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D’ici le 26 février, le groupe automobile Peugeot pourrait officialiser un accord de rachat de l’Allemand Opel. Une perspective perçue comme une bonne nouvelle en France alors qu’elle ne suscite guère l’enthousiasme outre-Rhin.

Semaine cruciale pour l’avenir de Peugeot et d’Opel. L’annonce d’un éventuel mariage entre les deux constructeurs pourrait être faite jeudi 23 février, lors de la présentation des résultats financiers de PSA (Peugeot-Citroën), d’après la chaîne économique Bloomberg et le quotidien français Les Échos.

La volonté de Peugeot de racheter la marque allemande détenue par l’Américain General Motors avait été rendue publique avec bruit et fracas médiatique mercredi 15 février. “Une annonce inattendue qui a fait l’effet d’une onde de choc en Europe”, écrivait alors Le Figaro.

Lumière au bout du tunnel

Surprenant car Peugeot était, il y a encore quelques années, à l’agonie financière. Le soutien de l’État actionnaire, l’arrivée du chinois Dongfeng au capital du constructeur automobile français et un changement à la tête du groupe ont été nécessaires, depuis 2013, pour remettre un peu d’huile dans le moteur de la marque au lion. Étonnant, aussi, parce que PSA et General Motor ont déjà essayé de travailler ensemble, sans succès. Une “grande alliance industrielle”, instituée en 2012, a fait pschitt en à peine un an, lorsque le géant de Detroit décide de se retirer du capital du groupe français.

Dans ce contexte, le nouvel intérêt de PSA pour Opel est perçu en France comme une lumière au bout du tunnel. Carlos Tavares, patron de PSA depuis 2014, a réussi à redresser les comptes du constructeur avec deux ans d’avance sur ses objectifs et souhaite maintenant se lancer à l’assaut de l’Europe : telle est l’explication qui prédomine dans les médias français. Pour Les Échos, le “lion est fort” et il a l’”appétit pour devenir le numéro 1”, en référence à la concurrence qui oppose PSA à Renault.

“Avec Opel, PSA entend créer un champion européen”, titre Le Figaro. Le quotidien conservateur souligne que le rapprochement paraît logique tant les deux marques se positionnent sur un créneau similaire – celui des petites voitures – et qu’il permettra à Peugeot de mettre une roue sur le lucratif marché allemand et aussi britannique (siège de la marque Vauxhall que GM vendrait aussi à PSA). Ce mariage emballerait même les Allemands, suggère Les Échos. À l’appui de sa thèse, le quotidien économique cite le journal Suddeutsche Zeitung qui évoque la possibilité “d’un miracle” de la coopération franco-allemande.

Coût social trop élevé ?

Mais c’est une lecture très orientée voire partielle des médias allemands, qui ont plutôt adopté un ton pessimiste à l’égard de l’éventuel rachat d’Opel par PSA. Si la Suddeutsche Zeitung fait référence à un miracle, c’est pour préciser quelques lignes plus bas que le rachat n’est pas souhaitable. “Peugeot et Opel ne sont pas complémentaires, ils ont les mêmes problèmes”, souligne le quotidien de centre-gauche. Il rappelle que General Motors n’a jamais réussi à rendre sa marque européenne profitable et préfère retenir le côté obscure de la situation de PSA : Renault a ravi, en décembre 2016, la deuxième place à PSA en termes d’immatriculations de voitures en Europe. “Ce n’est pas en regroupant deux malades qu’on va créer un géant sain”, conclut Die Welt.

Les médias allemands craignent avant tout pour les 15 000 employés d’Opel en Allemagne. Ainsi la Frankfurter Allgemeine, quotidien de référence pour le milieu allemand des affaires, se demande si dans cette affaire, l’Allemagne ne serait pas le dindon de la farce : General Motors se débarrasse d’une filiale encombrante tandis que PSA récupère une entité qui permettra à Carlos Tavares de faire, avant tout, des économies en mutualisant les tâches.

Les craintes outre-Rhin sont remontées jusqu’au sommet de l’État et des représentants du gouvernement allemand ont fait part de leur inquiétude à des responsables de PSA lors d’une réunion à la chancellerie en fin de semaine dernière, d’après le supplément dominical du tabloïd Bild. Le constructeur français a, en retour, assuré qu’il n’y aurait pas de plan social avant 2018 et que les investissements votés jusqu’en 2020 seront maintenus. L’intervention de Berlin prouve, pour le quotidien Die Welt, qu’outre les défis industriels, ce dossier est aussi un terrain politique miné.

Une réalité qui n’est pas ignorée en France, où il est question d’un “difficile ballet diplomatique” à venir pour les dirigeants de Peugeot-Citroën. De manière générale, les médias français ne font pas l’impasse sur le volet social ni sur le risque financier que ferait peser Opel sur les comptes de PSA. Mais, pour eux, c’est un pari à relever, car Peugeot n’a pas le choix s’il veut être plus fort à l’international. Pour les Allemands, le coût social est trop élevé et Peugeot ferait mieux d’investir davantage dans l’innovation – notamment les voitures électriques – s’il ne veut pas être trop à la traîne sur ses concurrents. Un retard technologique que PSA partage avec Opel, souligne les médias allemands.

Première publication : 20/02/2017

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Au cours d’une émission de plus de cinq heures, le candidat de La France insoumise a détaillé son programme de relance qui s’appuie sur un “choc d’investissement” et une “révolution fiscale”.

“On nous demande toujours : ‘Combien ça coûte ?’ Nous allons le dire”, a annoncé Jean-Luc Mélenchon en ouverture, dimanche 19 février, d’une longue émission diffusée sur sa chaîne YouTube au cours de laquelle il a chiffré son programme économique.

Pour tourner résolument le dos à l’austérité libérale, le candidat de La France insoumise prévoit pour les cinq années à venir un plan de relance keynésien, reposant sur un “choc d’investissement” de 100 milliards d’euros, financé par l’emprunt. Bénéficieront de ces investissements “l’urgence sociale” (45 milliards, dont 18 pour le logement), “l’urgence écologique” (50 milliards, dont 25 pour le développement des énergies renouvelables, très pourvoyeuses d’emplois) et les services publics (7 milliards).

Baisse de l’impôt sur les sociétés

Il s’agit “d’injecter une masse suffisante qui remette en route l’activité”, a expliqué Jean-Luc Mélenchon, c’est-à-dire de choisir des projets pourvoyeurs d’activité afin d’obtenir l’effet multiplicateur de l’investissement escompté, qu’il estime à deux à trois. Le candidat a néanmoins reconnu que ce choc d’investissement ne se ferait pas sans obstacle : “On ne dépense pas 100 milliards en un claquement de doigt”, a-t-il expliqué, rappelant que tout investissement devait nourrir un projet établi et solide. “Pour nous, le plus difficile sera de gérer le délai”, a-t-il précisé.

Parallèlement, le programme prévoit une augmentation de la dépense publique (173 milliards d’euros sur le quinquennat) pour financer en particulier l’augmentation des salaires et la réduction du chômage, par le biais par exemple de la sécurité sociale intégrale, en vertu de laquelle un chômeur en fin de droits pourra se retourner vers l’État pour que ce dernier lui fournisse un emploi.

Une “révolution fiscale” prévoit par ailleurs une baisse de l’impôt sur les sociétés à 25 %, la progressivité de la CSG et un taux marginal de 90 % sur la dernière tranche de l’impôt sur le revenu au-delà de 400 000 euros par an.

>> À lire aussi : “Rassemblement de la gauche : un scénario de plus en plus improbable”

Grâce à la relance qui permettra, selon les calculs des experts de La France insoumise, 190 milliards de recettes supplémentaires, Jean-Luc Mélenchon annonce des taux de croissance très flatteurs pour son quinquennat (autour de 2 % dès 2018), un taux de chômage réduit à 6 %, contre 10 % actuellement, et une envolée de l’inflation, au-delà de 4 % à la fin du quinquennat, ce qui mécaniquement augmente les recettes de l’État.

Ces prévisions ne correspondent à aucune de celles publiées par les organismes internationaux, français ou celles du gouvernement actuel. Mais, justifie l’équipe de La France insoumise, elles seront possibles grâce à l'”efficacité” du programme.

Avec AFP

Première publication : 19/02/2017

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Alors que des contacts entre l’équipe de campagne du président américain et les renseignements russes ont été révélés, des médias ultra-conservateurs comme Breitbart ou Fox News crient au complot visant à renverser Donald Trump.

C’est Donald Trump lui-même qui a sonné la charge. “Pourquoi tant d’informations fuitent à Washington ? C’est ça, le vrai scandale”, s’est emporté le président des États-Unis, mardi 14 février, au lendemain de la démission de son conseiller à la Sécurité nationale Michael Flynn. Une attaque à peine déguisée contre le FBI soupçonné par la Maison Blanche d’avoir susurré à l’oreille des journalistes, que le président était au courant du détail des appels passés par Michael Flynn avec des officiels russes.

Message reçu cinq sur cinq par les médias pro-Trump qui développent jusqu’à plus soif, depuis deux jours, un double argumentaire : la faute de celui qui est à l’origine de la fuite est au moins sinon plus grave que celle de Michael Flynn, et elle révèle une collusion entre les services de renseignement et les médias “libéraux” pour empêcher la nouvelle administration de travailler correctement.

De “gorge profonde” à la théorie du complot

La riposte de la “trumposphère” a débuté par une attaque en règle contre la “gorge profonde”. Dans sa dernière interview en tant que conseiller à la Sécurité nationale, accordé mardi 14 février au très droitier site Daily Caller, Michael Flynn qualifie de “criminelle” la fuite d’informations. La très influente chaîne conservatrice Fox News a repris la même terminologie à son compte suggérant qu’un procureur devrait ouvrir une enquête sur “ce crime”. Cette insistance sur la gravité prêtée à la “faute” du lanceur d’alerte permet de relativiser celle de Michael Flynn qui n’a encore reçu aucune qualification pénale.


L’écrasante majorité des articles sur le site de Fox News défendent une thèse principale : il y a une hystérie médiatique nourrie par les services de renseignement contre l’administration Trump © Capture d’écran

Il est très vite apparu que l’avalanche de révélations risquait d’éclabousser aussi Donald Trump. D’une chasse à la taupe, les médias “amis” sont alors passés à la théorie du complot. “La Maison Blanche craint une opération de sabotage du complexe de l’industrie du renseignement”, rapporte mercredi 15 février Infowars, un site fondé par l’animateur de radio conservateur et amateur de théories du complot Alex Jones. Pour Breitbart – le site d’extrême droite dirigé jusqu’en août 2016 par Steven Bannon, désormais chef de la stratégie à la Maison Blanche – tout est de la faute du “deepstate”, une construction chère à cette publication qui désigne un supposé État dans l’État, aux mains d’espions, de journalistes et d’à peu près tous les ennemis désignés de Breitbart à Washington. Le Daily Caller publie même un article “exclusif”, tout en conditionnel et en sources anonymes, pour révéler les efforts des “espions pour ‘flinguer’ Mike Flynn’” avant de chercher à “renverser le président élu”.

Sus aux “fake news” ?

Fox News fait encore plus fort : sur une vingtaine d’articles accessibles, jeudi 16 février, sur la page d’accueil de leur site, seuls quatre ne traitent pas d’une manière ou d’une autre du complot. La chaîne multiplie les angles – analyses, interviews, éditoriaux, reportages – pour alimenter en continu et en nouveaux contenus leur cheval de bataille : dénoncer le “jeu d’espions” qui nourrit “l’hystérie médiatique”.


Illustration de la théorie du complot en vogue dans la “trumposphère” : Infowars, un site animé par le féru de théorie du complot Alex Jones, assure que “la communauté du renseignement veut mettre Trump en prison”.

Cette dénonciation du complot permet à ces médias, à l’image d’Infowars, d’assurer qu’il y a une campagne de “fake news” (fausses informations) menée par des services de renseignements. Toute ressemblance avec les accusations portées contre la Russie lors de l’élection américaine (campagne de propagande pro-Trump fondée sur des fausses informations) par le camp démocrate n’est pas fortuite : le camp pro-Trump tente de suggérer qu’un ennemi aussi dangereux que l’espion russe agit de l’intérieur. Donald Trump a l’intention, d’après le New York Times, de nommer un milliardaire ami (le patron de hedge funds Stephen Feinberg) pour superviser les services américains du renseignement.

Première publication : 16/02/2017

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Face au protectionnisme de Donald Trump, les pays d’Amérique latine montrent leur solidarité. L’hostilité économique américaine pourrait mener à un rapprochement historique entre les pays de l’Alliance du Pacifique et du Mercosur.

L’arrivée au pouvoir de Donald Trump aux États-Unis a mis en branle un mouvement de fond en Amérique latine. Alors que le nouveau président américain mène une politique agressive à l’égard du Mexique en matière d’immigration et de commerce, les pays de la zone se serrent les coudes et ont multiplié les signes de solidarité avec le président mexicain, Enrique Peña Nieto.

Mardi 14 février, celui-ci a d’ailleurs publiquement remercié les gouvernements latino-américains pour leur soutien contre le nouveau président Trump. Dès le 25 janvier, Rafael Correa, le dirigeant équatorien, avait déclaré que “les solutions pour stopper l’immigration ne sauraient être les murs ou les frontières”, dans une allusion au projet de Donald Trump de construire un grand mur à la frontière sud des États-Unis.

Le 6 février, ce sont les présidents argentins et brésiliens, Mauricio Macri et Michel Temer, qui avaient montré leur solidarité en invitant le Mexique à se rapprocher du Mercosur, la zone de libre-échange rassemblant plusieurs pays d’Amérique du Sud. Selon le quotidien colombien El Espectador, des signaux similaires sont également venus d’Uruguay, de Bolivie et du Chili.

Un rapprochement des libre-échanges

Une unité derrière le camarade malmené qui pourrait se traduire concrètement par un rapprochement entre les organisations régionales. Actuellement, les pays d’Amérique latine sont partagés entre le Mercosur et l’Alliance du Pacifique, deux organisations régionales. D’un côté, le Mercosur créé en 1991 comprend l’Argentine, Brésil, le Paraguay, l’Uruguay et le Venezuela (actuellement suspendu) ainsi que cinq membres associés. De l’autre, l’alliance du Pacifique contient quatre pays : le Chili, la Colombie, le Mexique et le Pérou.

Historiquement, ces deux organisations sont pourtant rivales. Comme le rappelle Olivia Ronsain, spécialiste de relations internationales et d’économie, dans une note sur Diploweb, les deux organisations se sont bâties sur des modèles aux logiques différentes : “On constate que l’Alliance du Pacifique est destinée à devenir à court terme une zone de libre-échange, puisqu’elle a éliminé 92 % des barrières douanières et devrait y mettre un terme dans les années à venir, explique la chercheuse. L’Alliance tend également à évoluer en un marché commun. […] Contrairement au Mercosur, cette alliance n’a pas pour vocation d’être une union douanière puisqu’elle ne mettra pas en place un TEC, Tarif extérieur commun.”

En face, le Mercosur s’est formé depuis les années années 1990 sous l’impulsion des gouvernements résolument progressistes du Brésil, de l’Argentine et du Venezuela. Au-delà de la logique d’intégration économique et douanière, le Mercosur possède une vocation plus politique. À sa modeste échelle, on peut rapprocher cette construction de celle de l’Union européenne.

Cependant, ces dernières années, la donne a changé dans la région : 2015 a vu la fin du kirchnerisme en Argentine et le début de la présidence de Mauricio Macri. Au Brésil, Dilma Rousseff a été destituée en 2016 et Michel Temer a accédé au pouvoir. Deux hommes beaucoup plus ouverts au libéralisme et au libre-échange que ne l’étaient leurs prédécesseurs et donc beaucoup plus compatibles avec la logique pragmatique de l’Alliance du Pacifique.

>> À lire aussi : 2016 dans le rétro, fin de cycle en Amérique latine

Un premier pas en ce sens a été fait l’an dernier. Mauricio Macri a assisté à la rencontre annuelle des pays de l’alliance du Pacifique en tant qu’observateur. Un signal clair en faveur du renforcement des liens.

Face à Trump, l’union économique

Les dirigeants de l’Argentine et du Chili, Mauricio Macri et Michelle Bachelet, sont actuellement les présidents temporaires respectifs du Mercosur et de l’Alliance du Pacifique et ils sont bien déterminés à mettre cette occasion à profit pour opérer un rapprochement entre les deux organisations qui pourrait mener à terme à une fusion.

L’élection de Donald Trump pourrait bien accéler le rapprochement. En effet, le 12 février, les ministres des Affaires étrangères argentin et chilien ont annoncé une grande réunion des ministres des deux organisations en avril “pour faire face aux pressions protectionnistes” des États-Unis. “Nous voulons donner un signal sur notre volonté d’aller vers davantage d’ouverture, d’intégration et d’investissements”, a déclaré Heraldo Muñoz, le ministre des Affaires étrangères chilien.

Comme le rappelle le quotidien espagnol El Pais, la fusion est cependant loin d’être actée. Les prochains mois seront décisifs pour le rapprochement et celui-ci pourrait très bien ne pas aller à son terme, tant les logiques du Mercosur et de l’Alliance du Pacique sont différentes. Ainsi, le Chili, de l’Alliance du Pacifique, a déjà signé près de 180 accords bilatéraux de libre-échange : comment rendre compatibles ces traités existants avec des économies plus fermées comme celles du Brésil ou de l’Argentine appartenant au Mercosur ?

Sauver l’accord de partenariat transpacifique

Autre conséquence du protectionnisme de Trump : l’accord de partenariat transpacifique, pourtant impulsé par les États-Unis, est sérieusement mis à mal. Ce traité multilatéral de libre-échange visait à supprimer les barrières douanières entre les pays du Pacifique et rassemblait l’Australie, le Brunei, le Canada, le Chili, les États-Unis, le Japon, la Malaisie, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, le Pérou, Singapour et le Vietnam. Mais le 26 février, le nouveau président américain a annoncé la sortie unilatérale de son pays de l’accord, fidèle à l’une de ses promesses de campagne.

Ce retrait pourrait marquer la fin de l’expérience mais le Chili, en tant que président de l’Alliance du Pacifique, veut assurer un avenir à ce traité. Il a convoqué une réunion extraordinaire des 12 membres les 14 et 15 mars à laquelle sont conviés la Chine et la Corée du Sud, deux pays qui auraient eu beaucoup à perdre si le traité était entré en vigueur.

Objectif : assurer de nouveaux débouchés aux produits latino-américains. Selon le quotidien péruvien La Prensa, la logique est simple : devant la fermeture du marché états-unien aux exportations latino-américaines, les pays de l’Alliance du Pacifique et du Mercosur veulent désormais regarder dans d’autres directions : la vieille Europe et l’émergente Asie.

Première publication : 15/02/2017

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Les débuts du président des États-Unis Donald Trump ont eu un impact négatif sur le tourisme aux États-Unis, assurent deux spécialistes du secteur.

Donald Trump est mauvais pour le tourisme aux États-Unis. Telle est la conclusion de la Global Business Travel Association (GBTA – Association internationale des vols commerciaux) et du site de recherche de vols Hopper.

Il est certes encore tôt pour juger de manière définitive l’effet de la présidence Trump sur l’attractivité touristique américaine, qui demeure la deuxième destination la plus prisée au monde après la France d’après la Banque Mondiale. Mais le site Hopper souligne que depuis l’entrée en fonction du 45e président, les recherches de billets d’avion pour les États-Unis ont chuté de 17 % par rapport à deux semaines avant l’investiture de Donald Trump. La GBTA a conclu, jeudi 8 février, que les États-Unis ont perdu environ 185 millions de dollars de réservation de vols en une semaine après l’adoption du controversé décret anti-immigration.

Pour ce lobby aérien, le diable est avant tout dans le décret signé fin janvier interdisant l’entrée sur le territoire américain de ressortissants de sept pays musulmans, qui a ensuite été invalidé par la justice et que Donald Trump veut dorénavant remettre en selle. Cette situation suscite un “climat d’incertitude qui a entraîné une confusion générale débouchant sur des annulations de réservations”, souligne Mike McCormick, directeur exécutif de la GBTA, dans un billet de blog. Pour l’association, ce ne sont pas seulement des voyageurs en provenance de pays visés par l’interdiction de Donald Trump qui ont préféré remettre à la Saint Glin-Glin leur déplacement sur le sol américain, mais des touristes de tous les pays du globe.



Effet sur l’emploi

Un constat partagé par le site Hopper. Il note que c’est au Soudan – pays visé par le décret anti-immigration – que les recherches de vols vers les États-Unis ont le plus baissé, mais que dans le top 20 des pays où l’envie de voyager aux États-Unis a le plus régressé, on trouve aussi la Chine, l’Irlande ou encore le Danemark.

Hopper souligne aussi que la baisse de ce début d’année n’est pas seulement un effet saisonnier après une période de fort trafic aérien en direction des États-Unis due aux fêtes de fin d’année. À la même période en 2016, la chute début janvier n’avait été que de 1,8 %.

L’effet Trump est donc indéniable d’après ces deux spécialistes du tourisme. Il risque de bientôt venir troubler les plans du “make America great again” (“Rendre sa grandeur à l’Amérique”) de Donald Trump qui entend renforcer l’emploi sur le sol américain.

La baisse de la fréquentation touristique entraîne l’effet inverse, avertit la GBTA. L’association rappelle que pour chaque baisse annuelle d’1 % de la fréquentation des vols commerciaux, plus de 70 000 postes sont supprimés. Un recul des réservations a pour effet “au bout de quelques semaines de faire baisser les prix”, note Patrick Surry, analyste pour Hopper. Les vols moins chers heurtent les bénéfices des compagnies aériennes, ce qui, si le phénomène perdure, se traduit généralement par des licenciements.

La seule consolation de Donald Trump est qu’il peut compter sur le soutien des touristes russes et biélorusses, note le site Hopper. Les recherches de vols vers les États-Unis depuis ces deux pays ont progressé, respectivement, de 88 % et de 30 %. Les liens entre la Russie et l’Amérique de Donald Trump vont décidément bien au-delà des quelques coups de fil passés en cachette par le conseiller à la sécurité nationale démissionnaire Michael Flynn.

Première publication : 14/02/2017

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Total avait signé en novembre dernier un protocole d’accord avec l’Iran, en vue de d’exploiter le plus grand gisement de gaz naturel au monde. Mais les prises de positions de Donald Trump sur l’accord sur le nucléaire iranien compromettent le projet.

Les prises de position de Donald Trump sur l’Iran menacent les affaires de Total. Le projet gazier iranien de South Pars sera approuvé avant l’été … si et seulement si les États-Unis ne reviennent pas d’ici là sur la levée de certaines sanctions consécutive à l’accord conclu entre l’Iran et les grandes puissances sur le programme nucléaire de la République islamique, a déclaré jeudi 9 février le PDG de Total, Patrick Pouyanné.

Le groupe pétrolier français avait signé en novembre avec NIOC, la compagnie nationale iranienne, un protocole d’accord en vue de développer la phase 11 de South Pars, le plus grand gisement de gaz naturel au monde, dans le golfe Persique. Le projet, dans sa première étape, a été estimé à quelque deux milliards de dollars. Total était ainsi devenue la première compagnie pétrolière occidentale à revenir dans la République islamique depuis la levée des sanctions décrétées en 2012, suivie un mois plus tard par Shell.

“Le projet sera (approuvé) avant l’été si les sanctions ne sont pas modifiées”, a déclaré Patrick Pouyanné lors d’une rencontre avec des journalistes jeudi, a indiqué l’agence Reuters. Donald Trump doit à la même échéance renouveler ou non des décrets de Barack Obama qui levaient certaines sanctions contre l’Iran. “Soit les Américains renouvellent (..) et à ce moment-là le contrat est exécutable et nous l’exécuterons ; soit les Américains décident de sortir du champ du traité et on ne peut pas travailler en Iran”, a-t-il ajouté.

“Situation d’incertitude”

Ces déclarations interviennent alors que le président américain a qualifié de mauvais texte l’accord conclu en juillet 2015 entre Téhéran et les grandes puissances – encadrant les activités nucléaires de l’Iran en échange d’une levée des sanctions commerciales -, et que son secrétaire d’État Rex Tillerson a même été jusqu’à proposer un “réexamen complet”.

Iran has been formally PUT ON NOTICE for firing a ballistic missile.Should have been thankful for the terrible deal the U.S. made with them!

— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) 2 février 2017



“Je ne suis ni optimiste ni pessimiste, la vérité c’est que je ne sais pas ce que fera l’administration américaine par rapport à un traité international”, a indiqué le PDG de Total. “On est dans la situation la moins bonne qui est celle de l’incertitude (..), on ne sait pas ce qui va se passer et, quand on est incertain, on est obligé d’être un peu prudent.”

Total avait déjà joué un rôle majeur en Iran dans les années 2000 en développant avec succès les phases 2 et 3 de South Pars, avant de quitter le pays après les sanctions prises à l’encontre de Téhéran en raison de son programme nucléaire.

Avec Reuters

Première publication : 09/02/2017

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Total avait signé en novembre dernier un protocole d’accord avec l’Iran, en vue de d’exploiter le plus grand gisement de gaz naturel au monde. Mais les prises de positions de Donald Trump sur l’accord sur le nucléaire iranien compromettent le projet.

Les prises de position de Donald Trump sur l’Iran menacent les affaires de Total. Le projet gazier iranien de South Pars sera approuvé avant l’été … si et seulement si les États-Unis ne reviennent pas d’ici là sur la levée de certaines sanctions consécutive à l’accord conclu entre l’Iran et les grandes puissances sur le programme nucléaire de la République islamique, a déclaré jeudi 9 février le PDG de Total, Patrick Pouyanné.

Le groupe pétrolier français avait signé en novembre avec NIOC, la compagnie nationale iranienne, un protocole d’accord en vue de développer la phase 11 de South Pars, le plus grand gisement de gaz naturel au monde, dans le golfe Persique. Le projet, dans sa première étape, a été estimé à quelque deux milliards de dollars. Total était ainsi devenue la première compagnie pétrolière occidentale à revenir dans la République islamique depuis la levée des sanctions décrétées en 2012, suivie un mois plus tard par Shell.

“Le projet sera (approuvé) avant l’été si les sanctions ne sont pas modifiées”, a déclaré Patrick Pouyanné lors d’une rencontre avec des journalistes jeudi, a indiqué l’agence Reuters. Donald Trump doit à la même échéance renouveler ou non des décrets de Barack Obama qui levaient certaines sanctions contre l’Iran. “Soit les Américains renouvellent (..) et à ce moment-là le contrat est exécutable et nous l’exécuterons ; soit les Américains décident de sortir du champ du traité et on ne peut pas travailler en Iran”, a-t-il ajouté.

“Situation d’incertitude”

Ces déclarations interviennent alors que le président américain a qualifié de mauvais texte l’accord conclu en juillet 2015 entre Téhéran et les grandes puissances – encadrant les activités nucléaires de l’Iran en échange d’une levée des sanctions commerciales -, et que son secrétaire d’État Rex Tillerson a même été jusqu’à proposer un “réexamen complet”.

Iran has been formally PUT ON NOTICE for firing a ballistic missile.Should have been thankful for the terrible deal the U.S. made with them!

— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) 2 février 2017



“Je ne suis ni optimiste ni pessimiste, la vérité c’est que je ne sais pas ce que fera l’administration américaine par rapport à un traité international”, a indiqué le PDG de Total. “On est dans la situation la moins bonne qui est celle de l’incertitude (..), on ne sait pas ce qui va se passer et, quand on est incertain, on est obligé d’être un peu prudent.”

Total avait déjà joué un rôle majeur en Iran dans les années 2000 en développant avec succès les phases 2 et 3 de South Pars, avant de quitter le pays après les sanctions prises à l’encontre de Téhéran en raison de son programme nucléaire.

Avec Reuters

Première publication : 09/02/2017

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Près d’une centaine d’entreprises américaines de la high-tech ont déposé lundi une requête en justice contre le décret anti-immigration de Donald Trump. Elles estiment qu’il pourrait nuire à leurs activités.

Netflix, Spotify, Amazon, Google, Microsoft… En tout, 97 entreprises américaines du secteur des nouvelles technologies ont déposé lundi 6 février une requête en justice contre le décret anti-immigration de Donald Trump.

En officialisant un point de vue contraire à celui de la Maison blanche, les dirigeants de ces firmes ont pris une décision contraire à la règle que s’imposent généralement les entreprises : ne pas se déclarer pour ou contre le pouvoir en place de manière à ne pas froisser les consommateurs qui se trouvent autant dans un camp que dans l’autre.

Mais le décret anti-immigration signé le 27 janvier par le président a changé la donne.

Plus risqué de rester neutre que de prendre position

Face à la forte mobilisation de leurs salariés et des utilisateurs de leurs services contre le décret présidentiel, de nombreux PDG ont réalisé qu’ils ne pouvaient pas se permettre de s’aliéner les personnes qui les font vivre. Travis Kalanick, le PDG d’Uber, en a récemment fait l’expérience.

Alors que le dirigeant devait participer le 3 février, avec d’autres chefs d’entreprises, à un comité de conseil économique avec Donald Trump, il a été la cible de nombreuses critiques sur les réseaux sociaux et s’est finalement retiré.

Choqués par le contenu du décret présidentiel, les internautes ont lancé sur Twitter le hashtag #DeleteUber (“supprime Uber”), incitant les utilisateurs du site à privilégier ses concurrents en signe de protestation.

Pour Daniel Korschun, professeur de marketing à la Drexel University, il est désormais plus risqué pour une entreprise de rester neutre que de prendre position dans un débat de société. Quel que soit leur bord politique, “la plupart des personnes estiment toujours que manquer d’honnêteté est plus inquiétant que d’exprimer une opinion différente de la sienne”, affirme-t-il dans un article.

“Mes grands-parents sont arrivés d’Allemagne, d’Autriche et de Pologne”

Nombreux sont les “tech leaders”, comme les appelle la presse américaine, à l’avoir compris et à avoir condamné le décret présidentiel. Des réactions qui s’expliquent d’autant mieux que les entreprises du secteur des nouvelles technologies comptent de très nombreux employés issus de l’immigration. Certaines ont même été fondées par des immigrés ou descendants d’immigrés.

Facebook est le fruit de l’imagination d’un petit-fils d’immigré, a ainsi rappelé sur sa page Mark Zuckerberg, le fondateur du réseau social, dès le 27 janvier : “Mes grands-parents sont arrivés d’Allemagne, d’Autriche et de Pologne. Les États-Unis sont une nation d’immigrés et nous devons en être fiers.”

Le cofondateur de Google s’est lui aussi exprimé contre le décret présidentiel et s’est rendu samedi 28 janvier à la manifestation organisée devant l’aéroport de San Francisco, rapporte La Croix. Né en Russie, Sergueï Brin est arrivé aux États-Unis en 1979, à l’âge de 15 ans.

Microsoft, dont le PDG Satya Nadella est d’origine indienne, a soutenu la plainte déposée par le ministre de la Justice de l’État de Washington contre le décret. Celui-ci aurait pu nuire à l’activité de l’entreprise puisque 76 employés de la firme auraient été affectés par les mesures restrictives prévues. Microsoft a ainsi démontré que l’immigration est indispensable à son fonctionnement et son développement.

L’immigration, moteur de l’innovation dans la Silicon Valley

“L’innovation américaine et la croissance économique sont intimement liées à l’immigration”, déclarent d’ailleurs les 97 signataires de la requête dès le début du texte, avant même d’évoquer toute notion de discrimination.

Les dirigeants du secteur des nouvelles technologies ont choisi de se concentrer sur un argument auquel devrait être sensible le président américain, milliardaire et chef d’entreprise : la menace pour l’économie que représenterait un arrêt de l’immigration.

Dans leur requête en justice, les entreprises signataires accusent le décret présidentiel d’avoir pour conséquences de “rendre plus difficile et plus cher le recrutement, l’embauche et le maintien en poste des meilleurs employés du monde. Il perturbe les opérations commerciales en cours et menace la capacité des entreprises à attirer des talents, des contrats et des investissements aux États-Unis”.

Preuve que l’argument pourrait faire mouche dans l’entourage du président : Peter Thiel, le cofondateur de PayPal et l’un des rares soutiens de Donald Trump dans la Silicon Valley, a signé le texte.

Première publication : 07/02/2017

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En pleine polémique sur le décret anti-immigration pris par Donald Trump, des entreprises de la Silicon Valley ont décidé de s’y opposer. Facebook, Google, Microsoft ou encore Twitter ont déposé une requête en justice.

Plusieurs dizaines d’entreprises de la Silicon Valley, dont Facebook, Google, Microsoft, Twitter et Apple, ont déposé lundi 6 janvier une requête en justice contre le décret de Donald Trump limitant l’immigration de pays considérés à risques par le président américain.

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Ce document accuse le décret d’avoir pour conséquences “d’infliger des dommages importants au commerce américain, à l’innovation et à la croissance” du secteur des affaires. Nombre de grands groupes américains, en particulier ceux de la Silicon Valley, emploient des milliers d’ingénieurs étrangers.

La fortune des immigrés et de leurs enfants

Le texte note aussi que les “immigrants ou leurs enfants ont fondé plus de 200 des entreprises figurant sur la liste Fortune 500” (500 entreprises mondiales classées selon l’importance de leur chiffre d’affaires, NDLR).

Le décret, peut-on lire encore, “marque une rupture importante par rapport aux principes d’équité et de prévisibilité qui ont commandé le système d’immigration des

États-Unis pendant plus de cinquante ans”.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 06/02/2017