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Des usines chinoises de fabrication d’une mousse isolante utilisent un gaz interdit depuis trente ans car jugé néfaste pour la couche d’ozone, selon une enquête de l’ONG Environmental Investigation Agency, rendue publique lundi.

De la mousse isolante fabriquée en Chine menacerait l’avenir de l’humanité. Une vingtaine d’usines chinoises de mousse de polyuréthane utilisent secrètement un gaz réfrigérant interdit, dont la propagation dans l’atmosphère met en danger l’intégrité de la couche d’ozone, a révélé une enquête de terrain de l’ONG internationale Environmental Investigation Agency (EIA), publiée lundi 9 juillet.

Ces usines sont les principales suspectes d’une pollution au CFC-11, un gaz à l’origine de la formation du trou dans la couche d’ozone. Cette dernière, présente dans la stratosphère, protège l’Homme contre les rayons ultraviolets du soleil. L’administration atmosphérique et océanographique américaine (NOAA) avait alerté en mai 2018 sur une augmentation inexpliquée de cette molécule dans l’atmosphère, qui risquait de retarder le processus de reconstruction de la couche d’ozone.

Interdit depuis 1987

Cette observation avait choqué le monde scientifique : ce gaz, largement utilisé dans les vieux réfrigérateurs, était censé avoir été remisé aux oubliettes. Les pays industrialisés n’ont plus le droit d’en fabriquer depuis 1987, tandis que les pays en voie de développement ont dû arrêter d’en utiliser depuis 2010. Son interdiction, inscrite dans le protocole de Montréal de 1987, est considérée comme une grande victoire dans la lutte contre les effets néfastes de l’activité humaine sur l’environnement.

Les scientifiques américains de la NOAA suspectaient une reprise de la production du CFC-11 quelque part en Asie du Sud-Est, sans savoir où précisément. L’enquête de l’Environmental Investigation Agency a permis de révéler que le recours à cette substance était monnaie courante dans au moins quatre régions chinoises, d’où provient près du tiers de la production mondiale de mousse de polyuréthane. “Nous avons été abasourdis de constater que 18 entreprises sur les 21 à qui nous avons posé la question ont reconnu, sans hésiter, utiliser du CFC-11. Elles savaient que c’était illégal, mais cela ne semblait pas leur poser de problème”, notent les auteurs du rapport de l’EIA.

Les responsables d’usines ont aussi assuré que le recours à ce gaz dans la fabrication de la mousse polyuréthane était généralisé et qu’ils étaient toujours alerté par les édiles locaux d’un contrôle “surprise” des autorités. “L’une des entreprises visitées gardait même des stocks de la version légale au CFC-11 afin de pouvoir les montrer aux inspecteurs en cas de contrôle”, raconte les auteurs du rapport.

Un “tueur d’ozone” très lucratif

Le CFC-11 est importé de la région autonome chinoise de Mongolie-Intérieure sous forme liquide, où il est fabriqué dans des usines “secrètes”, d’après les enquêteurs de l’EIA. La mousse de polyuréthane est, ensuite, utilisée comme isolant dans le florissant secteur du bâtiment chinois. Le recours à ce “tueur d’ozone” s’est révélé très lucratif : il coûte 150 dollars de moins par tonne que son pendant légal, le HCFC-14b, tout en étant plus efficace comme isolant.

Le recours à ce gaz interdit est donc facile, pas cher et rapporte gros. D’après des documents officiels des autorités chinoises, obtenus par l’EIA, certaines usines sont suspectées d’en fabriquer plus de 1 000 tonnes par an. Les enquêteurs de l’ONG estiment que d’après les données officielles et leurs constatations sur place, les usines chinoises produisent au moins 12 000 tonnes par an de cette molécule mortelle pour l’ozone. Un chiffre qui correspond aux relevés effectués en mai par les scientifiques américains, qui montrent des émissions de CFC-11 comprises entre 8 000 et 18 000 tonnes par an depuis 2012.

Les conclusions de l’EIA ont été transmises aux autorités chinoises qui auraient déjà commencé à faire des relevés sur les sites incriminés, d’après le quotidien britannique The Guardian. Pékin risque une amende si le Programme des nations unies pour l’environnement, qui supervise l’application du protocole de Montréal, détermine que la Chine s’est montrée négligente dans ses contrôles. Une négligence qui risque de coûter bien plus cher à l’humanité qu’elle ne rapporte à quelques fabriquants de mousse isolante néfaste pour la couche d’ozone.

Première publication : 09/07/2018

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CHRISTOPHE DANSETTEJournaliste

Diplômé du CFJ et de Sciences Po, il est passé par les rédactions d’Itélé, France 3 et France 5 avant d’intégrer celle de FRANCE 24. Passionné par l’actualité internationale, il jongle entre revues de presse, chroniques économiques et reportages.

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Malgré les mises en garde alarmistes et la nervosité des marchés, des taxes douanières réciproques entrent en vigueur vendredi entre la Chine et les États-Unis.

Les États-Unis et la Chine sont entrés de plain-pied dans la guerre commerciale avec l’entrée en vigueur, vendredi 6 juillet, de taxes douanières réciproques sur des dizaines de milliards de dollars de marchandises.

Les tarifs douaniers américains de 25 % sur 34 milliards d’importations chinoises frappent 818 produits dont des voitures, des composants d’avions ou des disques durs d’ordinateurs tout en épargnant des biens populaires comme les téléphones portables ou les télévisions. Ils sont entrés en vigueur jeudi à minuit (6 h en France), a confirmé jeudi le président Donald Trump.

Immédiatement après, des droits de douane chinois sur un montant équivalent d’importations américaines devaient être appliqués. La Chine a déclaré tôt vendredi matin “être contrainte à une nécessaire riposte”. Les droits de douane chinois affecteront des produits agricoles dont le soja, très dépendant du marché chinois, le secteur automobile ou encore des produits de la mer comme les langoustes. “La Chine ne cédera pas à la menace ni au chantage”, a assuré jeudi à Pékin le porte-parole du ministère chinois du Commerce, Gao Feng.

>> À lire aussi : Chine vs États-Unis : des listes de produits importés à taxer à teneur politique

À terme, ce sont 50 milliards de dollars d’importations chinoises annuelles qui seront affectées par les mesures américaines destinées à compenser ce que l’administration Trump considère être le “vol” de propriété intellectuelle et de technologies. Le second lot de 16 milliards d’importations chinoises, qui fait pour l’heure l’objet d’un examen supplémentaire de la part du représentant au Commerce (USTR) Robert Lighthizer, entreront en vigueur “dans deux semaines”, a également indiqué Donald Trump.

Les deux premières puissances économiques du monde ne devraient pas en rester là puisque Donald Trump a demandé à Robert Lighthizer “d’identifier 200 milliards de dollars de biens chinois en vue de taxes supplémentaires de 10 %”. Et le président américain s’est dit prêt à taxer 200 milliards de dollars de biens additionnels “si la Chine augmente à nouveau ses tarifs douaniers” en réaction. Ces mesures pourraient donc porter à 450 milliards la valeur des produits chinois taxés, soit la grande majorité des importations venues du géant asiatique (505,6 milliards de dollars en 2017).

>> À lire aussi : Trump contre le “made in China” technologique

Investissements en jeu

Les experts mettent en garde depuis des mois contre les dommages potentiels d’une telle confrontation commerciale, non seulement sur l’économie américaine mais aussi sur l’économie mondiale. Les entreprises américaines ont d’ores et déjà indiqué à la Banque centrale américaine (Fed) qu’elles en ressentaient déjà l’impact avec une hausse des prix ainsi que “la réduction ou le report de projets de dépenses d’investissement en raison des incertitudes entourant la politique commerciale”, a souligné jeudi la Banque centrale américaine dans le compte-rendu de sa dernière réunion de juin.

Dans une analyse intitulée “la mauvaise approche”, la Chambre de commerce américaine a estimé à “environ 75 milliards de dollars” le montant des exportations américaines touchées jusqu’à maintenant par les mesures de rétorsion des partenaires commerciaux des États-Unis. Elle cite notamment six États (Alabama, Michigan, Pennsylvanie, Caroline du sud, Texas et Wisconsin) particulièrement affectés, qui s’étaient tous prononcés en faveur de Donald Trump lors de la dernière élection présidentielle en 2016.

Ces mises en garde laissent pourtant de marbre le président américain qui a une nouvelle fois balayé les arguments mardi dans un tweet. “L’économie se porte probablement bien mieux que par le passé, avant que nous réglions le problème des accords commerciaux inéquitables passés avec chaque pays”, a-t-il estimé. “Une majorité de pays est d’accord sur le fait que ceux-ci doivent changer mais personne ne l’a jamais demandé”, a-t-il ajouté.

Avec AFP

Première publication : 06/07/2018

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Djibouti a inauguré, jeudi, ce qui doit devenir à terme la plus grande zone franche sur le continent africain. Le pays compte tirer pleinement profit de sa situation stratégique à l’entrée de la mer Rouge et faire croître son PIB de 11 %.

Un “projet phare”. C’est avec ces mots que le président djiboutien Ismaël Omar Guelleh a vanté, jeudi 5 juillet, les mérites de la plus grande zone franche sur le continent africain, lors d’une cérémonie d’inauguration dans la capitale Djibouti-ville.

Le pays, situé le long d’une des voies maritimes les plus fréquentées au monde – entre océan Indien et canal de Suez –, avait aussi inauguré en 2017 trois nouveaux ports et une ligne ferroviaire le reliant à l’Éthiopie, dans le cadre de son projet visant à devenir la plateforme commerciale de la région.

Présent à l’inauguration de la zone franche, le président somalien Mohamed Abdullahi Mohamed “Farmajo” a parlé d’une “victoire pour l’Afrique de l’Est”. Le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, le président rwandais Paul Kagame et le président soudanais Omar el-Béchir ont fait écho à ses propos.

Un projet à 3 milliards d’euros

La zone franche, connectée aux principaux ports de Djibouti, est destinée à diversifier l’économie du pays, créer des emplois et attirer des investissements, en permettant aux compagnies étrangères d’être exonérées de taxes et de bénéficier d’un soutien logistique de qualité.

La première phase de ce projet lancée jeudi comprend une zone de 240 hectares, qui devrait s’étendre d’ici 10 ans à 4 800 hectares pour un coût total de construction de 3 milliards d’euros. Cette zone franche vise à permettre à des sociétés étrangères d’installer des industries de transformation, pour ajouter de la plus-value aux produits plutôt que simplement l’importer / export des matières premières.

“Le volume de produits arrivant en Afrique de l’Est ne cesse d’augmenter. À chaque fois qu’un produit (quitte) le continent sans avoir été transformé, c’est une opportunité manquée pour l’Afrique”, a estimé Aboubaker Omar Hadi, président de l’Autorité des ports et zones franches de Djibouti (DPFZA).

Sur une des nouvelles routes de la Soie

Une rangée de drapeaux djiboutiens et chinois flottant au-dessus des murs d’enceinte de la zone témoigne des liens étroits unissant le petit État de la Corne de l’Afrique au géant asiatique, dont les prêts ont permis de financer les récents projets d’infrastructures.

Djibouti est également situé le long de la route maritime censée permettre à la Chine de rejoindre l’Afrique et l’Europe par la mer de Chine et l’océan Indien, dans le cadre du projet de nouvelles routes de la Soie, connu sous le nom de “One belt, one Road” (“La ceinture et la route”).

Cette initiative majeure a vu Pékin prêter des sommes importantes à plusieurs pays en développement d’Asie ou d’Afrique pour améliorer leurs infrastructures et faciliter le commerce. Mais des experts ont mis en garde ces pays sur leur capacité à rembourser leur dette à la Chine.

Le Fonds monétaire international a sonné l’alarme concernant la hausse de la dette publique de Djibouti, passée de 50 % du PIB en 2014 à 85 % en 2017. Cependant la multiplication d’infrastructures nouvelles est le seul moyen d’assurer la croissance du pays et de sortir sa population de la misère, selon les autorités djiboutiennes. Le président Guelleh affirme que la zone franche, dans sa phase initiale, pourrait permettre de faire croître le PIB du pays de 11 %.

Avec AFP

Première publication : 05/07/2018

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Geoffroy Roux de Bézieux est devenu, mardi, le nouveau président du Medef, succédant à Pierre Gattaz. Décrit comme un libéral en économie, il est aussi féru de nouvelles technologies.

Après la “start-up nation” d’Emmanuel Macron, c’est au tour du Medef de mettre davantage l’accent sur le numérique avec l’élection de son nouveau président. Geoffroy Roux de Bézieux. Ce patron du fonds d’investissement Notus Technologies a été désigné, mardi 3 juillet, pour succéder à Pierre Gattaz à la tête du principal syndicat du patronat français.

L’homme d’affaires de 56 ans, doté d’une image de patron libéral, est censé incarner un Medef plus moderne. Geoffroy Roux de Bézieux était depuis juillet 2013 chargé du pôle regroupant l’économie, la fiscalité, l’innovation et le numérique au Medef. À ce titre, il a fondé l’Université du numérique que le Medef organise depuis quatre ans.

Merci à notre Assemblée Générale, aux fédérations, aux territoires et à tous nos adhérentes et adhérents pour leur confiance exprimée ce matin. Fier de pouvoir conduire aux destinées d’un @medef uni et rassemblé pic.twitter.com/tNUpYrwmcj

G Roux de Bézieux (@GeoffroyRDB) 3 juillet 2018

The Phone House et Virgin Mobile

Il s’est aussi fait connaître professionnellement dans les années 1990 en fondant The phone house, la première chaîne de magasins dédiés à la téléphonie mobile. En 2006, il lance Virgin Mobile, qu’il revend en 2014 à Numericable pour 325 millions d’euros. Cet entrepreneur investit également depuis le début des années 2000 dans des start-up.

“Très tôt, il a compris ce qu’il se passait dans l’univers du numérique”, a déclaré à Reuters Maurice Lévy, président du Conseil de surveillance de Publicis. “Il comprend beaucoup mieux les nécessités auxquelles nous allons devoir faire face dans le monde du travail.”

Geoffroy Roux de Bézieux a d’ailleurs affirmé vouloir faire des “mutations technologiques” son fil rouge pour les cinq années à venir. “Les métiers vont changer, les entreprises vont changer, le rôle du travail va changer et donc, quel que soit le sujet que l’on traite, il faut le traiter à l’aune de ce regard-là”, a-t-il assuré à Reuters.

Un autre de ses chantiers sera de positionner le Medef par rapport au président Emmanuel Macron, dont plusieurs réformes ont été plutôt bien accueillies par Geoffroy Roux de Bézieux. Le président a “redonné confiance aux entrepreneurs” en flexibilisant le marché du travail, en mettant en place un barème sur les indemnités prud’homales en cas de licenciement jugé abusif ou en réformant la formation professionnelle, a estimé le nouveau patron des patrons français.

Revendications libérales

Il a néanmoins trouvé un premier angle d’attaque : le déficit budgétaire. “Il y a un effort qui est modéré sur les dépenses publiques”, souligne Geoffroy Roux de Bézieux. Et de préciser que cette réduction est indispensable pour permettre une baisse des prélèvements obligatoires et le rétablissement des comptes publics.

Dans la lignée de Pierre Gattaz, il réclame la suppression des impôts de production et une diminution des charges sociales, deux éléments qui contribuent selon lui au retard de compétitivité des entreprises françaises. Pour les syndicats, il s’agit de revendications libérales entendues de nombreuses fois de la part du patronat.

“Le mot libéral n’est pas un gros mot”, estime Maurice Lévy. “Le gros mot, c’est quand on ajoute ultra, c’est-à-dire qu’on ne pense qu’en termes libéraux. Libéral, ça ne veut pas dire non plus opposé à un contrat social.” Geoffroy Roux de Bézieux plaide d’ailleurs pour un dialogue social décentralisé au niveau des branches et des entreprises.

“Force de proposition”

“Quand on veut discuter temps de travail, temps partiel, contrats, formation, ce n’est pas forcément pertinent de le faire à un niveau national”, a-t-il déclaré aux membres de l’Association des journalistes économiques et financiers (AJEF) en amont des élections.

Il souhaite par ailleurs mettre en place un agenda “économique et social” avec les partenaires sociaux pour devenir “force de proposition”. “Il est urgent de porter des thèmes comme les mutations économiques”, dit-il, soit de se questionner sur les “emplois de demain”.

“La solution qui consisterait à ne pas en parler nous amène quelques fois à attendre d’être au bord du précipice pour aborder les discussions.”

Avec Reuters

Première publication : 03/07/2018

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Dans un entretien accordé à Fox News, le président américain, Donald Trump, a reproché à l’Union européenne de maltraiter les États-Unis après avoir comparé les pratiques commerciales des Vingt-Huit à celles de la Chine.

Le président américain, Donald Trump, a comparé les pratiques commerciales de l’Union européenne à celles de la Chine, lors d’un entretien diffusé dimanche 1er juillet sur la chaîne américaine Fox News. “L’Union européenne fait probablement autant de mal que la Chine, sauf qu’elle est plus petite”, a déclaré le chef d’État à la télévision.

Les Européens “ont fait l’an dernier un excédent commercial de 151milliards de dollars. (…) Et par-dessus ça, nous dépensons une fortune sur l’Otan pour les protéger”, a-t-il poursuivi, justifiant sa décision d’imposer à tous les partenaires commerciaux des États-Unis des tarifs douaniers sur les importations d’acier et d’aluminium.

“C’est terrible ce qu’ils nous ont fait”, a estimé le milliardaire. “Nous aimons tous d’une certaine manière l’Union européenne” mais ces pays “nous traitent très mal. Ils nous traitent très injustement”.

>> À lire : Trump veut bannir l’argent chinois des secteurs technologiques

Le secteur automobile en ligne de mire

Donald Trump s’est engagé depuis plusieurs mois dans une offensive tous azimuts sur le commerce contre la Chine, qu’il accuse de vol de la propriété intellectuelle mais aussi contre les Européens et les Canadiens qui ont répliqué par des mesures de représailles.

À propos de l’UE, le président américain a également évoqué le marché automobile, pointant du doigt les marques allemandes alors que “nous ne pouvons pas y faire entrer nos voitures”. L’administration Trump a lancé une étude en vue d’une éventuelle augmentation des droits de douane sur les importations d’automobiles.

Par ailleurs, autre sujet de contentieux avec l’Europe, le président a confirmé que les sociétés européennes faisant affaire avec l’Iran seraient sanctionnées.

Avec AFP

Première publication : 02/07/2018

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Son fleuron de la finance est en sursis, son équipe de football a été éliminée prématurément de la Coupe du monde et sa chancelière est plus que jamais fragilisée : en ce mois de juin, l’Allemagne traverse une période noire.

L’Allemagne, longtemps jalousée et admirée pour sa toute puissance économique, sa stabilité politique, mais aussi sa domination footballistique, voit chacun de ces piliers vaciller.

“L’élimination de la Mannschaft est actuellement le cadet des soucis de l’Allemagne”, assure la chaîne économique Bloomberg, jeudi 28 juin. Certes, la sortie sans gloire des hommes de Joachim Löw de la Coupe du monde de football en Russie dès la phase des poules a choqué tout le pays et réjoui les autres nations qui commençaient à trouver le refrain “et à la fin c’est l’Allemagne qui gagne” lassant.

Merkel et la Mannschaft, même combat ?

Mais au-delà de sa sortie prématurée de la compétition, le sort de l’équipe nationale a une valeur symbolique pour les Allemands. “La performance de l’équipe de football a toujours été un reflet de l’état de la société”, rappelle le quotidien Die Welt. La victoire “miraculeuse” de l’Allemagne contre la Hongrie en finale de la Coupe du monde de 1954 s’est produite en même temps que “le début du miracle économique allemand et du retour tant attendu du pays dans le concert des nations”, note le journal. Les Allemands n’ont pas manqué non plus de tirer un parallèle entre le sacre de la sélection en 1990 et la réunification. “Ce n’est pas un hasard si Angela Merkel s’est sur-identifiée à l’équipe de Joachim Löw depuis son arrivée au pouvoir en 2005”, ajoute Die Welt.

Et maintenant, la chancelière est elle aussi menacée d’élimination… politique. Son allié historique au gouvernement, le parti ultra-conservateur bavarois de la CSU, a entamé un bras de fer au sujet de sa politique migratoire. Il se dit prêt à faire voler la coalition en éclats si Angela Merkel ne durcit pas les mesures d’accueil des migrants.

Toutefois, la chancelière plie mais ne rompt pas encore. L’accord conclu à Bruxelles, dans la nuit du jeudi 28 au vendredi 29 juin, sur la politique migratoire européenne lui offre même un répit, la CSU ayant fait du succès de ce sommet une condition pour maintenir l’alliance. N’empêche que cette crise, sans précédent dans l’histoire politique allemande depuis la Seconde Guerre mondiale, met à mal l’image d’un pays à la stabilité politique exemplaire. Pour le site Politico, Angela Merkel est même passée du statut de “sauveuse de l’Europe” à celui de “menace pour l’UE”.

Le danger Deutsche Bank

La chancelière ne peut même pas se consoler sur la santé économique du pays. Certes, la croissance allemande reste dynamique (près de 2 %) et le taux de chômage (3,5 %) demeure parmi les plus bas d’Europe. Mais le mois de juin n’a pas été avare en mauvaises nouvelles sur le front économique. La Deutsche Bank, fleuron historique de la finance allemande, a été épinglée par la Réserve fédérale américaine, jeudi 28 juin. La filiale américaine de la banque allemande a été la seule institution financière sur 35 contrôlées à rater la deuxième phase des stress test – test de résistance – menés par la Banque centrale américaine pour évaluer la capacité de ces établissements à surmonter différents scénarios de crises économiques.

Un douloureux rappel à Berlin que la Deutsche Bank restait “la plus importante menace systémique à la stabilité financière”, comme l’écrivait déjà en 2016 le Fonds monétaire international. La banque a connu trois années successives de pertes et son action a atteint, le 27 juin 2018, son plus bas niveau historique.

Même les exportations, traditionnel moteur de l’Allemagne, sont attaquées. Elles sont devenues la cible favorite de Donald Trump qui ne veut plus voir de “voitures allemandes de luxe” aux États-Unis. Son administration réfléchit actuellement à l’opportunité d’imposer des droits de douanes sur ce produit d’exportation phare allemand.

Mais Berlin n’avait même pas besoin du président américain pour avoir mal à son industrie automobile. Trois ans après le début du “dieselgate” – les révélations sur les trucages de Volkswagen (VW) pour tromper les contrôles antipollution –, l’Allemagne n’a toujours pas réussi à tourner la page. VW a été condamnée en Allemagne, début juin, à un milliard d’euros d’amende pour “manquement aux obligations de surveillance” dans le cadre des tests antipollution, et Daimler, constructeur des Mercedes, est soupçonné à son tour d’avoir installé des logiciels truqueurs sur des centaines de milliers de véhicules. Le “made in Germany” automobile se passerait bien de tous ces rebondissements qui n’en finissent pas d’écorner son image.

Certes, Merkel sait que la Mannschaft aura d’autres occasion de briller, que le sommet européen lui a permis de reprendre temporairement la main dans sa bataille contre le CSU et que les fondamentaux économiques restent bon. Mais ce mois de juin est venu rappeler que le modèle allemand n’est pas à toute épreuve.

Première publication : 29/06/2018

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La Commission des affaires juridiques du Parlement européen a voté le 20 juin la directive dite “du droit d’auteur dans le marché unique numérique”, ardemment défendue par la France. Entretien croisé de deux eurodéputés.

Virginie Rozière est député européenne et siège au sein du Groupe ‘Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen’.

Jean-Marie Cavada est député européen et siège au sein du groupe ‘Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe’. Il est vice-président de la commission des affaires juridiques.

France 24 : Pour quelles raisons les Gafa (acronyme désignant Google, Apple, Facebook et Amazon) combattent-ils la directive sur le droit d’auteur en passe d’être votée en plénière du Parlement européen ?

Virginie Rozière : Parce qu’elles ont beaucoup à perdre. Ce sont elles qui sont dans le viseur de la directive. Le but de l’article 13 est de sortir du régime d’irresponsabilité dans lequel elles se trouvent et qui leur permet d’engranger des montants colossaux en jouant le rôle de diffuseur d’œuvre culturelle sans rémunérer d’aucune manière la culture. Leur rhétorique est très habile. Elles ont réussi à déplacer l’attention vers une supposée demande de filtrage et de censure d’Internet, ce qui n’est absolument pas le débat en cours. Ça évite de poser la vraie question : quand vous gagnez de l’argent en diffusant des œuvres culturelles, devez-vous en reverser une partie à ceux qui les créent ?

De votre point de vue, la directive est-elle équilibrée ?

Jean-Marie Cavada : Elle l’est trop de mon point de vue, car les géants du numérique, les Gafa, n’ont toujours pas l’obligation de payer des droits aux auteurs ; mais auteurs et sociétés de droits d’auteurs ont enfin la possibilité de le leur réclamer. La conception du droit d’auteur “à la française” est maintenant soutenue par de très nombreux pays, qui ne veulent pas voir leur production nationale bradée.

En quoi cette directive propose-t-elle de réelles avancées ?

J-M. C. : En empêchant les géants du Net, Google par exemple, de refaire ce qu’il a fait au journal El Païs en Espagne. Google avait refusé de discuter rémunération pour les articles de presse repris et a tout simplement déréférencé les contenus du journal, le privant de ressources importantes. Maintenant les plateformes doivent négocier et payer les ressources de presse qu’on trouve chez eux, après accord. C’est en cela un gros progrès pour les auteurs. Le texte doit maintenant passer en plénière et pourrait être rejeté car les partis nationalistes ont l’intention de voter contre, peut-être même les députés italiens 5 Etoiles, alors que le pays a une vraie création artistique, un cinéma notamment, à protéger !

Les internautes ne pourront donc plus s’amuser à détourner des vidéos ?

J-M. C. : Les propos de la députée verte Julia Reda sont alarmistes : il n’y a ni censure ni filtrage sur le contenu. Tout juste oblige-t-on les Gafa à construire un algorithme pour signaler tout contenu soumis à droit d’auteur. Il y a toujours eu, et on conservera, un “droit de citation” de quelques secondes, minutes, mais le droit d’auteur défend les œuvres sur les formats plus longs qui seraient repris ou détournés pour être exploités en tant que tels sur les réseaux.

Que peuvent faire ces plateformes de diffusion pour garantir aux auteurs une rémunération sans toucher aux exceptions du droit d’auteur ?

V. R. : En passant des accords de licence ! On ne leur demande pas de supprimer les œuvres, on leur demande simplement de passer des accords de licence pour rémunérer les créateurs. Si demain elles refusent et décident d’enlever toutes les œuvres culturelles de leur plateforme, ce sera leur décision mais en aucun cas une demande de notre part.

Aujourd’hui, les plateformes jouent un rôle d’éditeur : elles appliquent leur propre politique pour décider ce qu’elles souhaitent voir figurer comme type de contenu indépendamment de toute obligation légale. Cela pose une question : comment peut-on contraindre ces plateformes à rentrer dans un régime de droit commun ? C’est à cela que répond la directive sur le droit d’auteur. Elle attend des plateformes qu’elles garantissent le caractère proportionné des mesures qu’elles mettent en place. Si elles allaient trop loin, elles s’exposeraient à des sanctions et à des condamnations.

Première publication : 29/06/2018

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Le scientifique russe Igor Ashurbeyli est devenu, lundi, le premier dirigeant de la “nation spatiale” Asgardia. Un “pays” sans territoire, non reconnu, mais qui a sa propre constitution et compte déjà plus de 200 000 citoyens.

“Cette journée restera probablement comme un grand moment de l’histoire de l’Humanité”. Au centre du grand salon de l’ancien palais impérial de Vienne, l’homme d’affaires milliardaire et scientifique russe Igor Ashurbeyli jubile. Devant un parterre de diplomates d’une dizaine de pays, de scientifiques et de simples curieux, il vient, lundi 25 juin, d’être intronisé premier chef d’État de la “nation spatiale” Asgardia, un projet qu’il avait lancé en 2016.

First in History Inauguration of the Head of the First Space Nation Asgardia. https://t.co/C6LheIHGZk#AsgardiaInauguration#Asgardiapic.twitter.com/lDg931BLfj

Asgardia (@AsgardiaSpace) 27 juin 2018

Déjà doté d’un drapeau, d’un hymne et d’une constitution, Asgardia est dorénavant incarnée, non seulement par son dirigeant, mais aussi par un président du Parlement, l’ancien député gallois Lembit Öpik, et un président de la Cour suprême, le directeur de la faculté de droit de l’université de Hong Kong, Zhao Yun.

Satellite et bitcoin

Mais il manque encore à ce “pays” plusieurs éléments constitutifs essentiels avant que son créateur puisse espérer décrocher le Graal : être reconnu officiellement par l’ONU comme État souverain dans l’espace. Asgardia n’a pas de monnaie, pas de passeport, n’est reconnu par aucun autre pays et n’a pas non plus de territoire.

Igor Ashurbeyli assure cependant qu’il ne vend pas que du rêve. Après tout, il a déjà réussi à lancer un satellite en 2017 – Asgardia 1 –, lui garantissant un début de présence dans l’espace. Il a promis de mettre en place avant la fin de l’année une monnaie dématérialisée – une sorte de bitcoin asgardien –, d’établir une présence diplomatique sur tous les continents et de bâtir, d’ici 2025, des stations spatiales habitables sur la Lune.

Ce ne sont pour l’instant que des promesses. Ce qui est, en revanche, une réalité, c’est l’engouement que le projet a suscité. Asgardia revendique 203967 citoyens. Il est certes impossible de connaître la proportion de cette population qui prend l’affaire au sérieux: il suffit, en effet, de remplir un simple formulaire pour devenir Asgardien.

Défi technologique et utopie

Certains sont, cependant, convaincus de participer à une aventure sans précédent et se sont même portés candidats aux récentes élections parlementaires. “C’est la première fois qu’une nation naît de rien, et c’est donc une occasion unique de réfléchir en commun à sa construction”, assure Brice Targat, un ingénieur de recherche en bio-informatique au Commissariat français à l’énergie atomique (CEA) de 33ans et candidat malheureux aux élections, contacté par France 24. Il a découvert l’existence d’Asgardia sur Internet il y a environ un an, en a discuté avec des collègues, “et comme nous sommes tous scientifiques, ce qui touche à l’espace nous intéresse”, explique-t-il.

Ils sont nombreux à avoir, comme Brice Targat, un profil scientifique… sans pour autant être des “geeks” capables de tenir une discussion en klingon (langue fictive issue de la série “Star Trek”). “Lorsque je me suis rendu à Vienne pour l’entrée en fonction d’Igor Ashurbeyli, je me demandais si j’allais mettre les pieds dans un rassemblement de fans de ‘Star Trek’, mais en fait j’y ai croisé des scientifiques, des économistes et des personnes qui avaient, certes, toutes la tête dans les étoiles, mais aussi les pieds bien ancrés sur Terre”, raconte à France 24 Linda Jack, une britannique de 63 ans et citoyenne d’Asgardia.

Elle-même n’a pas été attirée par le défi technologique. Cette ancienne militante LibDem (Parti des Libéraux-démocrates), à la fibre sociale très développée, trouvait que le projet tombait à point nommé. “Entre Donald Trump et le Brexit, l’époque semble être au repli sur soi et Asgardia promeut une ouverture aux autres à travers une collaboration internationale pour développer un projet en commun”, souligne-t-elle. “Je suis citoyenne britannique, européenne, du monde et maintenant aussi de l’espace”, se réjouit-elle.

Un idéal d’une communauté débarrassée des contraintes des frontières qui a aussi séduit Roham Soleimani, un Iranien installé à Berlin. “Quand je suis arrivé en Allemagne il y a cinqans, j’ai ressenti comme une perte d’identité. Je considère Asgardia comme une société multinationale à laquelle je pourrais m’identifier”, assure-t-il à France 24. Pour lui, l’ambition de cette première “nation spatiale” est de construire une société qui laisserait tous les problèmes terrestres… sur Terre. “Pas de racisme, pas de frontières, pas de populisme ou de guerre, voilà ce que j’espère pour Asgardia”, résume-t-il.

Impôt de 100 euros

Une vision utopique qui ne fait pas de Roham Soleimani un Asgardien béat pour autant. Comme bon nombre de ses compatriotes, il a mal digéré l’annonce par Igor Ashurbeyli de l’instauration prochaine d’une taxe annuelle de 100euros. Officiellement, ces fonds doivent financer le projet scientifique de la “nation spatiale”. Mais il n’y a pour autant aucun engagement de transparence et Roham Soleimani ne “donnera pas d’argent tant qu’ [il] ne saura pas précisément où il va et à quoi il sert”. Il n’a pas non plus apprécié le grand écart entre la Constitution d’Asgardia, qui promeut l’égalité pour tous, et l’insistance d’Igor Ashurbeyli de qualifier son “pays” de “royaume”.

Même si l’actuel chef d’État a promis de ne rester que cinqans au pouvoir, il s’est attribué de larges pouvoirs qui semblent incompatibles avec la conception de société idéale que de nombreux Asgardiens défendent. Mais les trois citoyens interrogés par France24 partagent le sentiment de Brice Targat que “quoi que donnera ce projet, c’est la première fois qu’on va aussi loin pour créer quelque chose d’aussi ambitieux”. Ils attendent tous maintenant de savoir s’ils auront un jour leur passeport officiel d’Asgardia.

Première publication : 28/06/2018

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Le site parodique Trumphotels.org présente les centres d’accueil de migrants comme des hôtels de l’empire Trump. Il a été créé par un militant républicain qui veut démontrer que les démocrates n’ont pas le monopole de l’indignation.

C’est un conservateur américain en colère contre son président. Le militant républicain Loren Collins a révélé, mardi 26 juin, être le créateur de Trumphotels.org, un site parodique qui avait tout d’une initiative démocrate. Si Trumphotels.com pointe vers la vitrine en ligne des hôtels de l’empire Trump, le .org, quant à lui, dirige l’internaute vers un site critiquant la politique migratoire du président américain. Mis en ligne le 21 juin, il présente les très décriés centres d’accueil des migrants à la frontière américano-mexicaine comme les nouveaux hôtels du président-milliardaire.

Au lieu des images des paysages paradisiaques et de chambres tout confort, l’internaute est accueilli sur Trumphotels.org par des photos de migrants derrière des barreaux et des vidéos sur les conditions de vie dans ces centres. Les slogans publicitaires sur la douceur de vivre au rythme des activités d’un hôtel cinq étoiles ont été remplacés par “les pensées de notre directeur”. Il s’agit d’une sélection des déclarations les plus incendiaires de Donald Trump sur les migrants, comme celles où il qualifie les Mexicains de “tueurs et violeurs”.

Huit dollars pour un nom de domaine

Une dénonciation de la politique migratoire de l’administration Trump, chère à la gauche américaine. Le sénateur démocrate de Virginie, Tim Kaine, fait le même parallèle sur Twitter, le 18 juin, en postant des images d’enfants dans les centres d’accueil sous le titre “les vrais hôtels de Trump”.

The real Trump Hotel. pic.twitter.com/PP6nIbzNQR

Tim Kaine (@timkaine) 18 juin 2018

Mais Loren Collins veut démontrer que les démocrates n’ont pas le monopole de l’indignation. Ce juriste de 40 ans a décidé de créer son site parodique après avoir repéré le hashtag #trumphotels, utilisé pour dénoncer la politique de “tolérance zéro” de l’administration de l’actuel président à l’égard des migrants.

Après une rapide recherche sur Internet, il a découvert que l’extension .org pour le nom de domaine trumphotels était disponible. Une erreur de débutant pour une marque telle que Trump inc. et une opportunité pour Loren Collins. Il a acquis l’extension pour huit dollars, et en a dépensé huit de plus pour une option lui permettant de cacher son identité. Une précaution justifiée, d’après lui, par la propension de l’administration Trump à s’en prendre nommément à ses détracteurs.

Mais il a finalement décidé de sortir de l’anonymat pour dénoncer un président “ignorant, pathologiquement malhonnête” dont la politique “salit les républicains et le conservatisme américain”, a-t-il expliqué à l’Atlanta Magazine.

Témoignages de migrants

La polémique autour de la pratique de séparer les enfants de leurs parents à la frontière entre les États-Unis et le Mexique serait, à ses yeux, symptomatique d’un président qui confond valeurs conservatrices et théories du complot. L’écho positif auprès de sa base électorale de ses sorties sur la vague de “criminels” mexicains prêts à envahir le pays aurait poussé Donald Trump à pratiquer la politique de la “tolérance zéro” à la frontière.

“Je n’arrive même plus à m’identifier comme républicain depuis que Donald Trump est arrivé au pouvoir”, reconnaît, sur le site Gizmodo, Loren Collins, simple militant qui était allé jusqu’à se présenter sous la bannière des républicains à une élection locale en Georgie en 2015.

Pour continuer d’alimenter trumphotels.org, il compte recueillir des témoignages de migrants passés par les camps à la frontière et les afficher sur son site comme des avis de clients. Mais Loren Collins ne sait pas s’il aura le temps de le faire : il s’attend à recevoir, d’un jour à l’autre, une réclamation de l’organisation Trump lui demandant de leur remettre les clefs du nom de domaine. Même s’il est convaincu d’être dans son bon droit, il n’est pas sûr d’être prêt à engager une bataille juridique avec la multinationale du président des États-Unis pour conserver son site. Mais il serait prêt à transiger en contrepartie d’une autre revendication de longue date des démocrates : les déclarations fiscales de Donald Trump pour les dix dernières années.

Première publication : 27/06/2018