Archive for August 11th, 2018

La secrétaire d’État auprès du ministre à la Transition écologique et solidaire, Brune Poirson, a présenté, dans un entretien au JDD, sa feuille de route pour lutter contre le plastique. Elle espère un “électrochoc” dans les pratiques des Français.

“Créer un électrochoc”, “déclarer la guerre”, Brune Poirson ne recule devant aucune hyperbole pour présenter dans la presse son plan d’action de lutte contre le plastique. Dans une interview parue dimanche 12 août dans les colonnes du Journal du Dimanche (JDD), la secrétaire d’État à la Transition écologique et solidaire annonce passer à l’offensive avec une série de mesures destinées à “sortir du ronronnement du système actuel.”

“Une trajectoire fiscale claire”

Pour répondre à l’objectif de 100 % de plastiques recyclés en 2025 visé par le gouvernement, Brune Poirson compte mettre progressivement en place à partir de 2019 “un système de bonus-malus allant jusqu’à 10 % du prix des produits” pour inciter les consommateurs à privilégier des produits fabriqués à partir de plastique recyclé. “Demain, quand il y aura le choix entre deux bouteilles, l’une fabriquée en plastique recyclé et l’autre non, la première sera moins chère”, explique-t-elle.

La une du JDD.

> La guerre au plastique est déclarée : le plan choc de Leclerc, les projets des industriels, les actions des citoyens

> Affaire Kohler : l’Elysée répond

> Les CRS pour surveiller les plages, c’est bientôt fini

> Pauvreté : Buzyn esquisse son plan pic.twitter.com/jLvY8CfuK1

Le JDD (@leJDD) 11 août 2018

Dans cet entretien, la Vauclusienne annonce également une mesure destinée à inciter les communes françaises à recycler les déchets plutôt que de les enfouir. Actuellement, “en France, cela coûte moins cher pour une commune d’enfouir les déchets que de les recycler”, regrette le secrétaire d’État. Raison pour laquelle le gouvernement Édouard Philippe compte augmenter la TGAP (taxe générale sur les activités polluantes) sur l’enfouissement et baisser la TVA sur le recyclage, comme annoncé par le Premier ministre en avril. “Nous devons afficher une trajectoire fiscale claire pour les prochaines années afin de permettre aux collectivités et aux citoyens de s’adapter, sans que cela pèse sur les finances des villes qui s’engagent”, indique-t-elle.

« @EPhilippePM a lancé une feuille de route sur l’économie circulaire pour que les déchets deviennent des ressources. Il s’est notamment engagé à lancer une série de mesures pour accélérer le recyclage du #plastique. Par exemple, l’interdiction des plastiques à usage unique» #LCI

Brune Poirson (@brunepoirson) 12 août 2018

Adieu pailles, touillettes et gobelets

En pratique, l’exécutif souhaite également “clarifier l’étiquetage”, avec la mise en place d’ici à 2020 d’un logo “qui dira si un produit a vraiment été fabriqué avec du plastique recyclé ou s’il est recyclable”. Le logo rond constitué d’une flèche qui apparaît aujourd’hui sur les emballages plastiques ne signifie pas que l’emballage est recyclable ou recyclé mais que l’entreprise verse une contribution à un éco-organisme.

Autre mesure annoncée, simplifier la collecte et “uniformiser la couleur des poubelles” de tri, actuellement différentes d’une ville à l’autre “pour créer des automatismes”.

>> À lire sur France 24 : “Pollution plastique du littoral, un fléau mondial”

Autre levier que le gouvernement a déjà annoncé avoir l’intention d’actionner : l’interdiction de produits à usage unique, comme les pailles et les bâtonnets en plastique. “Début 2019 […], nous préciserons la liste des produits à usage unique que nous voulons interdire” et cette suppression des “usages superflus ou substituables” sera mise en œuvre “d’ici au 1er janvier 2020″, indique Brune Poirson.

Contre la pollution plastique, l’industrie doit encore accélérer https://t.co/e6VNrlxcLO

Le JDD (@leJDD) 12 août 2018

La France, mauvaise élève du recyclage

Selon l’organisation PlasticsEurope, qui représente les producteurs européens de matières plastiques, la France figure parmi les lanternes rouges européennes du recyclage des emballages en plastique, avec un taux de recyclage d’à peine plus de 20 % contre une moyenne européenne de près de 41 %.

Enfin, la Secrétaire d’État souhaite mettre en place dès cet automne dans des villes pilotes un “système de consigne solidaire : quand vous déposerez une bouteille, cela contribuera à financer un fonds en faveur d’une grande cause”.

Si la jeune militante LREM déclare soutenir les plastic attacks – initiatives citoyennes destinée à retirer tous les emballages inutiles dans un supermarché –, elle reconnait ne pas souhaiter la fin définitive du plastique. “On a besoin du plastique pour certains usages. […] La perspective n’est pas l’interdiction, mais le recyclage. Il faut radicalement changer les comportements.”

Première publication : 12/08/2018