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Près de 4 000 soldats se sont donnés la mort entre 1914 et 1918. Mais 100 ans après la Grande Guerre, le suicide des poilus demeure une part obscure du conflit, au point que les descendants de ces hommes tentent encore de réhabiliter leur mémoire.

Durant quatre ans, tout au long de la Première Guerre mondiale, les Poilus ont envoyé des millions de lettres à leurs proches. Dans ces lignes, les soldats ont relaté leur quotidien sur le front, le courage, la camaraderie, l’héroïsme mais aussi l’ennui, la peur ou la solitude. Certains ont même raconté à leur famille le désarroi de leurs camarades. Dans un courrier daté du 11 août 1916, le caporal Perrier, originaire de Saône-et-Loire, s’inquiète d’un mal qui ronge les hommes. “Chez certains esprits, le moral est atteint. On sent une dépression chez beaucoup d’individus”, écrit-t-il. Un peu plus loin, il rapporte même que plusieurs d’entre eux ont choisi de se donner la mort : “Nous espérons pour le moment que cette épidémie s’arrêtera là. Trois dans un mois à la même compagnie, c’est trop”.

Infirmier à Verdun et dans l’Aisne, Jean Pottecher confie également à ses parents être témoin du même désarroi : “Un type de la 7e Cie que je ne connaissais pas (…) s’est suicidé hier d’un coup de révolver. Quoique je n’aime pas les généralisations trop rapides, je vous cite ce fait particulier comme un symptôme assez net de l’état de l’esprit du front (…). On dit que le suicide est épidémique : je ne sais pas si celui-ci contaminera le bataillon et s’il sera suivi d’autres”.

Un chiffre impossible à établir

Malgré “cette épidémie” décrite par ces soldats, très peu d’ouvrages sur la Grande Guerre se sont penchés sur les suicidés au cours du conflit. Xavier Trochu, historien et archiviste aux archives municipales de Nantes, s’est ému de leur sort et a décidé de creuser la question. Pour cela, il a consulté les quelques 93 000 fiches de soldats, en ligne sur le site Mémoire des Hommes, n’ayant pas eu le droit à la mention Mort pour la France. “Sur celles-ci, j’en ai recensé plus de 3 900 qui avaient l’attribut de suicide. Cela correspond à la fourchette que l’historien Denis Rolland avait établie lors d’une conférence en 2004. Il arrivait à peu près à 4 000 / 4 500 morts par suicide”, explique Xavier Trochu. “C’est très difficile d’être précis car le suicide en tant que tel n’est déjà pas quelque chose de facile à gérer chez les civils. Côté militaire, on se retrouve ainsi dans une situation encore plus particulière”.

#1J1P PETIJEAN Alphonse, du 35e RI, suicide au retour de l’armée d’Orient le 27 mars 1917 @Indre1418pic.twitter.com/MFNrcHdTM9

Bernard Jacquet (@Balkan45) 27 mars 2017

Le doute subsiste ainsi pour un certain nombre de fiches. “Il est difficile de savoir si la personne avait l’intention de se suicider ou pas. Il y a le cas par exemple de ceux qui se précipitaient sur le champ de bataille face à l’ennemi car ils en avaient marre. Ils n’ont pas été considérés comme suicidés mais comme morts pour la France”, décrit l’historien. Au sein de l’armée, les militaires qui enregistraient les décès se sont aussi montrés plutôt enclin à cacher les suicides afin de protéger les proches : “Si on mettait cette mention, les conséquences pour les familles étaient immédiates : pas de pension ni de décoration. Au niveau local, elles se retrouvaient au ban de la société”. Enfin, Xavier Trochu note que dans les hôpitaux militaires, “les médecins avaient certainement des réticences à dire que leurs patients s’étaient suicidés, car cela remettait en cause leur profession et le fait de savoir bien gérer une population malade”.

En réalisant cette étude, l’archiviste a constaté un difficile accès aux sources. Mis à part ces fiches qui se révèlent incomplètes, parcellaires et surtout silencieuses, les documents manquent. Malgré tout, Xavier Trochu a pu dégager quelques tendances. “Ce ne sont pas forcément des gens qui sont en première ligne qui se suicident”, a-t-il ainsi découvert. “Certains se donnent la mort à domicile, en cantonnement, en permission ou dans les hôpitaux”. Contrairement à certaines idées reçues, ce ne sont non plus pas les plus jeunes qui finissent par craquer : “Parmi ces suicidés, il y a énormément de territoriaux, c’est-à-dire de soldats qui ont plus de 35 ans. La guerre est plus difficile à supporter pour eux car ils ont déjà une famille ou une vie bien installée”.

J’ai toujours un pincement au coeur quand je trouve une fiche non MPLF et que la fiche mentionne “suicide” Alors, un instant au moins, honorons la mémoire de Samba Tieba venu du Niger finir sa vie en juillet 1918 dans la Somme #1J1Ppic.twitter.com/gdqKyKcnGc

Paddy (@paddygenealo) 9 février 2018

“Un pauvre bougre emporté dans une énorme boucherie”

Cela a été le cas pour François-Maurice Fouassier, un soldat du 25e régiment d’infanterie territorial, originaire de Chemazé, en Mayenne. Ce père de quatre enfants s’est pendu le 19 mai 1916, à l’âge de 42 ans, à Laval, dans une chambre de son casernement où il était hospitalisé. Pourtant, il y a encore quelques mois, son arrière petit-fils Christian Persin pensait que son ancêtre était décédé des suites d’une maladie. Il n’a découvert la véritable cause de son décès qu’en consultant sa fiche militaire : “J’ai appelé ma mère pour savoir s’il y avait un secret de famille, mais elle n’en savait rien. Elle n’avait jamais entendu parler d’un suicide de son grand-père. Ma grand-mère lui avait qu’il avait eu des gelures au pied et une maladie pulmonaire”.

La fiche de décès du soldat Fouassier

© Mémoire des Hommes

François-Maurice Fouassier a été enterré dans l’anonymat et son nom n’a pas été inscrit sur le monument aux morts. En découvrant la vérité, ce descendant de poilu a compris combien sa famille avait souffert de cette non-reconnaissance : “Je trouve cela particulièrement injuste que le fait de se suicider ait privé les proches de droits. La République a été sévère avec ces gens-là. Je sais que mon arrière grand-mère a ramé socialement. Ils étaient très pauvres. C’était des métayers. Elle a été obligée de placer ses enfants chez des bourgeois en tant que domestiques”.

Pour réparer cette injustice, Christian Persin a demandé auprès de l’Office national des anciens combattants que son arrière grand-père soit reconnu comme Mort pour la France. Cette mention lui a été attribuée en juillet 2017. Il espère désormais que son nom apparaisse sur le Monument de Château Gontier où il vivait avant-guerre. Cela devrait être chose faite à l’occasion du 11 novembre prochain : “C’est une forme de réhabilitation. C’est un pauvre bougre qui a été emporté dans une énorme boucherie. Il y a laissé non seulement sa vie, mais sa famille en a aussi payé le prix”. L’historien Xavier Trochu partage son avis. Pour lui, il est enfin temps de regarder ce passé en face : “C’est quelque chose de tabou et de pas facile. À l’époque, on a poussé l’individu à son extrême. C’est un sujet qui est difficile d’accès, mais qui mérite toute notre attention. Si ces hommes étaient restés dans un monde de paix, jamais il n’auraient pensé à se suicider”.


Première publication : 15/08/2018

À l’approche du référendum du 4 novembre sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, un rapport dresse le bilan politique, trente ans après la signature des accords de Matignon et de Nouméa.

Des motifs de satisfaction mais aussi des insuffisances. Le bilan politique des accords de Matignon et de Nouméa, rendu le 10 août par le groupe de dialogue mis en place par le Premier ministre Édouard Philippe, afin préparer le référendum du 4 novembre sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, est contrasté.

Dans ce document, quatre grands thèmes sont abordés. Le premier concerne le bilan “sur l’émancipation, la décolonisation et le droit à l’autodétermination”. Thème central puisqu’avec les accords de Matignon-Oudinot des 26 juin et 19 août 1988 et de Nouméa du 5 mai 1998, la Nouvelle-Calédonie s’est engagée dans un processus d’autodétermination et de décolonisation progressif, dont le référendum est la prochaine étape essentielle.

“Le droit à l’autodétermination de ‘la population intéressée’ continuera à s’exercer jusqu’à ce qu’il soit opté de manière définitive pour l’une des voies prévues par l’ONU dans ses résolutions relatives au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes”, note le groupe. “Le retrait de la Nouvelle-Calédonie de la liste des territoires à décoloniser relève de l’ONU”, rappelle-t-il.

Des critères de citoyenneté bientôt redéfinis

Également évoquée : la “gouvernance” du territoire. “Malgré les difficultés, les profondes divergences et les rivalités inhérentes à la vie démocratique, les responsables politiques calédoniens ont su trouver les consensus ou les compromis nécessaires sur les sujets essentiels”, se félicite le groupe. “Le gouvernement collégial a dû faire face à plusieurs crises mais a finalement toujours assuré son rôle d’exécutif, transcendant souvent le clivage indépendantistes/non-indépendantistes.”

Concernant le “vivre-ensemble”, il souligne par ailleurs que “la citoyenneté calédonienne fonde les restrictions apportées au corps électoral et la priorité d’accès à l’emploi. Elle a contribué à l’émergence d’une identité calédonienne. Ses conditions d’accès, qui font débat, sont par définition transitoires et devront être redéfinies dans le cadre de la sortie de l’accord de Nouméa”.

“Les actions conduites durant la période de mise en œuvre de l’accord de Nouméa ont été particulièrement volontaristes dans la prise en compte de l’identité kanak”, note également le groupe. Cette démarche “doit être poursuivie pour permettre aux institutions coutumières de jouer pleinement leur rôle”.

Pour affirmer une identité commune aux différentes communautés, “le 26 juin, date de la signature des accords de Matignon, pourrait être retenue comme date anniversaire de cette nouvelle étape de l’histoire calédonienne contemporaine”.

Le rééquilibrage “pas encore terminé”

À propos du rééquilibrage entre les trois provinces (sud et nord de la Grande Terre et îles Loyauté) qui constituent le pays, les responsables reconnaissent que le travail n’est pas encore terminé.

Si “le niveau d’éducation de la population s’est considérablement amélioré (parcours adaptés en primaire et secondaire, forte progression de la réussite au bac, montée en puissance des formations supérieures, partenariats pour favoriser l’accès à la haute fonction publique), de fortes inégalités territoriales demeurent et l’insertion économique des jeunes générations doit être mieux préparée”.

L’autonomie économique est considérée en progression, soutenue par d’importants investissements extérieurs.

>> À voir aussi : La Nouvelle-Calédonie en quête de diversification

“A ce titre l’usine de KNS (traitement du nickel) a constitué le fer de lance du rééquilibrage et a permis le développement d’un véritable pôle urbain en province Nord. Pour autant, hors financement des compétences régaliennes, les dotations de l’Etat représentent encore 30% des dépenses publiques, notamment en matière de logement social et d’éducation”, écrivent les responsables.

Des critiques de la droite loyaliste

S’il a fait consensus parmi le groupe de travail, le texte, qui sera remis au Premier ministre, a déjà été critiqué par la branche droitière des loyalistes – Le Rassemblement-LR et les Républicains Calédoniens – qui avaient claqué la porte du groupe en juin.

La secrétaire générale du Rassemblement-LR, Virginie Ruffenach a dénoncé une “farce” sur Francinfo. “Tout ce rapport est très loin des préoccupations des Calédoniens qui sont dans une vie quotidienne compliquée”, dénonce-t-elle.

Le groupe de travail était composé des indépendantistes Paul Néaoutyine (Palika), Victor Tutugoro (UPM), Daniel Goa et Roch Wamytan (UC) et des non-indépendantistes Philippe Gomès et Philippe Michel de Calédonie ensemble (centre droit) et Gaël Yanno (SE).

“Nous avons essayé d’acter ce qui a été fait et pas fait”, résume Daniel Goa, président de l’Union calédonienne, interrogé par Francinfo. “Nous avons voulu montrer que nous contribuons à créer le modèle calédonien.”

“Nous avons voulu montrer ce qui nous fédère, ce qui nous rassemble en tant que Calédoniens”, abonde le député Calédonie ensemble Philippe Gomès, également joint par Franceinfo. ” Nous avons décidé d’avancer, de privilégier le dialogue, la paix et le respect des convictions de chacun. C’est cela qui sera important au lendemain du 4 novembre.”

>> À lire aussi : Macron appelle les Calédoniens “à ne pas faire reculer l’Histoire”

Avec AFP

Première publication : 14/08/2018

Les deux hommes suspectés d’avoir blessé sept jeunes pour des motifs racistes dans la nuit du 29 au 30 juillet à Beaune, près de Dijon, ont été mis en examen et écroués dimanche, a annoncé le parquet.

Près de deux semaines après les faits, les deux hommes suspectés d’avoir blessé plusieurs jeunes à Beaune (Côte-d’Or) pour des motifs racistes ont été mis en examen et écroués dimanche 12 août. Âgés tous deux de 31 ans, ils étaient déjà connus de la justice pour des faits “de vols et de violences”.

Les mis en cause sont poursuivis pour “tentative d’assassinat, violences aggravées par (…) notamment la circonstance que les faits ont été commis en raison de l’appartenance à une soi-disant race, religion ou ethnie, réelle ou supposée, injures publiques à caractère racial, menaces de mort à caractère racial”, a précisé à l’AFP Thierry Bas, le procureur de la République adjoint de Dijon.

Originaires de Côte-d’Or, les deux suspects avaient été transférés samedi d’Avignon, dans le sud de la France, à Dijon, où leur garde à vue avait été prolongée, en vue de leur présentation devant un juge d’instruction, a ajouté le magistrat.

“Enfin la vérité apparaît”

Dans la nuit du 29 au 30 juillet, la voiture des suspects a foncé dans un premier temps sur le groupe de jeunes, avant de revenir sur les lieux plus tard dans la nuit. Les occupants du véhicule ont alors blessé sept jeunes, dont deux sérieusement, en leur tirant dessus avec des “gerbes de plombs de calibre 12”, avait déclaré le parquet.

Les deux suspects ont été interpellés vendredi par la brigade de recherche et d’intervention (BRI) de Marseille à Saint-Andiol, près d’Avignon. L’un des deux mis en cause a pris la fuite au volant de son véhicule, blessant à la jambe un fonctionnaire de la BRI, avant d’être interpellé dans la soirée, ce qui lui vaut en plus dans cette affaire une mise en examen pour “tentative d’homicide volontaire sur personne dépositaire de la force publique”.

Dans le même temps, vendredi, entre 150 et 200 personnes s’étaient réunies sur les lieux de l’agression à Beaune, en soutien aux sept jeunes blessés fin juillet. Plusieurs victimes, interrogées par France 3 Bourgogne-Franche-Comté, se sont dites soulagées par ces arrestations. “Enfin la vérité apparaît, ça fait du bien”, a déclaré l’une d’entre elles. “Maintenant on espère juste que ça va servir d’exemple, parce que ce qu’il s’est passé c’était très grave”.

Avec AFP

Première publication : 13/08/2018

La secrétaire d’État auprès du ministre à la Transition écologique et solidaire, Brune Poirson, a présenté, dans un entretien au JDD, sa feuille de route pour lutter contre le plastique. Elle espère un “électrochoc” dans les pratiques des Français.

“Créer un électrochoc”, “déclarer la guerre”, Brune Poirson ne recule devant aucune hyperbole pour présenter dans la presse son plan d’action de lutte contre le plastique. Dans une interview parue dimanche 12 août dans les colonnes du Journal du Dimanche (JDD), la secrétaire d’État à la Transition écologique et solidaire annonce passer à l’offensive avec une série de mesures destinées à “sortir du ronronnement du système actuel.”

“Une trajectoire fiscale claire”

Pour répondre à l’objectif de 100 % de plastiques recyclés en 2025 visé par le gouvernement, Brune Poirson compte mettre progressivement en place à partir de 2019 “un système de bonus-malus allant jusqu’à 10 % du prix des produits” pour inciter les consommateurs à privilégier des produits fabriqués à partir de plastique recyclé. “Demain, quand il y aura le choix entre deux bouteilles, l’une fabriquée en plastique recyclé et l’autre non, la première sera moins chère”, explique-t-elle.

La une du JDD.

> La guerre au plastique est déclarée : le plan choc de Leclerc, les projets des industriels, les actions des citoyens

> Affaire Kohler : l’Elysée répond

> Les CRS pour surveiller les plages, c’est bientôt fini

> Pauvreté : Buzyn esquisse son plan pic.twitter.com/jLvY8CfuK1

Le JDD (@leJDD) 11 août 2018

Dans cet entretien, la Vauclusienne annonce également une mesure destinée à inciter les communes françaises à recycler les déchets plutôt que de les enfouir. Actuellement, “en France, cela coûte moins cher pour une commune d’enfouir les déchets que de les recycler”, regrette le secrétaire d’État. Raison pour laquelle le gouvernement Édouard Philippe compte augmenter la TGAP (taxe générale sur les activités polluantes) sur l’enfouissement et baisser la TVA sur le recyclage, comme annoncé par le Premier ministre en avril. “Nous devons afficher une trajectoire fiscale claire pour les prochaines années afin de permettre aux collectivités et aux citoyens de s’adapter, sans que cela pèse sur les finances des villes qui s’engagent”, indique-t-elle.

« @EPhilippePM a lancé une feuille de route sur l’économie circulaire pour que les déchets deviennent des ressources. Il s’est notamment engagé à lancer une série de mesures pour accélérer le recyclage du #plastique. Par exemple, l’interdiction des plastiques à usage unique» #LCI

Brune Poirson (@brunepoirson) 12 août 2018

Adieu pailles, touillettes et gobelets

En pratique, l’exécutif souhaite également “clarifier l’étiquetage”, avec la mise en place d’ici à 2020 d’un logo “qui dira si un produit a vraiment été fabriqué avec du plastique recyclé ou s’il est recyclable”. Le logo rond constitué d’une flèche qui apparaît aujourd’hui sur les emballages plastiques ne signifie pas que l’emballage est recyclable ou recyclé mais que l’entreprise verse une contribution à un éco-organisme.

Autre mesure annoncée, simplifier la collecte et “uniformiser la couleur des poubelles” de tri, actuellement différentes d’une ville à l’autre “pour créer des automatismes”.

>> À lire sur France 24 : “Pollution plastique du littoral, un fléau mondial”

Autre levier que le gouvernement a déjà annoncé avoir l’intention d’actionner : l’interdiction de produits à usage unique, comme les pailles et les bâtonnets en plastique. “Début 2019 […], nous préciserons la liste des produits à usage unique que nous voulons interdire” et cette suppression des “usages superflus ou substituables” sera mise en œuvre “d’ici au 1er janvier 2020″, indique Brune Poirson.

Contre la pollution plastique, l’industrie doit encore accélérer https://t.co/e6VNrlxcLO

Le JDD (@leJDD) 12 août 2018

La France, mauvaise élève du recyclage

Selon l’organisation PlasticsEurope, qui représente les producteurs européens de matières plastiques, la France figure parmi les lanternes rouges européennes du recyclage des emballages en plastique, avec un taux de recyclage d’à peine plus de 20 % contre une moyenne européenne de près de 41 %.

Enfin, la Secrétaire d’État souhaite mettre en place dès cet automne dans des villes pilotes un “système de consigne solidaire : quand vous déposerez une bouteille, cela contribuera à financer un fonds en faveur d’une grande cause”.

Si la jeune militante LREM déclare soutenir les plastic attacks – initiatives citoyennes destinée à retirer tous les emballages inutiles dans un supermarché –, elle reconnait ne pas souhaiter la fin définitive du plastique. “On a besoin du plastique pour certains usages. […] La perspective n’est pas l’interdiction, mais le recyclage. Il faut radicalement changer les comportements.”

Première publication : 12/08/2018

Des inondations importantes provoquées par de fortes pluies ont frappé le sud de la France, jeudi, entraînant l’évacuation de centaines de personnes. Un septuagénaire allemand est également porté disparu.

Des orages et des fortes pluies se sont abattus, jeudi 9 août, sur le centre-est et le sud-est de la France, nécessitant l’évacuation de 750 personnes dans le Gard, dont au moins 184 campeurs dans le nord du département.

Selon le ministère de l’Intérieur, 1 600 personnes, principalement des campeurs, ont été évacuées par mesure de précaution en Ardèche, dans le Gard et la Drôme. Neuf enfants ont été légèrement blessés et un septuagénaire allemand porté disparu. Le président et le vice-président allemands de l’association de Leverkusen, propriétaire du terrain sur lequel se trouvait une colonie inondée, ont été placés en garde à vue vendredi.

À Saint-Julien-de-Peyrolas, dans le Gard, des campeurs étaient menacés par la montée des eaux jeudi soir. “Toutes les personnes qui étaient dans le camping et la colonie de vacances”, et originaires de la région de Leverkusen (Allemagne), “ont été prises en charge dans la salle polyvalente et ont été vues par des médecins pompiers du Samu, par la Croix Rouge et des psychologues”, a déclaré à la presse le commandant Jérôme Tallaron, responsable de la communication des pompiers du Gard pour cette opération.

#Gard : grande prudence, #inondations en cours du côté de #SaintAmbroix et de #SaintBres. Routes impraticables, habitations menacées ! #Orages@viaOccitanieTV@Midilibrepic.twitter.com/xkCGzXpKaI

Loïc Spadafora (@loicspadafora) 9 août 2018

“On a juste un doute aujourd’hui sur une personne. On a retrouvé sa voiture emportée par les flots, c’est un monsieur de 75 ans. Pour le moment, les opérations de reconnaissance sont restées vaines”, a indiqué le commandant Tallaron. L’homme, de nationalité allemande, avait été présenté auparavant par la gendarmerie comme appartenant à l’équipe encadrant la colonie de vacances.

Des membres du groupe de reconnaissance et d’intervention en milieu périlleux, vêtus de combinaison de plongée rouges, étaient visibles à proximité de l’Ardèche et de ses affluents dans l’après-midi.

Blessures légères et hypothermies

Cent quatre-vingt-quatre personnes – 136 enfants et adolescents et 48 adultes – ont été comptabilisées à la salle polyvalente du village et dix personnes – cinq adolescents et cinq adultes – ont été hospitalisées pour des blessures légères ou des hypothermies à l’hôpital de Bagnols-sur-Cèze, a précisé le commandant Tallaron.

#inondations 160 personnes évacuées sur la commune de Saint Julien de Peyrolas. Sur place, les secours poursuivent les recherches. #Intemperies#AlerteMeteo#Gard#Oragespic.twitter.com/HlcIyYZs4e

viaOccitanieTV (@viaOccitanieTV) 9 août 2018

Dans la colonie de vacances allemande, le Planjole, et les deux campings voisins, des tentes éventrées baignent dans la boue. “On va sûrement demander un hébergement d’urgence”, témoigne Gudrun Weissmeyer, 37 ans, une touriste originaire de Munich. “On n’est pas équipés pour ce temps”, déplore-t-elle en montrant ses deux filles et son mari glissant dans la boue en sandales.

L’intervention dans le nord du Gard a mobilisé 120 pompiers du département puis 120 renforts, quatre hélicoptères et de nombreux gendarmes et militaires. Jeudi soir, le Gard n’était plus en vigilance orange. Les très fortes pluies ont engendré des cumuls pouvant atteindre 150 à 200 mm, a précisé la préfecture du Gard, parlant d’un phénomène “exceptionnel” et de 108 mm à Saint-Julien de Peyrolas.

Avec AFP

Première publication : 10/08/2018

Des orages violents ont frappé plusieurs régions françaises, mardi, occasionnant des chutes d’arbres sur les rails, notamment en Normandie. Plus de 1 500 voyageurs sont restés coincés en gare.

Au terme d’un intense épisode de canicule, des orages parfois violents ont frappé, mardi 7 août, plusieurs régions françaises, interrompant plusieurs heures le trafic ferroviaire en Normandie.

Les trains sont restés à quai dans les gares de Caen, Lisieux et Évreux en raison de chute d’arbres sur les voies, a indiqué la SNCF. Des caténaires ont été endommagées, provoquant des défauts d’alimentation. Mardi soir, 1 500 personnes sont restées bloquées dans les gares.

Bonsoir ! Des arbres sont tombés sur les voies dans le secteur d’Evreux, entraînant des coupures d’électricité. La circulation a dû être interrompue et nos équipes sont actuellement en cours d’intervention sur le site pour tronçonner les arbres.

SNCF (@SNCF) 7 août 2018

Dans les Hauts-de-France, le trafic ferroviaire a également été perturbé dans la soirée entre Paris, Compiègne et Amiens via Creil avec des retards et des suppressions, en raison de chutes d’arbres sur des câbles d’alimentation, a tweeté la SNCF.

Bonsoir, en raison de violents orages dans le secteur de Creil, un arbre est tombé sur des câbles d’alimentation électrique. Le trafic a dû être interrompu, le temps de l’intervention des équipes spécialisées. Il s’agit d’une mesure de sécurité indispensable.

SNCF (@SNCF) 7 août 2018

Ces perturbations ferroviaires s’ajoutent aux incidents qui ont paralysé cet été les gares de Saint-Lazare, victime d’une panne géante de signalisation en juin, et celle de Montparnasse, touchée par un incendie dans un poste électrique début août.

Rafraîchissement en vue

Mercredi matin à 6 h, Météo France a levé ses consignes de vigilance pour les orages, qui s’évacuent vers l’Allemagne.

Seuls neuf départements du Centre-Est et de l’extrême Sud-Est ont été maintenus en vigilance canicule : Ain (01), Alpes-Maritimes (06), Ardèche (07), Drôme (26), Isère (38), Loire (42), Rhône (69), Savoie (73) et Haute-Savoie (74). Depuis vendredi, la vigilance concernait 67 départements pour la canicule, égalant le record de juin 2017.

La situation sanitaire était d’autant plus sensible que la canicule s’est accompagnée dans plusieurs régions d’une pollution persistante à l’ozone (Île-de-France, Est, vallée du Rhône, Alpes), classique lors des vagues de chaleur.

En réponse à cette pollution toxique pour l’homme et l’environnement, la vitesse maximale a été réduite de 20 km/h sur de nombreux axes routiers. La circulation différenciée qui interdit aux véhicules les plus polluants de rouler a aussi été mise en place dans plusieurs villes, notamment Paris, Lyon, Strasbourg.

Alors que la fréquence et l’intensité des canicules sont appelées à augmenter avec le réchauffement climatique, le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, a appelé à nouveau mardi sur Europe 1 à une “union sacrée” contre le changement climatique.

Avec AFP

Première publication : 08/08/2018

Il y a cent ans, le 8 août 1918, les Alliés déclenchent une offensive dans la région d’Amiens. Cette attaque est un succès. Pour la première fois, ils prennent un ascendant décisif sur les Allemands, comme l’explique l’historienne Marjolaine Boutet.

Plus de 2 000 personnes, dont le prince William et la Première ministre britannique Theresa May, sont attendues, mercredi 8 août, pour les commémorations du centenaire de la bataille d’Amiens, qui se tiendront dans la cathédrale de la ville. Cette offensive de la Première Guerre mondiale, déclenchée le 8 août 1918, marqua le début d’une série d’attaques des Alliés contre les Allemands, qui aboutit à l’armistice du 11 novembre 1918. Le général Ludendorff, chef d’état-major général adjoint allemand qualifia cette journée de “jour de deuil de l’armée allemande”. En une seule journée, les Alliés s’avancèrent de 13 kilomètres et firent près de 27 000 prisonniers. Pour l’historienne Marjolaine Boutet de l’Université de Picardie, co-auteure de “La bataille de la Somme” (Éd. Tallandier), la bataille d’Amiens est un tournant dans la Grande Guerre.

France 24 : Pourquoi cette offensive a-t-elle été décidée en août 1918 ?

Marjolaine Boutet : Il faut se remettre dans le contexte de 1918. Au printemps, les Allemands ont lancé une offensive qu’ils espéraient décisive pour remporter la guerre qui durait depuis quatre ans. À la fin de l’année 1917, il y a eu notamment la révolution bolchévique en Russie, signe que la guerre est en train de se terminer sur le front de l’Est. Les Allemands peuvent ramener une grande partie de leurs troupes sur le front de l’Ouest avant que, côté allié, les Américains n’arrivent en trop grand nombre. Ils se disent que c’est le moment de gagner la guerre et faire basculer la situation à leur avantage. Ils sont totalement épuisés par quatre années de conflit, des morts, qui ont dépassé le million et un blocus imposé par les Britanniques.

Ils lancent alors une offensive en avril qui dure jusqu’au mois de juillet, au cours duquel ils sont arrêtés sur la Marne par les Alliés qui se sont enfin mis d’accord pour avoir un commandement commun confié au général Foch. L’objectif de ce dernier est à la fois d’arrêter la menace allemande et de reprendre l’offensive. Il décide de lancer une première attaque commune à Amiens parce que c’est traditionnellement le point de jonction entre le front défendu par les Britanniques et le front défendu par les Français.

En gare d’Amiens, le 18 août 1918, l’ambassadeur britannique Lord Derby, les maréchaux Foch et Haig et le président du conseil Georges Clémeanceau

© Collections La Contemporaine

Comment cette offensive se déroule-t-elle sur le terrain ?

C’est une bataille classique de la Première Guerre mondiale. On prépare le terrain par un bombardement massif d’artillerie et d’aviation. Ce bombardement prend les Allemands par surprise. Après avoir largement détruit la plus grande partie des installations de l’ennemi, l’infanterie est envoyée, ainsi que les tanks. C’est une guerre très moderne. Tous les corps d’armée sont mobilisés. Il y a des Britanniques, des Français, des Américains, des Canadiens, des Australiens sous un même commandement. D’un point de vue logistique, cela demande une incroyable mobilisation et coordination. Pour la première fois, parce qu’il y a un pilote unique, cela fonctionne. Jusque-là toutes les offensives s’étaient cassé les dents. C’est clairement le début de la fin pour les Allemands. Ludendorff, le chef d’état-major adjoint allemand, l’écrit lui-même dans son journal. Il est obligé de reculer et comprend qu’il ne pourra pas gagner la guerre face à des Alliés qui sont plus forts, plus nombreux et qui ont enfin réussi à s’organiser. Ils sont matériellement supérieurs, Ils produisent plus, plus vite et de manière plus performante. Ils ont compris depuis 1916 que cette guerre était une guerre de matériel. Ils ont aussi des populations qui tiennent et des combattants qui sont vraiment aguerris.

Des mitrailleuses et fusils mitrailleurs allemands capturés par les Britanniques dans le secteur d’Amiens, en août 1918

© Collections La Contemporaine

Cette bataille d’Amiens marque un tournant dans l’année 1918. Pourquoi n’est-elle pas plus connue en France ?

Elle met en jeu essentiellement des forces anglo-saxonnes. La Somme est beaucoup plus importante dans la mémoire collective anglo-saxonne que dans la française. Nous nous sommes concentrés sur Verdun, alors que pour les Britanniques, au sens large, c’est un territoire qui a une vraie résonnance. La plupart de leurs morts n’ont pas été rapatriés. Ils sont enterrés sur ces terres, identifiés ou pas. Il y a des mémoriaux partout et des familles qui viennent très fréquemment pour se recueillir. Nous avons oublié ces soldats, mais pas le reste du monde.

Le 8 août, il y aura une belle cérémonie à la cathédrale d’Amiens avec beaucoup de lectures. À en juger par ce qui a été fait lors du centenaire de la bataille de la Somme en 2016, cela risque d’être très beau et très émouvant. Une délégation allemande sera aussi présente, ainsi que des Canadiens, des Australiens etc. Cela permet de prendre véritablement conscience de la dimension mondiale de cette guerre. Le monde entier était là en 1918.

Des dégâts causés par les obus dans l’église Saint-Rémi d’Amiens, septembre 1918.

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Première publication : 07/08/2018