occasion. Pour Loic Damiani, la mémoire des déportés de Fontenay-sous-Bois sera ainsi définitivement ancrée dans la ville : “L’idée des nazis était de les faire disparaître complètement. Nous leur redonnons un nom, une maison, une adresse. Nous rappelons leur vie”.


Première publication : 02/08/2018

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Absent en Chine depuis 2010, Google planche, selon des fuites internes, sur un moteur de recherche compatible avec la censure. L’ONG Amnesty international a appelé le géant californien à ne pas “placer les profits devant les droits de l’Homme”.

Nom du projet : “Dragonfly” (libellule, en français). Objectif : élaborer une version du moteur de recherche Google adaptée aux exigences de censure de Pékin. Le site Web lanceur d’alerte The Intercept a révélé mercredi 1er août, sur la base de documents internes estampillés “Google confidentiel”, l’existence de ce programme secret chez le géant californien. Un employé de Google a, par ailleurs, confirmé à l’AFP, sous couvert d’anonymat, que ce moteur de recherche “sur mesure”, actuellement en phase test, était destiné au système d’exploitation Android pour smartphones en Chine.

Exclusive: Google plans to launch censored search engine in China, leaked documents reveal https://t.co/wNzDR74QQl by @rj_gallagherpic.twitter.com/mH7VRbJm0z

The Intercept (@theintercept) 1 août 2018

La version du moteur de recherche destinée à la Chine a été spécialement modifiée pour filtrer les sites et les mots-clés interdits par le gouvernement chinois, a précisé à l’AFP la source interne, l’Internet y étant bâillonné par un système complexe de censure. Une “Grande muraille électronique” bloque les réseaux sociaux Facebook, Twitter et YouTube, Google et Gmail, ainsi que de nombreux médias occidentaux.

Selon The Intercept, des sites comme ceux de la BBC ou de Wikipedia n’apparaissent pas dans les recherches de la version Google testée pour la Chine de même que tous les sites Internet bannis par le régime communiste. Selon le site, des termes concernant les droits de l’Homme, la démocratie, la religion et les manifestations intègreront une liste noire. Le code du projet peut être consulté et testé sur le réseau informatique interne de Google, selon l’employé joint par l’AFP.

“Ce serait un jour noir pour la liberté du Web”, alerte Amnesty

Un moteur de recherche adapté à la censure chinoise permettrait à Google de revenir en Chine, huit ans après sa disparition dans le pays. Face à la censure et aux cyberattaques, Google avait, en effet, retiré son moteur de recherche de Chine en 2010 et nombre de ses services restent depuis bloqués dans la deuxième économie mondiale.

La nouvelle a provoqué malaise et consternation chez nombre de salariés de Google : “Cela a suscité pas mal d’angoisse en interne. Certains sont furieux de ce qu’on est en train de faire”, glisse cette même source.

Taj Meadows, porte-parole de Google en Asie, s’est refusé à réfuter ou confirmer l’existence du projet. “Nous proposons déjà nombre d’applications mobiles en Chine, comme Google Translate (traduction) ou FilesGo (transfert de documents) et avons réalisé des investissements significatifs avec des firmes chinoises comme JD.com”, colosse de l’e-commerce, a indiqué Taj Meadows à l’AFP après les révélations de la presse américaine. “Mais nous ne commenterons pas des spéculations sur nos projets futurs”, a-t-il insisté.

>> À lire sur Mashable FR : Facebook serait prêt à tout pour revenir en Chine, même coopérer avec la censure

Inquiète, l’ONG Amnesty International a appelé Google à ne pas accepter de tels compromis. “Ce serait un jour noir pour la liberté du Web si Google se soumettait aux règles extrêmes de la censure chinoise pour accéder à un marché” et “plaçait les profits devant les droits de l’Homme”, a prévenu Patrick Poon, chercheur de l’ONG.

Quel est le degré d’avancement du projet ? Selon le New York Times, Google a fait une démonstration devant des responsables gouvernementaux chinois mais cela ne signifie aucunement un retour imminent du moteur de recherche dans le pays. “Le projet du moteur de recherche censuré n’est pas achevé”, abonde le Wall Street Journal. Les informations suggérant ce retour de Google sur le marché chinois “ne sont pas conformes à la réalité”, insistait de son côté, jeudi, le quotidien officiel chinois Zhengquan Ribao, citant “les autorités concernées”.

Google withdrew from China 8 years ago to protest the country’s censorship and online hacking. Now the company is building a new search engine that complies with Chinese censorship rules. https://t.co/hcCUjhTdu9

The New York Times (@nytimes) 1 août 2018

Sept cents employés de Google en Chine

Les plateformes chinoises comme Weibo ou WeChat font l’objet d’une censure étroite, sommées d’auto-réguler leurs contenus jugés sensibles : voix critiques du régime, contenus religieux, scandales sanitaires, musique rap, dessins animés trop crus ou ragots sur des célébrités… Dans ce contexte, les groupes technologiques étrangers sont confrontés à un dilemme : faire des concessions au pouvoir ou renoncer à ce marché gigantesque.

Microsoft est ainsi présent en Chine avec son moteur de recherche Bing. Et si Google avait retiré en 2010 son moteur de recherche de l’Internet chinois, il n’a toutefois jamais réellement quitté la Chine. Le groupe californien, filiale d’Alphabet, a continué d’engranger des revenus publicitaires dans le pays, où il compte actuellement trois bureaux et plus de 700 employés.

Signe d’un réchauffement entre Pékin et le géant californien : le gouvernement a autorisé en 2017 l’accès de l’application Google Translate pour mobile, jusqu’alors bloquée. Google a en outre annoncé cet hiver l’ouverture d’un centre de recherche sur l’intelligence artificielle à Pékin, ainsi qu’un accord de coopération avec le mastodonte chinois de l’Internet Tencent.

Mais le malaise des employés pourrait compliquer la mise en place d’un moteur de recherche censuré. Récemment, une pétition demandant à Google de ne pas conclure un colossal contrat avec l’armée américaine avait réuni plus de 4 000 signatures de salariés – ils jugeaient cette collaboration contraire aux valeurs de l’entreprise, dont le slogan originel était : “Ne soyez pas malveillants”.

Avec AFP

Première publication : 02/08/2018

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Accusant Pékin de “pratiques déloyales” et de “vol de propriété intellectuelle”, l’administration Trump envisage d’accroître à 25 % les taxes douanières sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises, contre 10 % actuellement.

L’administration Trump hausse encore le ton contre la Chine. Le représentant américain au commerce (USTR), Robert Lighthizer, a annoncé, mercredi 1er août, que les États-Unis envisageaient de porter à 25 % les taxes douanières sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises.

“Cette semaine, le président (Donald Trump) m’a chargé de considérer la possibilité d’accroître les tarifs douaniers de 10 % à 25 % sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises”, a-t-il annoncé dans un communiqué, confirmant une information du Washington Post.

“L’administration Trump continue d’exhorter la Chine à mettre un terme à ses pratiques déloyales, à ouvrir son marché et à s’engager dans un marché véritablement concurrentiel”, a ajouté de son côté l’ambassadeur au commerce.

“Encourager la Chine à changer son comportement préjudiciable”

Le président américain, qui accuse également Pékin de “vol de propriété intellectuelle”, exige du géant asiatique d’abandonner ces pratiques, de réduire le déficit commercial américain de 200 milliards de dollars et d’ouvrir davantage son marché aux biens américains.

“Au lieu de changer son comportement nuisible, la Chine a, de manière regrettable, pris des représailles contre les États-Unis, les travailleurs, les agriculteurs, les éleveurs et les entreprises”, a ajouté Robert Lighthizer, en référence aux taxes chinoises sur 34 milliards de dollars de marchandises américaines.

>> Voir notre infographie: Guerre commerciale : Trump contre le reste du monde

Robert Lighthizer estime qu’accroître le niveau de ces taxes douanières est “une option supplémentaire pour encourager la Chine à changer sa politique et son comportement préjudiciables”. Il ajoute que la période de consultation sur un possible accroissement du niveau des tarifs douaniers se terminera le 5 septembre, au lieu du 30 août initialement envisagé pour des taxes à hauteur de 10 %.

“Nous n’avons pas vu d’évolution pour s’attaquer à ces problèmes”, avaient déploré plus tôt des responsables américains, soulignant que Donald Trump resterait ferme “pour obtenir des résultats”.

“Le chantage et la pression ne fonctionneront jamais sur la Chine”

Dès mercredi, avant même l’annonce de Robert Lighthizer, le régime communiste avait prévenu se tenir prêt à adopter des représailles en cas de nouveau durcissement américain. “Le chantage et la pression ne fonctionneront jamais sur la Chine”, avait martelé le porte-parole de la diplomatie chinoise, Geng Shuang. “Si les États-Unis prennent des mesures intensifiant encore l’escalade, nous adopterons assurément des contre-mesures pour protéger résolument nos droits et intérêts légitimes.”

“La position de la Chine est ferme et claire, et elle ne changera pas.”

Interrogé sur le lien éventuel avec les critiques récentes de Donald Trump sur la dépréciation du yuan chinois, un responsable américain a par ailleurs répondu : “Je ne tirerai pas de conclusion sur le fait que l’annonce faite aujourd’hui soit liée à une pratique en particulier”. Ce dernier a toutefois rappelé que Pékin s’était engagé en 2015 à ne pas dévaluer sa monnaie pour rendre ses produits plus compétitifs.

Depuis fin mars, Washington inflige des tarifs douaniers supplémentaires de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium chinois. Ils ont par ailleurs imposé, le 6 juillet, des surtaxes douanières sur 34 milliards de dollars d’importations chinoises. Pékin a de son côté répliqué en taxant le même montant d’importations en provenance des États-Unis.

Washington et Pékin avait observé une trêve fin mai en annonçant un “consensus” en vue de diminuer le déficit américain, mais les discussions ont finalement achoppé.

Avec AFP

Première publication : 02/08/2018