Archive for August 6th, 2018

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Alex Jones, le théoricien du complot qui compte parmi ses fans Donald Trump, a été banni de la quasi-totalité des réseaux sociaux en moins de 24 heures. Le 7 août, seul Twitter tolérait encore la présence du conspirationniste.

Même YouPorn a décidé, lundi 6 août, de bannir de sa plateforme le conspirationniste vedette de l’extrême droite américaine Alex Jones. Le site pornographique, qui hébergeait des dizaines de vidéo du commentateur et agitateur américain, a suivi le mouvement initié, la veille, par Apple et qui a eu un effet boule de neige.

so i got an unsolicited statement just now that the adult site YouPorn is banning Alex Jones and Infowars content from its platform (what? ok.) pic.twitter.com/U4IwkGf4FO

Charlie Warzel (@cwarzel) 6 août 2018

Il ne restait, mardi, guère plus que Twitter qui tolérait encore la présence d’Alex Jones sur sa plateforme. Facebook, YouTube, Spotify, Pinterest et LinkedIn l’ont tous bouté hors de leur site, invoquant une violation des règles de conduite.

Empire conspirationniste

Apple, le premier, avait jugé que ses podcasts – l’application de son site Infowars reste quant à elle disponible sur l’Apple Store – contenaient des messages haineux. Facebook a été encore plus spécifique, expliquant que des contenus sur la page d’Alex Jones “glorifiaient la violence, et utilisaient un langage déshumanisant les personnes transgenre, les musulmans et les immigrés”.

Des critiques qui sont adressées à cette figure centrale de l’alt-right américaine (nébuleuse regroupant l’extrême droite et les conspirationnistes) depuis des années. Alex Jones s’est en effet bâti un empire complotiste sur Internet en affirmant, entre autres, que la tuerie de l’école de Sandy Hook en 2012 était une mise en scène orchestrée par le gouvernement ou encore qu’Hillary Clinton appartenait, durant la campagne présidentielle de 2016, à un réseau pédophile responsable de la mort de plusieurs enfants.

Le laxisme, très critiqué, des principaux réseaux sociaux à l’égard d’Alex Jones pendant des années lui ont permis de s’imposer comme l’une des voix les plus virulentes et les plus écoutées du camp pro-Trump. Sa chaîne sur YouTube comptait plus de 2,4 millions d’abonnés. Son fan le plus célèbre n’est autre que Donald Trump, le président des États-Unis. Ce dernier l’a appelé en direct durant l’une de ses émissions en 2015 pour le féliciter pour son travail et lui promettre qu’il ne le décevrait pas s’il accédait à la Maison Blanche.

La décision quasi-simultanée de toutes ces plateformes de bannir Alex Jones, quoique très attendue, a également suscité son lot de critiques. “Elle fait le jeu d’Alex Jones en le transformant en martyr”, déplore le site d’informations technologiques Wired. Le principal intéressé n’a d’ailleurs pas tardé à se poser en victime d’une “action coordonnée” des géants de la tech qui chercheraient, à travers lui, à faire taire les “conservateurs” à l’approche des élections américaines de mi-mandat en novembre 2018.

L’empressement de suivre l’exemple d’Apple a aussi donné l’impression que les autres réseaux sociaux “réagissaient surtout par intérêt pour ne pas apparaître comme la seule plateforme à tolérer un discours dénoncé unanimement comme ‘haineux’”, signale le site Slate.

Changement de mentalité

Il n’empêche. Cette mise à l’index quasi-généralisée d’Alex Jones illustrerait un changement important de mentalité de la part des réseaux sociaux, estime Wired. Pendant des années, ces plateformes ont toléré la présence d’utilisateurs du calibre d’Alex Jones au nom de la liberté d’expression. Cette promesse “d’ouverture à tous, d’absence de préjugés et de laxisme a longtemps été l’un des grands atouts de ces sites par rapport aux médias traditionnels qui contrôlent beaucoup plus ce qu’ils publient”, note le site. La stratégie a tellement bien marché, que les Facebook & Co. sont devenus les sources principales d’information pour une majorité d’Américains.

Mais la posture de plateforme qui s’interdit le droit de juger ce que publient les utilisateurs était alors devenue intenable. La force de frappe des réseaux sociaux permettait à n’importe qui d’être aussi audible que la plupart des médias traditionnels, tandis que le refus de juger le contenu permettait à Alex Jones d’apparaître aussi légitime que des commentateurs moins extrémistes.

En censurant ce théoricien du complot, ces plateformes “assument, comme n’importe quel média, qu’elles sont des entreprises privées qui ont le droit de juger les contenus, et non pas un service public tenu de protéger la liberté d’expression à tout prix”, conclut Wired. Ce basculement ne s’est pas fait en une nuit. Il a fallu la lutte contre la propagande terroriste sur les réseaux sociaux, le débat sur la prolifération des fake news et enfin le scandale Cambridge Analytica pour en arriver là. Reste à savoir quel sort attend tous les apprentis Alex Jones, comme Jack Posobiec ou Paul Joseph Watson, l’autre agité d’Infowars. Ils ont, tous deux, plus de 500 000 abonnés sur YouTube ou Twitter et sont bien décidés à perpétuer le travail du fondateur d’Infowars.

Première publication : 07/08/2018

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Alors qu’une première salve de sanctions rétablies par les États-Unis contre l’Iran est entrée en vigueur mardi, Donald Trump a prévenu que les entités qui ne réduiront pas leurs activités avec Téhéran s’exposent à de graves conséquences.

Le président américain, Donald Trump, a lancé, mardi 7 août, un avertissement aux pays qui persisteraient à commercer avec l’Iran après le rétablissement des sanctions contre Téhéran dans la nuit de lundi à mardi.

“Les sanctions contre l’Iran sont officiellement en place. Ce sont les sanctions les plus dures jamais imposées et en novembre elles augmentent encore à un autre niveau”, a tweeté Donald Trump. “Quiconque faisant des affaires avec l’Iran ne fera PAS d’affaires avec les États-Unis. Je demande la PAIX MONDIALE, rien de moins”, a-t-il ajouté.

The Iran sanctions have officially been cast. These are the most biting sanctions ever imposed, and in November they ratchet up to yet another level. Anyone doing business with Iran will NOT be doing business with the United States. I am asking for WORLD PEACE, nothing less!

Donald J. Trump (@realDonaldTrump) 7 août 2018

>> À lire : Escalade verbale en tweets entre Donald Trump et les dirigeants iraniens

Les sanctions ont été décidées à la suite du retrait unilatéral en mai de Washington de l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015 avec les grandes puissances. Quelques heures avant leur entrée en vigueur , le président iranien, Hassan Rohani, a crié lundi soir à la “guerre psychologique” et écarté toute négociation sur un nouvel accord réclamé par Washington.

Colère en Russie

Les sanctions comprennent des blocages sur les transactions financières et les importations de matières premières, ainsi que des mesures pénalisantes sur les achats dans le secteur automobile et l’aviation commerciale.

Elles devraient accentuer la détérioration d’une économie iranienne moribonde, qui a provoqué la semaine dernière des protestations dans plusieurs villes contre notamment le chômage et l’inflation, alors que le rial iranien a perdu près des deux tiers de sa valeur en six mois avant de se reprendre un peu ces derniers jours.

>> Sur les Observateurs : Devant la pénurie de médicaments, des Iraniens se tournent vers Twitter

Les mesures américaines ont suscité la colère de la Russie qui a assuré qu’elle ferait “tout le nécessaire” pour sauver l’accord nucléaire. “La communauté internationale ne doit pas accepter que des réussites importantes d’une diplomatie multilatérale soient sacrifiées par les ambitions américaines concernant un règlement de comptes avec l’Iran”, a-t-elle martelé.

Les Européens, eux aussi signataires de l’accord, s’étaient d’emblée dit déterminés à sauver le texte et à “protéger les opérateurs économiques européens engagés dans des affaires légitimes avec l’Iran”. Une législation spécifique en ce sens doit entrer mardi en vigueur, ce qui n’a pas empêché l’allemand Daimler d’annoncer l’arrêt de ses activités en Iran.

>> À voir : Ces entreprises françaises en première ligne

Habitués à l’hostilité des États-Unis envers leur pays, beaucoup d’Iraniens accusent leurs propres dirigeants de ne pas avoir trouvé de solution à la crise et ils sont nombreux à avoir mis des dollars de côté et fait des provisions ces derniers jours.

Avec AFP

Première publication : 07/08/2018

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Alors que le Brexit prend tournure, la banque britannique HSBC a annoncé, lundi, que le contrôle de sept de ses succursales européennes allaient être rattachées début 2019 à HSBC France, à Paris.

Aller simple Londres-Paris. La banque britannique HSBC a annoncé, lundi 7 août, le rattachement juridique vers sa filiale française d’activités européennes qui étaient jusqu’à présent contrôlées depuis Londres, au moment où le secteur financier accélère les préparatifs en vue du Brexit.

HSBC a annoncé ces changements de périmètre dans un communiqué publié par HSBC France, quelques heures après avoir dévoilé des résultats mitigés pour le deuxième trimestre.

Pas de référence explicite au Brexit, mais…

La première banque européenne ne fait pas référence explicitement au Brexit, mais explique qu’elle “ajuste ses activités” pour continuer à servir au mieux ses clients “dans un contexte d’évolution politique et réglementaire en Europe”.

Dans les faits, sa filiale britannique HSBC Bank, basée à Londres, va perdre le contrôle de sept succursales européennes, qui seront désormais rattachées à HSBC France, à Paris. Il s’agit des activités de la banque en Belgique, République tchèque, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas et Espagne.

Ce transfert devrait être effectif durant le premier trimestre 2019, soit juste avant la sortie effective du Royaume-Uni de l’UE, prévue fin mars.

HSBC précise que ses entités européennes proposent des services aux clients de la banque de financement et d’investissement, ainsi que des activités de marché. La banque n’évoque pas, par ailleurs, le transfert d’activités réalisées à Londres vers la France, alors qu’elle avait prévenu de longue date que le Brexit pourrait la contraindre à déplacer jusqu’à un millier d’emplois vers Paris.

Inquiétude du ministre britannique des Finances

Les grands établissements financiers présents au Royaume-Uni ont beaucoup à perdre avec le Brexit, qui implique la fin du passeport financier européen. Ce précieux sésame leur permet de proposer leurs services sur tout le continent depuis le Royaume-Uni.

Le Financial Times a rapporté lundi que Philip Hammond, le ministre britannique des Finances, craignait que l’Europe, emmenée par la France, profite du Brexit pour chercher à fragiliser la City. Le ministre aurait ouvertement fait part de ses inquiétudes lors d’une réunion mi-juillet avec de hauts responsables du secteur bancaire britannique.

Avec AFP

Première publication : 07/08/2018

Il y a cent ans, le 8 août 1918, les Alliés déclenchent une offensive dans la région d’Amiens. Cette attaque est un succès. Pour la première fois, ils prennent un ascendant décisif sur les Allemands, comme l’explique l’historienne Marjolaine Boutet.

Plus de 2 000 personnes, dont le prince William et la Première ministre britannique Theresa May, sont attendues, mercredi 8 août, pour les commémorations du centenaire de la bataille d’Amiens, qui se tiendront dans la cathédrale de la ville. Cette offensive de la Première Guerre mondiale, déclenchée le 8 août 1918, marqua le début d’une série d’attaques des Alliés contre les Allemands, qui aboutit à l’armistice du 11 novembre 1918. Le général Ludendorff, chef d’état-major général adjoint allemand qualifia cette journée de “jour de deuil de l’armée allemande”. En une seule journée, les Alliés s’avancèrent de 13 kilomètres et firent près de 27 000 prisonniers. Pour l’historienne Marjolaine Boutet de l’Université de Picardie, co-auteure de “La bataille de la Somme” (Éd. Tallandier), la bataille d’Amiens est un tournant dans la Grande Guerre.

France 24 : Pourquoi cette offensive a-t-elle été décidée en août 1918 ?

Marjolaine Boutet : Il faut se remettre dans le contexte de 1918. Au printemps, les Allemands ont lancé une offensive qu’ils espéraient décisive pour remporter la guerre qui durait depuis quatre ans. À la fin de l’année 1917, il y a eu notamment la révolution bolchévique en Russie, signe que la guerre est en train de se terminer sur le front de l’Est. Les Allemands peuvent ramener une grande partie de leurs troupes sur le front de l’Ouest avant que, côté allié, les Américains n’arrivent en trop grand nombre. Ils se disent que c’est le moment de gagner la guerre et faire basculer la situation à leur avantage. Ils sont totalement épuisés par quatre années de conflit, des morts, qui ont dépassé le million et un blocus imposé par les Britanniques.

Ils lancent alors une offensive en avril qui dure jusqu’au mois de juillet, au cours duquel ils sont arrêtés sur la Marne par les Alliés qui se sont enfin mis d’accord pour avoir un commandement commun confié au général Foch. L’objectif de ce dernier est à la fois d’arrêter la menace allemande et de reprendre l’offensive. Il décide de lancer une première attaque commune à Amiens parce que c’est traditionnellement le point de jonction entre le front défendu par les Britanniques et le front défendu par les Français.

En gare d’Amiens, le 18 août 1918, l’ambassadeur britannique Lord Derby, les maréchaux Foch et Haig et le président du conseil Georges Clémeanceau

© Collections La Contemporaine

Comment cette offensive se déroule-t-elle sur le terrain ?

C’est une bataille classique de la Première Guerre mondiale. On prépare le terrain par un bombardement massif d’artillerie et d’aviation. Ce bombardement prend les Allemands par surprise. Après avoir largement détruit la plus grande partie des installations de l’ennemi, l’infanterie est envoyée, ainsi que les tanks. C’est une guerre très moderne. Tous les corps d’armée sont mobilisés. Il y a des Britanniques, des Français, des Américains, des Canadiens, des Australiens sous un même commandement. D’un point de vue logistique, cela demande une incroyable mobilisation et coordination. Pour la première fois, parce qu’il y a un pilote unique, cela fonctionne. Jusque-là toutes les offensives s’étaient cassé les dents. C’est clairement le début de la fin pour les Allemands. Ludendorff, le chef d’état-major adjoint allemand, l’écrit lui-même dans son journal. Il est obligé de reculer et comprend qu’il ne pourra pas gagner la guerre face à des Alliés qui sont plus forts, plus nombreux et qui ont enfin réussi à s’organiser. Ils sont matériellement supérieurs, Ils produisent plus, plus vite et de manière plus performante. Ils ont compris depuis 1916 que cette guerre était une guerre de matériel. Ils ont aussi des populations qui tiennent et des combattants qui sont vraiment aguerris.

Des mitrailleuses et fusils mitrailleurs allemands capturés par les Britanniques dans le secteur d’Amiens, en août 1918

© Collections La Contemporaine

Cette bataille d’Amiens marque un tournant dans l’année 1918. Pourquoi n’est-elle pas plus connue en France ?

Elle met en jeu essentiellement des forces anglo-saxonnes. La Somme est beaucoup plus importante dans la mémoire collective anglo-saxonne que dans la française. Nous nous sommes concentrés sur Verdun, alors que pour les Britanniques, au sens large, c’est un territoire qui a une vraie résonnance. La plupart de leurs morts n’ont pas été rapatriés. Ils sont enterrés sur ces terres, identifiés ou pas. Il y a des mémoriaux partout et des familles qui viennent très fréquemment pour se recueillir. Nous avons oublié ces soldats, mais pas le reste du monde.

Le 8 août, il y aura une belle cérémonie à la cathédrale d’Amiens avec beaucoup de lectures. À en juger par ce qui a été fait lors du centenaire de la bataille de la Somme en 2016, cela risque d’être très beau et très émouvant. Une délégation allemande sera aussi présente, ainsi que des Canadiens, des Australiens etc. Cela permet de prendre véritablement conscience de la dimension mondiale de cette guerre. Le monde entier était là en 1918.

Des dégâts causés par les obus dans l’église Saint-Rémi d’Amiens, septembre 1918.

© Collections La Contemporaine


Première publication : 07/08/2018