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La 10e édition des Gay Games a débuté samedi à Paris. Pendant une semaine, plus de 10 000 participants originaires de 90 pays vont participer à ce rendez-vous sportif militant destiné à lutter contre les stéréotypes et discriminations.

Durant toute la semaine, Paris accueille pour la première fois les Gay Games, les mondiaux de la diversité. Cette compétition a été lancée samedi 4 août par une cérémonie d’ouverture au stade Jean-Bouin, en présence notamment de la maire de Paris Anne Hidalgo, de la ministre des Sports Laura Flessel et du couturier Jean-Paul Gaultier,

Plus de 10 000 participants originaires de 90 pays, dont certains où l’homosexualité est illégale ou réprimée, participent à ce rendez-vous sportif militant, créé en 1983 à San Francisco et destiné à lutter contre les stéréotypes et discriminations et la haine envers les personnes LGBT+.

Les Gay Games en images
  • Les participants de l’équipe d’Afrique du Sud défilent lors de la cérémonie d’ouverture au stade Jean-Bouin. © Lucas Barioulet, AFP

  • La maire de Paris Anne Hidalgo discute avec le créateur Jean-Paul Gaultier durant la cérémonie d’ouverture des Gay Games. © Lucas Barioulet, AFP

  • Des athlètes mexicains participent à la cérémonie d’ouverture. © Lucas Barioulet, AFP

  • Un homme porte un costume de la Statue de la Liberté lors de l’inauguration du village sportif des Gay Games, devant la mairie de Paris. © Lucas Barioulet, AFP

  • Un drapeau arc-en-ciel, symbole de la communauté lesbienne, gay, bisexuelle et transgenre (LGBT), sur la façade de la mairie de Paris. © Regis Duvignau, Reuters

  • Une compétition d’escrime, lors des Gay Games, à la salle Armand-Massard. © Lucas Barioulet, AFP

Ouverts à tous

Des compétitions dans 36 disciplines sportives (natation, athlétisme, sports collectifs…) vont se tenir dans les 67 sites localisés en Île-de-France, et au Havre pour des épreuves de voile. Chaque compétition sera disputée par groupes de niveau, mais tous les sportifs se verront remettre une médaille. “Nous voulons promouvoir le dépassement de soi plutôt que la victoire à tout prix”, a expliqué Pascale Reinteau, coprésidente de l’événement.

Alors que certains critiquent l’aspect communautariste de cet événement, Manuel Picaud, co-président des Gay Games, insiste sur son caractère fédérateur. “Les Gay Games sont ouverts à tous et nous avons fait en sorte que tout le monde puisse venir, que l’on soit en couple, trans, en situation de handicap, jeune ou moins jeune”,a-t-il expliqué au Figaro. “Comment pourrions-nous lutter contre les discriminations si nous-même les pratiquions avec les Gay Games ?”

Les #GayGames@Paris2018, ça commence aujourd’hui ! 36 sports, 90 pays, 10 000 participants et une idée : faire toujours plus pour lutter contre l’homophobie, et pour l’égalité. Bonnes compétitions ! #allequal#LGBTI#Paris#GayGames2018pic.twitter.com/teXFlSZggX

Benjamin Griveaux (@BGriveaux) 4 août 2018

L’ouverture de l’évènement, organisé six ans avant les Jeux olympiques de Paris en 2024, a été saluée par le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux. “Trente-six sports, 90 pays, 10 000 participants et une idée : faire toujours plus pour lutter contre l’homophobie, et pour l’égalité. Bonnes compétitions !”, a-t-il twitté samedi.

Tout au long de la semaine, des animations citoyennes, sportives et culturelles, ouvertes à tous seront également organisées sur le parvis de l’Hôtel de ville, vitrine de cet évènement doté d’un budget de 4 millions d’euros. C’est également là qu’aura lieu la cérémonie de clôture le 11 août, qui sera suivie d’une soirée aux Docks de Paris.

Avec AFP

Première publication : 06/08/2018

Arsène Tchakarian, dernier survivant du célèbre groupe Manouchian qui avait résisté à l’occupant nazi, est décédé samedi à l’âge de 101 ans. Composé d’immigrés, ce réseau a multiplié les actions coups de poing avant d’être décimé en février 1944.

Il était le dernier survivant de l’un des plus célèbres groupes de résistants pendant la Seconde Guerre mondiale, le groupe Manouchian.Arsène Tchakarian est décédé, samedi 4 août, à l’âge de 101 ans, a annoncé sa famille.

Né en Turquie en 1916 en plein génocide arménien, arrivé à Paris en 1930, il s’était illustré pendant la guerre au sein de ce groupe de résistants que les Allemands avaient ciblés dans la fameuse “Affiche rouge”. Leur histoire a été mise en vers par Aragon puis chantée par Léo Ferré.

Installé après-guerre dans un pavillon de Vitry-sur-Seine, en région parisienne, qu’il avait transformé en centre d’archives, ce vieil homme alerte continuait jusqu’à peu à écumer lycées et collèges pour offrir son témoignage sur l’occupation allemande et militer pour la reconnaissance du génocide arménien.

“Un grand homme”

“Il n’a eu de cesse d’agir pour la reconnaissance du génocide et les droits du peuple arménien. Modeste et humble, c’est pourtant un grand homme qui nous quitte aujourd’hui et que le Parti communiste est fier d’avoir compté dans ses rangs”, a réagi Pierre Laurent, secrétaire national du PCF.

Avec son décès s’éteint le dernier survivant du groupe fondé pendant l’Occupation par son ami Missak Manouchian, un journaliste dont il partageait les origines arméniennes et l’engagement communiste.

Composé d’immigrés (Italiens, Arméniens, juifs polonais…), ce réseau a multiplié les actions coups de poing : attaque contre des gendarmes en mars 1943, sabotage de lignes de haute tension… “La France c’était le pays des libertés, mais on se battait aussi par anti-fascisme”, racontait Arsène Tchakarian à l’AFP en 2011.

Le “groupe Manouchian”, que les Allemands ont tenté de discréditer en le présentant comme une “armée du crime”, a été décimé par un coup de filet en février 1944 à l’issue duquel 23 de ses membres ont été jugés et tués.

Avec AFP

Première publication : 05/08/2018

Les rappeurs Booba et Kaaris, interpellés à l’aéroport d’Orly après une bagarre ayant également impliqué des membres de leur entourage, ont été écroués dans la nuit de vendredi à samedi, en attendant leur procès en septembre.

Derrière les barreaux. La star Booba et son rival Kaaris, poursuivis pour leur implication dans une bagarre générale à l’aéroport d’Orly, ont été écroués dans la nuit de vendredi à samedi dans l’attente de leur procès, qui a été renvoyé au 6 septembre.

À l’issue d’une audience en comparution immédiate, le président du tribunal correctionnel de Créteil a justifié sa décision par “l’animosité persistante entre les deux groupes” et le risque de nouvelles altercations. Les neuf autres prévenus dans ce dossier ont également été placés en détention provisoire.

Prise après environ deux heures de délibération, la décision a été accueillie par des cris de surprise et de colère. “Ca va être la guerre”, a-t-on entendu dans le public. Les deux principaux protagonistes sont restés calmes, ont constaté des journalistes de l’AFP. Leurs avocats ont aussitôt annoncé qu’ils feraient appel de leur incarcération.

“L’abcès a été crevé”

Après deux nuits en garde à vue, Booba, 41 ans, et son ex-poulain Kaaris, 38 ans, sont donc retournés derrière les barreaux avec les membres de leur garde rapprochée soupçonnés d’avoir participé à la rixe qui a éclaté mercredi dans un des halls d’Orly. Les deux artistes passeront le mois à venir à Fleury-Mérogis (Essonne) pour les uns et à Fresnes (Val-de-Marne) pour les autres.

Ces deux figures du rap hexagonal devaient ce jour-là prendre un avion pour Barcelone pour s’y produire séparément dans la soirée. Mais avant d’embarquer, leurs deux clans se sont violemment affrontés dans une boutique de duty-free sous les yeux de passagers éberlués, dont certains ont filmé la scène. Les images ont, depuis, fait le tour des réseaux sociaux.

“Ce qui est arrivé est inexcusable”, avait déclaré devant le tribunal Booba, carrure imposante et débardeur blanc moulant, jouant l’apaisement. “L’abcès a été crevé, si on doit être irréprochables pour la justice et le rap, on le sera sans problème”. “Tout est terminé, tout est apaisé”, avait renchéri Kaaris, originaire de Sevran (Seine-Saint-Denis) et d’origine ivoirienne.

L’audience avait été exceptionnellement délocalisée dans la salle de la cour d’assises de Créteil, équipée de deux boxes permettant de séparer les deux rappeurs, devenus rivaux après avoir été très proches.

Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet, favorables à un placement en détention provisoire des deux rappeurs. “On est face à un événement grave qui nécessite des mesures provisoires nécessairement très strictes”, avait dit la procureure, rappelant “la violence globale de la scène” à Orly, “vitrine de la France”.

Jusqu’à sept ans de prison

Les prévenus risquent jusqu’à sept ans de prison et 100 000 euros d’amende. Après la rixe, des plaintes avaient été déposées par Aéroports de Paris et Air France qui a chiffré à 8 500 euros son préjudice dû aux retards sur plusieurs vols. Le gérant de la boutique de duty-free, qui a également déposé plainte, a lui fait état de 54 000 euros de dégâts.

Les rappeurs, qui à l’origine s’affrontaient plutôt lors de joutes verbales, ont trouvé ces dernières années sur les réseaux sociaux un nouveau terrain de jeu pour se “clasher”. Mais cela va parfois plus loin.

Booba s’était déjà battu en 2013 avec le rappeur La Fouine, à Miami. Un autre de ses rivaux, Rohff, a lui été condamné à cinq ans de prison pour avoir, en 2014, violemment agressé un vendeur distribuant la marque de vêtements de Booba à Paris.

Avec AFP

Première publication : 04/08/2018

Un mois après l’entrée de Simone Veil au Panthéon, une association milite pour qu’une nouvelle femme repose dans le tombeau des grands Hommes. Ouvrière, syndicaliste et déportée, Martha Desrumaux mérite, selon le collectif, d’être enfin reconnue.

Certaines personnes semblent avoir connu mille vies. C’est le cas de Martha Desrumaux. En quatre-vingt-cinq ans d’existence, cette femme originaire de Comines, dans le nord de la France, a été de tous les combats. Ouvrière, syndicaliste, résistante, déportée ou encore députée, son nom est pourtant peu connu.

Trente-cinq ans après son décès, un collectif entend enfin la placer dans la lumière. Alors que Simone Veil a fait son entrée au Panthéon, il y a un mois, l’association lilloise, “Les ami.e.s de Martha Desrumaux” milite pour que la Nordiste l’y rejoigne aux côtés des autres grands Hommes de la nation. “Nous voulons sortir cette femme de l’oubli”, explique l’éditrice Laurence Dubois, présidente de l’association. “Elle a sa place au Panthéon car elle appartenait à cette classe ouvrière qui a construit la France. Je suis ravie que Simone Veil soit entrée au Panthéon, mais il n’y a personne du peuple.”


Pendant la Première Guerre mondiale, Martha est évacuée du Nord de la France avec une partie de sa famille. Elle travaille alors dans une usine de Lyon, où elle reste jusqu’en 1920. Cette photographie date de 1919. © Les ami.e.s de Martha Desrumaux

Martha Desrumaux incarne en effet cette France des usines, du travail et de la sueur. Née en 1897, sixième enfant sur sept, elle se retrouve très vite confrontée à la dureté de la vie. Au décès de son père, elle est placée dès l’âge de 9 ans comme domestique dans une famille bourgeoise de la banlieue lilloise. La petite Martha a déjà du caractère. Elle s’enfuit et retourne à Comines où elle commence à travailler à l’usine. À seulement 13 ans, elle adhère à la CGT. “Elle a senti qu’elle pouvait s’investir dans quelque chose. Elle a alors mené des grèves dans des usines textiles. C’était une féministe avant l’heure et une femme du concret. Elle a notamment obtenu que ses collègues ouvrières aient des sabots de bois pour se protéger des flaques d’eau et d’huile”, décrit Laurence Dubois.

Résistante jusqu’au bout

Martha adhère ensuite au Parti communiste. Lors du Front populaire, elle continue de défendre les travailleurs du textile. En 1936, elle est même la seule femme membre de la délégation ouvrière aux accords de Matignon. La même année, elle s’implique pour aider les Républicains espagnols. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, son engagement redouble. Elle plonge dans la clandestinité pour organiser des grèves contre l’occupant allemand. Mais en août 1941, elle est arrêtée puis envoyée au camp de Ravensbrück.


En 1927, Martha est choisie pour emmener une délégation de femmes à Moscou pour fêter le 10e anniversaire de la Révolution d’octobre. Elle y rencontre Clara Zetkin, celle qui a initié en 1910, la journée internationale de lutte pour le droit des femmes. © Les ami.e.s de Martha Desrumaux

Malgré les conditions de vie terribles, Martha Desrumaux continue de résister et s’occupe des plus faibles aux côtés, notamment, de Marie-Claude Vaillant Couturier. “Martha, dit Esther Brun, nous fut d’un grand secours. C’est elle qui par son travail aux douches nous procurait du linge propre, des bas, des chaussures et surtout, cet hiver, des lainages, des robes et des manteaux… Martha était celle qui nous aidait le plus ; elle avait tant d’amies dans le camp, tant de sympathies chez les prisonnières de toutes les nationalités…”, a témoigné une autre déportée dans le livre “Marie-Claude Vaillant-Couturier : Une femme engagée, du PCF au procès de Nuremberg” de Dominique Durand.

“Sa première qualité, c’est sa non-résignation. Elle ne s’est jamais résignée que ce soit devant le patronat, le régime de Vichy et l’occupant allemand”, souligne Laurence Dubois. Tenace, Martha est finalement libérée en avril 1945. Elle reprend alors tout simplement le combat et devient à l’été de cette même année l’une des seize premières représentantes parlementaires en France. Elle poursuit son engagement au sein du conseil municipal de Lille, de la CGT ou encore du mouvement féministe de l’Union des femmes françaises.


Martha après la libération du camp de Ravensbrück, en avril 1945. © Les ami.e.s de Martha Desrumaux

“C’était une femme extraordinaire”, résume avec admiration Laurence Dubois. Alors pourquoi n’est-elle pas plus connue ? “Martha était une ouvrière. Elle n’a pas laissé d’écrits. Elle n’était pas non plus mariée avec quelqu’un de connu. Pourtant, l’historien Pierre Outteryck, qui lui a consacré un ouvrage, dit que c’est la plus grande figure du mouvement ouvrier au XXe siècle”, répond la présidente des ami.e.s de Martha Desrumaux.

“C’était une invisible”

Pour réparer cet oubli, l’association a lancé une pétition et va, à la rentrée, remettre “en mains propres” au président Emmanuel Macron une demande pour que la militante fasse son entrée au Panthéon, où elle retrouverait deux anciennes de Ravensbrück, Geneviève de Gaulle Anthonioz et Germaine Tillion.

Par rapport à ces prédécesseuses, Martha Desrumaux est cependant beaucoup plus marquée à gauche. “Je sais qu’on va nous rétorquer qu’elle était communiste et de la CGT, mais nous sommes en 2018. C’est une femme qui rassemble et qui a fait tant de choses. Dans le Nord, nous avons des soutiens très différents de Martine Aubry à Xavier Bertrand”, précise Laurence Dubois, qui se veut optimiste. En septembre, un collège va ainsi pour la première fois porter son nom à Lille. Un jardin public du XIIe arrondissement de Paris va également honorer sa mémoire. Mais qu’aurait-elle pensé de tous ces honneurs ? “Elle aurait sûrement dit : ‘Pourquoi faites-vous tout cela ?’. Martha était d’une grande modestie. C’était une invisible. Elle a fait tout cela pour les autres et non pour elle.”

Première publication : 03/08/2018

Délaissé par Sarkozy et Hollande, le fort de Brégançon semble être du goût du président Macron qui en a fait pour la première année de son quinquennat son lieu de villégiature. Mais pas seulement.

En pleine affaire Benalla, pas question pour Emmanuel Macron de rater le périlleux exercice des images de vacances présidentielles. Avec son épouse Brigitte et leur chien Nemo, Emmanuel Macron a donc choisi de passer ses quinze jours dans un lieu de villégiature sans outrance ni frasque : le fort de Brégançon. Le président affiche ainsi sa volonté de réinvestir la demeure estivale présidentielle. En ce faisant, il “s’inscrit dans les pas de ses prédécesseurs, il est attaché à la continuité de la présidence sous la Ve République”, précise l’Élysée au Monde, le 2 août 2018.

Une tradition française

Tous ses prédécesseurs ont en effet tous, sans exception, passé quelques jours dans le fort acquis par la France au XVe siècle. Mais ce n’est qu’en 1968 que le général de Gaulle a pris la décision de convertir la bâtisse méditerranéenne en résidence d’été des présidents, alors même qu’il n’y avait passé qu’une nuit. Une nuit particulièrement détestable, à cause des moustiques et d’un lit trop petit…

L’actuel président ne souhaite pas seulement y faire ses quartiers d’été : il compte également redonner un caractère officiel à la demeure. Il doit d’ailleurs y recevoir dès son arrivée, vendredi 3 août, la Première ministre britannique Theresa May afin d’évoquer la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Le fort devrait ainsi voir se multiplier les rencontres diplomatiques “dans un cadre intimiste, comme les présidents américains à Camp David “, indique l’Élysée au Monde. Une pratique qui n’a rien de nouveau en France. En son temps, François Mitterrand avait reçu le chancelier allemand Helmut Kohl en 1985. Jacques Chirac avait accueilli en 2004 le président algérien Abdelaziz Bouteflika. Quant à Nicolas Sarkozy, il avait reçu en 2008 la secrétaire d’État américaine Condoleeza Rice.

Le soft power à la française

Les bénéfices de rencontres diplomatiques dans un cadre intimiste sont évidents : “Recevoir son homologue à Brégançon pour un dîner dans un formidable paysage, cela crée des relations différentes que lorsqu’on est derrière un bureau à l’Élysée. Cela peut servir pour les relations futures”, explique Guillaume Daret, dans son ouvrage “Le fort de Brégançon” (Éd. L’observatoire). Une manière de cultiver le “soft power” à la française.

La demeure estivale présidentielle avait pourtant été délaissée lors des deux quinquennats précédents. Si Jacques Chirac et, plus tôt, Georges Pompidou goûtaient volontiers le charme du piton rocheux, il semble que Nicolas Sarkozy et François Hollande n’y aient pas été séduits. L’un a préféré la maison familiale de son épouse Carla Bruni, située à quelques encablures de là, au Cap Nègre. L’autre, dont la compagne Valérie Trierweiler s’y est sentie harcelée par les paparazzis après un séjour en 2012, avait décidé de confier la gestion du fort au Centre des monuments nationaux, afin de l’ouvrir au public l’été. Raison pour laquelle Emmanuel Macron n’a pas pu investir les lieux dès sa première année au pouvoir, le statut touristique de Brégançon ayant été prolongé jusqu’en septembre 2017.

La piscine du roi est prête. Manquera juste Benalla à Brégançon. https://t.co/NLRWiSxG7O

Florence Desruol (@florencedesruol) 3 août 2018

L’actuel président semble davantage s’y plaire car il a pleinement investi les lieux. Le couple Macron a en effet décidé d’y refaire l’électricité, la peinture et la cuisine du lieu pour un montant de 150 000 euros. Somme à laquelle s’ajoute un budget de fonctionnement annuel de 100 000 euros. Les Macron pourront également se rafraîchir dans la nouvelle piscine hors-sol, qui a coûté la somme de 34 000 euros et provoqué de nombreuses critiques dans les rangs de l’opposition. Une solution moins coûteuse que la sécurisation de la plage, assure-t-on du côté de l’Élysée, qui nécessite onze gendarmes postés sur des bateaux de sauvetage, pour un coût de 60 000 euros. Les Macron pourront donc recevoir officiels et intimes dans un cadre privé, loin des paparazzis. Le reste de l’année, le fort restera ouvert au public.

Première publication : 03/08/2018

La France est touchée par un épisode de canicule qui se poursuit vendredi. Deux départements sur trois ont été placés en vigilance orange. Le thermomètre devrait grimper jusqu’à 40 °C dans le sud du pays.

La canicule sévissait sur une grande partie de la France, vendredi 3 août, avec deux tiers des départements en vigilance orange pour l’une des journées les plus chaudes de cette vague de chaleur.

Avec 66 départements déjà placés en vigilance orange, le record du 21 juin 2017 (67 départements) pourrait être égalé voire légèrement dépassé, selon Météo France. Seule la partie nord-ouest de l’Hexagone est épargnée.

🔶 66 dpts en #vigilanceOrange

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VigiMétéoFrance (@VigiMeteoFrance) August 3, 2018

“Aujourd’hui, on va entrer dans le pic, avec une des journées les plus chaudes”, même si “on est nettement en-dessous de ce qu’on a connu en 2003”, a commenté vendredi le prévisionniste Stéven Testelin.

Jusqu’à 40°C dans le sud de la France

La hausse des températures va gagner presque toute la métropole, avec 35 à 39 °C attendus sur une grande partie du pays, et des pointes à 40 °C localement dans le Sud.

À Ajaccio, le thermomètre affichait déjà 33 °C à 9 h 30 vendredi sur la place principale, qui a pris des airs de Copacabana, recouverte de 250 tonnes de sable pour le Mondial de foot-volley.

À Strasbourg, dans une garderie de quartier, dès 9 h 30, les enfants ne sortent plus dans la cour. “Dans la journée, les plus jeunes restent en couche et sont parfois aspergés dans le cadre de jeux d’eau”, explique Carol Hebbel, directrice-adjointe de l’établissement.

Les 40 °C ont été atteints cette semaine pour la première fois de l’année en métropole, à Nîmes et à Montclus, dans le Gard. Les températures nocturnes sont particulièrement remarquables, avec une minimale record de 27,9 °C à Sète dans la nuit de jeudi à vendredi. Et ces minimales devraient être encore plus élevées samedi matin.

>> À lire : “La probabilité d’avoir une telle vague de chaleur est deux fois plus importante”

La chaleur devrait légèrement baisser dimanche, avant un “deuxième pic” lundi et mardi, a ajouté Stéven Testelin. Avant un rafraîchissement attendu en milieu de semaine prochaine.

La ministre de la Santé sur le front

Très présente sur le terrain médiatique, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, veut montrer la mobilisation de l’État pour conjurer le spectre des catastrophes de 2003 et 2006, où les canicules avaient causé la mort de plusieurs milliers de personnes.

Patrick Pelloux, président de l’association des urgentistes de France, a toutefois tiré jeudi la sonnette d’alarme, assurant sur RMC/BFM TV qu’il y avait “déjà une saturation des services des urgences” et prédisant une “sursaturation” avec la poursuite de la canicule.

L’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), assurant le même jour ne pas constater “à ce stade” de suractivité liée à la canicule, a noté que “ses impacts sanitaires pourraient se manifester dans les prochains jours”.

Corollaire de cette canicule, un épisode de pollution à l’ozone est prévu vendredi dans plusieurs départements, notamment en Île-de-France et dans la vallée du Rhône. Cet épisode pourrait se poursuivre samedi.

Avec AFP

Première publication : 03/08/2018